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vendredi 29 mai 2015

COMME ELVIS, LÉONARD REFUSE DE MOURIR.







À Saint-Placide, dans le comté de Charlevoix, mai 2015.



Sur le Mur de la Honte des pièces de vélo, on pourrait accrocher la photo ci-dessous. Au chapitre des économies de bouts de chandelles, les freins à tirage linéaire (bien connus sous le nom anglais:  v-brake)
ont contribué généreusement.

Promax est une compagnie à grande diffusion internationale. Je peux me tromper, mais j'ai cru comprendre que c'est un relativement nouveau nom pour la compagnie Lee Chi, de sinistre mémoire. Non pas qu'ils aient assassiné qui que ce soit, mais plutôt parce que leurs freins étaient plutôt médiocres. Ce qui parfois peut revenir au même...

On (qui exclut la personne qui parle) les utilise à grande échelle pour de la pièce de première monte (OEM) dans les grandes usines de vélos en Chine. À première vue, ils ressemblent à ce qui est proposé par des compagnies plus ambitieuses. Ça se gâte quand il faut vivre avec, ou les ajuster/réparer.

Les ressorts manquent souvent de force, et si vous essayez de leur en donner, ils peuvent très bien casser dans vos mains. Le centrage est parfois problématique. Et même si, comme sur le vélo ci-dessous, vous les combinez avec de bons leviers, vous êtes quand même confrontés à leurs lacunes. Si ce  n'était pas un problème si fréquent, je ne me donnerais pas la peine d'en parler.

Remarquez, Promax n'est pas la seule à produire ce genre de choses. Alhonga est un autre exemple. Et si vous cherchez, vous n'aurez pas de difficulté à en trouver d'autres encore. D'ailleurs, ces freins ne portent aucune marque clairement identifiée. Dans un autre registre, récemment, un de mes clients avait besoin de patins de freins pour ses freins à disque Radius. Malgré des catalogues bien garnis, aucun de mes fournisseurs n'en avait. Même le gros détaillant d'où était originaire le vélo n'en avait pas.

Jetez un coup d'oeil sur ce que Shimano offre de moins cher en matière de frein à tirage linéaire, et vous verrez qu'il n'y a pas besoin de payer cher pour avoir un frein rigide, dont les matériaux sont faits pour soutenir un usage quoitidien. L'ennui, c'est que pour sauver quelques malheureux dollars, les concepteurs de vélos optent pour ces.... choses.

Avid est une autre compagnie qui a produit de bons freins v-brakes. Et si une compagnie veut économiser, elle peut toujours regarder du côté de Tektro, qui a dans son catalogue des freins potables moins chers que ceux de Shimano, et supérieurs aux produits semi-génériques.

Donc si vous envisagez l'achat d'un vélo neuf ou d'occasion, économique, et équipé de ce type de frein, vous feriez bien d'y regarder de plus près. Si vous voyez un de ces noms sur les freins du vélo, évitez-le, ou considérez la possibilité de les changer tôt ou tard. Par exemple, lorsqu'ils auront besoin de patins neufs, qui sont fournis avec les freins neufs de toute façon. Mais n'oubliez pas non plus que lorsqu'un frein ou un dérailleur fonctionne mal, ça peut être parce que le câble a besoin d'être remplacé.





Dans le sondage suivant, publié par Météo Média au Québec, on voit que seulement 17% des gens disent faire du vélo en ville souvent. Ça vous étonne? Moi pas. La popularité du vélo au Québec est toute relative. Souvent, les gens me disent que le vélo gagne du terrain, mais il ne faut pas oublier qu'on revient de loin. Mais comptons-nous chanceux, nous sommes probablement au-dessus de la moyenne en Amérique du Nord.

http://www.meteomedia.com/poll/result/faites-vous-du-velo-en-ville/50369/





  • À Saint-Placide.



C'est une histoire apparemment banale, que je ne relaterais pas si elle n'était pas si représentative de la situation de plusieurs personnes.

Elle possède ce beau petit vélo de route/course équipé avec les habituels pneus 700 x 23, et profite de la rapidité et de la facilité inhérentes à ce type de machine. Jusqu'ici tout va bien. Sauf que, un jour, avec des amis, elle se trouve face à une route qui est moins civilisée que l'asphalte habituelle et elle n'est plus à l'aise du tout avec ces pneus si étroits et à la semelle mince.

Pourquoi a-t-elle acheté ce type de vélo, au départ? Je ne sais pas. Peut-être était-ce sur la suggestion d'un/une ami/e bien intentionné/e. Ou pour s'entraîner de façon plus méthodique? Ou simplement pour la griserie de la vitesse, pour aller loin et/ou vite?  Toujours est-il qu'elle m'a demandé conseil car elle a vu ses amis rouler sur un chemin qui ne lui donnait pas du tout envie de le faire.

Pas besoin de tomber dans l'autre extrême, un vélo de montagne en bonne et dûe forme. Il suffit de tourner l'aiguille juste un peu sur le cadran, en direction de la polyvalence. Son cadre et sa fourche n'acceptent pas les pneus de 25 mm de large, et même s'ils les acceptaient, ça ne ferait pas une grosse différence. Je leur préfère un 28 bien choisi, ou un 32, et là on peut explorer toutes sortes de chemins, sauf les extrêmes.

Je lui ai suggéré un essai routier sur un vélo de la bonne grandeur, et elle a accepté volontiers. Et j'étais curieux de voir ses impressions, à chaud, au retour. Parce que je me disais que tout bon qu'il est, ce vélo, il ne peut pas être aussi léger, malgré tout le soin que j'ai pu mettre à le concevoir.



L'hydro-électricité produite dans le nord du Québec passe par Saint-Placide.



Elle adore ça. Ici en ville, c'est évidemment asphalté, mais la surface est très souvent imparfaite, et elle s'inquiète beaucoup moins de là où elle pose ses pneus. Qui sont forcément un peu plus lourds, mais le cadre, lui, est à peu près du même poids, et puisqu'il n'y a pas d'accessoires superflus, la machine reste dynamique, à défaut d'être digne d'une course sanctionnée par la Fédération.

Alors maintenant son vélo de course est à vendre. Profitez-en si vous êtes de petite taille ce n'est pas si fréquent de se faire offrir un aussi petit vélo. Il est de la marque De Vinci qui, comme son nom l'indique, est effectivement une compagnie québécoise. Comme Elvis, Léonard refuse de mourir et maintenant il construit des vélos au Saguenay.

Le cadre est en aluminium, la fourche en fibre de carbone, et les pièces Shimano sont de niveau 105. Et il est vraiment petit. Elle en demande 600$ et il est ici, à mon magasin de la rue Richelieu. Vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous.

P.S.: le vélo vient d'être vendu la veille de la publication de ce message.







J'en ai déjà parlé ici, les brigadiers scolaires qui aident les enfants à traverser la rue avant et après l'école ont de la difficulté avec certains cyclistes dont le comportement laisse vraiment à désirer. Je peux vous confirmer que le problème existe, j'habite d'ailleurs près de là où la photo a été prise, celle qu'on peut voir dans l'article suivant. La brigadière que vous y voyez m'a parlé du fait que le problème est quotidien.

Il est question dans l'article du fait que certains de ces cyclistes portent des écouteurs en roulant. Sachez que le code de la route, au Québec, spécifie que cette pratique est interdite. Pas difficile de comprendre pourquoi!

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/transports/201505/25/01-4872502-les-cyclistes-dangereux-disent-les-brigadiers.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_la-capitale_577_section_POS1





Comme je l'ai annoncé plus tôt, dans le cadre du Mois du Vélo à Québec, j'organise une randonnée dimanche le 31 mai 2015. Le rendez-vous est à Saint-Apollinaire, au sud-ouest de Québec, à 11 heures dimanche matin. Le parcours est facile, choisi pour des cyclistes qui ne sont pas à l'aise en côte. Les consignes de base:

On peut toujours décider de rallonger ou de raccourcir, dépendant de l'humeur des participants et du déroulement de la journée.

Ne pas compter sur les dépanneurs le long du chemin. Il n'y en a pas à Issoudun. On peut demander de l'eau aux résidants le long du chemin.

Obligatoire: chambre à air de rechange et tout ce qu'il faut pour se dépanner. Ne pas compter sur les autres...

Il est important d'apporter de quoi manger suffisamment. On ne peut pas faire quatre heures de vélo seulement avec une barre de céréales de supermarché.

IMPORTANT: La sortie sera annulée si meteomedia.com annonce une possibilité de pluie de 60% ou plus, pour la région de Québec.



Ibrahim Maalouf aux Victoires de la Musique, en 2014.

vendredi 7 décembre 2012

ÉLOGE DU PRÉSENT.


 Au Lac des Roches (au nord de la Ville de Québec), le 24 novembre 2012.



Mes vacances approchent: je prends l'avion le mercredi 12 décembre. Je serai au magasin d'ici là, mais de manière un peu imprévisible, en priorisant les préparatifs de départ. Je serai absent jusqu'à la mi-janvier, partagé entre les affaires et le plaisir. J'espère pouvoir alimenter ce blogue occasionnellement pendant mon voyage.

*

Cette semaine, au magasin, cette conversation m'a laissé perplexe:

'' Le vendeur m'a dit que la selle ne s'ajustait pas, qu'elle était fixe.

-Vous voulez dire que le vélo hybride était neuf, et que la selle ne pouvait pas s'ajuster en hauteur?

-Oui, c'est ce que le vendeur m'a dit, et moi j'aimais ce vélo et je suis partie avec tel quel.''

Je n'en croyais pas mes oreilles. J'ai pris l'outil approprié et j'ai facilement desserré la vis pertinente. La tige de selle coulissait aisément et j'ai pu ajuster la hauteur sans difficulté... Je tairai le nom du magasin en question.

*

J'écoute beaucoup de musique en ce moment, dans le but de préparer les émissions de radio que je produis à chaque vendredi midi (midi-jazz, ckrlmf.qc.ca). Ça provoque chez moi une réflexion sur les choix que je fais. D'autant plus que nous sommes cinq à alterner à chaque midi de la semaine, et je vois ce que chacun choisit. Notez que je viens tout juste de faire ma dernière émission avant Noël en ce vendredi 7 décembre.

Le jazz n'est pas une musique nouvelle, elle existe depuis à peu près cent ans. Et j'en écoute depuis trente-cinq ans. Je l'ai donc vu évoluer, d'autant plus que j'ai travaillé comme disquaire dans les années '80, en plus d'aller à New-York régulièrement durant ces années-là, ce qui m'a amené à voir beaucoup de spectacles de jazz du plus haut niveau.

Durant les années '90, j'ai perdu contact avec l'actualité du jazz, sans arrêter d'en écouter. Je l'ai repris il y a à peu près quatre grâce à l'émission Midi-jazz, à laquelle on m'a récemment invité à participer en tant que responsable du vendredi.

Je pourrais faire jouer beaucoup de musique des années '70 et '80. Je la connais, et il me reste encore un bon nombre de vinyles en excellent état. Je le fais peu, même si j'en écoute encore. J'ai la passion du présent.

Le présent dépend du passé, et c'est pourquoi je suis très heureux de connaître celui-ci. Mais la musique d'aujourd'hui a un atout sur celle d'hier: elle la connaît et peut bâtir sur les bases jetées par Ellington, Parker, Coltrane et Miles. Et les collaborateurs de Manfred Eicher.

Le jazz a l'avantage d'être extrêmement perméable. Les influences viennent de toutes les époques, ou presque, et de tous les continents (sauf les deux pôles...). Aucune musique, à ma connaissance, ne s'est autant métissée. Celui qui dit ne pas aimer le jazz ne le connait pas. Il y a toujours un jazz, quelque part, que quelqu'un peut aimer. Je n'aime pas tous les jazz, mais j'apprécie sa diversité et son ouverture. Jazz s'écrit avec deux z, c'est encore mieux qu'avec un s.

Le jazz est plus intéressant que jamais. Plus qu'avant, et il l'était déjà. Pourquoi? Parce que les couches se superposent, les décennies se suivent et ne font qu'ajouter à un énorme corpus de musiques de styles et d'humeurs très variées. Et quand je dis très variées, je veux dire vraiment, très variées.

Les jeunes musiciens ont écouté ceux qui les ont précédés. On reconnaît dans leurs oeuvres les couleurs du passé, et c'est très bien ainsi. Ils nous redonnent une musique qui est la synthèse de tout ce qui est venu avant, avec une belle maîtrise de leurs instruments respectifs, tout en amenant avec eux une perspective d'aujourd'hui. Les musiques sont comme les vélos, la qualité n'a pas d'époque.



La Côte Gilmour?!?!

De la même façon, j'ai la passion du vélo présent. Le vélo du passé m'intéresse, et je le connais bien. Je l'ai utilisé, réparé, tutoyé, vendu, acheté, modifié, amélioré. Et je le trouve parfait pour tous ceux qui roulent à petit budget, s'il est bien choisi et bien entretenu. Mais regardez avec quoi je roule: c'est un vélo inimaginable il y a quinze ou vingt ans. Mon Alu9 est léger et polyvalent, et coûte moins de mille dollars. Mon carbone monocoque pèse moins que mon Bititane italien des années '90, et vaut presque trois fois moins. Vous avez entendu dire que les cadres en aluminium ne sont pas durables? Mon Falardeau Alu8 (et non pas Alu9, c'est la génération qui a précédé) est sur la route depuis dix ans, il roule maintenant l'hiver, tâche ingrate s'il en est, et il va très bien, merci. Comme tous les autres Alu8: aucun client ne m'en a rapporté un dont le cadre était devenu inutilisable pour quelque raison que ce soit.




Alors si vous vous intéressez aux vélos du passé, il me fera plaisir de vous aider si je le peux, mais le vélo d'aujourd'hui est celui que je préfère car à son meilleur, il contient les bons éléments du passé, tout en y ajoutant le génie des meilleures améliorations qui nous ont été offertes depuis. Un peu comme le jazz, non? Le bon vélo d'aujourd'hui est plus léger, mais aussi plus maniable, plus ergonomique, transmission plus agréable, freins plus efficaces, plus grand choix de pneus, etc.

Là où je décroche, c'est quand le marketing prend les décisions sans se soucier des besoins des gens. En leur agitant une carotte sans leur parler des désavantages, en insistant sur les apparences quand les lacunes techniques sont flagrantes, roues lourdes, freins lourds, sur des cadres qui finalement ne sont pas toujours aussi légers qu'on pourrait le croire.

Ibrahim Maalouf: ''Beirout''