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vendredi 8 mai 2015

QUATERNAIRES.







Comté de Lotbinière, avril 2015. Un moyeu Shimano Deore XT, avec une jante Ritchey OCR Aero, 32 rayons Ritchey croisés de 3.





Suite de ma conversation avec un client la semaine dernière. Ses questions sont en italique.


Est-ce facile / faisable de changer le corps de cassette sur mon moyeu arrière 40h?
Si oui, le remplacer par quoi?


Je serais surpris qu'on puisse interchanger un corps de cassette d'une marque avec une autre. Je ne l'ai jamais essayé, mais j'en doute beaucoup. En l'occurence, je mettrais un corps de cassette Shimano. Si c'était possible, et ça ne l'est probablement pas.

Et les corps de cassette vendus séparément ont tendance à être un peu chers si on les compare au prix du moyeu complet correspondant.


Pour mes explorations appalachiennes, j'utilise les cartes qui sont maintenant publiées par la compagnie canadienne Mapart et qu'on trouve facilement dans plusieurs points de vente, dont la Librairie La Liberté à Sainte-Foy. Leur avantage est d'indiquer tous les rangs, avec leurs noms. Cela, combiné avec le fait que sur place, à chaque intersection, on trouve le nom de chaque rang ce qui fait qu'on ne peut pas s'y perdre, malgré la profusion de ce réseau routier dont voici un exemple:




Dans la région beauceronne, les segments mesurent souvent trois ou quatre kilomètres. Ce qui fait que, lorsqu'on se planifie un itinéraire, il est facile de manquer un changement de direction si on n'est pas sur ses gardes. On peut utiliser les pancartes jaunes qui indiquent les intersections pour identifier l'arrivée d'un de ces changements de direction. En fait, la région est quadrillée de routes secondaires et même tertiaires. On pourrait même dire quaternaires, tant elles semblent sortir... d'une autre époque!

La semaine dernière, nous nous sommes retrouvés dans un chemin de plus en plus étroit, jusqu'à trouver de généreuses plaques de neige qui fondaient lentement en rendant boueux ce qui n'était pas enneigé. Dans les plus petits chemins, le vent est moins présent, et le sol reçoit moins de soleil à cause de la forêt. Ce qui explique la présence de neige en ce début de mai qui a été précédé, il faut le dire, d'un mois d'avril plus froid que d'habitude.



La vidéo suivante ne gagnera pas de prix à Cannes ou aux Oscars. Le montage gagnerait à être condensé, sans parler du reste. En fait, je l'offre ici davantage pour les plus passionnés ou les plus intéressés d'entre vous. 

N'en demeure pas moins qu'il s'agit d'un document valable, qui nous montre le quotidien d'employés beaucerons de l'usine d'assemblage Procycle à Saint-Georges-de-Beauce, en 1985. Entre autres choses, on peut voir à 5:20 min. un homme qui procède à ce qui, d'après moi, consiste à aligner les cadres après le travail de soudure. 

À partir de la fin des années '70, Procycle fabriquait sous licence les vélos Peugeot pour le marché nord-américain. Ce contrat a duré plusieurs années, jusqu'à ce que Peugeot décide que la fabrication de vélos nuisait à l'image de leur marque automobile. Elle semble avoir changé d'idée depuis. Après tout, BMW, Mercedes-Benz et Porsche ont toutes leur marque de vélos et à ce que je sache leur prestige n'en souffre pas trop. Il faut dire que ces dernières se sont concentrées sur des vélos de haut-de-gamme à diffusion limitée alors que Peugeot a traditionnellement fait des vélos abordables qui occupaient une part de marché appréciable à l'époque où Procycle les fabriquait. 

Procycle a longtemps été un fournisseur majeur chez la chaîne de détaillants Canadian Tire. Cette dernière a longtemps été le plus gros détaillant de vélos au Canada (et l'est encore peut-être), en plus de tous les autres objets proposés dans ses grandes surfaces. La perte d'un tel client a sûrement été une déception pour Procycle.



À l'époque où ces images ont été tournées, Procycle soudait encore des cadres sur place, entre autres grâce à un procédé robotisé qui faisait du bon travail avec les tubes épais de basse gamme. Pour ce qui est des tubes minces de haut-de-gamme, c'était une autre histoire...

Maintenant, et après s'être battu pendant plusieurs années pour éviter cela, les cadres des vélos offerts par Procycle sont produits en Asie. Avec Raleigh, dont l'usine de Waterloo au Québec soudait des cadres, Procycle a fait des pressions auprès des politiciens d'Ottawa pour maintenir des règles anti-dumping alors qu'en réalité, il n'y avait pas vraiment de dumping. Les Chinois sont tout simplement capables de produire pour moins cher que les Canadiens. Il y a dumping lorsqu'il y a des ventes sans profit. Et ces règles anti-dumping faisaient en sorte que toutes les autres compagnies canadiennes (ou autres) vendant des vélos au Canada étaient obligées de refiler aux consommateurs ce pourcentage qui leur était imposé par Ottawa. Cette bataille un peu insensée s'est terminée il y a quelques années. Maintenant, si vous voulez un cadre soudé ou assemblé au Canada, il faut se tourner vers des produits de haut-de-gamme comme Marinoni ou Guru, ou des cadreurs locaux artisanaux. 



Et le dernier chapitre dans l'évolution des choses, c'est qu'en Chine les salaires sont de moins en moins bas et Kent International a ouvert une usine de production en Caroline du Sud, non pas pour fabriquer des vélos de 4000$, mais bien pour offrir à Wal Mart et autres grandes surfaces la possibilité d'acheter local. Si ça vous intéresse:
http://www.bicycleretailer.com/industry-news/2014/10/15/kent-international-opens-south-carolina-factory#.VUudCo5_NBc



Tout neuf: un Falardeau carbone monocoque habillé Shimano 105 (série 5800).



Je donnerai, le mercredi 20 mai 2015, une conférence intitulée "Comment acheter un vélo d'occasion". L'événement qui se tient dans le cadre du Mois du Vélo à Québec aura probablement lieu sur le Campus de l'Université Laval. Je vous donnerai les derniers détails la semaine prochaine.




J'ai aimé la première moitié de cette chanson. Et encore plus la seconde. L'Albanaise Elina Duni.

vendredi 31 octobre 2014

CHINARELLO.







C'est l'Halloween!


En disposant des outils de production comme c'est le cas présentement, les Chinois ont la capacité de reproduire à leur compte ce que les Occidentaux (et les autres) leur demandent de produire. Ils ne sont pas les seuls à s'adonner à ce genre d'activité, mais les médias ont souvent parlé de ce phénomène typique de la Chine moderne.

Le monde du vélo ne fait pas exception à la règle. Et comme me le disait un Espagnol impliqué dans la mise en marché de vélos en Espagne, ce sont de très bonnes copies, mais ce sont des copies quand même. J'ai regardé l'autre jour la vidéo suivante. Je ne sais pas si le commentateur est Chinois ou s'il est originaire d'un autre pays, Chose certaine, son opinion est éclairée et je suis d'accord avec presque tout ce qu'il dit. De plus, il fait le tour de la question et aborde des aspects qui méritent d'être soulevés.

J'aurais aimé que ce soit en français, mais si vous comprenez l'anglais, écoutez, ça vaut le détour.




À ce que je sache, les Chinois n'ont pas tellement la cote auprès de leurs voisins. C'est vrai qu'ils ont des choses à se faire pardonner, et pas seulement du côté de l'Histoire.En tout cas,si vous voulez vendre vos produits en Chine, ça pourrait se révéler être une entreprise ardue. J'ai posé quelques questions, cette semaine, à un agent industriel taiwanais qui les connait bien. Ses réponses ne m'ont pas surpris, c'est le moins qu'on puisse dire...

If you want to sell anything to China ,it means your goods will be copied . it can not be avoid .For China people ,they do not care about what is patent or  Producing property rights.


Si tu veux vendre quoi que ce soit en Chine, attends-toi à ce que tes marchandises soient copiées. C'est inévitable. Les Chinois se fichent des brevets ou des droits de production (la propriété intellectuelle).

Supposed that ,they wanto buy 1 or 2 pieces ,please skip this customer ,it is no use to explain your business because those people just want to copy ,it can not bring you any profit . it is not the real buyer .

Suppose qu'ils veulent acheter un ou deux exemplaires, svp laisse tomber ce client, c'est inutile d'expliquer parce que ces gens veulent seulement copier, ça ne t'amènera aucun profit. Ce n'est pas un véritable acheteur. 




Si vous regardez attentivement la surface de cette route, ça vous montre bien à quel point les rangs de gravelle de Chaudière-Appalaches sont roulants et peuvent accueillir des vélos de presque tous types.



Donc, si j'ai posé des questions à cette personne d'expérience, ce n'est pas un hasard et je n'étais pas naïf sur le sujet. Mais j'ai trouvé intéressant de voir comment elle le disait, et sur quel ton. D'ailleurs, ma démarche coïncide justement avec une mission économique du Québec en Chine, présidée par le premier ministre du Québec, Philippe Couillard. Qui ne s'est pas révélée être un grand succès:

http://affaires.lapresse.ca/economie/international/201410/28/01-4813312-mission-economique-un-revers-pour-couillard-en-chine.php

Évidemment, dans le cas du porc québécois, on parle d'une denrée alimentaire où le concept de copie ne s'applique pas vraiment comme lorsqu'il s'agit d'un vélo. Mais le fait demeure, le point de vue de l'acheteur chinois est que si le coût d'achat est élevé, comment peut-on le diminuer? Dans le cas du porc, c'est une viande traditionnellement populaire en Chine, parce qu'elle est économique. Le porc québécois, lui, est un produit de qualité supérieure vendu à un prix supérieur. C'est donc une perte de temps d'essayer de convaincre les Chinois d'en acheter. Si les gens plus aisés ont envie d'acheter une viande de qualité supérieure, il y a de bonnes chances qu'ils préféreront acheter du boeuf, peu importe ce qu'on peut penser de cette viande. 

Giant, Trek et d'autres veulent s'implanter en Chine pour avoir une part de ce gâteau. Et ils y ouvrent des magasins qui leur appartiennent. C'est probablement la meilleure façon de pouvoir tirer son épingle du jeu dans ce contexte. Ça implique de gros efforts, et il faut s'attendre à ce que les premières années ne soient pas très profitables.


C'est aujourd'hui qu'est inaugurée officiellement la Côte Gilmour après les travaux de cet été.
Notre cher maire Labeaume nous a appris que: "On va ramasser la neige avant qu'elle tombe." Les cyclistes vont donc pouvoir rouler en paix cet hiver!
Il faudra cependant attendre encore un an avant de voir le résultat des aménagements cyclistes et piétonniers.




Et à l'extrémité ouest de la piste cyclable Samuel-de-Champlain, il y a également des travaux qui visent à prolonger la piste. C'est le vénérable Pont de Québec que l'on peut voir en arrière-plan. Les travaux de construction du pont ont débuté en 1903. Il est tombé (oui, tombé!) en 1907. Et sa travée centrale est tombée à nouveau en 1916. Elle est d'ailleurs encore au fond du fleuve Saint-Laurent. Et si ça continue, les déglaçants et abrasifs utilisés en hiver vont finir par le bouffer. Plusieurs reprochent au propriétaire du pont (CN, chemins de fer canadiens) de manquer à ses responsabilités d'entretien. 


*


Le répertoire de Duke Ellington vieillit très bien. Ici, Hank Jones interprète "In a Sentimental Mood". 

mercredi 30 janvier 2013

MES MONTAGNES ROCHEUSES






Hugh Taylor Birch State Park, janvier 2013.

Un de mes clients, hier, me faisait part de son intérêt hésitant pour un projet de traversée du Canada en vélo. C'est une chose que je n'ai jamais faite moi-même, malgré mon intérêt pour le cyclotourisme. Et pour cause: ça ne m'attire pas.

On parle bien sûr d'une traversée ouest-est (ou l'inverse), du genre Vancouver-Québec, ou Vancouver-Terre-Neuve. En fait, c'est une collection de segments d'intérêt inégal, de par la nature du terrain. Un de mes clients lui, avait apprécié les Prairies (Saskatchewan, Manitoba) pour l'horizon sans fin, d'autant plus qu'il me racontait que ce n'est pas aussi long à traverser qu'on pourrait le croire. Le cycliste avec qui il avait fait ce voyage, lui, préférait l'interminable nord ontarien, un arbre après l'autre. Peut-être à cause de son habitude de faire du vélo en forêt.

Personnellement, je serais davantage tenté par les Montagnes Rocheuses, longues montées et descentes relativement peu abruptes. J'ai toujours aimé l'absence de monotonie des parcours côteux, sans parler de l'effet sur le physique: en quelques jours seulement, on va se chercher des jambes de fer...

Une chose demeure: ce long parcours ne fait pas l'unanimité et il est facile de trouver des cyclistes qui n'auraient pas fait ce voyage s'ils avaient su ce qu'ils savent après-coup. Ou qui l'auraient fait autrement. En réalité, ce parcours me fait un peu trop penser à une démarche d'automobiliste qui envisage un parcours très long et pas toujours captivant dont le but est, essentiellement, la destination. Le cycliste, lui ou elle, doit considérer avec attention le trajet lui-même car non seulement il y passe plus de temps que l'automobiliste, mais il s'en imprègne davantage. Cet aspect-là n'est peut-être pas très concret dans votre esprit si vous n'avez jamais tenté l'expérience d'un long périple en vélo, mais croyez-moi, ça le deviendra assez rapidement si vous le faites.

D'ailleurs, quand j'y pense, je vois bien que j'ai adopté relativement jeune la formule de voyage où je suis (relativement) immobile, mais loin de chez moi. Je n'ai pas tout vu? Comme dirait Miles Davis, so what? Ce qui compte à mes yeux, pendant un voyage, ce n'est pas ce que je vois, c'est ce que je vis. Une seule petite lettre, qui fait une grosse différence.



Dans un article (''La mafia a encore un bel avenir au Québec'') publié le 3 décembre 2012 dans le journal montréalais Le Devoir, Jean-Claude Leclerc explique les raisons qui font qu'il n'a pas confiance dans l'administration municipale présente et future (proche) de cette ville de se débarasser de ses comportements douteux concernant ses rapports avec les entrepreneurs mafieux.

Certains passages de son article pourraient servir de canevas pour un autre article parlant de l'intégrité non seulement des coureurs cyclistes professionnels, mais aussi des instances qui dirigent ce sport au plus haut niveau.

Selon la formule consacrée, partout où il y a de l'homme, il y a de l'hommerie... Jian Gomeshi, lui, (cbc.ca/q) suggère dans la foulée de l'interview de Lance par Oprah que l'on cesse tout simplement d'accorder tout intérêt à ces champions préfabriqués et à leur reality shows un peu... surréalistes.



De 2005 à 2010, le Vietnam a subi des pénalités anti-dumping de la part de l'Union Européenne concernant les vélos qu'il produisait. Depuis quelques années, principalement dans la région de Ho Chi Minh City, le pays avait développé quelques usines de production qui étaient parfois la propriété de compagnies taiwanaises comme par exemple Asama.

Les Vietnamiens vendaient-ils à perte pour mériter ces pénalités? Ça me surprendrait. Ils ne sont pas plus que nous intéressés à vendre sans profit. Mais là-bas, les salaires sont très bas, tout comme le coût de la vie, d'ailleurs. Les choses dispendieuses au Vietnam sont principalement les biens de consommation importés, les soins de santé et l'immobilier. Et cette cherté est en partie compensée par les fonds envoyés ou investis par les Vietnamiens de la diasporah, qu'on appelle là-bas les ''Viet Kieu''. Tous n'en profitent pas, malheureusement, mais d'autres, oui, et peut-être plus que vous ne le pensez.Et certains Vietnamiens n'en ont tout simplement pas besoin de toute façon: ils se débrouillent très bien sans ça. Présentement, l'intérêt versé sur un compte de banque régulier est d'à peu près 10%! Comparez ça avec les banques occidentales... Et malgré cela, peu de Vietnamiens profitent de cette offre alléchante: ils aiment mieux prendre des initiatives plus productives. De plus, au Vietnam, la valeur de la monnaie nationale, le dong, n'est pas manipulée de façon controversée comme c'est le cas par l'état chinois avec le yuan.

Depuis 2010, les sanctions ont été levées, et les exportations vers l'Europe ont été multipliées par 17 en l'espace d'une seule année... Mais elles ont diminué rapidement aussi, car en ce moment le Cambodge a le vent dans les voiles, côté production de vélos. Car la Chine est en train de s'enrichir, et avec cela, les salaires et les coûts de production augmentent pendant qu'elle subit des tarifs anti-dumping de 48.5% dans le domaine du vélo. Ces tarifs sont en place au moins jusqu'en 2016.

Si la Chine voit ces pénalités disparaître éventuellement, et qu'aucun des pays producteurs de l'Asie du Sud-Est n'en subit à son tour, c'est là qu'on verra lequel de ces pays producteurs est le plus fort. C'est ce que pense Tony Lo, grand patron de Giant qui est, contrairement à ce que beaucoup de cyclistes occidentaux pensent, une compagnie taiwanaise.

Lo: ''Pour bâtir un noyau de compétence, vous devez avoir une vision à long terme. Ça n'a pas été facile pour Taiwan ou la Chine de construire ce que nous avons aujourd'hui. Nous avons investi dans l'usine, l'équipement, les ressources humaines, plusieurs, plusieurs choses... Ça a pris quarante ans de dur labeur pour construire sur un bout de roc.''

Et encore: ''Même aujourd'hui, la Chine n'est plus simplement un endroit bon marché, alors ce qui convient à la Chine, ce qui a besoin d'être développé et construit à Taiwan et ce qui restera en Asie du Sud-Est ou n'importe où... un nouveau tableau est en train de prendre forme. Je pense que le dernier élément, ce sont ces pénalités anti-dumping. J'espère qu'elles seront abolies durant les deux ou trois prochaines années. Alors la nouvelle réalité sera plus claire.''

Lo fait allusion dans ce dernier paragraphe aux différents aspects de la production vélo: cadres, transmissions, pneus, périphéries, milieu/bas/haut-de-gamme, certaines productions conviennent mieux à certains pays que d'autres. Par exemple, l'île de  Taiwan est davantage spécialisée dans le milieu et haut-de-gamme, et voit sa production de cadres décliner présentement. Mais elle pourrait très bien rester forte dans des choses comme ce qu'on trouve dans les catalogues Full Speed Ahead, SRAM, et des producteurs de chaînes et de roulements à bille. Souvent d'ailleurs, les compagnies comme SRAM et Giant ont des usines dans plusieurs pays dans le monde, et consacrent chaque usine à des productions différentes.

Production de vélos en progression:
Cambodge, Vietnam.

En régression:
Taiwan, Thailande, Malaisie.

Stable:
Indonésie.

*

Les Beatles ont Yesterday, Thelonious Monk a Round Midnight. Ornette Coleman lui, a Lonely Woman.


samedi 18 août 2012

PER CAPITA.


Un Falardeau Alu9 chaussé 700 x 32mm


La mainmise des Asiatiques sur la fabrication de biens de consommation exportés vers l'Occident est un phénomène dont il est souvent question dans les conversations, et aussi dans les médias. On parle souvent des maigres salaires versés aux employés, mais certains consommateurs savent en réalité bien peu de choses sur ce sujet.

En visitant différents pays asiatiques, on peut voir de grandes différences d'un pays à l'autre, et les propriétaires de compagnies, qu'elles soient asiatiques ou occidentales, choisissent leur(s) lieu(x) de fabrication en tenant compte de plusieurs facteurs. Le salaire n'est pas le seul critère et chaque pays a ses particularités.

Je me suis penché sur la question cette semaine, en regardant un tableau qui donne le revenu moyen per capita en 2011. Les chiffres sont fournis la Banque Mondiale. Ces chiffres varient d'une source à l'autre: le but ici n'est pas tant de savoir le revenu exact par habitant, mais plutôt de comparer les pays entre eux. D'abord, les chiffres en $USD puis, un bref aperçu de ce qu'on y fabrique. Taiwan n'est pas sur le tableau que j'ai consulté. Il s'y situerait autour de 32,000$ et on y fabrique de tout. C'est une source importante de produits de milieu et de haut-de-gamme. Et de nombreux industriels taiwanais ont ajouté une ou plusieurs usines à l'étranger en plus de leurs usines sur l'île.

PAYS, SALAIRE ANNUEL MOYEN, (PRINCIPALES MARCHANDISES PRODUITES)

Pakistan, 2880$ (gants)
Vietnam, 3260$ (cadres, pièces de bas-de-gamme)
Inde, 3620$ (tout, bas-de-gamme)
Thaïlande, 8390$ (pneus)
Chine, 8430$ (tout, surtout du bas-de-gamme)
Japon, 35,510$ (cadres et pièces, surtout du haut-de-gamme)
Canada, 39,830 (cadres de haut-de-gamme)
USA 48890$ (cadres et pièces de haut-de-gamme)


Il faut regarder ces chiffres sans perdre de vue que le coût de la vie est ajusté sur ces revenus, sans quoi les citoyens ne pourraient rien acheter s'ils gagnaient un très bas salaire tout en vivant en Occident. Mais certaines réalités locales peuvent échapper au regard d'un touriste pressé. Par exemple, au Vietnam, le coût de l'immobilier est démesurément élevé, comparativement à la Chine voisine. Par contre, une bonne partie de la diaspora vietnamienne envoie à chaque année des montants d'argent à leur famille restée sur place, ce qui contribue à enrichir le pays au-delà du strict revenu salarial, et à donner accès à la propriété à une classe laborieuse qui n'y aurait pas accès autrement.

Ce tableau aide à comprendre pourquoi, lorsqu'un industriel taiwanais veut avoir une usine à l'étranger, le Vietnam peut être plus attrayant que la Chine: les revenus sont nettement plus bas. Par contre, les infrastructures routières et autres sont insuffisantes, entre autres raisons parce que l'état peine à toucher les revenus fiscaux dont il aurait besoin. Les routes sont saturées et les camions mettent beaucoup de temps à couvrir les distances si on compare avec d'autres pays.

Je savais que Taiwan a des revenus moyens supérieurs à la moyenne asiatique. Mon voyage là-bas me l'a confirmé. Allez dans une épicerie de Taipei et vous verrez que les prix des denrées sont proches des nôtres au Québec. J'ai lu quelque part qu'un bon soudeur taiwanais peut avoir un salaire autour de 30,000$US. Les ouvriers non-qualifiés touchent moins, mais ça n'a rien à voir avec l'idée que beaucoup d'Occidentaux se font de Taiwan. Il ne faut pas confondre avec la Chine, pays voisin, mais différent et de bien des façons.

Un facteur dans la capacité des Asiatiques à vivre avec de bas salaires, c'est la collaboration à l'intérieur de la famille. Les gens partagent plus volontiers la même demeure et considèrent normal de garder les grand-parents à la maison au lieu de séparer les différentes générations. Ainsi, c'est moins cher, et il y a un partage des ressources bénéfique aux individus. À Taiwan, plusieurs entreprises ont commencé petites, en mettant en commun les ressources financières d'une même famille au lieu d'emprunter à la banque. Au fil des décennies, certaines de ces entreprises ont beaucoup grossi. La culture confucéenne valorise beaucoup la famille et l'éducation, et on la retrouve autant en Chine qu'au Vietnam et à Taiwan.

Un exemple, dans le domaine du vélo. Giant est la plus grosse compagnie de vélo au monde. Plusieurs cyclistes occidentaux pensent que la compagnie est américaine. Pas du tout: la maison mère est taiwanaise, même si elle possède des usines en Chine également. Ils ont fabriqué des vélos pour plusieurs compagnies occidentales avant de mettre en marché des vélos sous la marque Giant. Trek est couramment un de leurs gros clients, en plus de Scott, Colnago et Canyon.

En ce moment, plusieurs compagnies hésitent de plus en plus à faire fabriquer des marchandises en Chine. Les salaires ont augmenté depuis ces dernières années et non, la main-d'oeuvre locale n'est pas une ressource inépuisable. Les Chinois, comme les Vietnamiens et bien d'autres, n'aiment pas être loin de leur famille. En fait, s'ils sont prêts à s'éloigner vers des emplois industriels, c'est souvent dans le but d'améliorer leur sort et sur une base temporaire, parfois pour réinvestir l'argent patiemment économisé.

Les règles anti-dumping mises en place par certains pays occidentaux, comme le Canada ou l'Europe, ont un effet de déplacement des lieux de production. Le Vietnam recommence à produire vers l'Europe, actuellement, après une période de disette dûe à ces règlements maintenant levés. L'Europe de l'Est profite de tels règlements pour reprendre une partie de cette production destinée à l'Europe de l'Ouest. Certains industriels asiatiques ont même installé des usines en Europe de l'Est.

Je n'ai pas de fournisseur potentiel pour mes cadres au Québec ou au Canada. Les cadres abordables ne sont plus faits au Canada, on n'y trouve plus que des cadres artisanaux ou semi-artisanaux. Je serais obligé de vendre mes cadres aussi cher que les vélos complets que je vends actuellement. Concrètement, je n'en vendrais presque pas, ce qui n'est pas un détail, vous en conviendrez... Et les industriels canadiens qui fabriquaient des cadres abordables sur place jusqu'à il y a quelques années étaient généralement  des compagnies orientées vers la production de masse qui n'étaient pas intéressées de remplir mes besoins. Pendant ce temps je trouve facilement à Taiwan des producteurs qui m'offrent une qualité de cadre supérieure pour un prix qui n'a rien d'extravagant.

Les fournisseurs taiwanais qui travaillent pour moi ont des usines organisées pour un volume de production moyen ou petit, par les standards de l'île. Les grosses compagnies comme Giant, Merida ou Ideal ne sont pas intéressées par des petites commandes comme les miennes (une centaine de cadres à la fois). Kinesis se fait tirer l'oreille. Mes fournisseurs m'imposent souvent une surcharge à cause de mes commandes limitées, mais il s'agit seulement d'un montant qui, réparti sur chaque cadre, n'a qu'un impact très limité sur le prix final du vélo. L'équivalent d'un accessoire mineur.





Saint-Bernard, en Beauce.


 Bobo Stenson est un pianiste suédois né en Suède en 1944. Il a collaboré depuis 1963 avec un grand nombre de musiciens de premier plan et on le retrouve ici en trio piano/basse/batterie.


vendredi 3 août 2012

UN PAYS DE CHAMPS.


Cinq heures et demie du matin, Lac Sept-Iles, Comté de Portneuf.


Deux journées de tandem avec fiston en fin de semaine dernière, en tandem: Québec/Sainte-Marie de Beauce et Sainte-Marie/Québec. Température 26 à 32 degrés. Moyennes au compteur: 18.8 km/h le premier jour, 20.5 km/h le deuxième. Vents rarement favorables (voir message précédent).

Dixit Thomas, à Saint-Nicolas au retour:

-''J'ai l'impression d'être dans un autre pays.

-Ah oui? Quel pays?

-Je ne sais pas, un pays de champs...''

Nous étions dans un secteur où la terre est cultivée pour les fraises et, en général, les fruits et légumes.

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Et si vous vous inquiétez pour ma santé, nous avons fait, à trois cyclistes ce matin, un parcours de 34 minutes environ. J'étais en 700 x 23. Parcours surtout plat, à l'exception d'une côte d'à peu près un kilomètre de long avec un pourcentage de pente variant jusqu'à 13 ou 14%. La moyenne au compteur était de 29.0 km/h.

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La Chine est un gros, LE gros producteur de vélos actuellement, c'est bien connu. Quels sont ses clients? Dans l'ordre:

-USA.
-Japon.
-Indonésie.
-Russie.
-Malaisie.
-Iran.
-Arabie Saoudite.
-Canada.

Et on pourrait penser que la Chine n'importe pas de vélos, mais ce n'est plus vraiment le cas. Nous sommes au début d'une tendance: on commence à voir des Chinois qui achètent des vélos de qualité, souvent faits à Taiwan, dans un but récréatif. Le nombre de vélos est encore modeste, mais le pourcentage d'augmentation annuelle est considérable, et la valeur moyenne de ces vélos est supérieure à ce que les Européens importent du même pays. Les compagnies sont sensibles à ce phénomène, car le potentiel de croissance a de quoi faire rêver...

Pendant ce temps, Taiwan vend un peu moins de vélos que les années précédentes, mais puisque la valeur par vélo continue d'augmenter, le chiffre d'affaire augmente lui aussi. En fait, les marchés émergents comme la Chine font augmenter la demande, ce qui compense pour la baisse de demande qu'il y a en Europe. Dans celle-ci, la température et la situation économique ont été défavorables en 2011. Et en Belgique, la météo de 2012 ne sera pas tellement plus favorable: en juillet, ils ont eu 20 journées d'orage. Il faut dire que, traditionnellement, juillet y est le mois le plus pluvieux de l'année. Avis aux voyageurs...

Le Vietnam, lui, est redevenu un producteur/exportateur actif depuis que l'Europe a levé les sanctions anti-dumping qu'elle lui a imposées jusqu'en juillet 2010. En un an, il est passé de 13,000 à 226,000 vélos exportés vers l'Europe. C'est beaucoup, mais en 2004, avant les règlements, c'était 1.85 millions de vélos qui circulaient d'un vers l'autre.

En Europe de l'Est, la production a été multipliée par dix depuis l'an 2000. On y trouve à peu près une centaine de manufactures maintenant dans cette région. Mais l'attente (''lead time'') est longue avant de recevoir les cadres asiatiques et ces compagnies est-européennes n'ont pas commencé encore à fabriquer des cadres.

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J'ai parlé à quelqu'un récemment qui me demandait si ça serait une bonne idée de suivre un cours de mécanique, dans le but de pouvoir travailler comme mécanicien dans un atelier de mécanique vélo.

Évidemment, les connaissances que vous irez chercher dans un cours de mécanique ne seront jamais superflues. L'ennui, c'est que les connaissances constituent seulement qu'un aspect de ce que vous avez besoin pour faire ce métier. Vous aurez aussi besoin de développer une capacité à évaluer les tâches à exécuter, à partir de vos perceptions face au vélo qui est devant vous. Même si Shimano aimerait bien que vous le fassiez, vous ne pouvez pas changer tous les câbles de tous les vélos que vous réparez.

Pour acquérir cette capacité de diagnostiquer, il faut y mettre le temps. C'est inévitable, et il faut une bonne dose d'humilité quand on commence dans le domaine. D'autant plus qu'en plus de votre ignorance, il y aura vos distractions qui vous feront faire des erreurs absurdes à l'occasion. Tellement absurdes que vous en ferez de moins en moins au fil du temps.

Si vous ne faites que des réparations occasionnelles sur votre/vos vélos et ceux d'un ou deux amis, le métier ne rentrera pas. Pour cela il faut en faire beaucoup. J'insiste: beaucoup. Finalement, c'est comme dans bien des domaines, non?

La rapidité d'exécution varie passablement d'un mécanicien à l'autre. De plus, un technicien aguerri saura évaluer quand il faut s'arrêter de chercher la perfection, car certains vélos peuvent être très accaparants à cause de leur âge ou à cause de leur médiocrité initiale. Vous ne voulez pas que la facture de réparations soit plus élevée que la valeur du vélo.

Alors si vous m'offrez vos services pour devenir technicien/ne dans mon atelier, ne vous étonnez pas si je réserve mon évaluation de vos compétences pour plus tard, peu importe le ou les diplômes que vous puissiez exhiber.

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Branford Marsalis est peut-être plus connu pour son rôle d'accompagnateur dans le premier groupe de Sting lorsque ce dernier a dissous The Police. Mais c'est d'abord et avant tout un saxophoniste de premier plan, qui a fait ses premières armes en compagnie de son illustre frère Wynton. Il sera à l'émission ''Q'' de Jian Gomeshi, mardi le 7 août 2012 le matin, au 104.7 FM ou au www.cbc.ca/q/

Avishai Cohen se rappelle: