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vendredi 3 février 2017

TENDANCES 2018.





Circa 1951.


Dans un article récent de Bicycle Retailer and Industry News, on nous donne des nouvelles de Taichung (Taiwan) Bike Week. Les tendances y sont discernables. Cette Taichung Bike Week est destiné principalement aux concepteurs de vélos, communément appelés gérants de production, pour les aider à planifier leur prochaine cuvée. Elle a lieu à chaque automne, moment crucial pour ces concepteurs. Il faut comprendre que, à l'automne 2016, ce sont les vélos 2018 qui sont en gestation. Les vélos 2017 ont déjà été présentés aux détaillants.

Un producteur de roues remercie Shimano et SRAM de nous avoir épargné le passage aux cassettes à 12 vitesses pour les vélos de route.

WTB veut développer un nouveau standard de pneu de route surdimensionné et d'autres compagnies de pneus veulent suivre le mouvement.

SRAM va proposer des transmissions pour vélo de montagne 1 x 12 à un prix moins élevé l'an prochain. Mais Shimano ne cherche pas à descendre en gamme pour les transmissions mono-plateau dans ce genre de vélos.

Les fabricants proposent encore des pneus de 27.5" pour ces vélos de montagne, et cherche encore la largeur idéale. Il y a un glissement vers une taille qui serait inférieure au 2.8" qui sera répandue sur l'année-modèle 2017.

Après l'hiver dernier, 2015-2016, les distributeurs américains avaient surévalué largement la demande pour le vélo à pneu surdimensionné (fat bike) et ils étaient pratiquement invisibles à Taichung, cette semaine-là.

Dans les prochaines années, les freins à disque sur vélos de route seront la nouvelle normalité, pendant que les freins sur jante seront réservés aux vélos super-légers spécialisés pour les ascensions ou pour les vélos de contre-la-montre.




Un peu de réalité alternative...


À la fin des années '20, la compagnie Whippet a fabriqué plusieurs milliers d'automobiles. Un résident de Saint-Raymond-de-Portneuf en avait acheté une, et l'appréciait tellement qu'il en vantait les mérites à qui voulait bien l'entendre. Tant et si bien qu'on l'a qualifié de whippetiste, terme signifiant que non seulement il aimait la marque, mais il refusait de concéder un quelconque mérite aux autres marques.



Après trois semaines d'utilisation du gros vélo (aka fat bike), et après 40 ans de vélo quotidien sur/dans la neige, mes impressions se définissent petit à petit. Tout d'abord, mon vélo habituel (équipé de pneus de cyclocross de 30 mm de largeur) et le gros vélo ont ceci en commun:

  1. Les deux vélos font l'affaire, malgré leur allure très différente.
  2. Je passe quelques jours avec un des deux vélos, n'importe lequel, puis je passe à l'autre et je dis: Wow! Quelle merveille! Les deux sont merveilleux, chacun à leur manière.
  3. Les deux, dans mon cas, ont un cadre en aluminium, ce qui est souhaitable pour contrer la rouille de cette partie du vélo.
Au fil des années, j'ai roulé l'hiver avec les tailles de pneus suivantes:
  • 26 x 1 1/4 (rarement)
  • 26 x 1 3/8 (jusque vers 1988)
  • 26 x 2.0 (entre 1.9 et 2.1, mais je me suis vite lassé)
  • 27 x 1 1/4 (Michelin World Tour et un autre Michelin dont je ne me rappelle plus le nom)
  • 700 x 29 (cyclocross)
  • 700 x 30 (cyclocross)
  • 700 x 32 (CST Cultivator)
Et le gros vélo ajoute maintenant à cette liste le 26 x 4.0.

J'ai souvent fait des distances supérieures à 30 kms en plein hiver, à, et autour de, Québec. Jusqu'à 70 kms, en fait. Je ne voudrais pas avoir à faire de telles distances avec des pneus de 4 pouces, car le vélo est plus lent, c'est flagrant. 

Par contre, les gros pneus changent ma relation avec l'espace en gommant certains obstacles auparavant infranchissables, et en me permettant des parcours hors-route plus associés aux sports d'hiver ou à la marche. Ils sont particulièrement ludiques et acceptent des défis que même un vélo de montagne traditionnel ne peut relever. Ce que je reproche à ce dernier? Ses gros pneus ne sont pas assez gros, et pas assez petits. 

Si je parle autant de pneus, c'est qu'ils sont aussi importants dans la conception d'un vélo qu'un batteur l'est dans un groupe de musiciens. C'est la clé qui détermine la vocation du vélo et certaines dimensions du cadre.

Mais si votre budget est très limité, le gros vélo n'est pas une option. Alors qu'on peut trouver assez facilement des vélos hybrides d'occasion et les modifier (pneus, garde-boue, éclairage) pour en faire un bon vélo d'hiver, particulièrement pour un usage utilitaire. À 200 ou 300$cad, c'est faisable.  Presqu'impossible avec les gros vélos. Dans quelques années, quand le marché se sera développé, la situation sera différente, mais pas maintenant. Notez que n'importe quel vélo qui aura fait quelques hivers, dans nos conditions québécoises, aura perdu beaucoup d'intérêt et de valeur, à moins d'avoir subi un entretien rigoureux comme peu de gens en donnent. 

Je ne me qualifierais donc pas de whippetiste. Les deux vélos ont leur place dans mon écurie. Reste à voir comment mes besoins évolueront.




L'Allemagne n'a pas l'habitude de lésiner en matière d'autoroute. Si on y roule aussi vite qu'on le fait, c'est qu'on y investit énormément en matière d'entretien, de surveillance et de sécurité. Mais là, le pays envisage une autre sorte d'autoroute, d'un genre qui pourrait se révéler intéressant pour certains d'entre vous.
https://reporterre.net/L-Allemagne-construit-la-plus-grande-autoroute-cyclable-du-monde




vendredi 29 juillet 2016

MY TRAFFIC SITUATION.



Les photos de cette semaine ont été prises dans le secteur de Saint-Raphaël-de-Bellechasse, en juillet 2016.


Les nouvelles de Taiwan sont à l'effet que l'île a perdu du terrain sur la planète vélo. Pas surprenant. Les cadres en aluminium sont maintenant chinois, plus que jamais, quand ils ne sont pas vietnamiens. Et la fibre de carbone est chinoise, plus que jamais elle aussi, à cause du nombre d'heures décuplées requises pour la confection de ces cadres. Le coût de la main-d'oeuvre à Taiwan nuit à la stabilité de cette industrie. Car contrairement à ce que certains pensent, Taiwan n'est plus un pays pauvre avec des salaires au ras des pâquerettes. Même la Chine a vu les salaires augmenter ces dernières années.

Si Taiwan est malgré tout si importante dans le monde du vélo, ce n'est pas parce que les Taiwanais sont de grands cyclistes jouissant de conditions idéales pour s'adonner à ce sport. Voici un commentaire que m'a donné une Taiwanaise, cette semaine, à propos de cette activité sur l'île:

actully I less ride the bike in Taiwan because it is a little dangerous ,my traffic situation is not very good .

Eh bien, ma chère, venez faire un tour dans mon coin de pays, vous verrez ce que vous manquez.

Et moi, pourquoi est-ce que je m'entête à commander à Taiwan, quand je pourrais grapiller quelques dollars en traversant le détroit de Formose? Très simple, la qualité. La peinture, à elle seule vaudrait presque la différence, mais les jeux de tubes disponibles,  les très importants jeux de tubes, je les aime. Je n'ai pas envie de déstabiliser une recette gagnante. C'est pas brisé, on ne répare pas.





Et durant la première moitié de l'année 2016, Shimano a vu ses ventes mondiales diminuer de 18%. La compagnie cite plusieurs raisons pour ce déclin: mauvaise température, le Brexit, le terrorisme en Europe et les inventaires trop élevés en Amérique du Nord. D'un autre côté, certains clients-détaillants accusent volontiers le géant japonais d'arrogance, ainsi qu'une mauvaise gestion de la question des ventes en ligne.

Pour ma part, mon dernier contact direct avec la compagnie n'était pas très enthousiasmant. La ligne téléphonique était mauvaise, surtout pour le technicien qui m'a répondu, ah bon, et il m'a rapidement référé à un site Internet qui ne m'a pas donné la réponse à ma question. Ça ne donne pas envie de rappeler.





Greg Herbold a donné sa démission de SRAM/Rock Shox. Vous ne le connaissez pas? C'est le premier coureur de vélo de montagne ayant gagné le championnat du monde de descente. Un des héros de cette première génération de coureurs qui ont eu du succès dans un sport alors nouveau, comme Ned Overend, Tinker Juarez et Juli Furtado.  Il a maintenant 53 ans. Il dit avoir perdu le feu sacré, dans son travail de développement chez SRAM.

Je peux comprendre, personne n'est à l'abri de cette éventualité, et une personne curieuse et créative comme lui se nourrit d'une certaine fébrilité qui peut être un puissant motivateur au travail.

Quant à moi, je n'ai pas perdu ma motivation à rouler, et à travailler autour des vélos. Par contre, comme vous pouvez l'imaginer, j'ai vu ce milieu évoluer beaucoup depuis les années où j'ai commencé à en vivre, en 1987. Et pas toujours pour le mieux.

Les dérailleurs électroniques ne me paraissent pas être une amélioration, pour le moment. L'essai que j'ai fait récemment m'a laissé le souvenir d'un truc qui enlevait de la simplicité au vélo, tout en donnant fort peu en échange. C'était un Shimano Di2 Ultegra.

SRAM y va de son système Bluetooth. Faudra voir si c'est mieux.

Évidemment, Campagnolo ne peut rester les bras croisés, la compagnie italienne n'a pas le choix dans cette fuite en avant. Leur application mycampy, à première vue (je ne l'ai pas essayée), m'a semblé être excessive, une sorte de complot pour nous transformer tous en geeks du vélo, soudainement incapables de juste poser le vélo après une sortie, obligés de gérer une variété de données probablement utiles à des cyclistes pour qui l'amélioration des performances n'est pas une option. Si ça vous branche, tant mieux, faites-vous plaisir. Quant à moi, ma tête est déjà pleine.





On m'a dit que le journal Le Soleil avait publié l'article suivant en date du 21 juillet 2016:


Les supports à vélo

Comme des milliers d'automobilistes, vous partirez en vacances cet été après avoir accroché les vélos à l'arrière de l'auto. En théorie, c'est illégal, si votre équipement nuit à la lecture de votre plaque d'immatriculation par un radar photo. Le 2 juin dernier, un automobiliste montréalais s'est fait coller une contravention de 500 $, plus les frais et la contribution, pour un grand total de 681 $. Et il n'avait même pas de vélo sur son auto. C'est le support à vélo seul que le policier a jugé trop encombrant devant la plaque d'immatriculation.
Un peu zélé, monsieur l'agent? L'affaire a fait les nouvelles, avec comme résultat que de nombreuses photographies de voitures de police équipées de la même manière ont circulé sur les médias sociaux. 
Simultanément, deux juges ont évalué que les supports à vélo ne justifient pas une contravention. «C'est une façon de vivre au Québec, de transporter des bicyclettes», a tranché le juge Bruno Themens de la Cour municipale de Longueuil. 
En octobre dernier, la juge Marguerite Brochu de la Cour municipale de Montréal avait fait de même en acquittant une jeune femme sanctionnée pour son support à vélo alors que sa voiture était stationnée. Son avocat a fait valoir que ce n'était pas dans l'intention du législateur, dans le Code de la sécurité routière, de sanctionner pour les supports à vélo. Il a eu gain de cause.
Bref, vous pouvez partir en paix avec vos vélos, mais ne soyez pas trop «baveux» si un policier vous intercepte sur le sujet. L'article 333 du Code de la sécurité routière qui interdit d'obstruer la vue de votre plaque d'immatriculation est toujours en vigueur... Et si en plus vous rouliez trop rapidement, l'amende sera salée si on vous colle une amende pour la vitesse, et une autre pour le support à vélo.


Du chocolat comme solution aux vols de vélo? 

1) Ne comptez pas sur moi pour appliquer cette technique anti-vol.

2) Les voleurs étant ce qu'ils sont, je ne compterais pas trop sur ça pour régler le problème.

En tout cas, c'est divertissant, jugez par vous-mêmes.






Plusieurs personnes aiment écouter du blues. Personnellement, je le trouve plus agréable à jouer qu'à écouter. Une exception (et il y en a d'autres), le maître, John Lee Hooker.



mercredi 30 janvier 2013

MES MONTAGNES ROCHEUSES






Hugh Taylor Birch State Park, janvier 2013.

Un de mes clients, hier, me faisait part de son intérêt hésitant pour un projet de traversée du Canada en vélo. C'est une chose que je n'ai jamais faite moi-même, malgré mon intérêt pour le cyclotourisme. Et pour cause: ça ne m'attire pas.

On parle bien sûr d'une traversée ouest-est (ou l'inverse), du genre Vancouver-Québec, ou Vancouver-Terre-Neuve. En fait, c'est une collection de segments d'intérêt inégal, de par la nature du terrain. Un de mes clients lui, avait apprécié les Prairies (Saskatchewan, Manitoba) pour l'horizon sans fin, d'autant plus qu'il me racontait que ce n'est pas aussi long à traverser qu'on pourrait le croire. Le cycliste avec qui il avait fait ce voyage, lui, préférait l'interminable nord ontarien, un arbre après l'autre. Peut-être à cause de son habitude de faire du vélo en forêt.

Personnellement, je serais davantage tenté par les Montagnes Rocheuses, longues montées et descentes relativement peu abruptes. J'ai toujours aimé l'absence de monotonie des parcours côteux, sans parler de l'effet sur le physique: en quelques jours seulement, on va se chercher des jambes de fer...

Une chose demeure: ce long parcours ne fait pas l'unanimité et il est facile de trouver des cyclistes qui n'auraient pas fait ce voyage s'ils avaient su ce qu'ils savent après-coup. Ou qui l'auraient fait autrement. En réalité, ce parcours me fait un peu trop penser à une démarche d'automobiliste qui envisage un parcours très long et pas toujours captivant dont le but est, essentiellement, la destination. Le cycliste, lui ou elle, doit considérer avec attention le trajet lui-même car non seulement il y passe plus de temps que l'automobiliste, mais il s'en imprègne davantage. Cet aspect-là n'est peut-être pas très concret dans votre esprit si vous n'avez jamais tenté l'expérience d'un long périple en vélo, mais croyez-moi, ça le deviendra assez rapidement si vous le faites.

D'ailleurs, quand j'y pense, je vois bien que j'ai adopté relativement jeune la formule de voyage où je suis (relativement) immobile, mais loin de chez moi. Je n'ai pas tout vu? Comme dirait Miles Davis, so what? Ce qui compte à mes yeux, pendant un voyage, ce n'est pas ce que je vois, c'est ce que je vis. Une seule petite lettre, qui fait une grosse différence.



Dans un article (''La mafia a encore un bel avenir au Québec'') publié le 3 décembre 2012 dans le journal montréalais Le Devoir, Jean-Claude Leclerc explique les raisons qui font qu'il n'a pas confiance dans l'administration municipale présente et future (proche) de cette ville de se débarasser de ses comportements douteux concernant ses rapports avec les entrepreneurs mafieux.

Certains passages de son article pourraient servir de canevas pour un autre article parlant de l'intégrité non seulement des coureurs cyclistes professionnels, mais aussi des instances qui dirigent ce sport au plus haut niveau.

Selon la formule consacrée, partout où il y a de l'homme, il y a de l'hommerie... Jian Gomeshi, lui, (cbc.ca/q) suggère dans la foulée de l'interview de Lance par Oprah que l'on cesse tout simplement d'accorder tout intérêt à ces champions préfabriqués et à leur reality shows un peu... surréalistes.



De 2005 à 2010, le Vietnam a subi des pénalités anti-dumping de la part de l'Union Européenne concernant les vélos qu'il produisait. Depuis quelques années, principalement dans la région de Ho Chi Minh City, le pays avait développé quelques usines de production qui étaient parfois la propriété de compagnies taiwanaises comme par exemple Asama.

Les Vietnamiens vendaient-ils à perte pour mériter ces pénalités? Ça me surprendrait. Ils ne sont pas plus que nous intéressés à vendre sans profit. Mais là-bas, les salaires sont très bas, tout comme le coût de la vie, d'ailleurs. Les choses dispendieuses au Vietnam sont principalement les biens de consommation importés, les soins de santé et l'immobilier. Et cette cherté est en partie compensée par les fonds envoyés ou investis par les Vietnamiens de la diasporah, qu'on appelle là-bas les ''Viet Kieu''. Tous n'en profitent pas, malheureusement, mais d'autres, oui, et peut-être plus que vous ne le pensez.Et certains Vietnamiens n'en ont tout simplement pas besoin de toute façon: ils se débrouillent très bien sans ça. Présentement, l'intérêt versé sur un compte de banque régulier est d'à peu près 10%! Comparez ça avec les banques occidentales... Et malgré cela, peu de Vietnamiens profitent de cette offre alléchante: ils aiment mieux prendre des initiatives plus productives. De plus, au Vietnam, la valeur de la monnaie nationale, le dong, n'est pas manipulée de façon controversée comme c'est le cas par l'état chinois avec le yuan.

Depuis 2010, les sanctions ont été levées, et les exportations vers l'Europe ont été multipliées par 17 en l'espace d'une seule année... Mais elles ont diminué rapidement aussi, car en ce moment le Cambodge a le vent dans les voiles, côté production de vélos. Car la Chine est en train de s'enrichir, et avec cela, les salaires et les coûts de production augmentent pendant qu'elle subit des tarifs anti-dumping de 48.5% dans le domaine du vélo. Ces tarifs sont en place au moins jusqu'en 2016.

Si la Chine voit ces pénalités disparaître éventuellement, et qu'aucun des pays producteurs de l'Asie du Sud-Est n'en subit à son tour, c'est là qu'on verra lequel de ces pays producteurs est le plus fort. C'est ce que pense Tony Lo, grand patron de Giant qui est, contrairement à ce que beaucoup de cyclistes occidentaux pensent, une compagnie taiwanaise.

Lo: ''Pour bâtir un noyau de compétence, vous devez avoir une vision à long terme. Ça n'a pas été facile pour Taiwan ou la Chine de construire ce que nous avons aujourd'hui. Nous avons investi dans l'usine, l'équipement, les ressources humaines, plusieurs, plusieurs choses... Ça a pris quarante ans de dur labeur pour construire sur un bout de roc.''

Et encore: ''Même aujourd'hui, la Chine n'est plus simplement un endroit bon marché, alors ce qui convient à la Chine, ce qui a besoin d'être développé et construit à Taiwan et ce qui restera en Asie du Sud-Est ou n'importe où... un nouveau tableau est en train de prendre forme. Je pense que le dernier élément, ce sont ces pénalités anti-dumping. J'espère qu'elles seront abolies durant les deux ou trois prochaines années. Alors la nouvelle réalité sera plus claire.''

Lo fait allusion dans ce dernier paragraphe aux différents aspects de la production vélo: cadres, transmissions, pneus, périphéries, milieu/bas/haut-de-gamme, certaines productions conviennent mieux à certains pays que d'autres. Par exemple, l'île de  Taiwan est davantage spécialisée dans le milieu et haut-de-gamme, et voit sa production de cadres décliner présentement. Mais elle pourrait très bien rester forte dans des choses comme ce qu'on trouve dans les catalogues Full Speed Ahead, SRAM, et des producteurs de chaînes et de roulements à bille. Souvent d'ailleurs, les compagnies comme SRAM et Giant ont des usines dans plusieurs pays dans le monde, et consacrent chaque usine à des productions différentes.

Production de vélos en progression:
Cambodge, Vietnam.

En régression:
Taiwan, Thailande, Malaisie.

Stable:
Indonésie.

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Les Beatles ont Yesterday, Thelonious Monk a Round Midnight. Ornette Coleman lui, a Lonely Woman.


lundi 19 novembre 2012

JAMAIS DE TIÉDEUR



Je m'amuse bien, ces jours-ci, en fabriquant des vélos qui ne sont pas déjà commandés et qui seront vendus en 2013. Comme d'habitude, il n'y en a pas deux exactement identiques, et sur celui que vous voyez sur cette photo, je me suis permis de faire un modèle avec une touche de couleur or. 700 x 28, avec pièces Alivio, Deore et Deore LX, cadre 1.5kg de grande taille. 810$ + taxes.

*

Pour les cyclistes québecois, il est bon de savoir que si vous êtes impliqué dans un accident avec une automobile, la Société d'Assurance Automobile du Québec pourrait vous indemniser lorsqu'il y a bris, non seulement pour votre vélo, mais aussi pour vos vêtements. J'ai personellement parlé avec un ou deux cyclistes qui avaient profité de ces compensations, et ça valait vraiment la peine de faire une réclamation. Un article récent du journal Le Devoir en parle un peu:

http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/364053/l-automobile-genere-plus-de-primes-que-l-habitation

''Là où le Québec se distingue, c’est au chapitre de l’automobile, signale Mme Crevier : « La Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) indemnise pour les dommages corporels et la police d’assurance va couvrir seulement dans les cas où celle-ci ne paie pas, par exemple lorsqu’il s’agit d’accidents de VTT ou de motoneige où c’est le contrat d’assurance-automobile qui intervient. Le vélo, lui, est couvert par une police d’assurance de responsabilité personnelle, mais si un cycliste ou un piéton est blessé en raison d’un accident d’automobile, c’est la SAAQ qui les indemnise. »''

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Dans les Appalaches beauceronnes, fin octobre 2012.
J'ai trouvé par hasard sur le site bikeforums.net le message suivant au sujet de Taiwan comme lieu de production de l'industrie du vélo. Les commentaires rejoignent certains des miens déjà publiés ici, entre autres lorsqu'il dit que certaines personnes ont tendance à regarder tous les pays asiatiques comme s'il n'y avait aucune différence entre eux. Ce qui est loin d'être vrai, évidemment.

http://www.bikeforums.net/archive/index.php/t-771765.html


''Hmm. My family is from Taiwan, and my dad and little sister live there. I've been many times and been given tours of some of the factories there. They take great pride in their history of steel-making, and consider themselves (correctly or otherwise) the world experts on the subject. I wish I could take a picture of all their faces after hearing that other people think it's unreliable junk! Some of you may have images of sweatshops with semi-slave labour pushing out products that they don't care about or understand, but my experience has been just the opposite.

I can understand concerns with products coming out of China because I DON'T think they have the best Quality Control there yet, and the "sweat-shop" images are in some cases probably true. My reaction was lumping all of "Asia" together, because it's a big place filled with a bunch of very different countries.''

Pour situer Taiwan, d'après le ''think tank'' britannique Legatum Prosperity Index, l'île est au 20ème rang sur 142 pays comptabilisés en matière de prospérité. Le Canada y est sixième, et ce sont trois pays scandinaves qui occupent les trois premiers rangs: Norvège, Danemark, et Suède. Taiwan est quatrième au niveau de l'éducation, et septième en économie. Et dans les pays asiatiques, Taiwan est coté deuxième en matière économique, derrière Singapour.

Pour ceux qui voudraient avoir un début d'idée de ce que peut avoir l'air le Salon du Vélo de Taipei, voici une vidéo promotionelle pour l'édition 2012. Il s'agit d'un des trois plus gros Salons de Vélo au monde et il est destiné aux acheteurs tels que les distributeurs nationaux et les fabriquants de vélos.





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Petite nouvelle locale (ville de Québec): les travaux majeurs effectués sur la rue Père-Marquette sont suffisamment avancés pour pouvoir y circuler en vélo normalement. Cet axe est-ouest de la haute ville de Québec est un élément important de la stratégie de l'administration de la ville visant à développer l'utilisation du vélo comme outil de transport urbain.

Les travaux duraient depuis plusieurs longues semaines et m'obligeaient à côtoyer la circulation automobile un peu trop à mon goût. Bien sûr, on peut circuler très rapidement sur les grands boulevards. Certains de mes clients préfèrent cette option. Mais je me sens toujours en danger à côté d'un aussi grand nombre de voitures. Si je roule vite, j'augmente mes risques en diminuant mon temps de réaction, et si je roule lentement, j'augmente le nombre d'automobilistes que je dois voisiner. Perdant des deux côtés.

Les petites rues sont moins rapides, mais je me dis que le chemin le plus rapide est celui qui ne passe pas par l'hopital...


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Dans les Appalaches beauceronnes, fin octobre 2012.


Un article récent dans le journal new-yorkais New York Times nous parle du coureur (à pied) Christian Hesch, qui a récemment avoué avoir utilisé de l'EPO pour participer à des compétitions. Ce que j'ai trouvé intéressant dans son témoignage, entre autres choses, c'est qu'il amène le point de vue non pas d'une grosse équipe internationale comme Festina, ou celles de Lance Armstrong/Johan Bruyneel, mais plutôt celui d'un quelconque coureur plus ou moins indépendant qui s'organise lui-même dans sa démarche de dopage. Il parle également des effets de la substance en question. Il était interviewé à l'émission ''Q'' ce lundi 19 novembre: http://www.cbc.ca/q/
“It would be fairly expensive if I wanted to fight it,” Hesch said. “Usada only brings cases when they’re pretty sure...”


http://www.nytimes.com/2012/10/15/sports/runner-christian-hesch-describes-doping-with-epo.html?pagewanted=all&_r=0


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Le batteur Elvin Jones a été un élément important de la musique de John Coltrane. Sur les photos, on le voit toujours avec un grand sourire, ou un état d'intense concentration. Jamais de tiédeur. Ici, on le retrouve plusieurs années plus tard, en 2001, aux côtés de deux autres grands, le guitariste Bill Frisell et le bassiste britannique David Holland. ''Strange Meeting''.




Et pour finir, quelque chose de très sérieux: le recyclage. Certains recycleurs sont plus ambitieux que d'autres. Red Green, Mr. Duck Tape, par exemple.


samedi 18 août 2012

PER CAPITA.


Un Falardeau Alu9 chaussé 700 x 32mm


La mainmise des Asiatiques sur la fabrication de biens de consommation exportés vers l'Occident est un phénomène dont il est souvent question dans les conversations, et aussi dans les médias. On parle souvent des maigres salaires versés aux employés, mais certains consommateurs savent en réalité bien peu de choses sur ce sujet.

En visitant différents pays asiatiques, on peut voir de grandes différences d'un pays à l'autre, et les propriétaires de compagnies, qu'elles soient asiatiques ou occidentales, choisissent leur(s) lieu(x) de fabrication en tenant compte de plusieurs facteurs. Le salaire n'est pas le seul critère et chaque pays a ses particularités.

Je me suis penché sur la question cette semaine, en regardant un tableau qui donne le revenu moyen per capita en 2011. Les chiffres sont fournis la Banque Mondiale. Ces chiffres varient d'une source à l'autre: le but ici n'est pas tant de savoir le revenu exact par habitant, mais plutôt de comparer les pays entre eux. D'abord, les chiffres en $USD puis, un bref aperçu de ce qu'on y fabrique. Taiwan n'est pas sur le tableau que j'ai consulté. Il s'y situerait autour de 32,000$ et on y fabrique de tout. C'est une source importante de produits de milieu et de haut-de-gamme. Et de nombreux industriels taiwanais ont ajouté une ou plusieurs usines à l'étranger en plus de leurs usines sur l'île.

PAYS, SALAIRE ANNUEL MOYEN, (PRINCIPALES MARCHANDISES PRODUITES)

Pakistan, 2880$ (gants)
Vietnam, 3260$ (cadres, pièces de bas-de-gamme)
Inde, 3620$ (tout, bas-de-gamme)
Thaïlande, 8390$ (pneus)
Chine, 8430$ (tout, surtout du bas-de-gamme)
Japon, 35,510$ (cadres et pièces, surtout du haut-de-gamme)
Canada, 39,830 (cadres de haut-de-gamme)
USA 48890$ (cadres et pièces de haut-de-gamme)


Il faut regarder ces chiffres sans perdre de vue que le coût de la vie est ajusté sur ces revenus, sans quoi les citoyens ne pourraient rien acheter s'ils gagnaient un très bas salaire tout en vivant en Occident. Mais certaines réalités locales peuvent échapper au regard d'un touriste pressé. Par exemple, au Vietnam, le coût de l'immobilier est démesurément élevé, comparativement à la Chine voisine. Par contre, une bonne partie de la diaspora vietnamienne envoie à chaque année des montants d'argent à leur famille restée sur place, ce qui contribue à enrichir le pays au-delà du strict revenu salarial, et à donner accès à la propriété à une classe laborieuse qui n'y aurait pas accès autrement.

Ce tableau aide à comprendre pourquoi, lorsqu'un industriel taiwanais veut avoir une usine à l'étranger, le Vietnam peut être plus attrayant que la Chine: les revenus sont nettement plus bas. Par contre, les infrastructures routières et autres sont insuffisantes, entre autres raisons parce que l'état peine à toucher les revenus fiscaux dont il aurait besoin. Les routes sont saturées et les camions mettent beaucoup de temps à couvrir les distances si on compare avec d'autres pays.

Je savais que Taiwan a des revenus moyens supérieurs à la moyenne asiatique. Mon voyage là-bas me l'a confirmé. Allez dans une épicerie de Taipei et vous verrez que les prix des denrées sont proches des nôtres au Québec. J'ai lu quelque part qu'un bon soudeur taiwanais peut avoir un salaire autour de 30,000$US. Les ouvriers non-qualifiés touchent moins, mais ça n'a rien à voir avec l'idée que beaucoup d'Occidentaux se font de Taiwan. Il ne faut pas confondre avec la Chine, pays voisin, mais différent et de bien des façons.

Un facteur dans la capacité des Asiatiques à vivre avec de bas salaires, c'est la collaboration à l'intérieur de la famille. Les gens partagent plus volontiers la même demeure et considèrent normal de garder les grand-parents à la maison au lieu de séparer les différentes générations. Ainsi, c'est moins cher, et il y a un partage des ressources bénéfique aux individus. À Taiwan, plusieurs entreprises ont commencé petites, en mettant en commun les ressources financières d'une même famille au lieu d'emprunter à la banque. Au fil des décennies, certaines de ces entreprises ont beaucoup grossi. La culture confucéenne valorise beaucoup la famille et l'éducation, et on la retrouve autant en Chine qu'au Vietnam et à Taiwan.

Un exemple, dans le domaine du vélo. Giant est la plus grosse compagnie de vélo au monde. Plusieurs cyclistes occidentaux pensent que la compagnie est américaine. Pas du tout: la maison mère est taiwanaise, même si elle possède des usines en Chine également. Ils ont fabriqué des vélos pour plusieurs compagnies occidentales avant de mettre en marché des vélos sous la marque Giant. Trek est couramment un de leurs gros clients, en plus de Scott, Colnago et Canyon.

En ce moment, plusieurs compagnies hésitent de plus en plus à faire fabriquer des marchandises en Chine. Les salaires ont augmenté depuis ces dernières années et non, la main-d'oeuvre locale n'est pas une ressource inépuisable. Les Chinois, comme les Vietnamiens et bien d'autres, n'aiment pas être loin de leur famille. En fait, s'ils sont prêts à s'éloigner vers des emplois industriels, c'est souvent dans le but d'améliorer leur sort et sur une base temporaire, parfois pour réinvestir l'argent patiemment économisé.

Les règles anti-dumping mises en place par certains pays occidentaux, comme le Canada ou l'Europe, ont un effet de déplacement des lieux de production. Le Vietnam recommence à produire vers l'Europe, actuellement, après une période de disette dûe à ces règlements maintenant levés. L'Europe de l'Est profite de tels règlements pour reprendre une partie de cette production destinée à l'Europe de l'Ouest. Certains industriels asiatiques ont même installé des usines en Europe de l'Est.

Je n'ai pas de fournisseur potentiel pour mes cadres au Québec ou au Canada. Les cadres abordables ne sont plus faits au Canada, on n'y trouve plus que des cadres artisanaux ou semi-artisanaux. Je serais obligé de vendre mes cadres aussi cher que les vélos complets que je vends actuellement. Concrètement, je n'en vendrais presque pas, ce qui n'est pas un détail, vous en conviendrez... Et les industriels canadiens qui fabriquaient des cadres abordables sur place jusqu'à il y a quelques années étaient généralement  des compagnies orientées vers la production de masse qui n'étaient pas intéressées de remplir mes besoins. Pendant ce temps je trouve facilement à Taiwan des producteurs qui m'offrent une qualité de cadre supérieure pour un prix qui n'a rien d'extravagant.

Les fournisseurs taiwanais qui travaillent pour moi ont des usines organisées pour un volume de production moyen ou petit, par les standards de l'île. Les grosses compagnies comme Giant, Merida ou Ideal ne sont pas intéressées par des petites commandes comme les miennes (une centaine de cadres à la fois). Kinesis se fait tirer l'oreille. Mes fournisseurs m'imposent souvent une surcharge à cause de mes commandes limitées, mais il s'agit seulement d'un montant qui, réparti sur chaque cadre, n'a qu'un impact très limité sur le prix final du vélo. L'équivalent d'un accessoire mineur.





Saint-Bernard, en Beauce.


 Bobo Stenson est un pianiste suédois né en Suède en 1944. Il a collaboré depuis 1963 avec un grand nombre de musiciens de premier plan et on le retrouve ici en trio piano/basse/batterie.


vendredi 3 août 2012

UN PAYS DE CHAMPS.


Cinq heures et demie du matin, Lac Sept-Iles, Comté de Portneuf.


Deux journées de tandem avec fiston en fin de semaine dernière, en tandem: Québec/Sainte-Marie de Beauce et Sainte-Marie/Québec. Température 26 à 32 degrés. Moyennes au compteur: 18.8 km/h le premier jour, 20.5 km/h le deuxième. Vents rarement favorables (voir message précédent).

Dixit Thomas, à Saint-Nicolas au retour:

-''J'ai l'impression d'être dans un autre pays.

-Ah oui? Quel pays?

-Je ne sais pas, un pays de champs...''

Nous étions dans un secteur où la terre est cultivée pour les fraises et, en général, les fruits et légumes.

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Et si vous vous inquiétez pour ma santé, nous avons fait, à trois cyclistes ce matin, un parcours de 34 minutes environ. J'étais en 700 x 23. Parcours surtout plat, à l'exception d'une côte d'à peu près un kilomètre de long avec un pourcentage de pente variant jusqu'à 13 ou 14%. La moyenne au compteur était de 29.0 km/h.

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La Chine est un gros, LE gros producteur de vélos actuellement, c'est bien connu. Quels sont ses clients? Dans l'ordre:

-USA.
-Japon.
-Indonésie.
-Russie.
-Malaisie.
-Iran.
-Arabie Saoudite.
-Canada.

Et on pourrait penser que la Chine n'importe pas de vélos, mais ce n'est plus vraiment le cas. Nous sommes au début d'une tendance: on commence à voir des Chinois qui achètent des vélos de qualité, souvent faits à Taiwan, dans un but récréatif. Le nombre de vélos est encore modeste, mais le pourcentage d'augmentation annuelle est considérable, et la valeur moyenne de ces vélos est supérieure à ce que les Européens importent du même pays. Les compagnies sont sensibles à ce phénomène, car le potentiel de croissance a de quoi faire rêver...

Pendant ce temps, Taiwan vend un peu moins de vélos que les années précédentes, mais puisque la valeur par vélo continue d'augmenter, le chiffre d'affaire augmente lui aussi. En fait, les marchés émergents comme la Chine font augmenter la demande, ce qui compense pour la baisse de demande qu'il y a en Europe. Dans celle-ci, la température et la situation économique ont été défavorables en 2011. Et en Belgique, la météo de 2012 ne sera pas tellement plus favorable: en juillet, ils ont eu 20 journées d'orage. Il faut dire que, traditionnellement, juillet y est le mois le plus pluvieux de l'année. Avis aux voyageurs...

Le Vietnam, lui, est redevenu un producteur/exportateur actif depuis que l'Europe a levé les sanctions anti-dumping qu'elle lui a imposées jusqu'en juillet 2010. En un an, il est passé de 13,000 à 226,000 vélos exportés vers l'Europe. C'est beaucoup, mais en 2004, avant les règlements, c'était 1.85 millions de vélos qui circulaient d'un vers l'autre.

En Europe de l'Est, la production a été multipliée par dix depuis l'an 2000. On y trouve à peu près une centaine de manufactures maintenant dans cette région. Mais l'attente (''lead time'') est longue avant de recevoir les cadres asiatiques et ces compagnies est-européennes n'ont pas commencé encore à fabriquer des cadres.

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J'ai parlé à quelqu'un récemment qui me demandait si ça serait une bonne idée de suivre un cours de mécanique, dans le but de pouvoir travailler comme mécanicien dans un atelier de mécanique vélo.

Évidemment, les connaissances que vous irez chercher dans un cours de mécanique ne seront jamais superflues. L'ennui, c'est que les connaissances constituent seulement qu'un aspect de ce que vous avez besoin pour faire ce métier. Vous aurez aussi besoin de développer une capacité à évaluer les tâches à exécuter, à partir de vos perceptions face au vélo qui est devant vous. Même si Shimano aimerait bien que vous le fassiez, vous ne pouvez pas changer tous les câbles de tous les vélos que vous réparez.

Pour acquérir cette capacité de diagnostiquer, il faut y mettre le temps. C'est inévitable, et il faut une bonne dose d'humilité quand on commence dans le domaine. D'autant plus qu'en plus de votre ignorance, il y aura vos distractions qui vous feront faire des erreurs absurdes à l'occasion. Tellement absurdes que vous en ferez de moins en moins au fil du temps.

Si vous ne faites que des réparations occasionnelles sur votre/vos vélos et ceux d'un ou deux amis, le métier ne rentrera pas. Pour cela il faut en faire beaucoup. J'insiste: beaucoup. Finalement, c'est comme dans bien des domaines, non?

La rapidité d'exécution varie passablement d'un mécanicien à l'autre. De plus, un technicien aguerri saura évaluer quand il faut s'arrêter de chercher la perfection, car certains vélos peuvent être très accaparants à cause de leur âge ou à cause de leur médiocrité initiale. Vous ne voulez pas que la facture de réparations soit plus élevée que la valeur du vélo.

Alors si vous m'offrez vos services pour devenir technicien/ne dans mon atelier, ne vous étonnez pas si je réserve mon évaluation de vos compétences pour plus tard, peu importe le ou les diplômes que vous puissiez exhiber.

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Branford Marsalis est peut-être plus connu pour son rôle d'accompagnateur dans le premier groupe de Sting lorsque ce dernier a dissous The Police. Mais c'est d'abord et avant tout un saxophoniste de premier plan, qui a fait ses premières armes en compagnie de son illustre frère Wynton. Il sera à l'émission ''Q'' de Jian Gomeshi, mardi le 7 août 2012 le matin, au 104.7 FM ou au www.cbc.ca/q/

Avishai Cohen se rappelle: