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vendredi 11 avril 2014

AU-DESSUS DE ZÉRO!






Photo prise autour de 1988. J'étais habillé pour participer, comme figurant, au tournage d'un film sur la vie du financier coopératif Alphonse Desjardins au début du vingtième siècle. Ce vélo n'était pas formellement identifié Falardeau comme ils le sont maintenant, mais je le considère quand même comme le premier Falardeau de tous. À l'époque, la transmission n'était pas banale: monovitesse avec roue libre BMX et pédalier Campagnolo double (je n'utilisais que le petit plateau). Le cadre était un Wander italien de tourisme plaqué chrome (sans les décalques Wander), avec un pneu 700 x 28 à l'arrière et un 25 à l'avant. J'ai conservé la formule jante arrière tourisme/jante avant course parce que, à moins de charger l'avant, une jante légère y est suffisamment robuste. Pour plusieurs d'entre nous, en tous cas.  En fait, je l'offre en option sur les Falardeau hybrides ou touristes. Ce n'est pas seulement pour la performance accrue, c'est aussi pour avoir une direction plus vive.

J'en garde le souvenir d'un vélo très agréable, maniable et léger. La première version, en juin 1987, avait un moyeu arrière à frein rétropédalage. Mais j'avais changé la roue arrière pour avoir un moyeu à roue libre vissée comme vous le voyez sur la photo, et j'avais posé un frein manuel sur la roue arrière. Si c'était à refaire, je mettrais un levier de frein plus rigide, donc plus ferme. Et probablement deux freins plutôt qu'un seul...

De nos jours, ce vélo serait perçu comme suivant la mode ''Fixie'', malgré sa roue libre. En fait, il l'a plutôt précédée. L'idée était simple: importer sur un cadre de meilleur niveau la simplicité et l'agrément d'une transmission comme celle des modestes vélos des années '60. Le chrome sur le cadre, ainsi que son dépouillement général, lui donnaient une apparence remarquable et remarquée. Je n'ai eu que des bons commentaires. Ainsi qu'une ou deux commandes...


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Ceux qui vivent au Canada savent que la météo, ici, n'est pas une information banale. Chez certains, ça peut prendre des proportions difficiles à imaginer sous d'autres cieux...  La facture de chauffage de mon magasin, pour les deux premiers mois de l'année 2014, est 26% plus élevée que l'an passé.




J'ai reçu un courriel cette semaine:


Bonjour,

Je me demandais s'il est très coûteux de changer un pédalier. J'ai un vélo équipé en Sora et j'aimerais le changer pour un pédalier Tiagra à trois plateaux.

C'est un vélo prévu pour un usage utilitaire mais j'aimerais faire de plus longs voyages, à l'arrière c'est du Tiagra.


Ma réponse:

Bonjour,

Pour faire une histoire courte, le dérailleur avant doit être 100% compatible sinon, rien à faire, le technicien qui veut ajuster ça ne pourra pas obtenir un résultat sans irritant
.
De plus, le levier de vitesses gauche doit être compatible triple plateaux.

Je n'ai pas assez d'informations dans ton courriel pour donner une réponse définitive sur ce qu'il faut faire et ce que ça implique comme coût exact. Mais il est fréquent qu'un cycliste qui envisage un tel projet l'abandonne à cause, principalement, du coût.

À cause du caractère très technique de cette transformation, mieux vaut venir me voir avec ton vélo. Un exemple: tu as des leviers Sora ST-3300 ou 3400 ou 3500 ou 3503? Si tu ne peux pas répondre à cette question, tu as besoin d'une aide qui ne se donne pas facilement à distance.

Merci,

Paul Trépanier,

www.bicyclesfalardeau.com


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Plus que trois semaines avant notre première sortie collective dans le cadre du Mois du Vélo à Québec.
À chaque dimanche, une sortie Chaudière-Appalaches avec une alternance entre sortie en terrain plus plat et sortie en terrain côteux. La première sortie aura probablement lieu à partir de Saint-Charles de Bellechasse en direction de Saint-Lazare et c'est une de nos préférées. Nous utiliserons un réseau de routes de gravelle particulièrement agréable qui est en parallèle au réseau que les automobilistes utilisent. Donc, beaucoup de tranquilité et une ambiance qui varie au fil de la journée.

Je donnerai d'autres détails et informations durant les semaines à venir. En passant, notez que je suis présent au magasin tous les samedis durant les mois qui viennent.



C'est le même vélo que sur la photo du haut. Je l'avais préparé ce jour-là pour faire un voyage de trois jours.



Permettez-moi de faire ici un éloge du vélo sale. Pas que je tienne à vanter les mérites de la saleté, mais j'entends souvent, particulièrement à ce temps-ci de l'année, des clients qui me disent que la route n'est pas assez propre pour utiliser leur vélo.

Et je suis d'accord, si on parle d'une magnifique machine comme mon propre (!) vélo en fibre de carbone. Mais je suis tellement heureux d'avoir une machine que je n'ai pas peur de salir et qui me permet de profiter de la nouvelle douceur du temps!

Il n'est pas aussi technique, pas aussi léger que l'autre? Pas grave, de toute façon je n'ai pas touché à mon carbone depuis des mois. On peut se procurer, si on ne l'a pas déjà, une machine d'occasion qui fera l'affaire à peu de frais. Si elle est bien choisie, elle ajoutera au moins un ou deux mois au début et à la fin de votre saison. Ça rejoint mon état d'esprit qui pourrait se résumer ainsi: d'abord, rouler.

Un vélo qui est vieux peut être de bonne qualité. Et s'il est bien entretenu, il pourra être un bon compromis. J'aime bien mes vélos plus pointus, mais j'ai toujours pensé qu'il ne faudrait pas que le vélo soit plus important que ce qu'on fait avec...

Dans mon cas, ce n'est pas compliqué, je prends tout simplement mon vélo d'hiver. Question saleté, il est dur à battre puisqu'il est utilisé dans des conditions un peu extrêmes de sel, de froid, de neige et d'humidité. On peut aussi trouver des machines comme celle qui est arrivée ce matin dans mon atelier: un vélo de route d'il y a à peu près 20 ans qui sera offert autour de 175$ après un entretien complet incluant des pièces neuves là où il le faut. Et il y a moins cher encore si on cherche comme il faut.

Pour ce qui est du poids de mon vélo d'hiver, j'ai profité de l'installation d'un crochet pour une balance numérique dans ma salle de montre pour le peser. C'est un Falardeau Alu8, et il est à 12.76 kgs (10 kgs = 22 lbs)  incluant les accessoires. Vous trouvez ça lourd? C'est pourtant bien plus léger que beaucoup de vélos utilisés en hiver par des Québécois. Par exemple, mon compagnon de route, ce matin, en était à 14.57 kgs. Notre sourire, lui, était très léger.

J'ai aussi pesé, cette semaine:

Un Giant Defy Advanced (quel nom!) équipé 105/FSA/Tektro avec accessoires et sans pédales, roues à 32 rayons (pas d'origine) à 9.24kgs.

Un Falardeau Alu8 touriste avec pneus 23 mm, pédales et porte-bouteilles à 10.3 kgs.

Un Trek carbone (non-identifié) en Ultegra 2x9 vit., pédalier Dura Ace et porte-bouteille à 8.51 kgs.

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Une autre pièce tirée du film ''Ondine''. Cette fois-ci, Pat Metheny, ''One Quiet Night''.

jeudi 3 janvier 2013

DI NOU








Il n'y a pas que des palmiers dans ce sud-est américain. En fait, la végétation est comme les humains. Il y en a de toutes sortes. ''Les Américains'' est une expression qu'il faut utiliser avec prudence, car elle englobe des réalités très différentes. Quand un Québecois pense à la Floride, par exemple, il pensera surtout à une plage peuplée de blancs âgés et bedonnants, et c'est peut-être ce qu'on y voit le moins. La population est tout sauf homogène. La photo suivante a été prise dans un autobus urbain, et la colonne de droite est en créole.







Suite de mon compte-rendu sur le livre ''How Music Works'' de David Byrne. J'en suis  dans les passages où il est question du côté affaires de la production musicale. En fait, il y a une telle abondance d'idées et de thèmes dans ce livre qu'il y aurait matière à de très longues discussions...

Il décrit une gamme de possibilités qui s'offrent au musicien. À gauche, le musicien est complètement pris en charge par la compagnie de disques. Et à l'autre extrémité, il s'auto-produit et voit aussi à sa propre distribution et sa mise en marché. Entre les deux, plusieurs nuances sont possibles.

La compagnie qui prend en charge le musicien est plus susceptible d'avoir des exigences et d'influencer la créativité du musicien. Parlez-en à Neil Young: il avait été poursuivi en justice par David Geffen pour ne pas avoir livré un produit suffisamment conforme au Neil Young du passé... À l'opposé, regardez les vidéos de Natalie Dawn et son groupe Pomplamoose sur youtube.com: on peut sentir la prise en charge des étapes par ces artistes.

L'autonomie est de plus en plus possible pour les musiciens, grâce à Internet. On peut enregistrer chez soi, distribuer par l'entremise de Itunes ou Amazon. Moins de ventes, mais moins de frais et moins de corporations parasitaires.

Je ne peux m'empêcher de faire des parallèles avec mon travail de fabriquant artisanal de vélos.

À une extrémité, il y a le magasin-concept, où au moins 75%, parfois même 100% de l'inventaire offert est originaire d'un seul fournisseur. Qui a évidemment son mot à dire quant à l'inventaire en question. Certains vélocistes sont confortables avec cette façon de faire. Moi pas.

À l'autre extrémité, il y a l'artisan qui ira jusqu'à fabriquer lui-même ses cadres avant d'assembler le vélo complet. Je ne vais pas jusque là: je fais faire les cadres selon mes spécifications,  par des entreprises spécialisées qui ne font rien d'autre que des cadres, en tant que sous-contractants. Bien outillées et bien organisées, elles sont compétitives et m'offrent un produit de qualité. De cette façon, mon produit final se compare très avantageusement avec ce qu'on trouve dans les magasins conventionnels.

Au début du chapitre sur les amateurs, Byrne propose quelques idées sur l'attitude de l'état sur la consommation:

''L'acte de faire de la musique, des vêtements, de l'art ou même de la nourriture a un effet très différent, et possiblement plus bénéfique sur nous que de simplement consommer ces choses. Et pourtant depuis très longtemps, l'attitude de l'état envers l'apprentissage et le fait de subventionner l'art  a été en opposition directe avec l'encouragement (fostering) à la créativité au sein de la population. On peut souvent avoir l'impression que ceux qui sont au pouvoir ne veulent pas que nous ayons du plaisir à faire des choses pour nous-mêmes. Ils préfèrent établir une hiérarchie culturelle qui dévalorise  nos efforts d'amateurs et encouragent la consommation plutôt que la création. Ça peut donner l'impression que je crois qu'il y a un vaste complot en cours, mais ce n'est pas le cas, quoique la situation dans laquelle nous nous trouvons est la même que s'il y en avait un....    Le capitalisme tend à créer des consommateurs passifs, et de bien des façons cette tendance est contre-productive....''

Le magasin de vélo conventionnel qu'on trouve beaucoup au Québec est plus indépendant que le magasin-concept, mais reste près du modèle offert par les concessionnaires automobiles: la créativité est fournie par une ou plusieurs marques plus ou moins grandes, et le produit arrive pré-assemblé dans une boîte. Aimez-le ou laissez-le là.



  BONNE ANNÉE À TOUS!!!!!



Comme le musicien qui veut prendre en main les différentes étapes de sa mise en marché, je dois travailler plus que si je me contentais de sortir les vélos de leur boîte comme un magicien sort un lapin d'un chapeau. Mais je ne suis pas seul à préférer cette approche plus exigeante: mes clients réagissent très positivement à l'offre que je leur fais. Et je connais bien mieux mon produit: c'est moi qui le conçoit!

Les grosses compagnies de disque sont en fait des sociétés de financement pour les musiciens: elles fournissent des avances et un capital pour la production de disques et de tournées, et créent un musicien endetté qui doit toujours produire plus pour rendre l'argent avancé par les compagnies. Byrne cite des noms de musiciens connus qui ont vécu des moments financièrement très difficiles à cause des pratiques de ces compagnies. Entre autres: Terrence Trent D'Arby, Seal, Michael Jackson, The Ramones, Sly Stone, Meatloaf et MC Hammer ont tous été fauchés plus ou moins longtemps. Pas toujours à cause d'une surdose de limousines...

Ce n'est pas sans parallèle avec la compagnie de vélos qui propose un inventaire payable en trois tiers: 1er avril, 1er mai et 1er juin. Gare au propriétaire d'un magasin de vélo qui en a trop commandé l'automne dernier, ou qui est confronté à un printemps à la météo capricieuse qui ralentira le traffic dans son magasin pendant de longues semaines. D'autant plus que l'inventaire est habituellement payé avec l'aide d'un prêt contracté dans une institution bancaire qui souhaite revoir son argent dans les délais prescrits dans le contrat d'emprunt.

Que se passe-t-il lorsque le détaillant de vélo n'a pas la taille qui vous convient dans son inventaire, et qu'il a des dizaines ou des centaines de vélos à écouler? A-t-il envie de commander un vélo de plus de son fournisseur, ou bien sera-t-il tenté de vous convaincre d'opter qui vous convient... presque?


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Les circonstances m'ont récemment forcé à m'intéresser à un chauffe-eau défectueux. Comme dans le cas des vélos, youtube.com peut être une ressource à exploiter pour s'informer. Ici, Larry Weingarten nous montre qu'on peut presque avoir de la tendresse envers ces machines. Et certains des trucs qu'il donne peuvent être appliqués à la mécanique des vélos. Les amateurs de films d'action ne seront pas en reste. La fin de ce vidéo nous montre quelques scènes dignes d'un film de James Bond.





Le hasard (encore lui!) m'a fait écouter cette semaine un album de Pat Metheny intitulé ''Imaginary Day''.
Plutôt doux, on y trouve une formation de musiciens qu'on a souvent vu aux côtés de Metheny: Lyle Mays, Steve Rodby et Paul Wertico, pour ne nommer qu'eux. La pièce suivante est la moins douce du disque, et certainement pas la moins intéressante...: ''The Roots of Coincidence''. Publié en 1997.