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vendredi 3 février 2017

TENDANCES 2018.





Circa 1951.


Dans un article récent de Bicycle Retailer and Industry News, on nous donne des nouvelles de Taichung (Taiwan) Bike Week. Les tendances y sont discernables. Cette Taichung Bike Week est destiné principalement aux concepteurs de vélos, communément appelés gérants de production, pour les aider à planifier leur prochaine cuvée. Elle a lieu à chaque automne, moment crucial pour ces concepteurs. Il faut comprendre que, à l'automne 2016, ce sont les vélos 2018 qui sont en gestation. Les vélos 2017 ont déjà été présentés aux détaillants.

Un producteur de roues remercie Shimano et SRAM de nous avoir épargné le passage aux cassettes à 12 vitesses pour les vélos de route.

WTB veut développer un nouveau standard de pneu de route surdimensionné et d'autres compagnies de pneus veulent suivre le mouvement.

SRAM va proposer des transmissions pour vélo de montagne 1 x 12 à un prix moins élevé l'an prochain. Mais Shimano ne cherche pas à descendre en gamme pour les transmissions mono-plateau dans ce genre de vélos.

Les fabricants proposent encore des pneus de 27.5" pour ces vélos de montagne, et cherche encore la largeur idéale. Il y a un glissement vers une taille qui serait inférieure au 2.8" qui sera répandue sur l'année-modèle 2017.

Après l'hiver dernier, 2015-2016, les distributeurs américains avaient surévalué largement la demande pour le vélo à pneu surdimensionné (fat bike) et ils étaient pratiquement invisibles à Taichung, cette semaine-là.

Dans les prochaines années, les freins à disque sur vélos de route seront la nouvelle normalité, pendant que les freins sur jante seront réservés aux vélos super-légers spécialisés pour les ascensions ou pour les vélos de contre-la-montre.




Un peu de réalité alternative...


À la fin des années '20, la compagnie Whippet a fabriqué plusieurs milliers d'automobiles. Un résident de Saint-Raymond-de-Portneuf en avait acheté une, et l'appréciait tellement qu'il en vantait les mérites à qui voulait bien l'entendre. Tant et si bien qu'on l'a qualifié de whippetiste, terme signifiant que non seulement il aimait la marque, mais il refusait de concéder un quelconque mérite aux autres marques.



Après trois semaines d'utilisation du gros vélo (aka fat bike), et après 40 ans de vélo quotidien sur/dans la neige, mes impressions se définissent petit à petit. Tout d'abord, mon vélo habituel (équipé de pneus de cyclocross de 30 mm de largeur) et le gros vélo ont ceci en commun:

  1. Les deux vélos font l'affaire, malgré leur allure très différente.
  2. Je passe quelques jours avec un des deux vélos, n'importe lequel, puis je passe à l'autre et je dis: Wow! Quelle merveille! Les deux sont merveilleux, chacun à leur manière.
  3. Les deux, dans mon cas, ont un cadre en aluminium, ce qui est souhaitable pour contrer la rouille de cette partie du vélo.
Au fil des années, j'ai roulé l'hiver avec les tailles de pneus suivantes:
  • 26 x 1 1/4 (rarement)
  • 26 x 1 3/8 (jusque vers 1988)
  • 26 x 2.0 (entre 1.9 et 2.1, mais je me suis vite lassé)
  • 27 x 1 1/4 (Michelin World Tour et un autre Michelin dont je ne me rappelle plus le nom)
  • 700 x 29 (cyclocross)
  • 700 x 30 (cyclocross)
  • 700 x 32 (CST Cultivator)
Et le gros vélo ajoute maintenant à cette liste le 26 x 4.0.

J'ai souvent fait des distances supérieures à 30 kms en plein hiver, à, et autour de, Québec. Jusqu'à 70 kms, en fait. Je ne voudrais pas avoir à faire de telles distances avec des pneus de 4 pouces, car le vélo est plus lent, c'est flagrant. 

Par contre, les gros pneus changent ma relation avec l'espace en gommant certains obstacles auparavant infranchissables, et en me permettant des parcours hors-route plus associés aux sports d'hiver ou à la marche. Ils sont particulièrement ludiques et acceptent des défis que même un vélo de montagne traditionnel ne peut relever. Ce que je reproche à ce dernier? Ses gros pneus ne sont pas assez gros, et pas assez petits. 

Si je parle autant de pneus, c'est qu'ils sont aussi importants dans la conception d'un vélo qu'un batteur l'est dans un groupe de musiciens. C'est la clé qui détermine la vocation du vélo et certaines dimensions du cadre.

Mais si votre budget est très limité, le gros vélo n'est pas une option. Alors qu'on peut trouver assez facilement des vélos hybrides d'occasion et les modifier (pneus, garde-boue, éclairage) pour en faire un bon vélo d'hiver, particulièrement pour un usage utilitaire. À 200 ou 300$cad, c'est faisable.  Presqu'impossible avec les gros vélos. Dans quelques années, quand le marché se sera développé, la situation sera différente, mais pas maintenant. Notez que n'importe quel vélo qui aura fait quelques hivers, dans nos conditions québécoises, aura perdu beaucoup d'intérêt et de valeur, à moins d'avoir subi un entretien rigoureux comme peu de gens en donnent. 

Je ne me qualifierais donc pas de whippetiste. Les deux vélos ont leur place dans mon écurie. Reste à voir comment mes besoins évolueront.




L'Allemagne n'a pas l'habitude de lésiner en matière d'autoroute. Si on y roule aussi vite qu'on le fait, c'est qu'on y investit énormément en matière d'entretien, de surveillance et de sécurité. Mais là, le pays envisage une autre sorte d'autoroute, d'un genre qui pourrait se révéler intéressant pour certains d'entre vous.
https://reporterre.net/L-Allemagne-construit-la-plus-grande-autoroute-cyclable-du-monde




vendredi 27 janvier 2017

BACK IN THE SADDLE.




Pas un seul brin de neige sur ce vélo, la veille au soir. Fin décembre 21016, Ville de Québec.


De retour après trois semaines de vacances, back in the saddle, comme diraient les Américains que j'ai côtoyés durant cette petite poignée de journées. Ces Américains dont les détaillants de vélos ne semblent pas vraiment faire des affaires d'or, si je me fie à ce que dit Bicycle Retailer and Industry News qui suit de près l'évolution de la situation là-bas.

L'humeur n'est pas à l'enthousiasme chez ces détaillants. Ils perdent une partie de leur chiffre d'affaires au profit des web-détaillants du Royaume-Uni, d'Asie ou d'ailleurs, mais si vous voulez mon avis, ils souffrent surtout du manque d'intérêt des Américains pour l'activité physique en général, et du vélo en particulier.

Je n'ai pas  besoin d'outils scientifiques pour le mesurer. Si je compare ce que je voyais là-bas, dans la rue, on y voit moins de cyclistes sur une distance donnée, à 28 degrés Celsius, que j'en vois ici à Québec à 28 degrés Fahrenheit! En fait, une partie de ceux qu'on voit là-bas donne l'impression que s'ils font du vélo, c'est parce qu'ils n'ont pas le choix. Et ce n'est pas parce que l'endroit où je me trouvais était côteux: les seules montées qu'on y rencontre sont les viaducs d'autoroute. C'est la même chose pour les autres sports: la piscine où je me baignais était habituellement inutilisée.

Remarquez, ce n'est pas partout pareil. On trouve au Trumpiristan des endroits où les gens sont davantage sensibilisés, heureusement. Mais pas là où j'étais, c'est certain.


Québec, 22 janvier 2017.

Les collants (en anglais, tights) qu'on peut se procurer pour faire du vélo sont habituellement plus destinés à un hiver européen qu'à l'hiver québécois. En bas de zéro degrés Celsius, ça ne suffit pas. C'est pourquoi je me désolais de voir mon vieux, mon très vieux collant se dégrader au point où c'en était aussi risible que gênant. Il fallait faire quelque chose.


On m'a recommandé le pantalon Fat Jack de la marque Club Ride que vous pouvez voir ici. J'étais un peu réticent à cause du fait que je préfère quelque chose d'ajusté à un pantalon ample. Mais maintenant que j'ai pu l'essayer, je suis rassuré car il est juste assez ample pour permettre le port d'un caleçon à l'intérieur. Ce qui, je crois, sera nécessaire quand le thermomètre déprime vraiment.

Je l'ai porté ce matin, pour la première fois. Température, moins 2 Celsius avec vents du nord-est à 30 km/h. Donc, pas si froid, mais avec le vent de face, mes autres collants -ceux qui sont encore en bonne santé- n'auraient certainement pas suffi. Même sans ce vent, ils n'auraient pas suffi.

J'en suis content. La coupe est belle, les tissus (il y en a plus qu'un) sont bien choisis, je l'ai vérifié en faisant couler un verre d'eau dessus et rien ne pénètre, on dirait le dos d'un canard. Et contrairement à mon ancien collant, il y a cinq poches, ce qui peut être bien utile. Mon maillot à manches longues le plus chaud ne descend pas très bas, et j'aurais aimé que Fat Jack monte un peu plus haut pour compenser, mais je peux m'organiser autrement avec un autre maillot plus long, quitte à ajouter une veste sans manche s'il le faut.

Club Ride Fat Jack, prix de détail suggéré, 160$cad.




Autre nouvel ajout dans ma garde-robe, le passe-montagne EVO (référence 861544).

De novembre à mars, et même plus diront certains, le passe-montagne est indispensable pour les cyclistes québécois. Si vous n'êtes pas familier, c'est un vêtement qui couvre toute la tête et même le cou. Donc les oreilles: très important.

EVO, marque-maison de Cycles Lambert, propose un modèle en Lycra thermal avec l'intérieur en molleton polaire. La tissu est léger, respirant, et convient très bien lorsqu'on le combine avec un casque de vélo. Il peut suffire même en bas du point de congélation. Prix de détail suggéré: 23.99$cad, je l'offre en spécial à 16.70$ + taxes.

J'ai utilisé ces vêtements lors de ma sortie de dimanche dernier avec mon nouveau vélo et ses pneus de quatre pouces. Ce monstre est à la hauteur de ce que j'espérais: rouler hors-route, en hiver, dans l'environnement urbain de Québec. Ce qui permet d'éviter la circulation automobile le plus possible, tout en restant près de chez moi. Je me promets aussi, au moins une fois, d'aller essayer ce vélo sur les routes les plus paisibles à la campagne, dans les Appalaches. L'ambiance hivernale là-bas est féérique, et rien qu'à y penser j'ai hâte d'y aller.



Si je pouvais changer une chose sur ce vélo, à ce point-ci, ce serait le pneu avant. Ses crampons de caoutchouc ne sont pas spécifiquement conçus pour donner une direction fiable dans la neige, c'est évident. Passe encore à basse vitesse, lorsque la neige est là depuis quelques jours. Mais sur une neige fraîche et abondante, ce gros ballon gagnerait à exhiber une semelle qui ressemblerait plutôt à ceci, mais en version quatre pouces de largeur:




Mais les vélos à pneus de quatre pouces sont une invention relativement récente, du moins leur popularité, et le choix de pneus disponibles reste limité, si on compare avec plusieurs autres types de vélos.



Une fois n'est pas coutume, petites nouvelles du merveilleux monde des tricheur$ C'est le dernier paragraphe que je trouve le plus intéressant. On a payé l'inventeur pour qu'il se taise et arrête de développer le produit, ce qui assurait à l'acheteur l'exclusivité et un avantage injuste lors des compétitions.



sur CBS CE DIMANCHE À 19 HEURES

Have secret motors been used to cheat in pro cycling?

Engineer who designed secret bike motors thinks they have been used to cheat in pro cycling since 1998
  • 2017Jan 27
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The Hungarian designer of a secret bike motor tells Bill Whitaker he thinks the motors have been used to cheat in pro cycling as far back as 1998.  Istvan Varjas speaks to Whitaker for a 60 Minutes investigation into mechanical cheating in a sport already infamous for its doping scandals.  One of the sport’s champions, three-time Tour de France winner Greg LeMond, is convinced the motors are being used.  He’s also in the 60 Minutes report, to be broadcast Sunday, Jan. 29 at 7 p.m.ET/PT.
Varjas, a scientist and former cyclist, says he first designed a motor to fit inside a bike’s frame in 1998. He says a friend found an anonymous buyer who offered him nearly $2 million for it.  Varjas says he took the money and agreed not to work on such motors, nor sell or speak of them, for 10 years. Asked whether he believes hidden motors like his have been used since then, he answers, “I think. Yes.”

Ah! Vous ne connaissez pas Esperanza Spalding? Dans la vidéo suivante, vous reconnaîtrez bien quelqu'un d'autre.

jeudi 29 décembre 2016

FLOTTER.





Je trouvais que les pneus de 2 pouces étaient trop larges en hiver, et me voilà avec des pneus de 4.0 pouces. Illogique? Non, pas vraiment.

Les pneus de 2 pouces étaient trop larges pour être à l'aise dans la neige abondante, et pas assez pour flotter sur elle. Je me suis dit qu'il serait intéressant de faire un essai prolongé pour comparer les plus gros pneus avec ma monture habituelle qui est chaussée avec des pneus de cyclocross 700 x 30. Certains d'entre vous la connaissent déjà:



Ces pneus, des Schwalbe CX Pro, donnent une direction fiable et minimisent la résistance au roulement lorsque la neige tombe pendant des heures. Ils sont légers, et lorsqu'ils sont combinés avec un cadre lui aussi léger, donnent un ensemble facile à manipuler et à manoeuvrer. Dans des conditions difficiles, c'est appréciable.

Mes nouveaux pneus gras sont ceux qui équipent d'origine le Evo Big Ridge 7.0, cuvée 2017, fraîchement débarqué chez le fournisseur Cycles Lambert. Spectaculairement indifférent aux obstacles de toutes sortes, il ne fait pas de miracles, mais c'est tout juste. Disons qu'il passe partout, seule la glace l'arrête. Lorsque vient le temps de quitter la voie publique, il gomme les surprises et permet des trajets impensables avec tout autre type de vélo. Il me reste à l'essayer dans des conditions où la neige tombe depuis des heures, sans arrêt. Là, le défi viendra des accumulations et des ornières. Je reste sur ma réserve, seul un essai confirmera ce que le vélo est vraiment capable de faire. Dans de telles conditions, le pneu de cyclocross est tout indiqué, quoiqu'il a ses limites bien entendu.

Quelques lignes sur les caractéristiques du Big Ridge. D'abord, le prix. Ce n'est pas un détail, car dans cette catégorie des fat bikes, les vélos gras, on trouve peu de modèles sous la barre des 1000$cad, et ça dépasse souvent les 2000$. Le Big Ridge, lui, se situe à 800$cad + taxes, avec un cadre en alu 6061-T6. Forcément, à un tel prix, on peut s'attendre à des compromis sur les éléments mécaniques, mais ils ont été faits intelligemment, rien à redire jusqu'ici. Point fort: la selle. Ce n'est pas un modèle de haut de gamme, mais la forme et le degré de rembourrage sont bien choisis et je ne sens pas le besoin de la changer, même si ce serait facile pour moi de le faire.



Les freins sont à disque, comme c'est l'habitude sur ce genre de vélo. Tirage par câble, on peut s'y attendre à ce prix, il s'agit de la marque Tektro, et le rendement est correct, adéquat. Le frein arrière avait besoin d'être recentré au montage final, et l'opération était facile et rapide. Reste à voir comment ça vieillira tout ça.

Les pneus donnent une direction fiable à basse vitesse, mais soyez prudent lorsque la vitesse augmente et qu'il faut tourner à une intersection. Ces pneus ne sont pas spécifiquement conçus pour la neige, et là-dessus un changement pourrait s'avérer bénéfique. Je n'ai pas vraiment de modèle à proposer, et, pour le moment, je me contenterai de faire ce que tout adulte raisonnable ferait à ma place, je ralentirai quand c'est le temps. Après avoir écrit ceci, je me suis fait dire par une source généralement bien informée que le Maxxis Minion (haut de gamme) ou le Kenda Juggernaut 4.5 pouces (milieu de gamme) seraient de bons choix.

Le pédalier n'a qu'un seul plateau, et ça ne pose aucun problème. Il est tout petit, et les indices sont là pour montrer que les développements sont bien choisis: je roule sur le plat dans le milieu de la cassette, et je n'ai pas encore eu à mettre pied à terre pour monter une côte.



Le levier de vitesse est un modèle Shimano à détente, typique, et est combiné à un dérailleur Shimano Acera. Rien à redire ici non plus, si ce n'est que ce genre de manette est plus difficile à opérer avec le genre de mitaines que nous portons, moi et certains de mes amis, en hiver. Pas impossible, seulement un peu moins évident. Un bon vieux thumbshifter de la vieille école serait plus facile, mais Shimano n'en fait plus en version 8 vitesses depuis longtemps. Notez que l'importateur canadien Damco en propose dans la marque MicroShift. Ils sont disponibles en version 8, 9 ou 10 vitesses. Dans ce cas-ci, je choisirais le Thumb SL-T08, mais notez qu'il est seulement disponible à la paire (gauche et droite). La marque MicroShift n'a pas particulièrement bonne réputation chez les amateurs, mais je n'ai pas d'opinion personnelle, ne les ayant jamais essayés moi-même. Peuvent-ils vraiment avoir raté la conception et la fabrication d'un tel levier de vitesses? Surtout que rien ne vous oblige à le combiner avec un dérailleur de la même marque.


Le garde-boue arrière amovible que vous voyez sur la photo ci-dessus m'a paru suffisant jusqu'ici.


Après quelques jours sur le Big Ridge et ses gros pneus, je suis retourné à mon vélo habituel et ses pneus étroits. Les premiers coups de pédales ont été un choc. Il est tellement plus dynamique, son accélération est tellement plus nerveuse! On perçoit beaucoup la soudaine légèreté de la roue avant, la machine est nettement plus manoeuvrable. Dès que la distance augmente, l'avantage est clairement du côté des 700 x 30.

Je n'ai pas l'intention d'arrêter de rouler avec le Big Ridge, mais je vais aussi continuer de rouler avec mon vélo d'hiver traditionnel équipé de pneus de cyclocross. Le temps raffinera mes impressions sur le terrain de prédilection de chacun de ces deux machines. Le vélo gras pour l'usage récréatif et l'autre pour l'usage utilitaire? On verra.




Lorsque vient le temps de quitter l'asphalte pour rouler sur la gravelle, chacun a sa petite idée sur ce qui est le vélo idéal. Pour plusieurs, c'est tout simple, on prend un vélo qui est déjà en sa possession: hybride, montagne, cyclocross, cyclotourisme, toutes sortes de vélos peuvent convenir plus ou moins bien selon le terrain et les dénivelés.

J'ai déjà bien documenté mes préférences sur ce blogue. L'industrie du vélo, elle, a son interprétation de ce qui est l'idéal, et ne se prive pas de nous proposer des modèles maintenant que cette activité est devenue une tendance en Occident, même si au Québec on n'a pas encore perçu cette tendance. Voici une partie de la cuvée 2016. Je ne vous montre pas ça parce que je suis attiré personnellement par ces vélos, mais bien parce que c'est ce que l'industrie suggère. À vous de juger.



La semaine dernière, un client avec lequel je n'ai jamais roulé me disait que sa préférence allait vers les pneus lisses, qui n'ont vraiment pas la cote dans la vidéo ci-dessus. Ah oui? Je ne suis pas seul?



Si vous envisagez l'utilisation d'un vélo à l'obscurité en dehors du milieu urbain, vous trouverez peut-être intéressante la vidéo suivante, qui a comparé un phare allemand sérieux avec un modèle économique obtenu sur Internet.




Trois semaines de vacances, à partir de samedi. Trois semaines de silence sur le blogue, et je vous ferai part de mes projets pour 2017 en revenant. BONNE ANNÉE À TOUS!!!!!


En plus des habituelles prises de vue lors de spectacles auxquelles on peut s'attendre, le film suivant nous fait entendre plusieurs extraits où Jimi parle. Ton posé, calme et lucide, ce document sera une révélation pour ceux qui ne connaissent pas encore ce musicien majeur du siècle dernier.



Et qui est Bootsy Collins, la voix de Jimi dans ce film? Voici un aperçu du personnage, accompagné entre autres par David Sanborn (sax alto) et Hiram Bullock (guitare).




vendredi 23 décembre 2016

LE TEMPS.




Le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de la Ville de Québec.
À gauche, Sillery, à droite, Lévis et la rive sud.


Une partie non-négligeable de la main-d'oeuvre québécoise (et même occidentale) va prendre sa retraite durant les cinq prochaines années. Il y a vingt-cinq ans, René Falardeau, le fils du fondateur de mon entreprise, et qui avait suivi les traces de son père, René décédait alors qu'il était encore à la tête de cette entreprise. Il n'a pas pris sa retraite avant de décéder, il est tombé malade.

Ayant maintenant le même âge, et même un peu plus, que René quand il est décédé, je me fais parfois demander si je vais prendre ma retraite bientôt. Pour que j'en vienne à une telle décision, je devrais être plus riche, mais ce n'est pas la seule raison pour laquelle je veux continuer à travailler. Loin de là.

Avec ma perspective, je ne vois pas la retraite comme une chose désirable. J'aime travailler. Je ne rentre jamais travailler à contre-coeur, et mon travail ne m'oblige pas à côtoyer des gens désagréables. En fait, c'est plutôt le contraire.


On dirait bien que le vent souffle de l'est, n'est-il pas, mon cher Albert Grey?

En plus, mon avenir professionnel s'oriente vers une diversité d'activités toutes stimulantes, où je pourrai utiliser mes compétences et ça vaut de l'or. Par contre, je ne souhaite pas rester propriétaire de mon entreprise (Bicycles Falardeau enr.) jusqu'à ce que j'en sois finalement incapable, d'autant plus que je peux continuer à y travailler sans assumer toutes les responsabilités qui s'y rattachent.

J'aurais bien aimé que René Falardeau travaille pour moi lorsque j'en suis devenu propriétaire. Son expertise et ses habiletés auraient facilité la transition, mais ça n'a pas été possible. Quand ce sera mon tour, certains clients ne verront pas la différence immédiatement, je serai encore présent et en mesure de les aider. J'ai toujours pensé que c'était préférable.

Ma mère a travaillé jusqu'à l'âge de 82 ans. À la fin, elle ne recevait plus de salaire, elle travaillait pour la satisfaction et pour le plaisir qu'elle en avait toujours retiré. Je m'imagine facilement continuer tant que ma santé me le permettra, parce que ma motivation est encore intacte. En fait, elle est plus forte que jamais, parce que ma vision du travail va en s'élargissant et en se raffinant.

Un autre exemple: Floyd Norman.



Floyd tient bon. Il aime ce qu'il a fait toute sa vie. Pourquoi arrêter?

J'ai cette chance, j'ai très peu travaillé dans des emplois très terre-à-terre, durant toutes ces années. J'ai réussi à me connecter sur le plaisir des autres, parce que j'étais très connecté sur le mien. Les gens qui vont à l'université aboutissent parfois dans des emplois sérieux, et la fin du parcours implique souvent une retraite bien planifiée, avec des revenus conséquents. Mon parcours est bien différent: je n'ai pas abusé des bancs de l'école, et ma planification financière, euh... quelle planification?

En fait, si je peux parler de planification financière, un des éléments principaux consiste à éviter de surconsommer. Mes conversations avec des gens qui travaillent dans des institutions financières me le confirment: pour certaines personnes, aucun salaire ne peut suffire. On gagne un dollar et on en dépense deux, toutes les raisons sont bonnes. Moi, ce que je désire vraiment, c'est du temps, de l'air frais et des amis. Demandez-leur, ils vous le diront.



J'aurais aimé avoir le temps, aujourd'hui, de vous parler d'une de ces activités que j'ai l'intention de créer en 2017. La prochaine fois peut-être. En attendant, je vais faire encore quelques jours de travail au magasin avant mes vacances annuelles qui vont couvrir les trois premières semaines de janvier. Du 27 au 30 décembre, Bicycles Falardeau sera ouvert de midi à 17:30 heures.


Le fleuve Saint-Laurent, vu du Pont de Québec. Au moment de publier ceci, il est plein de glace.
Le trottoir du Pont de Québec est habituellement praticable en hiver. Même en vélo.

J'ai reçu aujourd'hui même le vélo que j'attendais depuis quelques temps: un Evo Big Ridge. Je l'assemble très bientôt. Comment dit-on fat bike en français? Vélo gras? Gros vélo? Aidez-moi quelqu'un!  Je n'ai pas envie de finir avec la bouche pleine de wires de brake (prononcez ouère de bréke) et autres tires (tailleurs) comme on entend souvent au Québec. Pas plus que de management (comme les Parisiens) ou d'oustidère (comme Bernard Vallet). Le quatuor Tryo (!) a sa p'tite opinion là-dessus:



Youri s'est procuré un jeu de tubes Columbus Zona récemment. Deux, en fait. Une corde de plus à son arc? L'avenir nous dira si c'est le début d'une série.


Le premier sera un cadre destiné à un vélo de piste. Pas un fixie,pour reprendre l'expression à la mode, mais bien un vélo conçu pour terrasser les adversaires sur un authentique vélodrome. Soudeur, peintre et cycliste d'expérience, Youri a tout pour réussir. J'ai hâte de voir le résultat.



Christian Scott:




vendredi 28 octobre 2016

GORGÉES ET TUMULTUEUSES.






Je vous avais promis de vous le montrer, il y a quelques semaines, et je n'attends pas qu'il soit complété. C'est le vélo personnel que je me prépare pour 2017. Reste à installer la transmission et la selle, ainsi que les accessoires. La suite plus tard.


*


Pas de doute, la température était grise. Et mouillée, après trois jours de pluie. Les nouvelles nous parlaient de rivières pleines, sans débordements mais de justesse. Alors pourquoi aller rouler quand même?

La météo annoncée pour cet après-midi-là disait "nuageux avec averses". Vous savez ce que c'est, une averse? Ça arrête, ça recommence. Et quand on connaît le genre d'averses que nous avons lorsqu'on nous en annonce, souvent il ne tombe rien du tout, ou si peu.


Au naturel, cette photo devrait vous montrer des arbres aux feuilles jaunies par le froid de l'automne.
Photo courtoisie de Éric Deschênes.


Ensuite, il était tombé tellement de pluie les jours précédents, qu'on pouvait croire que c'était fini. Après tout, avec le vent qui souffle dans la grande région de la Ville de Québec, les nuages ne s'éternisent jamais.

Et puis, la pluie, ce n'est pas toujours le déluge. Une pluie fine et intermittente, lorsqu'on porte des vêtements appropriés, c'est presque comme s'il ne tombait rien. Et c'est exactement ce qui s'est passé ce jour-là. Il y eu des moments où il fallait regarder une rivière, du moins un segment où c'est calme, pour constater qu'il pleuvait, car on ne percevait rien même en roulant.

 
Courtoisie Éric Deschênes.


Nous avons passé deux heures de plaisir à respirer du bon air frais. Et les rivières que nous avons croisées sur notre chemin était spectaculaires, plus que je ne les avais jamais vues. Gorgées et tumultueuses, pleines de vie.

Il y a des jours où il faut sortir dehors pour réaliser à quel point il fallait le faire. C'en était justement un de ceux-là. Nous avons roulé dans le secteur de Saint-Raphaël-de-Bellechasse.




J'ai eu besoin de me déplacer avec une sacoche et un anti-vol sérieux, cet été. Plutôt que d'adapter un de mes vélos, je m'en suis bâti un spécialement pour l'occasion, quitte à le mettre en vente dès le Jour Un. Et à m'en bâtir un deuxième s'il le faut. Et c'est exactement ce qui s'est passé.

Un de mes clients partait bientôt pour un voyage de vélo à Madagascar, et le vélo lui convenait parfaitement. Pas seulement la taille du cadre, mais aussi la taille des roues. Il voulait des roues de 26", le standard traditionnel des vélos de montagne, pas seulement pour son périple, mais aussi pour transformer la machine en vélo d'hiver au retour du voyage. C'est la taille de roues à laquelle il est habitué de rouler durant la saison froide, et en plus, je réduisais le prix du vélo à cause de deux semaines d'utilisation.




J'en ai donc bâti un autre, identique, en transférant cet accessoire que vous voyez au-dessus de la roue arrière, qui sert à la fois de garde-boue, de porte-sacoche et de support pour l'anti-vol en U.




En ville, j'aime beaucoup circuler avec un tel vélo. La taille des pneus le rendent presqu'indifférent aux petites misères occasionnées par les mauvaises surfaces de la route, et les roues de 26" sont impressionnantes de robustesse. C'est d'autant plus utile que, souvent, je rentre du travail et il fait noir. Surtout à ce temps-ci de l'année. On s'inquiète moins avec de telles roues. Les pneus que vous voyez ont une largeur de 1.5".



Ok, il est un peu plus lourd que ce que j'ai l'habitude d'utiliser, mais les parcours pour lesquels je le destine ne sont pas très côteux, par mes standards habituels. Et sur le plat, on ne peut pas dire qu'il manque de dynamique. Au contraire, je prends plaisir à faire le tempo, c'est un régal. La position que je me suis aménagée y est pour quelque chose. Le poids total, tel que vous le voyez sur la photo avec ses accessoires, est de 12.2 kgs.

Pour le rendre plus performant, il faudrait lui mettre un pédalier plus léger, un choix de pneus moins costauds et une paire de pédales automatiques ou, à la rigueur, des cale-pieds.




J'ai plusieurs de ces cadres dans la taille petite, si ça peut vous être utile. Mais dans ma taille, la taille moyenne, c'est l'avant-dernier. Et devinez ce que je ferai avec le dernier, quand j'aurai vendu celui-ci? Je vais le garder pour moi, bien sûr! Parce que je ne vois pas bien avec quoi je pourrais le remplacer. Je ne ferai plus faire de cadres pour roues de 26", à cause de l'évolution du marché qui va vers des roues plus grandes, même pour les vélos tout-terrain. Et j'aime d'autant plus ces cadres que je peux les équiper facilement avec un fourche rigide, puisque je n'ai pas besoin de suspension compte tenu de l'usage que j'en fais. Chose inhabituelle pour un vélo d'été, je l'ai équipé de pédales classiques, puisque il y a des moments où je marche relativement beaucoup à travers les moments où je pédale avec ce vélo, contrairement à mes autres.

Bâti de cette façon, ce vélo vaut 875$ + taxes lorsque neuf. Mais je le solde à 760$ à cause de son statut de presque-neuf-mais-pas-tout-à-fait. Ces prix n'incluent pas les accessoires qui l'équipent présentement.



C'est lors d'une nuit très venteuse que cet abri d'auto a fait une fugue.


Et cette semaine, j'ai justement fait un court essai routier sur un vélo qui pousse l'idée du pneu large plus loin, un vélo gras (fat bike). Un prix modeste, sous les 600$ cad, un cadre alu avec une fourche acier et un dérailleur arrière Altus Shimano. Pas aussi dynamique que le Spherik que j'avais essayé cet été, mais on ne lui en voudra pas, car ce dernier valait à peu près quatre fois le prix...

Les freins à disque Tektro qui équipe ce Tactical, c'est sa marque, sont décevants. Surtout si vous connaissez mal les freins à disque et que vous pensez que ce type de frein est toujours puissant. Ce n'est pas le cas, les freins à disque ne se valent pas tous. Tektro fabrique probablement des modèles supérieurs à ceux-ci, mais pas au même prix. Parce qu'un vélo gras à ce prix-là, les gens de chez Tactical ont assurément dû naviguer serré pour arriver à un prix aussi bas. Regardez dans les autres marques, il y a peu de choix en bas de 1000$ cad. À plus forte raison, en bas de 600$. Et comme vous pouvez vous en douter, le bas prix implique une dynamique moins marquée que le Spherik. Mais si vous n'êtes pas pressé...

À surveiller, au mois de décembre, un fat bike sera disponible chez Evo à un prix inférieur à 900$, si mon souvenir est exact. Je serai en mesure de vous en offrir si le fournisseur ne se fait pas vider trop vite lors de l'arrivage de la première fournée.

J'ai acquis récemment un inventaire de pièces qui appartenaient à un restaurateur de vélos. On n'y trouve pas beaucoup de pièces insignifiantes comme c'est parfois le cas dans ces situations. Des exemples de ce que j'y ai trouvé:


En plus, ces pièces sont souvent d'une propreté exemplaire, malgré leur âge.


Ces cale-pieds en aluminium sont d'une légèreté imbattable. Et beau, en plus, avec leur couleur noire.


Un ensemble Modolo Corsa complet.


Je n'ai pas vérifié, mais on m'a dit qu'il s'agit d'un cadre Peugeot. La peinture a été décapée, et il pèse 2.51 kgs. Les pattes de fourche arrière sont des Sun Tour GT-III. Est-ce que Peugeot a vraiment bâti des cadres avec de telles pattes?


Il est grand, lui aussi, ce cadre Gardin. Et son jeu de tubes n'est malheureusement pas identifié avec l'étiquette habituelle qui a probablement été enlevée. D'ailleurs, la peinture a subi des interventions un peu négligentes, mais il n'est pas rouillé. Il pèse 2.25 kgs sans la tige de selle. Joe Gardin est décédé en 2009. Il était originaire d'Italie mais avait immigré au Canada en 1955.


La boîte de pédalier ajourée permet à l'eau de s'écouler lorsqu'on roule pendant une pluie forte. Ça évite une rouille sournoise par l'intérieur. Les guide-câbles sont intégrés lors de la soudure du cadre. 


Une patte de fourche arrière italienne de marque Gipiemme. 

J'ai d'ailleurs quelques encans qui roulent, ces temps-ci, de pièces parfois neuves, parfois pas. Si vous voulez jeter un coup d'oeil, regardez ceci:

Est-ce infaillible? Probablement pas, mais il y a une piste là qui mérite réflexion:

https://www.theguardian.com/lifeandstyle/2016/oct/21/bike-lock-developed-that-makes-thieves-immediately-vomit?CMP=share_btn_link


Je ne sais pas ce que veut dire GoGo Penguin, ou le nom de la pièce: Hopopono. Peu importe. Le plus important, c'est le résultat.





lundi 13 juin 2016

HORAIRE, ACIER, VÉLO GRAS, TALLBOY ETC.




Pour ceux qui habitent la région de Québec/Lévis, voici l'horaire de diffusion de l'émission "À vos vélos" dont je suis le producteur et qu'on pourra voir sur MA tv, canal 9 (HD 609) à partir de jeudi le 16 juin 2016.

1e diffusion: Jeudi 19h 
Rediffusion: 
Jeudi 22h 
Vendredi 15h30, 20h30 
Samedi 2h 
Dimanche 3h30, 11h30, 20h 
Lundi 0h30, 18h30 
Mardi 2h, 13h, 19h30 
Mercredi 6h, 16h30 
Jeudi 10h30 
               

L'émission dure 30 minutes.




J'étais curieux. Les cadres de route/course modernes ont oublié l'acier, sauf exception, et celui-ci en est justement une. Comment peut-on faire un tel vélo en 2016, sans qu'il ne pâtisse de la comparaison avec la fibre de carbone ou, plus rare, le titane?

Bien sûr, les sensations ne m'inquiétaient pas, l'acier en a toujours donné de bonnes lorsque le cadre est réussi. Le poids, c'est une autre affaire. Les cadres en acier dépassent facilement les deux kilos lorsqu'on ne fait pas attention, et ça ne fait pas bonne figure dans un monde où les cadres en fibre se situent quelque part autour du kilo point zéro.

Pour les fins de l'émission (À Vos Vélos, MA tv à Québec), j'ai testé un Golem. Vous ne connaissez pas Golem? Pas surprenant, cet artisan local est plutôt discret, il fabrique en petite série, si on peut parler de série. C'était le vélo personnel de Guillaume Désy, l'artisan en question, et les vélos de ceux qui travaillent dans le domaine sont souvent parmi les plus intéressants, exempts de l'influence du marketing. Ils réflètent fidèlement les préférences de leur propriétaire qui connaissent l'éventail de ce qui est possible et désirable.

Je vous le décris brièvement. Le cadre est fait d'un assemblage de tubes disparates, issus entre autres des marques True Temper et Columbus, ce qu'on ne voit jamais ailleurs. Les cadres faits avec de tels tubes respectent habituellement l'homogénéité non seulement de la marque, mais aussi du modèle de tubes, ne serait-ce que pour éviter de dérouter le consommateur.

Mais pour Guillaume, comme pour moi, c'est le résultat qui compte. Et ce résultat, je l'ai beaucoup aimé. Monté avec des pneus 700 x 28, il donne une bonne vivacité, de bons démarrages. En fait, le cadre pèse 1500 grammes, et c'est ainsi que je l'ai senti. Léger, vraiment léger, mais pas ultra-léger comme lorsqu'on roule sur un cadre de 900 grammes ou un kilo.

Une bonne partie des cadres en titane pèse à peu près ce poids de 1500 grammes, et l'acier peut avoir des sensations proches de celles du titane, contrairement à la fibre de carbone qui ne donne pas de sensations de métal. Normal, ce n'en est pas. Bien sûr, les pièces montées sur le cadre ont un impact sur le poids total du vélo, mais il reste que la part du cadre est majeure dans les sensations générales. Ce Golem, sans battre de records, ce n'est pas son but, attaque volontiers les relances comme les montées et la force du cycliste est le facteur déterminant sur la performance de la machine. Je veux dire, vous ne pourrez pas reprocher au vélo le fait que vous ne soyez pas arrivé le premier en haut de la côte.

En prime, le cadre et sa fourche acceptent volontiers des pneus de 28 mm, peut-être même des 32. Avec un artisan comme Guillaume, toute demande raisonnable est réalisable, alors que les cadres/fourches modernes de vélos route/course n'ont pas les tolérances pour accueillir plus que 23 ou 25 mm dans la majorité des cas.
Ce qui permet d'aller jouer sur la gravelle, comme j'ai l'habitude de le faire, ou simplement d'avoir une meilleure relation avec l'asphalte québécoise et ses surprises.

On ne parle pas d'un vélo petit budget, ici, mais si vous pouvez vivre avec cette facture, vous pourrez vivre avec le vélo. La seule contre-indication, peut-être, serait pour un abonné des podiums qui compte les grammes et qui a de bonnes raisons de le faire. Personnellement, je l'ai essayé en me disant que je serais heureux de passer une journée complète sur cet engin.





Dans le cadre de la même émission, j'ai essayé, pour la première fois, un vélo gras. Mieux connus sous le nom de fat bikes, ces machines presque grotesques sont équipées de pneus énormes. Dans le cas qui me concerne, 4.7 pouces de large. Pour en avoir assez, faut en avoir trop.

C'était un Spherik, autre marque québécoise. Mais on ne parle pas d'artisanat ici, ce sont des vélos dits de production. La fourche rigide était en fibre de carbone, le cadre en aluminium, le dérailleur arrière était un Shimano Deore XT et il était équipé de freins à disque hydrauliques Tektro.

Je me suis bien amusé. Les pneus me donnaient une assurance que je n'ai pas d'habitude, pas à ce point, malgré le fait que la neige fait partie de mon menu quotidien en hiver. Léger? Non. Mais nous avons été surpris, moi et mon réalisateur, de constater que le poids n'est pas si excessif qu'on pourrait le croire. On peut monter des côtes, et l'accélération à partir du point mort n'est pas inexistante. Bref, le poids n'est pas un irritant, à moins d'avoir des attentes irréalistes.

J'ai roulé sur différentes surfaces sans trop m'inquiéter et j'étais encouragé par la machine. Les développements disponibles étaient adéquats pour les conditions et l'absence de dérailleur avant ne m'a pas agacé. Le seul plateau est tout petit, et avec une grosse cassette, le peu de montées que j'ai faites se grimpaient assez bien, si on ne demande pas l'impossible.

J'ai roulé sur un sable assez coulant, et la machine n'était pas dépassée par le défi, même si à certains endroits on est à la limite du possible. De toute façon ça ne donnait pas envie d'insister parce que je voyais bien que non seulement ça mettrait du sable dans la transmission, mais en plus je finirais par en avoir plein les chaussures...

En fait mon rêve, avec un tel vélo, serait de rouler sur un beau grand lac gelé, en hiver. Et je trouverais facilement d'autres endroits pour exploiter les capacités de cette sympathique machine. Si, comme moi, vous aimez la campagne, vous vous ferez plaisir à coup sûr. À condition de donner un bon suivi à la mécanique. Les freins à disque, les hydrauliques pas moins que les autres, exigent un entretien qui surprend parfois les acheteurs profanes. Disques voilés, patins à l'usure discrète, bulles d'air dans les conduits hydrauliques, quand ce n'est pas carrément une fuite d'huile, n'allez pas penser que leur système de freinage peut vivre sans soins. Ce n'est pas propre à une marque en particulier, tous les freins à disque ont leurs exigences. On doit décider à l'achat si on préfère des freins à disque à tirage par câble ou la version hydraulique.

Le vélo testé, dont j'oublie le nom du modèle, valait 2700$ plus taxes. Pour les poches moins profondes,
Spherik a prévu une entrée de gamme à 1300$ qui arrivera d'ici quelques mois.



Quelques photos du vélo de Éric Tourville. Il a déjà été champion du Canada en vélo de montagne.


Une manette de frein Deore XT, l'autre est une Deore (pas XT)


Il mesure 6' 1"


Ceci n'est pas une grosse cartouche de Co2. Et un ruban adhésif a été placé pour ne pas perdre le raccord de gonflage. Et pas de Camelbak, semble-t-il.


Usure du fini de la manivelle à cause des frottements de chaussures occasionnels. Pédales Deore XT.


Je ne lui ai pas demandé si ce sont ses pneus préférés. Les pros du vélo de montagne ont habituellement une opinion là-dessus.




J'ai reçu le courriel suivant la semaine dernière:

Salut Paul,

La semaine dernière, j’ai entrepris d’installer le nouveau pédalier et dérailleur avant que je t’ai acheté. Le pédalier fut un charme à poser. Pour le dérailleur avant (Deore), ce fut une autre histoire…

… Une fois le dérailleur fixé au cadre et le câble posé, j’ai remarqué que celui-ci ne bougeait pas avec le câble. J’ai donc entrepris d’enlever la « pinouche » en plastique orange qui était sûrement là   pour bloquer le dérailleur et éviter qu’il ne s’écrase et se dérègle dans le transport, non? 

Non.

C’est là que j’ai constaté que le dérailleur acheté était un « top swing », alors que celui d’origine est un conventionnel. En voici un exemple . 

Me voilà donc avec un mauvais type de dérailleur neuf que je viens probablement de saboter, et le besoin d’en acheter un autre.

Tu pourrais m’aider?

Merci.



Et voici ma réponse:



Bonjour,

Le problème n'est pas parce que c'est un top swing. Les deux peuvent être utilisés indifféremment.

L'ajustement des dérailleurs avant est probablement une des choses les plus difficiles à faire de nos jours, sur un vélo. Méfie-toi de tes diagnostics.

Et tu n'as rien saboté, la pièce est là pour le transport et doit être retirée.

Je peux t'aider, bien sûr, apporte-nous le et on s'en occupera, sinon plonge-toi dans les vidéos de youtube.com, mais j'insiste sur le fait qu'il y a plusieurs paramètres incontournables lors de l'ajustement d'un dérailleur avant indexé.

Merci,

Paul.



Oui, il les a descendues...


Guillaume Martineau, pianiste québécois: