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vendredi 14 février 2014

HERNIE.




Ça a commencé par un petit coup perçu au niveau de la roue arrière. Qui était de moins en moins petit à mesure que le temps passait. Spécialement évident dans les descentes, lorsque la vitesse augmente. Après vérification, non, les rayons n'étaient pas mous, et la roue n'était pas fausse.

Finalement, je me suis arrêté sur le bord de la rue, et malgré l'obscurité j'ai rapidement vu ce que vous voyez sur la photo ci-dessus. C'est une rupture du flanc du pneu: la tringle du pneu reste en place, dans la jante, mais le flanc s'en détache progressivement à mesure que la déchirure augmente. Normalement la chambre à air ne tient pas le coup. Sous la pression, elle se brise et c'est la crevaison. Alors pourquoi n'a-t-elle pas éclaté cette fois-ci?

La réponse est simple: c'est une chambre à air de type ''thornproof'', c'est-à-dire à l'épreuve des épines. Elle est faite avec une surabondance de caoutchouc et elle est lourde. C'est pourquoi je ne les utilise que l'hiver. Mais elles sont d'une robustesse spectaculaire. Il m'est même arrivé, il y a plusieurs années, d'avoir un trou gros comme un pois dans la semelle du pneu, là où le contact se fait avec la route, et la chambre à air touchait le sol à chaque tour de roue. Il y avait de l'usure sur la chambre à air à cet endroit! Malgré cela, elle n'avait pas éclaté et je m'étais rendu à bon port sans encombre. Quand je vous dis qu'elles sont épaisses, croyez-moi, elles sont vraiment épaisses...

Cette fois, encore, elle a tenu bon et j'ai pu faire les derniers kilomètres sans marcher. Ça fait des années que j'en utilise, l'hiver, et je n'ai pas fini de les préférer. Car des crevaisons, lorsqu'il fait -10 ou -20 Celsius, vous pouvez deviner ce que j'en pense...

Le pneu que j'avais coutume de mettre sur la roue arrière (copie de Avocet Cross 700 x 28) est retiré du catalogue. Seule la version 32 mm est encore disponible. Je l'ai remplacé par un pneu moins basique, un pneu de cyclocross 700 x 30, le Schwalbe CX Pro Sport. C'est un pneu de milieu de gamme à tringle rigide, qui n'est pas spécifiquement destiné à l'hiver, mais qui me semble prometteur compte tenu du dessin. L'importateur me dit qu'il en vend beaucoup, et je n'ai pas de peine à le croire. Il est d'ailleurs en rupture de stock pour les deux prochaines semaines. Le voici:





Ce que j'attends d'un pneu en hiver, c'est d'abord et avant tout que la direction soit le plus fiable possible. Nous avons fréquemment à Québec des conditions de neige abondante, et les pneus à crampons métalliques m'attirent moins dans de telles conditions, car ils sont plutôt orientés vers un usage sur glace. Il n'y a pas de consensus là-dessus chez les cyclistes hivernaux québécois. Mon opinion est basée sur un essai que j'ai fait dans le passé, et aussi sur ce que j'ai observé chez mes amis qui utilisent les pneus à crampons métalliques qui, soit dit en passant, ne se valent pas tous. C'est une de ces situations où on remarque que sur neuf personnes, il y a dix opinions différentes...



La rivière Montmorency, à l'est de Québec, février 2014.

Petite parenthèse:

J'ai une invitation pour vous. Et c'est gratuit. Vendredi soir le 21 février 2014, chez Bicycles Falardeau au 174 Richelieu à Québec à 18:30 heures (jusque vers 21 heures). Il s'agit d'une conférence sur l'histoire du vélo durant les cinquante dernières années.

Je pense à ceux qui, tout simplement, s'intéressent au vélo en général. Mais aussi à ceux qui en réparent, de toutes sortes, ou même en restaurent. C'est pourquoi il sera question des différents standards qui ont été utilisés, par exemple dans le cas des roulements de bille. Mais aussi les différentes sortes de vélos, les marques qui ont dominé, la place occupée par les différents pays producteurs au fil des décennies, les différentes technologies en vogue, etc .Bref, un condensé de culture cycliste.

Fin de la parenthèse.



À Saint-Ferréol-les-Neiges, février 2014


J'ai finalement changé les deux pneus, et j'ai constaté que les deux côtés de la jante avant n'avaient pas le même degré d'usure. Lorsqu'on met les doigts sur chaque côté de la jante, on constate une différence d'épaisseur anormale. C'est très probablement dû à l'abrasion lors du freinage dans nos belles côtes de la Ville de Québec. Tant pis, j'ai mis une roue neuve.

Pas de grosse dépense là. J'ai mis une jante simple paroi avec un moyeu générique. Avec tout ce que subira cette roue, j'aime autant ne pas mettre trop d'argent dessus. Deux bonnes raisons de mettre une jante simple paroi:

-Le prix très bas, évidemment.

-La légèreté. Une belle jante MAVIC serait plus solide, mais la roue avant est moins sollicitée que la roue arrière, et elle aura bien d'autres raisons d'aller à la poubelle que le simple fait d'être trop fausse pour être réparée. 

Mon expérience avec des roues avant simple paroi en hiver est positive. Mon style de conduite n'est pas trop agressif, mon poids n'est pas trop exigeant. De plus, un des anciens patrons chez l'importateur Cycles Lambert me faisait remarquer que la chambre à air, en mettant sa pression sur les écrous de rayons, les stabilise et aide la jante à rester droite. Ce qui contredit la piètre réputation qu'elles ont chez beaucoup de consommateurs qui exigent, lorsqu'ils envisagent un achat de vélo, la présence de jantes double paroi. Normal, dans leur cas, car ils ne rouleront pas l'hiver et là, des facteurs comme l'usure de la jante ou les écrous figés par le calcium ne rentrent pas dans l'équation. La solidité d'une jante double paroi de bonne qualité devient automatiquement plus désirable. D'ailleurs, les vélos Falardeau que je fabrique sont tous systématiquement proposés avec des jantes double parois. En ce moment, ce sont principalement des Alex DM-18 ou des MAVIC A319, ou bien des Ambrosio Evolution ou des Ritchey Aero. Dans le cas des roues de 26'', ce sont souvent des Alex Ace19.




En roulant sur la rue Père-Marquette, cette semaine, je me disais qu'il doit sûrement y avoir, parfois, des automobilistes tellement frustrés de ne pas pouvoir tourner à gauche, qu'ils le font quand même en s'engageant en contre-sens malgré l'interdiction qu'on voit clairement sur la photo ci-dessous:



Justement, comme par hasard, j'ai vu une Chrysler Intrepid exécuter précisément cette manoeuvre, hier soir. Et à l'intersection suivante, l'arrêt obligatoire a été complètement escamoté par notre intrépide. 

Il faut savoir que ces aménagements sont récents. Ils sont destinés à réduire l'achalandage automobile sur une rue (Père-Marquette) qualifiée de ''vélo-boulevard'' par les autorités municipales.Si vous regardez attentivement, au centre de la photo, vous verrez mon vélo qui est stationné, le temps d'une photo, dans la direction où la plupart des cyclistes circulent. 

Tout en étant une minorité, ce genre d'attitude chez les automobilistes peut être observée de temps en temps. Certainement assez souvent pour obliger les cyclistes à ne rien prendre pour acquis.

Les conditions neigeuses que vous voyez sur cette photo m'ont permis de faire un premier véritable test de neige des pneus Schwalbe CX Pro dont je parle plus haut. La neige et le vent étaient sufisamment présents depuis hier soir pour décider les écoles de la région à fermer pour la journée. 

Les CX Pro se sont comportés exactement comme je l'espérais. La direction est fiable, et leur largeur modérée (30 mm) les rend à l'aise dans la neige abondante. La traction que donne le pneu arrière est impeccable, le dessin de la semelle le rend très mordant dans la neige. 

Après les avoir gonflé à 70 psi, je me suis dit que c'est trop. Ils cognent un peu dûrement sur les surfaces les plus inégales et une pression plus basse leur permettrait d'arrondir les angles un peu. Je dois mentionner que je ne les ai pas essayés avec des chambres à air régulières (voir plus haut), ce qui pourrait peut-être être un facteur dans ma perception des choses. Sinon, c'est le bonheur, et ne soyez pas surpris si je les adopte pour plusieurs années en tant qu'utilisateur et en tant que détaillant. 




John Surman, ici au saxophone baryton, accompagné par Jack DeJohnette au clavier. Enregistré en janvier 1981 et tiré de l'album ''The Amazing Adventures of Simon Simon''.



vendredi 30 novembre 2012

DES CHIFFRES: HYBRIDE VERSUS ROUTE/COURSE




    Près de Saint-Léon-de-Standon, dans la Beauce québecoise.



Un vélo plus lourd vous ralentit, c'est bien connu. Surtout dans les montées. J'ai aussi souvent entendu des commentaires à l'effet que le froid ralentit les cyclistes. Est-ce vrai? Et si oui, à quel point?

En ce mardi 27 novembre, j'ai sorti des chiffres sur ces questions. Pas vraiment rigoureusement scientifiques, mais quand même assez éloquents.

J'ai utilisé un parcours-étalon, toujours le même. Je m'en sers de toute façon pour m'entraîner, en semaine. À peu près 35 minutes, en mode contre-la-montre, avec un gain d'élévation cumulatif d'exactement 100 mètres. Une longue côte avec une section à 15%. Interférences de circulation non-significatives. Ces quatre dernières semaines, je l'ai fait en solo.

J'utilisais un vélo de course moderne, léger, chaussé en 700 x 23. Les dernières séances ont eu lieu avec un vent faible, très favorable. Avec un vent faible, on n'est pas ralenti beaucoup dans le vent contraire, et au retour, il nous pousse quand même un peu. Ça favorise les moyennes élevées.

Les dernières vitesses moyennes ont été de 25.9 km/h, 26.1, 26.4, 27.0 et 27.5. J'en connais plusieurs qui auraient fait plus vite sur ce parcours, mais ils sont tous du bon côté de 50 (ans).

La température était toujours au-dessus de 0 degrés Celsius, autour de 3, 4 ou 5 degrés. Mais ce matin, 27 novembre, elle était à moins 6 degrés au moment du départ. J'étais moins tenté par le vélo de course. Je me suis dit que ce serait intéressant de prendre mon vélo hybride, pour comparer.

Ne vous y trompez pas. Il ne s'agit pas du vélo hybride avec des pneus de 38 mm et fourche à suspension que votre mon'oncle s'est fait vendre en 1997. Il s'agit plutôt d'un lion dans une peau de mouton, pneus d'une largeur de 28 mm, capable d'aller vite dans la gravelle et encore plus vite sur l'asphalte. Optimisé lors de la construction par l'utilisation d'un cadre très léger et un train roulant (ensemble roues/pneu) sélectionné avec soin. Même genre de pédales et même chaussures. Ce n'est pas un vélo franchement cher, mais plutôt un rapport poids/prix optimal. Il pèse à peu près 2.3 kg (5 lbs) de plus que le vélo de course. Et ma position varie peu d'un vélo à l'autre.

J'étais donc curieux de voir la vitesse moyenne que j'obtiendrais en changeant de vélo. Qu'en pensez-vous? Êtes-vous capable de deviner quel sera l'écart dans les chiffres? C'est le même cycliste, dans la même forme physique. Ce qui change, c'est le vélo, et à peu près 8 à 10 degrés de moins au mercure. Le vent, lui, était à son meilleur, comme lorsque j'ai pondu des moyennes autour de 27.0 km/h.

Dans la seconde moitié, je savais que le chiffre serait plutôt élevé, et pas très différent de ceux du vélo de course. La vitesse de croisière sur le plat était rarement loin entre les deux vélos. Et à la fin, j'ai sorti un honorable 26.1 km/h.

Quelques conclusions:

-Les conditions de vent ont beaucoup d'importance dans le résultat. Les vents forts ralentissent beaucoup le vélo dans la portion vent-de-face, ce que je n'avais pas ce matin.

-Le froid ne m'a probablement pas ralenti beaucoup ce matin. Il n'y avait aucune neige au sol et j'avais beau jeu de peser sur les pédales. On en reparlera quand il fera moins quinze degrés, quoique à ce moment-là, il y aura de la neige et rien ne sera plus pareil.

-À mon avis, c'est le changement de vélo qui a eu le plus d'impact. Un peu plus d'inertie dans la montée principale, légèrement plus de résistance au roulement dûe aux pneus plus larges.



            La glace sur le Lac des Roches, le 18 novembre 2012.





Voici un échange de courriels au sujet des aménagements cyclables récents, rue Père-Marquette dans la ville de Québec, dont je parlais dans mon message du 19 novembre 2012:

''Comme vous l'avez vous-mêmes constaté lors de la phase pilote du projet, les automobilistes étaient peu nombreux à faire leur arrêt obligatoire compte tenu de la nouvelle configuration de l'intersection Père-Marquette / Moncton. Croyant que cette signalisation devenait alors inappropriée, les représentants de la Ville de Québec ont proposé aux membres du comité de suivi du vélo-boulevard une nouvelle signalisation mettant l'accent sur l'importance de céder le passage aux cyclistes. (...) que l'importance de céder le passage aux piétons devrait également être clairement indiquée. (...) la signalisation serait fort probablement insuffisante pour assurer la sécurité de la traversée et que des aménagements seraient plus à même d'amener les automobilistes à adopter la conduite que nous jugeons sécuritaire. Ces suggestions n'ont malheureusement pas été retenues.


(...)

Je vous remercie d'avoir pris le temps de nous donner des informations par téléphone (ce n'est pas moi qui ai pris l'appel). Je comprends que la signalisation en place fait suite à de longues discussions et qu'une campagne de sensibilisation suivra au printemps. Aussi, vous vous êtes montré intéressé de voir comment le tout se passait. Voilà: tout à l'heure, vers 16h55, intersection Moncton (je circulais sur Père-Marquette vers l'est), une voiture venant du sud prend rapidement le virage sans céder au cycliste que j'étais (et croyez-moi, je suis très visible: feu clignotants, manteau fluo, etc. et roule à une vitesse très raisonnable). N'ayez crainte, j'avais anticipé la chose et il n'y a pas eu de collision. Souhaitons que tous les piétons et cycliste qui continuerons d'emprunter cette voie d'ici au printemps aurons comme moi l'idée de céder aux automobilistes!

(...)

Qu'en penses-tu?

C'est vraiment à se demander si tout cela n'est pas une opération de relation publique que se fait en préservant la fluidité des autos et au détriment des humains qui ne sont pas en auto.

Et j'ajouterais: espérons que la sensibilisation ne se fera pas par une enquête du coroner ou par la une du Journal de Québec!


Et voici ma réponse:



Le problème est flagrant. On est en pleine expérimentation et le projet semble très perfectible.
De plus, pour contourner les déviations qui dirigent la circulation automobile dans une seule direction spécifique, de nombreux automobilistes passent... sur le trottoir! On peut voir que c'est fréquent à cause des traces dans la neige récemment tombée. J'en ai vu un le faire hier soir. Ce matin, j'en ai parlé à deux employés de la ville qui étaient sur place et justement, pendant que j'en parlais, un automobiliste a fait la manoeuvre en question devant nous.

Je ne sais pas si de tels aménagements ont déjà été faits de façon identique ailleurs, mais il semble qu'il faudra voir à améliorer la recette, un peu trop épicée à mon goût. Heureusement que, comme toi, je ne fais confiance qu'à moi-même...

Et j'ajoute, parce que je viens justement de parler avec une cliente qui a abordé le sujet sans que je lui en parle, qu'il y a un autre problème. Il semble que certaines voitures se stationnant près de l'intersection bloquent involontairement la visibilité de ceux qui circulent là. Et certains automobilistes sont frustrés lorsqu'ils arrivent à l'intersection et qu'ils ne peuvent pas aller dans la direction prévue. Résultat, au lieu de faire leur arrêt obligatoire, ils accélèrent pour compenser le temps perdu.

Bref, un beau bordel. Pour le moment, les concepteurs qui pensaient bien faire ont peut-être empiré la situation. Espérons qu'on a un ''work in progress'' et qu'avec le temps les choses seront améliorées. Il faut absolument tenir compte du peu de patience dont beaucoup d'automobilistes font preuve. Vivement qu'ils puissent se téléporter, façon Dr. Spock, car c'est la seule façon qu'on arrivera à les contenter, je crois.



Dans mon message du 12 novembre 2012, je vous parlais du défi de produire des émissions de radio. Réalisation, mise en onde, animation, choix musical, on appelle ça en avoir plein les bras, pendant une heure et demie dans mon cas. Mon Mp3, c'est la toute petite boîte noire branchée et déposée sur la gauche de la console. J'en tire à peu près la moitié des émissions que je produis, le reste étant des disques compacts.

Voici une photo du studio en question, de ce que j'ai devant moi lorsque je suis dans le feu de l'action. Vous pouvez entendre le résultat de mon travail si vous allez sur l'adresse suivante et que vous téléchargez ou lisez la date du vendredi 30 novembre   http://www.ckrl.qc.ca/index.php/emissions/279-midi-jazz.  Ce n'est pas encore parfait, mais je sens que je commence à être un peu moins maladroit. Un peu.

L'émission du 30 novembre commençait avec la pièce suivante: le trio d'Avishai Cohen, avec le Big Band Bohuslän à Madrid en spectacle en 2008. Voici la vidéo: