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lundi 13 juin 2016

HORAIRE, ACIER, VÉLO GRAS, TALLBOY ETC.




Pour ceux qui habitent la région de Québec/Lévis, voici l'horaire de diffusion de l'émission "À vos vélos" dont je suis le producteur et qu'on pourra voir sur MA tv, canal 9 (HD 609) à partir de jeudi le 16 juin 2016.

1e diffusion: Jeudi 19h 
Rediffusion: 
Jeudi 22h 
Vendredi 15h30, 20h30 
Samedi 2h 
Dimanche 3h30, 11h30, 20h 
Lundi 0h30, 18h30 
Mardi 2h, 13h, 19h30 
Mercredi 6h, 16h30 
Jeudi 10h30 
               

L'émission dure 30 minutes.




J'étais curieux. Les cadres de route/course modernes ont oublié l'acier, sauf exception, et celui-ci en est justement une. Comment peut-on faire un tel vélo en 2016, sans qu'il ne pâtisse de la comparaison avec la fibre de carbone ou, plus rare, le titane?

Bien sûr, les sensations ne m'inquiétaient pas, l'acier en a toujours donné de bonnes lorsque le cadre est réussi. Le poids, c'est une autre affaire. Les cadres en acier dépassent facilement les deux kilos lorsqu'on ne fait pas attention, et ça ne fait pas bonne figure dans un monde où les cadres en fibre se situent quelque part autour du kilo point zéro.

Pour les fins de l'émission (À Vos Vélos, MA tv à Québec), j'ai testé un Golem. Vous ne connaissez pas Golem? Pas surprenant, cet artisan local est plutôt discret, il fabrique en petite série, si on peut parler de série. C'était le vélo personnel de Guillaume Désy, l'artisan en question, et les vélos de ceux qui travaillent dans le domaine sont souvent parmi les plus intéressants, exempts de l'influence du marketing. Ils réflètent fidèlement les préférences de leur propriétaire qui connaissent l'éventail de ce qui est possible et désirable.

Je vous le décris brièvement. Le cadre est fait d'un assemblage de tubes disparates, issus entre autres des marques True Temper et Columbus, ce qu'on ne voit jamais ailleurs. Les cadres faits avec de tels tubes respectent habituellement l'homogénéité non seulement de la marque, mais aussi du modèle de tubes, ne serait-ce que pour éviter de dérouter le consommateur.

Mais pour Guillaume, comme pour moi, c'est le résultat qui compte. Et ce résultat, je l'ai beaucoup aimé. Monté avec des pneus 700 x 28, il donne une bonne vivacité, de bons démarrages. En fait, le cadre pèse 1500 grammes, et c'est ainsi que je l'ai senti. Léger, vraiment léger, mais pas ultra-léger comme lorsqu'on roule sur un cadre de 900 grammes ou un kilo.

Une bonne partie des cadres en titane pèse à peu près ce poids de 1500 grammes, et l'acier peut avoir des sensations proches de celles du titane, contrairement à la fibre de carbone qui ne donne pas de sensations de métal. Normal, ce n'en est pas. Bien sûr, les pièces montées sur le cadre ont un impact sur le poids total du vélo, mais il reste que la part du cadre est majeure dans les sensations générales. Ce Golem, sans battre de records, ce n'est pas son but, attaque volontiers les relances comme les montées et la force du cycliste est le facteur déterminant sur la performance de la machine. Je veux dire, vous ne pourrez pas reprocher au vélo le fait que vous ne soyez pas arrivé le premier en haut de la côte.

En prime, le cadre et sa fourche acceptent volontiers des pneus de 28 mm, peut-être même des 32. Avec un artisan comme Guillaume, toute demande raisonnable est réalisable, alors que les cadres/fourches modernes de vélos route/course n'ont pas les tolérances pour accueillir plus que 23 ou 25 mm dans la majorité des cas.
Ce qui permet d'aller jouer sur la gravelle, comme j'ai l'habitude de le faire, ou simplement d'avoir une meilleure relation avec l'asphalte québécoise et ses surprises.

On ne parle pas d'un vélo petit budget, ici, mais si vous pouvez vivre avec cette facture, vous pourrez vivre avec le vélo. La seule contre-indication, peut-être, serait pour un abonné des podiums qui compte les grammes et qui a de bonnes raisons de le faire. Personnellement, je l'ai essayé en me disant que je serais heureux de passer une journée complète sur cet engin.





Dans le cadre de la même émission, j'ai essayé, pour la première fois, un vélo gras. Mieux connus sous le nom de fat bikes, ces machines presque grotesques sont équipées de pneus énormes. Dans le cas qui me concerne, 4.7 pouces de large. Pour en avoir assez, faut en avoir trop.

C'était un Spherik, autre marque québécoise. Mais on ne parle pas d'artisanat ici, ce sont des vélos dits de production. La fourche rigide était en fibre de carbone, le cadre en aluminium, le dérailleur arrière était un Shimano Deore XT et il était équipé de freins à disque hydrauliques Tektro.

Je me suis bien amusé. Les pneus me donnaient une assurance que je n'ai pas d'habitude, pas à ce point, malgré le fait que la neige fait partie de mon menu quotidien en hiver. Léger? Non. Mais nous avons été surpris, moi et mon réalisateur, de constater que le poids n'est pas si excessif qu'on pourrait le croire. On peut monter des côtes, et l'accélération à partir du point mort n'est pas inexistante. Bref, le poids n'est pas un irritant, à moins d'avoir des attentes irréalistes.

J'ai roulé sur différentes surfaces sans trop m'inquiéter et j'étais encouragé par la machine. Les développements disponibles étaient adéquats pour les conditions et l'absence de dérailleur avant ne m'a pas agacé. Le seul plateau est tout petit, et avec une grosse cassette, le peu de montées que j'ai faites se grimpaient assez bien, si on ne demande pas l'impossible.

J'ai roulé sur un sable assez coulant, et la machine n'était pas dépassée par le défi, même si à certains endroits on est à la limite du possible. De toute façon ça ne donnait pas envie d'insister parce que je voyais bien que non seulement ça mettrait du sable dans la transmission, mais en plus je finirais par en avoir plein les chaussures...

En fait mon rêve, avec un tel vélo, serait de rouler sur un beau grand lac gelé, en hiver. Et je trouverais facilement d'autres endroits pour exploiter les capacités de cette sympathique machine. Si, comme moi, vous aimez la campagne, vous vous ferez plaisir à coup sûr. À condition de donner un bon suivi à la mécanique. Les freins à disque, les hydrauliques pas moins que les autres, exigent un entretien qui surprend parfois les acheteurs profanes. Disques voilés, patins à l'usure discrète, bulles d'air dans les conduits hydrauliques, quand ce n'est pas carrément une fuite d'huile, n'allez pas penser que leur système de freinage peut vivre sans soins. Ce n'est pas propre à une marque en particulier, tous les freins à disque ont leurs exigences. On doit décider à l'achat si on préfère des freins à disque à tirage par câble ou la version hydraulique.

Le vélo testé, dont j'oublie le nom du modèle, valait 2700$ plus taxes. Pour les poches moins profondes,
Spherik a prévu une entrée de gamme à 1300$ qui arrivera d'ici quelques mois.



Quelques photos du vélo de Éric Tourville. Il a déjà été champion du Canada en vélo de montagne.


Une manette de frein Deore XT, l'autre est une Deore (pas XT)


Il mesure 6' 1"


Ceci n'est pas une grosse cartouche de Co2. Et un ruban adhésif a été placé pour ne pas perdre le raccord de gonflage. Et pas de Camelbak, semble-t-il.


Usure du fini de la manivelle à cause des frottements de chaussures occasionnels. Pédales Deore XT.


Je ne lui ai pas demandé si ce sont ses pneus préférés. Les pros du vélo de montagne ont habituellement une opinion là-dessus.




J'ai reçu le courriel suivant la semaine dernière:

Salut Paul,

La semaine dernière, j’ai entrepris d’installer le nouveau pédalier et dérailleur avant que je t’ai acheté. Le pédalier fut un charme à poser. Pour le dérailleur avant (Deore), ce fut une autre histoire…

… Une fois le dérailleur fixé au cadre et le câble posé, j’ai remarqué que celui-ci ne bougeait pas avec le câble. J’ai donc entrepris d’enlever la « pinouche » en plastique orange qui était sûrement là   pour bloquer le dérailleur et éviter qu’il ne s’écrase et se dérègle dans le transport, non? 

Non.

C’est là que j’ai constaté que le dérailleur acheté était un « top swing », alors que celui d’origine est un conventionnel. En voici un exemple . 

Me voilà donc avec un mauvais type de dérailleur neuf que je viens probablement de saboter, et le besoin d’en acheter un autre.

Tu pourrais m’aider?

Merci.



Et voici ma réponse:



Bonjour,

Le problème n'est pas parce que c'est un top swing. Les deux peuvent être utilisés indifféremment.

L'ajustement des dérailleurs avant est probablement une des choses les plus difficiles à faire de nos jours, sur un vélo. Méfie-toi de tes diagnostics.

Et tu n'as rien saboté, la pièce est là pour le transport et doit être retirée.

Je peux t'aider, bien sûr, apporte-nous le et on s'en occupera, sinon plonge-toi dans les vidéos de youtube.com, mais j'insiste sur le fait qu'il y a plusieurs paramètres incontournables lors de l'ajustement d'un dérailleur avant indexé.

Merci,

Paul.



Oui, il les a descendues...


Guillaume Martineau, pianiste québécois:



lundi 22 octobre 2012

JE SUIS COUPABLE.


Aluminium brossé.


Si Lance Armstrong tarde à sortir de son placard, laissez-moi sortir du mien. Je suis coupable.

J'ai participé à peu de courses de vélo dans ma vie. J'en ai gagné une, et de façon tout à fait malhonnête. Ne le dites pas à l'UCI. Ou à Nike.

Tout avait pourtant bien commencé. Nous étions six ou sept sur la ligne de départ, et l'humeur était plutôt bon-enfant. Même si un des compétiteurs était en train de se doper ouvertement en mangeant des guimauves. Scandaleux!

Le départ est donné, et à la première montée, le peloton éclate. Le plus fort d'entre nous décide de lever le pied pour accompagner notre mangeur de guimauve, histoire de ne pas le laisser seul pendant tout le parcours de 60 kms.

Mais nous nous sommes lassés à tour de rôle, car les guimauves n'avaient pas suffi à le regaillardir: il était décidément trop lent. Je me suis retrouvé en chasse-patate, seul quelque part sur la route avec le vent de dos. Ça serait moins drôle tantôt.

Arrivé à mi-parcours, le plus fort se reposait, confiant dans ses chances de remporter l'épreuve quand même. Je le rejoins, nous faisons un ou deux kms ensemble, probablement plutôt un seul: à la première montée, il me largue sans même essayer, et je ne suis pas surpris.

Je recommence mon solo, sauf que cette fois-ci, le vent de face est moins accomodant. Heureusement, l'environnement rural est agréable. Soudain, devant moi, un tracteur bifurque en tirant ce qu'on appelle un ''voyage de foin'' au Québec. Une énorme charge de foin pilée sur une remorque. Bravo, je me dis, je vais pouvoir faire un ou deux kms à l'abri du vent, bien installé à l'arrière de la remorque qui rend le vent imperceptible.

Je suis habitué à ces petits cadeaux du hasard: c'est bienvenu, mais ça ne dure jamais bien longtemps, car ces tracteurs se rendent à une autre ferme située un peu plus loin le long de la route. On en profite le temps qu'on peut. C'est dommage, car celui-ci roule autour de 32-33 kms/heure, ce que je ne pourrais pas faire longtemps avec un vent de face comme celui-là.

Après trois ou quatre kms, le tracteur continue toujours sa route et moi derrière. À ma grande surprise, sept ou huit kms plus loin, il est encore devant moi, toujours à la même vitesse. Dix, quinze, encore. Je vais finir par rattraper un des coureurs!

C'est ce qui finit par arriver. Le moins fort des hommes du devant est rattrapé, saute dans le train, mais il est trop fatigué par ses efforts pour pouvoir tenir le rythme. Je le vois disparaître au loin. Le tracteur continue.

Un deuxième, et celui-là tient le coup. Je lui fais une place à mes côtés et nous en rions. La fin commence à approcher, et je suis frais comme une rose, à 33 kms/heure dans le vent de face. Nous finirons par rattraper notre champion peu de temps avant la fin. En coureur expérimenté, il saute dans l'abri sans difficulté. Je me dis, bon, ça va se régler au sprint, et fort comme il est, je n'ai aucune chance.

Le sprint arrive, on lance le bal, et à ma grande surprise je me détache de mes deux compétiteurs sans trop d'effort, aidé par ma fraîcheur et mon vélo nettement plus léger que le leur. Le champion avait rattrapé et dépassé tout le monde, mais pas sans y laisser des forces.

La course n'avait rien de formel, et on a tous bien ri de cette tournure des événements absolument inattendue. Je pourrais vous dire que je me sens plus léger maintenant que j'ai avoué mon crime, mais il n'y avait aucun spectateur sur le bord de la route et personne n'était dupe de ce qui m'avait permis de gagner...

À ton tour maintenant, Lance. Tu verras, on se sent mieux après.

*

Il n'y a pas si longtemps, je parlais ici du commentateur Phil Liggett qui avait promis de démissionner si Lance Armstrong était reconnu coupable de dopage.

Non, il ne démissionnera pas. Il dit que c'est parce qu'il a un contrat jusqu'en 2016. Ah!...


*

Pour ceux d'entre vous qui aimez réparer et ajuster votre propre vélo, le dérailleur avant (si votre levier est indexé) peut représenter un défi majeur. Vos connaissances et votre patience peuvent être mises à rude épreuve. Il faut absolument compte des paramètres suivants:

-La compatibilité du levier avec le dérailleur.
-La hauteur du dérailleur.
-Son alignement.
-La tension du câble.
-La compatibilité de la chaîne.
-La qualité, la longueur, et le trajet de la gaine du câble.

Si vous voulez approfondir la question, vous pouvez consulter le texte suivant:

http://blog.treefortbikes.com/index.php/posts/978



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Ma prochaine émission de radio aura lieu le vendredi 26 octobre 2012, de midi à 13:30 heures, à Ckrl-mf, 89,1 à Québec. On peut l'entendre aussi en baladodiffusion au:
http://www.ckrl.qc.ca/index.php/emissions/279-midi-jazz 
La précédente était en date du 12 octobre et vous pouvez la réécouter à cette même adresse. Veuillez noter que si vous écoutez ce ''podcast'', vous entendrez d'abord la dernière pièce de l'émission précédente, ainsi que la pause publicitaire entre les deux émissions.


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Elina Duni est née en Albanie et elle chante en plusieurs langues. Ici, la chanson ''Lume, Lume''.