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vendredi 17 février 2017

JE SUIS ICI.




Si vous avez une interrogation technique au sujet des vélos, vous pouvez poser votre question au site suivant:

http://bicycles.stackexchange.com

On y trouve de tout, entre autres choses des questions sur les compatibilités, point crucial lorsqu'on veut prendre des libertés lors du remplacement d'une pièce de vélo.



2017, année de changement? Pour moi, oui. Elle est encore jeune, mais tout est possible, et je ne m'en plains pas, au contraire.

Le mouvement était déjà solidement amorcé l'an dernier. Au travail, une nouvelle façon d'envisager les choses m'a amené à me diversifier avec la production d'une émission de télévision ainsi que le travail de guide pour des touristes qui louaient des vélos. Après avoir géré mon magasin pendant 25 ans, sans compter les cinq années qui les ont précédées où j'étais employé, je me suis retrouvé en train de faire différentes choses à différents endroits, tout en assurant la continuité chez Bicycles Falardeau enr. Un changement apprécié, je l'avoue.


La Chute Montmorency, du moins une partie. Février 2017.

J'ai bien l'intention de continuer dans cette voie. J'ai plus envie d'avoir trois, quatre ou même cinq emplois plutôt qu'un seul. Pour plus de variété dans mes activités, moins de dépendance envers une seule. Mon intuition, en ce moment, me pousse vers ça. Pas seulement plusieurs emplois, mais aussi travailler ailleurs que dans la Ville de Québec. J'ai l'intention d'aller voir quelles sont les options disponibles pour l'hébergement dans le secteur de Sainte-Marie-de-Beauce, pour les cyclistes qui seraient intéressés d'avoir recours à mes services de guide dans le cadre du groupe Facebook Quebec Gravel Grinders. J'ai déjà pris contact avec des grinders de l'Ohio pour qu'il se passe des choses une fois la belle saison revenue. En fait, je devrais plutôt dire les belles saisons.



Et tant qu'à être parti, pourquoi pas le Vietnam? Je n'y suis pas allé depuis longtemps, et mon manque d'enthousiasme pour les froids extrêmes de l'hiver pourrait très bien me pousser de ce côté-là l'hiver 2017-2018. Si vous connaissez des cyclistes qui se cherchent un guide, je pourrais me rendre disponible, d'autant plus que j'ai de la famille dans plusieurs villes importantes du pays: Saigon, Dalat, Nha Trang, et Hué.

La température est chaude en hiver, dans le Sud. Sauf parfois, à Hué, où ça descend vers 12 degrés C. Et si vous pensez que 12 deg. ce n'est pas froid, vous changerez peut-être d'idée quand vous vous rendrez compte qu'il n'y a pas de chauffage dans les maisons et les hôtels, et que les nuages, bloqués par la Cordillère Annamite, vous arrosent d'un crachin ininterrompu pendant des jours et des nuits. Pendant que, à 100 kms au sud, il fait 27 deg. et un soleil radieux. Il y a des fois où le choix est facile à faire.


La falaise sud-est à côté de la Chute Montmorency.


Le Nord, lui, peut être déplaisant aussi en hiver. Ça dépend si vous êtes chanceux. Si vous ne l'êtes pas, et je parle en connaissance de cause, vous n'aurez pas envie de séjourner longtemps à Hanoi en décembre, janvier ou même en mars. Déjà que l'ambiance est un peu plus austère qu'au Sud, ou même au Centre, personnellement je choisirais attentivement ma période pour y aller.

Saigon, maintenant rebaptisée Ho Chi Minh City, est chaude, pendant ce temps. 31 degrés, c'est courant. Attendez-vous à une grosse ville asiatique, étendue, affairée, dynamique et grouillante de vie. J'ai de bons souvenirs de Saigon, je suppose que ça tient au fait que tout se passait bien pour moi quand j'y suis allé.


Le fleuve Saint-Laurent, avec Lévis de l'autre côté. Voir le plan ci-dessous.


Si je fais un travail de guide avec les cyclistes, je n'ai pas envie de faire le classique Hanoi-Saigon par la Route Nationale no. 1. Trop de traffic par endroits, et de toute façon je ne suis pas friand de ces voyages où l'on fait et défait ses bagages à tous les jours. Je préfère les balades ouvertes qui ne servent pas seulement à cocher une case sur la liste des choses à voir avant de mourir. J'en ai fait souvent, de ces sorties d'un jour qui nous font explorer, et le Vietnam se prête bien à ça. On peut se garder 3 ou 4 jours pour découvrir chaque région avant de repartir vers une autre.



Vous êtes ici.


Se concentrer sur le Centre et le Sud permet d'éviter le froid hivernal et la pauvreté de la région de Vinh. Je suis curieux de découvrir la ville de Dalat, où les Français aimaient aller pour éviter les chaleurs extrêmes du Sud, et Nha Trang, où le vent de la mer et la plage vous font la vie douce. Quelques russes, qui ont apprécié une époque où ils venaient collaborer pendant la période soviétique, viennent maintenant jouer les snowbirds à Nha Trang et je peux comprendre pourquoi alors qu'il fait moins 6 deg. à Moscou pendant que j'écris ceci. Et en même temps, il fait nuit à Nha Trang et le mercure indique 22 deg. Plus 22.

Enfin, tout cela reste à confirmer, il y a trois saisons à vivre avant celle-là, et même un peu plus parce qu'on ne peut pas dire que l'hiver soit terminé ici.

Ce qui suit n'est pas typique des habitudes d'écoute vietnamiennes. Qu'à cela ne tienne, ce sont les miennes.



vendredi 21 février 2014

NON MERCI!








Le fleuve Saint-Laurent, vu de l'extrémité de la rue Saint-Denis, à Québec.
Il est en bas de la falaise dominée par la Terrasse Dufferin.



Vous rappelez-vous du vélo de Thi? Je vous en ai parlé le 18 octobre 2013:
http://bicyclesfalardeau.blogspot.ca/2013/10/le-velo-de-thi.html

Je n'ai pas beaucoup échangé avec lui depuis, mais j'ai appris qu'il a eu un contact avec une compagnie qui distribue des vélos au Vietnam, où il réside. Je ne sais pas s'il a initié ce contact, mais je sais que la compagnie lui a fait une offre.Je ne sais d'ailleurs pas si Thi a vraiment envie de s'ouvrir un magasin de vélos, il faudra que je me renseigne là-dessus quand je verrai sa soeur qui est là-bas, au Vietnam, jusqu'à la fin du mois. 

Il s'agit de la compagnie qui distribue les vélos Jett et Cannondale, ainsi que les pneus Schwalbe et les pièces Kore. Le fait de distribuer Cannondale lui donne une position forte dans le marché, étant donné la notoriété de la marque qui s'est fait connaître dans les années '80 pour ses cadres en aluminium. Après un essai infructueux du côté des motocyclettes, la compagnie du Massachusetts était en difficulté financière et a finalement été rachetée par la compagnie montréalaise Dorel. Les cadres ne sont maintenant plus faits au Massachusetts, mais plutôt en Asie.

Je vais essayer d'en savoir plus au sujet de l'offre qui lui a été faite, mais ce que j'ai entendu jusqu'ici ne m'a pas vraiment surpris, venant d'une compagnie comme celle-là. Mais rappelez-vous que Thi n'a pas parlé avec Cannondale, mais bien plutôt par la compagnie qui distribue ses vélos au Vietnam. Il s'agit donc probablement d'une compagnie indépendante, mais qui doit respecter les consignes données par le manufacturier. C'est sur la base de cette entente que Cannondale accepte un contrat de distribution exclusif pour tout le pays concerné.

Et gardez à l'esprit durant la lecture de ce texte que le marché du vélo récréatif en est encore à ses débuts en Asie en général, au Vietnam en particulier. Alors que le marché du vélo utilitaire, lui, s'est effondré au profit de la moto, surtout, et même de la voiture. 

Il semblerait qu'on a exigé qu'il achète (sans possibilité de retour) un exemplaire de chaque modèle offert dans le catalogue. De Jett et de Cannondale? Ou seulement une des deux marques, je ne sais pas encore. Mais ma réaction personnelle à ce genre de proposition est toujours la même: non merci.



L'hydro-électricité qui arrive de la Côte-Nord, à la hauteur de Saint-Ferréol-les-Neiges.



Avec cette offre, la compagnie atteint deux objectifs:

1) Elle se paie une belle étude de marché, sans débourser. Chaque créneau qu'il est possible d'exploiter dans la région concernée le sera. Tant pis si le marchand est obligé de vendre x% de l'inventaire sans profit, après six mois ou un an d'opérations. Parce que c'est certain qu'il y aura des invendus. La question n'est pas de savoir s'il y en aura, mais bien plutôt quel pourcentage. En fait, après une période de x mois, après avoir acheté un inventaire qui coûterait, par exemple, 10,000$ ou 15,000$, souvent plus, dépendant du contexte, le chiffre d'affaire réalisé avec cet inventaire pourrait très bien être égal ou même inférieur à la mise initiale déboursée par le détaillant. Après avoir fait fonctionner le nouveau magasin un an ou deux, ce détaillant saura plus à quoi s'en tenir au sujet de quel type de vélo est en demande, ou pas. Il saura aussi s'il peut garder ce commerce ouvert, tout simplement. Car c'est bien connu, dans n'importe quel commerce, la première année est critique.



Remarquez, un avantage de cette formule, pour le détaillant, c'est qu'il a peut-être sous-estimé la popularité de tel ou tel style de vélo. En les ayant tous en inventaire, il va peut-être découvrir qu'un ou deux modèles méritent plus d'attention de sa part.

En fait, si le détaillant a dégagé des profits, durant cette période, c'est parce qu'il a fait de nouvelles commandes pour remplacer les vélos vendus qui sont justement habituellement ceux qui sont les plus en demande dans son secteur. Et au Vietnam, je ne sais pas si les choses ont changé, mais quand j'y étais les détaillants étaient très spécialisés: si on vend des vélos on ne fait pas de réparations, et on ne vend pas de pièces et accessoires. Ce qui prive l'entreprise d'une source de revenus additionnels.


2) Elle s'assure d'avoir un partenaire (le détaillant) qui a les reins solides, c'est-à-dire, un accès à des fonds qui lui permettront de rester en affaires pendant une période d'un an ou deux, même parfois plus, sans faire de profits. Car l'investisseur qui ouvre un tel commerce peut aussi bien être un passionné talentueux mais limité financièrement, tout autant qu'un investisseur fortuné (et qui parfois ignore presque tout des vélos) qui flaire une bonne occasion dans un marché en plein développement (comme le Vietnam). Ce dernier peut se permettre d'attendre avant de voir un retour sur son investissement, alors que le premier doit se soucier d'une profitabilité à plus court terme. Si la relation d'affaire entre distributeur et détaillant ne dure pas, le distributeur n'a rien perdu, et peut passer à un autre partenaire dans la même région, tandis que le détaillant panse ses plaies. À moins que le distributeur ait consenti des termes de paiement différés au détaillant et que celui-ci ne respecte pas ces termes. J'ai déjà été témoin d'une conversation téléphonique où le représentant d'un distributeur insistait vainement pour se faire payer une commande de vélos en souffrance. Rien n'y faisait, la patronne refusait de collaborer et temporisait avec compétence. La tension était palpable, comme le dit l'expression consacrée.





On dit que le consommateur est loyal d'abord et avant tout envers lui-même, et que le fabriquant/distributeur est loyal avant tout envers ses actionnaires. Le détaillant doit vivre avec ça. Moi-même, j'ai eu des contacts dans le passé avec ces grosses compagnies américaines high profile, et leurs exigences. Impossible de prendre plaisir à de telles relations: la composante humaine est complètement escamotée et le bottom line a toujours le dernier mot. Leurs produits se conforment d'ailleurs à cette exigence, et le discours de vente n'est là que pour servir l'objectif final. La part de travail qu'ils exécutent, la conception et le marketing, je peux le faire moi-même, sans avoir à payer quelqu'un pour le faire. Même pour le cadre. L'argent que je sauve ainsi me permet de vendre moins de vélos tout en étant aussi profitable. Et mon inventaire est ainsi parfaitement ajusté aux besoins et aux attentes de ma clientèle, ce qui ne serait pas le cas si je confiais la conception des vélos à une compagnie basée dans une autre région ou un autre pays.

Il y a aussi l'alternative de faire affaire avec ce que les Américains appellent une compagnie de niveau second tier, c'est-à-dire une compagnie connue, mais ayant une notoriété moins grande. Peut-être tout simplement parce qu'elle n'a pas commandité d'équipe de coureurs internationale. Ces compagnies sont souvent moins arrogantes, trop heureuses qu'on leur fasse une place sur l'espace disponible à la vente. Leurs produits sont habituellement de qualité comparable, fabriqués plus ou moins aux mêmes endroits, et soutenus par un service après-vente qui, avec un peu de chance, sera acceptable. Pas besoin d'acheter américain, à ce moment-là, une grosse compagnie taiwanaise peut offrir la même chose, compte tenu de l'expertise internationale que ces entreprises ont développée depuis toutes ces années. On ne trouve pas en Chine d'équivalent à ces compagnies-là. Tout au plus, on y trouve des usines qui sont la propriété de Taiwanais qui ont été y chercher une masse salariale moins exigeante que sur leur île natale où ces coûts sont plus élevés que ce que beaucoup de consommateurs occidentaux réalisent. En fait, plusieurs de ces consommateurs occidentaux n'ont souvent aucune idée de ce que Taiwan est devenu, au point de vue industriel ou en général. Rien à voir avec le Taiwan rural des années '40.


Un levier de vitesses Sun Tour pour transmission à un plateau, circa début des années '80. Il est neuf, et non-indexé, bien sûr. Donc, compatible avec toutes marques.



J'ai une invitation pour vous. Et c'est gratuit. Vendredi soir le 21 février 2014, chez Bicycles Falardeau au 174 Richelieu à Québec à 18:30 heures (jusque vers 21 heures). Il s'agit d'une conférence sur l'histoire du vélo durant les cinquante dernières années.

Je pense à ceux qui, tout simplement, s'intéressent au vélo en général. Mais aussi à ceux qui en réparent, de toutes sortes, ou même en restaurent. C'est pourquoi il sera question des différents standards qui ont été utilisés, par exemple dans le cas des roulements de bille. Mais aussi les différentes sortes de vélos, les marques qui ont dominé, la place occupée par les différents pays producteurs au fil des décennies, les différentes technologies en vogue, etc .Bref, un condensé de culture cycliste.

Prenez note que j'y serai même si la température est moins clémente. Je n'ai aucune inquiétude pour mon retour à la maison, mon vélo est à l'aise dans la neige abondante comme celle qui tombe au moment d'écrire ces lignes vendredi midi.

*

Si vous voulez voir le studio que Stewart Copeland s'est installé chez lui, et surtout tous les instruments qu'on y trouve, je vous suggère de visionner ceci:
http://www.youtube.com/watch?v=WwYJxWQCxEE

Il y invite différents musiciens et chanteurs, et pas des moindres. Ici, vous pouvez voir Stanley Clarke qui l'accompagne ainsi que le chanteur Ben Harper.



vendredi 22 novembre 2013

PAPAOUTAI





Dans les Appalaches, l'automne.

Je crois que je serai obligé de lui dire que je ne suis plus intéressé de travailler à l'entretien de ce vélo pliant qu'elle semble aimer malgré tout. Il est neuf! Non, madame, il n'est pas neuf, à moins qu'on les fabrique comme ça en Italie, avec le pédalier qui tourne aussi droit qu'un marin qui marche vers le bateau une heure avant la fin du shore leave. Le pédalier (et même le vélo au complet) est aussi rigide qu'une tranche de pain Gadouas qui sort du four dans un parc industriel d'une banlieue anonyme.

Elle l'a gagné dans une quelconque loterie italienne, mais j'ai l'impression que c'est tout ce que la compagnie avait trouvé comme moyen pour se débarasser d'un surplus d'inventaire. Ou c'est peut-être le voyage en avion qui a transformé son pédalier en chips Pringle. Je ne sais pas si elle comprend pourquoi le garde-chaîne fait autant de bruit avec tout cette friction. Je le lui ai pourtant expliqué.

*

Je rappelle à ceux que ça pourrait concerner que mes vacances commencent le mardi 26 novembre, et ce, pour tout le mois de décembre jusqu'au 9 ou 10 janvier. Je ne sais d'ailleurs pas quelle fréquence de publication j'aurai sur ce blogue pendant cette période. On verra.




Ceux qui ont lu mon message de la semaine passée ont pu lire ce que j'y écrivais pour une amie qui planifie un voyage à vélo au Vietnam. Nous en avons reparlé cette semaine et voici ce qui en est ressorti (avec mes réponses en italique):

-À ton avis, une moyenne de 25 km par jour, est-ce trop, sachant qu'on ne fera pas du vélo tous les jours en raison des arrêts et de la méto? Non, ça ne me paraît pas trop, d'autant plus que de toutes façons, tu peux toujours monter en train avec ton vélo pour raccourcir la distance ou éviter des zones méga-urbaines comme la banlieue de Saigon. Attention, renseigne-toi sur le prix que ça te coûterait de louer un véhicule motorisé avec chauffeur. C'est peut-être moins cher que tu penses et ça peut te sauver pas mal de stress. Et n'oublie pas de négocier les prix qu'on te propose. Pas dans les restaurants, mais ailleurs, oui. Parce que quand les Vietnamiens voient des Occidentaux arriver, les prix gonflent instantanément. Si un Vietnamien te donne d'avance le prix normal d'un objet que tu prévois acheter, et qu'en plus tu connais les chiffres dans la langue locale, tu feras sensation, je te le garantis!

En passant, apporte-toi des comprimés de yogourt que tu prendras à chaque jour de manière préventive et suis bien les conseils d'hygiène alimentaire qu'on donne. C'est moins pire qu'en Inde, mais quand même...

On est rendu à l'étape de choisir la route qui nous amènera au sud, soit par la côte, soit par les terres. Une recommandation? Je ne connais pas les routes par les terres, mais je suis un peu méfiant. Je m'attendrais à y rencontrer des secteurs de mauvaises routes, et un approvisionnement en eau et en nourriture parfois un peu difficile, sans compter l'hébergement. Et aussi, le Vietnam n'est pas le paradis du camping.

Et finalement, dans le cas où notre avion partirait du nord, est-il possible de voyager par transport public avec nos vélos? Voir plus haut. Le train est peut-être plus accueillant que le bus. Et méfie-toi des petits arnaqueurs qui s'occupent de mettre le vélo dans le train ou qui est responsable de l'en sortir.
Pour te donner une idée, en 1993, j'avais payé 20 ou 25$ pour me faire conduire en voiture privée (sans vélo) de Da Nang à Hué. Même pour 50$, ça aurait encore valu la peine.

Petit mot au sujet des vêtements. Le soir, ne vous habillez-vous pas trop décontracté, et vous serez mieux perçus par les Vietnamiens qui n'aiment pas tellement les vieux t-shirts qui viennent de passer trois jours dans le train. Et profitez-en pour vous faire faire des vêtements sur mesure par un tailleur local. On peut avoir ça un peu partout au Vietnam, et particulièrement à Hoi An. On peut se faire faire des vêtements pour femme somptueux, rien de moins, à une fraction du prix. Plus vous êtes pressés, moins ce sera bon marché, mais ce sera abordable quand même.

Également, vous rencontrerez peut-être des gens qui ont des réserves sur l'attitude des Vietnamiens. Et vous aurez peut-être des rencontres moins agréables. Il y aurait beaucoup à dire et à écrire là-dessus. J'ai eu mon point de vue sur le sujet. Il était influencé par le fait que je me déplaçais moins, et que j'ai eu des relations plus personnelles avec eux que le touriste qui surfe d'une ville à l'autre. Quoiqu'il en soit, ne perdez pas de vue que, souvent, ils n'ont pas une vie facile. Chaque famille a eu ses drames, même après la guerre. Les revers de fortune, les morts prématurées, les difficultés en tous genres, ça peut laisser des traces. C'est déjà beau que, malgré tout cela, ils puissent rigoler autant qu'ils le font. J'ai trouvé que, de tous les pays que j'ai visités, c'est un de ceux où j'ai pu le plus interagir et m'amuser avec les gens. Croyez-moi, les Occidentaux auraient beaucoup à apprendre d'eux sur la vie en société. 




Près de Tring-Jonction, début octobre  2013.


Intéressant article sur la sécurité à vélo dans certaines grandes villes du monde. Il a été publié par un journal anglais dans la foulée des six cyclistes décédés dans la capitale britannique, en l'espace de seulement deux semaines. 

http://www.theguardian.com/lifeandstyle/2013/nov/20/how-safe-are-worlds-cities-for-cyclists

Entre autres, à propos de Delhi: "If cycling in London is dangerous, Delhi is like having a near-death experience every single time." Et Berlin: "Cyclists are well-catered for in Berlin, but it still saw 15 cyclist deaths in 2012."
..."one of the most common causes of accidents are cars turning into side streets at high speed and cutting off cyclists in the lanes to their right. Berlin's many tram lines can also be a hazard: the track grooves are perfect for trapping the wheel of your average city bike."

En fait, comme quelqu'un d'autre en a parlé ailleurs dans le même journal, les autorités n'ont pas assez souvent la priorité de "put safety ahead of his policy of ‘smoothing the flow’ of motor traffic", c'est-à-dire de voir à la sécurité avant de rendre plus fluide la circulation des véhicules motorisés. Ici à Québec, le maire Labeaume a rendu public cette année son point de vue sur la question, en montrant que sa vision du futur n'est pas très... révolutionnaire. Le maire Labeaume serait-il le Rob Ford du pauvre (voir mon message de la semaine dernière)? Non, il ne faut pas exagérer, monsieur Labeaume a au moins l'élégance d'être à jeun lorsqu'il est en public. Ou d'éviter de se faire filmer à certains moments inopportuns. De toutes façons, je serais très surpris d'apprendre qu'il est un crackoïnomane.

Et si vous voulez comprendre pourquoi Rob a encore du soutien dans la population, l'extrait suivant pourrait vous aider, si vous comprenez l'anglais impitoyable de Rick Mercer:








Papa où t'es? Pendant le mois qui vient, et même plus, mon fils saura où je suis. Jamais bien loin.

vendredi 15 novembre 2013

PATIENCE ET ACHARNEMENT.





J'ai reçu un courriel récemment, dont voici quelques extraits. Mes commentaires suivent. Mais avant, permettez-moi de rappeller à ceux que ça pourrait concerner que le 25 novembre sera la dernière journée d'ouverture cette année. Les activités reprendront le 10 janvier 2014.


Je termine actuellement la «récupération» d'un cadre Poliquin...

Il est bien droit, bien balancé. Pas si lourd en fin de compte (Tange 5). Je soupçonne même ce cadre d'avoir été écoulé de l'inventaire de Mikado...

Je mettrai des photos sur mon site (http://capsicom.dyndns.org:8082).


Mes commentaires:

Les cadres Poliquin étaient faits en Asie, contrairement aux cadres Mikado qui étaient faits à Saint-Augustin-de-Desmaures près de la ville de Québec. Poliquin a fait affaire, entre autres, avec A-Pro à Taiwan.

J'ai possédé un de ces cadres Poliquin de route/course, en 1988. De plus, j'en ai vendu un à un ami un ou deux ans plus tard et j'ai pu l'essayer.

Le mien était le moins cher des deux, et le meilleur, aussi. C'est comme ça avec ces cadres en acier, un peu imprévisible. Certains sont sans prestige, mais très agréables, d'autres ont une marque, une réputation, mais peuvent se révéler décevants. Contrairement au mien, le Poliquin de mon ami était sans vie, raide. Debout sur les pédales, pour sprinter, on aurait dit qu'il refusait de collaborer et d'accélérer. Il s'en est départi après deux ou trois saisons, sans regrets.

J'ai aussi essayé d'autres cadres en acier que j'étais content de ne pas avoir acheté ou vendu. Et ce n'est pas à cause des tubes utilisés (Tange, Reynolds, Columbus, etc.), mais probablement plutôt à cause de l'alignement ou de la technique de soudage.

Au début des années '90, Norco faisait des cadres très potables dans ce genre de machines. Ils étaient dépourvus de prestige, et pas particulièrement beaux, mais à l'usage ils étaient agréables et en plus ils étaient très abordables.

Ma conclusion est que, si on ne peut essayer un tel cadre avant de l'acheter, c'est un peu comme lancer les dés sans savoir ce qui sortira.





Êtes-vous manuel? Visuel? Auditif? Émotionnel? Parfois, les gens se déclarent dans un camp ou un autre. J'ai des réserves. En fait, j'aimerais bien avoir l'opinion d'un expert, si expert il y a.

Serait-on manuel, ou visuel, à cause de la génétique, de l'horoscope, ou de la volonté d'un barbu dans le ciel? J'ai surtout l'impression qu'on s'entraîne à une chose ou une autre, et qu'avec de la patience et de l'acharnement on développe ce qu'on veut bien.

Ce n'est pas de mon père que j'ai appris à être manuel. Il m'a appris des choses, mais pas ça. Si je suis devenu, entre autres choses, mécanicien de vélo, c'est parce que je ne me suis pas donné le choix. Hector Picard aurait pu choisir de démissionner, mais comme vous pouvez le voir dans le vidéo suivant, ce n'est pas le cas.




*

J'ai reçu un courriel cette semaine, d'une amie québécoise vivant en Espagne. Le voici, avec mes réponses en italique.



Si t'as quelques minutes à investir pour contribuer à la réalisation de notre projet de voyage au Vietnam, voici quelques idées d'infos que tu pourrais gentiment nous donner! :)

-les mois juillet-août pour rouler là-bas, on se fera noyer par la mousson?

Non, mais il fait chaud. C'est moins lourd au printemps qu'en été. Tu peux consulter le site suivant pour avoir plus de détails:

 http://www.quandpartir.com/meteo/vietnam-idpaysglobal-99.html

Sinon, quand il y a mousson, ça tombe abondamment vers 14 ou 15 heures, et après ça c'est fini, on peut recommencer à fonctionner normalement. Du moins, c'est comme ça dans la région de Saigon, dans le sud.

-vaut mieux rouler avec un velo de montagne ou un de route?

Moi je roulais avec des pneus 700 x 32, mais des 26 x 1.5 ou moins peuvent faire l'affaire. C'est seulement quand tu "déchemines" sérieusement que tu peux avoir besoin d'un vélo de montagne.
Le voyage typique que les cyclotouristes font au Vietnam, c'est de faire la Route Nationale no. 1 dans un sens ou dans l'autre. Il y en a qui m'ont dit que la moitié nord, de Hanoi à Hué, est un peu monotone à la longue, et que c'est plus intéressant de Hué à Saigon, ainsi que le Delta du Mékong. D'autant plus que les Vietnamiens du nord n'ont pas une réputation aussi bonne que ceux du centre ou du sud. 

Je n'ai jamais fait ce genre de voyage au Vietnam. J'ai plutôt fait des séjours plus ou moins prolongés dans différentes villes, en faisant des sorties d'un jour avec mon vélo. Hué se prête bien à ça, car c'est petit et on en sort facilement. Hoi An aussi. Danang est plus gros, plus industrialisé et moins agréable. Hanoi a une plus belle architecture que Saigon, mais ce sont deux grosses villes asiatiques, très populeuses. La Baie d'Ha Long ne m'attire pas: elle est devenue un endroit touristique et n'est pas sur votre route pour se rendre quelque part plus loin. Dalat est plus attirante, surtout lorsqu'il fait très chaud en été, mais je n'y suis jamais allé. La région de Vinh est très pauvre. Saigon (Ho Chi Minh City) est prospère et bourdonne d'activité. Et en été, il y a beaucoup de fruits dans le sud. Des mangues, entre autres.





 My Anh, mon épouse.


-Parlant vélo, tu vois possible, économique et intelligent d'acheter nos vélos sur place? As-tu même (oh! Magie! ) des contacts?

Les vélos disponibles sur place sont économiques et de plutôt piètre qualité. On les paie 100$ ou moins. Et on les laisse là lorsqu'on quitte le pays...

-réseau routier, on sera forcé d'emprunter les grandes routes, ou on pourra trouver des chemins secondaires cyclable?

Les grandes routes sont au nombre de... une. Il y a bien sûr d'autres artères importantes, mais elles vont généralement dans d'autres directions que le grand axe nord-sud de la Route Nationale no. 1. Et si c'est ce que vous faites comme voyage, vous ne pourrez pas souvent aller ailleurs pour plus de tranquillité. C'est dû à la configuration nord-sud de ce pays, et au fait que les régions ouest du pays sont moins peuplées car la géographie montagneuse est moins facile que la partie est du pays qui suit la côte de la Mer de Chine.

Et toute autre information que tu jugeras pertinente sera plus que la bienvenue!

Ce n'est pas un endroit pour cyclistes débutants et candides. La circulation y est parfois très dense et requiert une grande attention, d'autant plus qu'il y a moins de vélos qu'avant, et plus de petites motos. Et il ne fait pas bon rouler à l'obscurité le soir car il peut faire noir comme dans le cul du diable. Mais je n'y ai jamais fait d'accident. Et j'ai parfois rigolé sérieusement sur mes deux roues, en provoquant les Vietnamiens (et les Vietnamiennes) qui ont un bon sens de l'humour et qui ne connaissent pas ce concept typiquement occidental qu'on appelle "être dans sa bulle". D'ailleurs, quand on sort de son hôtel, au Vietnam, on ne s'appartient plus à 100%. On y fait facilement des rencontres de toutes sortes: on aime ou on n'aime pas.

Sinon, j'ai aussi reçu le courriel suivant, du Laos, ce matin, de Johanne et Pedro (http://www.veloreve.blogspot.ca/):

 On sort de plusieurs jours dans les montagnes du nord (en fait c'est des montagnes presque sur tout le territoire...) et je te dis qu'à plusieurs endroits c'est pauvre en titi (bien plus que le Cambodge encore).



Non, ce n'est pas la Route Nationale No. 1. Ou la 2, la 3 ou la 4.

*

Si vous aimez faire du vélo dans une piscine, n'allez pas en Californie: c'est interdit par la loi! Allez voir ceci:

http://www.troiscouleurs.fr/?p=8720


Voici un film de l'Office National du Film du Canada publié il y a plusieurs années. On y voit entre autres choses le défunt Vélodrome Olympique de Montréal qui était fait d'un bois de très bonne qualité. Et des courses de tandem qui sont, comme toujours, plutôt spectaculaires.

                       


Lorsque je propose des écoutes musicales ici, je préfère suggérer des musiciens mal connus du grand public. Et beaucoup d'amateurs de musique connaissent le nom de Miles Davis. Mais de là à bien connaître son oeuvre, c'est autre chose, d'autant plus qu'elle est abondante. Sa vie de musicien connu va de 1945 jusqu'à sa mort en 1991. On y trouve une musique qui évolue au fil des ans, et qui réflète d'autant plus ces décennies qu'il était un modernisateur qui n'avait pas peur de choquer ceux qui préfèrent le confort des habitudes.

Il est surtout connu pour son grand album de la fin des années '50: "Kind of Blue". Mais j'aime beaucoup ses groupes électriques qui sont apparus à peu près dix ans plus tard. Et j'en ai découvert un cette semaine que je ne connaissais pas, celui qu'on trouve sur le disque "Aura". Contrairement à ses formations habituelles, qui étaient surtout composées de musiciens américains, on y trouve que des Européens. À commencer par le compositeur et producteur danois Palle Mikkelborg qui s'est impliqué dans cet album publié en 1989, quatre ans après son enregistrement.

Ici, c'est la pièce Electric Red. Bien nommée.

mercredi 30 janvier 2013

MES MONTAGNES ROCHEUSES






Hugh Taylor Birch State Park, janvier 2013.

Un de mes clients, hier, me faisait part de son intérêt hésitant pour un projet de traversée du Canada en vélo. C'est une chose que je n'ai jamais faite moi-même, malgré mon intérêt pour le cyclotourisme. Et pour cause: ça ne m'attire pas.

On parle bien sûr d'une traversée ouest-est (ou l'inverse), du genre Vancouver-Québec, ou Vancouver-Terre-Neuve. En fait, c'est une collection de segments d'intérêt inégal, de par la nature du terrain. Un de mes clients lui, avait apprécié les Prairies (Saskatchewan, Manitoba) pour l'horizon sans fin, d'autant plus qu'il me racontait que ce n'est pas aussi long à traverser qu'on pourrait le croire. Le cycliste avec qui il avait fait ce voyage, lui, préférait l'interminable nord ontarien, un arbre après l'autre. Peut-être à cause de son habitude de faire du vélo en forêt.

Personnellement, je serais davantage tenté par les Montagnes Rocheuses, longues montées et descentes relativement peu abruptes. J'ai toujours aimé l'absence de monotonie des parcours côteux, sans parler de l'effet sur le physique: en quelques jours seulement, on va se chercher des jambes de fer...

Une chose demeure: ce long parcours ne fait pas l'unanimité et il est facile de trouver des cyclistes qui n'auraient pas fait ce voyage s'ils avaient su ce qu'ils savent après-coup. Ou qui l'auraient fait autrement. En réalité, ce parcours me fait un peu trop penser à une démarche d'automobiliste qui envisage un parcours très long et pas toujours captivant dont le but est, essentiellement, la destination. Le cycliste, lui ou elle, doit considérer avec attention le trajet lui-même car non seulement il y passe plus de temps que l'automobiliste, mais il s'en imprègne davantage. Cet aspect-là n'est peut-être pas très concret dans votre esprit si vous n'avez jamais tenté l'expérience d'un long périple en vélo, mais croyez-moi, ça le deviendra assez rapidement si vous le faites.

D'ailleurs, quand j'y pense, je vois bien que j'ai adopté relativement jeune la formule de voyage où je suis (relativement) immobile, mais loin de chez moi. Je n'ai pas tout vu? Comme dirait Miles Davis, so what? Ce qui compte à mes yeux, pendant un voyage, ce n'est pas ce que je vois, c'est ce que je vis. Une seule petite lettre, qui fait une grosse différence.



Dans un article (''La mafia a encore un bel avenir au Québec'') publié le 3 décembre 2012 dans le journal montréalais Le Devoir, Jean-Claude Leclerc explique les raisons qui font qu'il n'a pas confiance dans l'administration municipale présente et future (proche) de cette ville de se débarasser de ses comportements douteux concernant ses rapports avec les entrepreneurs mafieux.

Certains passages de son article pourraient servir de canevas pour un autre article parlant de l'intégrité non seulement des coureurs cyclistes professionnels, mais aussi des instances qui dirigent ce sport au plus haut niveau.

Selon la formule consacrée, partout où il y a de l'homme, il y a de l'hommerie... Jian Gomeshi, lui, (cbc.ca/q) suggère dans la foulée de l'interview de Lance par Oprah que l'on cesse tout simplement d'accorder tout intérêt à ces champions préfabriqués et à leur reality shows un peu... surréalistes.



De 2005 à 2010, le Vietnam a subi des pénalités anti-dumping de la part de l'Union Européenne concernant les vélos qu'il produisait. Depuis quelques années, principalement dans la région de Ho Chi Minh City, le pays avait développé quelques usines de production qui étaient parfois la propriété de compagnies taiwanaises comme par exemple Asama.

Les Vietnamiens vendaient-ils à perte pour mériter ces pénalités? Ça me surprendrait. Ils ne sont pas plus que nous intéressés à vendre sans profit. Mais là-bas, les salaires sont très bas, tout comme le coût de la vie, d'ailleurs. Les choses dispendieuses au Vietnam sont principalement les biens de consommation importés, les soins de santé et l'immobilier. Et cette cherté est en partie compensée par les fonds envoyés ou investis par les Vietnamiens de la diasporah, qu'on appelle là-bas les ''Viet Kieu''. Tous n'en profitent pas, malheureusement, mais d'autres, oui, et peut-être plus que vous ne le pensez.Et certains Vietnamiens n'en ont tout simplement pas besoin de toute façon: ils se débrouillent très bien sans ça. Présentement, l'intérêt versé sur un compte de banque régulier est d'à peu près 10%! Comparez ça avec les banques occidentales... Et malgré cela, peu de Vietnamiens profitent de cette offre alléchante: ils aiment mieux prendre des initiatives plus productives. De plus, au Vietnam, la valeur de la monnaie nationale, le dong, n'est pas manipulée de façon controversée comme c'est le cas par l'état chinois avec le yuan.

Depuis 2010, les sanctions ont été levées, et les exportations vers l'Europe ont été multipliées par 17 en l'espace d'une seule année... Mais elles ont diminué rapidement aussi, car en ce moment le Cambodge a le vent dans les voiles, côté production de vélos. Car la Chine est en train de s'enrichir, et avec cela, les salaires et les coûts de production augmentent pendant qu'elle subit des tarifs anti-dumping de 48.5% dans le domaine du vélo. Ces tarifs sont en place au moins jusqu'en 2016.

Si la Chine voit ces pénalités disparaître éventuellement, et qu'aucun des pays producteurs de l'Asie du Sud-Est n'en subit à son tour, c'est là qu'on verra lequel de ces pays producteurs est le plus fort. C'est ce que pense Tony Lo, grand patron de Giant qui est, contrairement à ce que beaucoup de cyclistes occidentaux pensent, une compagnie taiwanaise.

Lo: ''Pour bâtir un noyau de compétence, vous devez avoir une vision à long terme. Ça n'a pas été facile pour Taiwan ou la Chine de construire ce que nous avons aujourd'hui. Nous avons investi dans l'usine, l'équipement, les ressources humaines, plusieurs, plusieurs choses... Ça a pris quarante ans de dur labeur pour construire sur un bout de roc.''

Et encore: ''Même aujourd'hui, la Chine n'est plus simplement un endroit bon marché, alors ce qui convient à la Chine, ce qui a besoin d'être développé et construit à Taiwan et ce qui restera en Asie du Sud-Est ou n'importe où... un nouveau tableau est en train de prendre forme. Je pense que le dernier élément, ce sont ces pénalités anti-dumping. J'espère qu'elles seront abolies durant les deux ou trois prochaines années. Alors la nouvelle réalité sera plus claire.''

Lo fait allusion dans ce dernier paragraphe aux différents aspects de la production vélo: cadres, transmissions, pneus, périphéries, milieu/bas/haut-de-gamme, certaines productions conviennent mieux à certains pays que d'autres. Par exemple, l'île de  Taiwan est davantage spécialisée dans le milieu et haut-de-gamme, et voit sa production de cadres décliner présentement. Mais elle pourrait très bien rester forte dans des choses comme ce qu'on trouve dans les catalogues Full Speed Ahead, SRAM, et des producteurs de chaînes et de roulements à bille. Souvent d'ailleurs, les compagnies comme SRAM et Giant ont des usines dans plusieurs pays dans le monde, et consacrent chaque usine à des productions différentes.

Production de vélos en progression:
Cambodge, Vietnam.

En régression:
Taiwan, Thailande, Malaisie.

Stable:
Indonésie.

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Les Beatles ont Yesterday, Thelonious Monk a Round Midnight. Ornette Coleman lui, a Lonely Woman.


samedi 18 août 2012

PER CAPITA.


Un Falardeau Alu9 chaussé 700 x 32mm


La mainmise des Asiatiques sur la fabrication de biens de consommation exportés vers l'Occident est un phénomène dont il est souvent question dans les conversations, et aussi dans les médias. On parle souvent des maigres salaires versés aux employés, mais certains consommateurs savent en réalité bien peu de choses sur ce sujet.

En visitant différents pays asiatiques, on peut voir de grandes différences d'un pays à l'autre, et les propriétaires de compagnies, qu'elles soient asiatiques ou occidentales, choisissent leur(s) lieu(x) de fabrication en tenant compte de plusieurs facteurs. Le salaire n'est pas le seul critère et chaque pays a ses particularités.

Je me suis penché sur la question cette semaine, en regardant un tableau qui donne le revenu moyen per capita en 2011. Les chiffres sont fournis la Banque Mondiale. Ces chiffres varient d'une source à l'autre: le but ici n'est pas tant de savoir le revenu exact par habitant, mais plutôt de comparer les pays entre eux. D'abord, les chiffres en $USD puis, un bref aperçu de ce qu'on y fabrique. Taiwan n'est pas sur le tableau que j'ai consulté. Il s'y situerait autour de 32,000$ et on y fabrique de tout. C'est une source importante de produits de milieu et de haut-de-gamme. Et de nombreux industriels taiwanais ont ajouté une ou plusieurs usines à l'étranger en plus de leurs usines sur l'île.

PAYS, SALAIRE ANNUEL MOYEN, (PRINCIPALES MARCHANDISES PRODUITES)

Pakistan, 2880$ (gants)
Vietnam, 3260$ (cadres, pièces de bas-de-gamme)
Inde, 3620$ (tout, bas-de-gamme)
Thaïlande, 8390$ (pneus)
Chine, 8430$ (tout, surtout du bas-de-gamme)
Japon, 35,510$ (cadres et pièces, surtout du haut-de-gamme)
Canada, 39,830 (cadres de haut-de-gamme)
USA 48890$ (cadres et pièces de haut-de-gamme)


Il faut regarder ces chiffres sans perdre de vue que le coût de la vie est ajusté sur ces revenus, sans quoi les citoyens ne pourraient rien acheter s'ils gagnaient un très bas salaire tout en vivant en Occident. Mais certaines réalités locales peuvent échapper au regard d'un touriste pressé. Par exemple, au Vietnam, le coût de l'immobilier est démesurément élevé, comparativement à la Chine voisine. Par contre, une bonne partie de la diaspora vietnamienne envoie à chaque année des montants d'argent à leur famille restée sur place, ce qui contribue à enrichir le pays au-delà du strict revenu salarial, et à donner accès à la propriété à une classe laborieuse qui n'y aurait pas accès autrement.

Ce tableau aide à comprendre pourquoi, lorsqu'un industriel taiwanais veut avoir une usine à l'étranger, le Vietnam peut être plus attrayant que la Chine: les revenus sont nettement plus bas. Par contre, les infrastructures routières et autres sont insuffisantes, entre autres raisons parce que l'état peine à toucher les revenus fiscaux dont il aurait besoin. Les routes sont saturées et les camions mettent beaucoup de temps à couvrir les distances si on compare avec d'autres pays.

Je savais que Taiwan a des revenus moyens supérieurs à la moyenne asiatique. Mon voyage là-bas me l'a confirmé. Allez dans une épicerie de Taipei et vous verrez que les prix des denrées sont proches des nôtres au Québec. J'ai lu quelque part qu'un bon soudeur taiwanais peut avoir un salaire autour de 30,000$US. Les ouvriers non-qualifiés touchent moins, mais ça n'a rien à voir avec l'idée que beaucoup d'Occidentaux se font de Taiwan. Il ne faut pas confondre avec la Chine, pays voisin, mais différent et de bien des façons.

Un facteur dans la capacité des Asiatiques à vivre avec de bas salaires, c'est la collaboration à l'intérieur de la famille. Les gens partagent plus volontiers la même demeure et considèrent normal de garder les grand-parents à la maison au lieu de séparer les différentes générations. Ainsi, c'est moins cher, et il y a un partage des ressources bénéfique aux individus. À Taiwan, plusieurs entreprises ont commencé petites, en mettant en commun les ressources financières d'une même famille au lieu d'emprunter à la banque. Au fil des décennies, certaines de ces entreprises ont beaucoup grossi. La culture confucéenne valorise beaucoup la famille et l'éducation, et on la retrouve autant en Chine qu'au Vietnam et à Taiwan.

Un exemple, dans le domaine du vélo. Giant est la plus grosse compagnie de vélo au monde. Plusieurs cyclistes occidentaux pensent que la compagnie est américaine. Pas du tout: la maison mère est taiwanaise, même si elle possède des usines en Chine également. Ils ont fabriqué des vélos pour plusieurs compagnies occidentales avant de mettre en marché des vélos sous la marque Giant. Trek est couramment un de leurs gros clients, en plus de Scott, Colnago et Canyon.

En ce moment, plusieurs compagnies hésitent de plus en plus à faire fabriquer des marchandises en Chine. Les salaires ont augmenté depuis ces dernières années et non, la main-d'oeuvre locale n'est pas une ressource inépuisable. Les Chinois, comme les Vietnamiens et bien d'autres, n'aiment pas être loin de leur famille. En fait, s'ils sont prêts à s'éloigner vers des emplois industriels, c'est souvent dans le but d'améliorer leur sort et sur une base temporaire, parfois pour réinvestir l'argent patiemment économisé.

Les règles anti-dumping mises en place par certains pays occidentaux, comme le Canada ou l'Europe, ont un effet de déplacement des lieux de production. Le Vietnam recommence à produire vers l'Europe, actuellement, après une période de disette dûe à ces règlements maintenant levés. L'Europe de l'Est profite de tels règlements pour reprendre une partie de cette production destinée à l'Europe de l'Ouest. Certains industriels asiatiques ont même installé des usines en Europe de l'Est.

Je n'ai pas de fournisseur potentiel pour mes cadres au Québec ou au Canada. Les cadres abordables ne sont plus faits au Canada, on n'y trouve plus que des cadres artisanaux ou semi-artisanaux. Je serais obligé de vendre mes cadres aussi cher que les vélos complets que je vends actuellement. Concrètement, je n'en vendrais presque pas, ce qui n'est pas un détail, vous en conviendrez... Et les industriels canadiens qui fabriquaient des cadres abordables sur place jusqu'à il y a quelques années étaient généralement  des compagnies orientées vers la production de masse qui n'étaient pas intéressées de remplir mes besoins. Pendant ce temps je trouve facilement à Taiwan des producteurs qui m'offrent une qualité de cadre supérieure pour un prix qui n'a rien d'extravagant.

Les fournisseurs taiwanais qui travaillent pour moi ont des usines organisées pour un volume de production moyen ou petit, par les standards de l'île. Les grosses compagnies comme Giant, Merida ou Ideal ne sont pas intéressées par des petites commandes comme les miennes (une centaine de cadres à la fois). Kinesis se fait tirer l'oreille. Mes fournisseurs m'imposent souvent une surcharge à cause de mes commandes limitées, mais il s'agit seulement d'un montant qui, réparti sur chaque cadre, n'a qu'un impact très limité sur le prix final du vélo. L'équivalent d'un accessoire mineur.





Saint-Bernard, en Beauce.


 Bobo Stenson est un pianiste suédois né en Suède en 1944. Il a collaboré depuis 1963 avec un grand nombre de musiciens de premier plan et on le retrouve ici en trio piano/basse/batterie.


vendredi 3 août 2012

UN PAYS DE CHAMPS.


Cinq heures et demie du matin, Lac Sept-Iles, Comté de Portneuf.


Deux journées de tandem avec fiston en fin de semaine dernière, en tandem: Québec/Sainte-Marie de Beauce et Sainte-Marie/Québec. Température 26 à 32 degrés. Moyennes au compteur: 18.8 km/h le premier jour, 20.5 km/h le deuxième. Vents rarement favorables (voir message précédent).

Dixit Thomas, à Saint-Nicolas au retour:

-''J'ai l'impression d'être dans un autre pays.

-Ah oui? Quel pays?

-Je ne sais pas, un pays de champs...''

Nous étions dans un secteur où la terre est cultivée pour les fraises et, en général, les fruits et légumes.

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Et si vous vous inquiétez pour ma santé, nous avons fait, à trois cyclistes ce matin, un parcours de 34 minutes environ. J'étais en 700 x 23. Parcours surtout plat, à l'exception d'une côte d'à peu près un kilomètre de long avec un pourcentage de pente variant jusqu'à 13 ou 14%. La moyenne au compteur était de 29.0 km/h.

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La Chine est un gros, LE gros producteur de vélos actuellement, c'est bien connu. Quels sont ses clients? Dans l'ordre:

-USA.
-Japon.
-Indonésie.
-Russie.
-Malaisie.
-Iran.
-Arabie Saoudite.
-Canada.

Et on pourrait penser que la Chine n'importe pas de vélos, mais ce n'est plus vraiment le cas. Nous sommes au début d'une tendance: on commence à voir des Chinois qui achètent des vélos de qualité, souvent faits à Taiwan, dans un but récréatif. Le nombre de vélos est encore modeste, mais le pourcentage d'augmentation annuelle est considérable, et la valeur moyenne de ces vélos est supérieure à ce que les Européens importent du même pays. Les compagnies sont sensibles à ce phénomène, car le potentiel de croissance a de quoi faire rêver...

Pendant ce temps, Taiwan vend un peu moins de vélos que les années précédentes, mais puisque la valeur par vélo continue d'augmenter, le chiffre d'affaire augmente lui aussi. En fait, les marchés émergents comme la Chine font augmenter la demande, ce qui compense pour la baisse de demande qu'il y a en Europe. Dans celle-ci, la température et la situation économique ont été défavorables en 2011. Et en Belgique, la météo de 2012 ne sera pas tellement plus favorable: en juillet, ils ont eu 20 journées d'orage. Il faut dire que, traditionnellement, juillet y est le mois le plus pluvieux de l'année. Avis aux voyageurs...

Le Vietnam, lui, est redevenu un producteur/exportateur actif depuis que l'Europe a levé les sanctions anti-dumping qu'elle lui a imposées jusqu'en juillet 2010. En un an, il est passé de 13,000 à 226,000 vélos exportés vers l'Europe. C'est beaucoup, mais en 2004, avant les règlements, c'était 1.85 millions de vélos qui circulaient d'un vers l'autre.

En Europe de l'Est, la production a été multipliée par dix depuis l'an 2000. On y trouve à peu près une centaine de manufactures maintenant dans cette région. Mais l'attente (''lead time'') est longue avant de recevoir les cadres asiatiques et ces compagnies est-européennes n'ont pas commencé encore à fabriquer des cadres.

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J'ai parlé à quelqu'un récemment qui me demandait si ça serait une bonne idée de suivre un cours de mécanique, dans le but de pouvoir travailler comme mécanicien dans un atelier de mécanique vélo.

Évidemment, les connaissances que vous irez chercher dans un cours de mécanique ne seront jamais superflues. L'ennui, c'est que les connaissances constituent seulement qu'un aspect de ce que vous avez besoin pour faire ce métier. Vous aurez aussi besoin de développer une capacité à évaluer les tâches à exécuter, à partir de vos perceptions face au vélo qui est devant vous. Même si Shimano aimerait bien que vous le fassiez, vous ne pouvez pas changer tous les câbles de tous les vélos que vous réparez.

Pour acquérir cette capacité de diagnostiquer, il faut y mettre le temps. C'est inévitable, et il faut une bonne dose d'humilité quand on commence dans le domaine. D'autant plus qu'en plus de votre ignorance, il y aura vos distractions qui vous feront faire des erreurs absurdes à l'occasion. Tellement absurdes que vous en ferez de moins en moins au fil du temps.

Si vous ne faites que des réparations occasionnelles sur votre/vos vélos et ceux d'un ou deux amis, le métier ne rentrera pas. Pour cela il faut en faire beaucoup. J'insiste: beaucoup. Finalement, c'est comme dans bien des domaines, non?

La rapidité d'exécution varie passablement d'un mécanicien à l'autre. De plus, un technicien aguerri saura évaluer quand il faut s'arrêter de chercher la perfection, car certains vélos peuvent être très accaparants à cause de leur âge ou à cause de leur médiocrité initiale. Vous ne voulez pas que la facture de réparations soit plus élevée que la valeur du vélo.

Alors si vous m'offrez vos services pour devenir technicien/ne dans mon atelier, ne vous étonnez pas si je réserve mon évaluation de vos compétences pour plus tard, peu importe le ou les diplômes que vous puissiez exhiber.

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Branford Marsalis est peut-être plus connu pour son rôle d'accompagnateur dans le premier groupe de Sting lorsque ce dernier a dissous The Police. Mais c'est d'abord et avant tout un saxophoniste de premier plan, qui a fait ses premières armes en compagnie de son illustre frère Wynton. Il sera à l'émission ''Q'' de Jian Gomeshi, mardi le 7 août 2012 le matin, au 104.7 FM ou au www.cbc.ca/q/

Avishai Cohen se rappelle:

vendredi 2 avril 2010

JOYEUSES PÂQUES!





Le chiffre d'affaires de Shimano a diminué de 21% en 2009, dans le monde. Pourtant en Amérique du Nord, la baisse n'a été que de 1%. C'est surtout en Asie, auprès des clients de première monte ("OEM") qui assemblent les vélos pour le marché mondial, que la baisse a été la plus forte.

La compagnie prévoit une augmentation d'à peu près 10% pour 2010.

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Merci à Bernard pour l'information:
http://www.cyclingtipsblog.com/2010/03/vietnam-cycling-trip-lessons-learned/

Il s'agit d'un blogueur australien qui a fait un voyage en vélo au Vietnam. Il partage son expérience et ses trucs sur son blogue. La vidéo qu'on y trouve est intéressante. En fait, tout le blogue est intéressant.

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Quant on parle de compétition cycliste aux Québecois, leur réflexe est souvent de penser au Tour de France. Et pourtant, le mois de juillet n'est pas le seul mois d'importance sur le calendrier. Certains coureurs ont bâti leur carrière sur leurs succès du mois d'avril.

Le Tour des Flandres et Paris-Roubaix sont parmi les plus connues, mais il y en a plusieurs autres. Et pour beaucoup d'enfants belges, ces courses mythiques ont autant de prestige que la Coupe Stanley peut en avoir pour les enfants canadiens. La météo rend parfois ces courses particulièrement difficiles, d'autant que la distance tourne souvent autour de 250 kms, histoire d'être sûr que le vainqueur est vraiment plus fort que les autres...

Merci à Frédéric pour le tuyau: sur www.cyclingfans.com , on trouve de la vidéo en direct sur ces courses.

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Ici, à Québec, nous allons briser des records ces jours-ci, en matière de météo. Dépasser les 20 degrés Celsius n'est pas courant à une telle date, et pourtant, c'est ce qu'on nous annonce pour demain.

L'achalandage que nous avons eu depuis ce matin n'est donc pas étonnant dans un tel contexte. Et ça se produit alors que je viens juste de sortir le chiffre d'affaires pour les trois premiers mois de l'année. Ce sera difficile à reproduire, tant l'écart est grand avec les années précédentes. On verra.

En attendant, le mois d'avril devrait être très favorable, étant donné le nombre de vélos commandés en mars qui ne seront livrés qu'en avril. Les délais, en ce moment, sont de 2 semaines, ou parfois un peu plus.

Prenez note que nous serons fermés le Lundi de Pâques. Et que nous sommes ouvert le samedi, incluant le Samedi de Pâques.

Le rendez-vous des cyclistes ne sera pas dimanche comme d'habitude, mais bien lundi à 10h, au coin de Marguerite-Bourgeois et René-Lévêque ouest à Québec.

À bientôt.