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jeudi 15 décembre 2016

UN CÔNE CASSÉ?






Un moyeu Campagnolo Record, fait pour les roues libres vissées. Très prisé par les restaurateurs de vieux vélos haut-de-gamme. À condition d'être en bon état, évidemment.


Lorsqu'on est vélo-mécano professionnel, ce n'est pas toujours facile de faire le diagnostic sur les malades qu'on nous soumet. Bien sûr, en général, c'est vite fait, mais à cause de la variété des pépins que les cyclistes subissent, il y aura toujours un pourcentage de cas plus difficiles à identifier.

Alors on peut comprendre qu'à plus forte raison, si on est profane en la matière, ça devient d'autant plus difficile de comprendre pourquoi les choses ne tournent pas rond sur son vélo.Récemment, un client me disait qu'une pièce dont il ne connaissait pas le nom (j'ai cru comprendre qu'il voulait dire le cône du moyeu de la roue) était cassée. Vous comprendrez mon scepticisme: je n'ai jamais vu un cône cassé. Usé, oui, piqué, bien sûr, mais pas cassé. Je lui ai dit qu'on allait l'ouvrir et on verrait bien. Voici tout ce qu'on y a trouvé:



Le cône est cette pièce qu'on voit à gauche complètement sur la photo. Il y en a un autre identique sur l'axe, buté contre son écrou de serrage. Et la couronne de billes qu'on voit dans la partie supérieure de la photo, il n'y en a qu'une seule, au lieu de deux comme il le faut.

Le client m'a raconté qu'il était intervenu sur ce moyeu, chez lui. Il m'a apporté ça alors qu'il n'y avait aucune bille d'un côté! Ça ne tournait évidemment pas du tout, et il en a conclu qu'une pièce était cassée.

Les seules choses qui peuvent casser dans un moyeu, sont l'axe, surtout, et les billes. Dans de rares cas, la cuvette (qu'on ne voit pas ici) peut fendre, mais je n'ai pas vu ça souvent. Entre autres raisons, parce que beaucoup de cyclistes ne font jamais ouvrir leur moyeu pour faire changer la graisse et les billes. Et si on finit par ouvrir le moyeu, le déficit d'entretien est tel que c'est en bien mauvais état.

Un vélo unique, n'en cherchez pas un autre identique.


On voit moins d'axes cassés qu'auparavant, parce que ce sont surtout les axes arrières qui cassent. Et depuis plusieurs années, les systèmes à cassette (versus roue libre) sont très présents, surtout sur les vélos de milieu et haut-de-gamme. Dans ces moyeux, les axes sont mieux supportés et pour cette raison ils ne cassent pratiquement jamais.

Les axes des moyeux à roue libre vissée, eux, sont non seulement moins bien supportés, mais habituellement ils sont faits d'un métal de basse gamme qui vieillit d'autant plus. Et ils commencent par devenir faux avant de casser. Sur un tel moyeu, comme par exemple un Joy Tech ou un Formula, ne vous surprenez pas si l'axe tourne  en se baladant comme s'il avait vidé une bouteille de vodka. Surtout si vous êtes lourd ou si vous avez un style de conduite rock'n roll.

Les billes, elles, vont se dégrader passablement avant de casser. Il faudrait être vraiment négligent pour en arriver à ce point.



On peut voir un entretien de moyeu dans la vidéo suivante. Quatre précisions, cependant:

  1. Dans l'absolu, ce n'est pas vrai qu'il y a plus de moyeux à roulement cartouche (sealed bearing hubs) que de moyeux traditionnels cônes/cuvettes. Le narrateur est probablement un Américain, qui travaille sur des vélos modernes de bon niveau et c'est ce qui lui fait dire que les moyeux à roulement cartouche dominent. Mais si on regarde la production mondiale de l'industrie du vélo, le moyeu traditionnel est produit en plus grande quantité. Les moyeux Shimano qu'on trouve sur les roues complètes Shimano, comme les Dura Ace et autres Ultegra, sont plutôt à roulement cartouche, mais les moyeux Shimano fabriqués pour être combinés avec des jantes Alex, Mavic ou autres sont plutôt à cônes/cuvettes. Je ne sais pas s'il y a des exceptions, mais c'est la règle générale.
  2. Je remplace toujours toutes les billes lorsque j'ouvre un moyeu. Elles sont trop bon marché, et leur degré de détérioration n'est pas visible à l'oeil nu. 
  3. On peut remplacer une couronne de bille par des billes libres. 
  4. Les cônes (ou les axes complets avec cônes) de remplacement ne sont pas toujours faciles à trouver dans le commerce, et on a besoin d'une pièce vraiment identique, sinon ça ne va pas. 


Les roulements cartouche ont une grande douceur de roulement, mais Colin me faisait valoir que les billes pour cône/cuvette supportent mieux les charges latérales (en anglais: side loads) telles qu'on les impose quand on grimpe en danseuse ou lorsqu'on penche le vélo pour tourner. Notez qu'il s'est fait des moyeux de qualité exemplaire sous la formule cône/cuvette. On en trouve des exemples aussi bien dans le haut de la gamme Shimano que chez Campagnolo (dont c'était un des points forts) et dans d'autres marques également. Il est facile d'évaluer la douceur de roulement d'un moyeu. Il suffit de faire tourner l'axe avec ses doigts lorsque le moyeu n'est pas en place sur le vélo pour percevoir cette douceur et aussi pour voir s'il y a de la résistance. Cette dernière est fréquente sur les roulements cartouche, surtout lorsqu'ils sont neufs. 

Pour l'anecdote, et je le dis sans être un expert dans ce domaine, je crois me rappeler que sur les moyeux de piste, les vrais, ceux qui roulaient sur vélodrome, certains mettaient de l'huile plutôt que de la graisse dans les roulements, pour minimiser au maximum la résistance au roulement. Corrigez-moi si c'est inexact. 




Neige abondante sur Québec le lundi 12 décembre. Je mentionnais sur  https://www.facebook.com/groups/hiveraveloaquebec/ que la rue Père-Marquette (le vélo-boulevard) était très praticable, si on est bien chaussé. Quelqu'un m'a posé la question suivante:

Est-ce praticable si c'est la première fois de notre vie qu'on roule sous la neige?



Voici ma réponse:

Ça dépend de chacun. Avec des pneus lisses d'été je ne le ferais pas. Je l'ai fait avec des pneus de cyclocross 700 x 30. J'imagine qu'une personne habituée aux sports de glisse sera plus confortable qu'une autre. Je traversais les endroits plus neigeux sur le petit plateau (28 dents dans mon cas) et quand ça glisse un peu je pousse plus fort sur les pédales. Si on n'est pas habile, on le devient. Et si tu es malheureuse tu peux toujours faire demi-tour et te reprendre une autre journée.


Pour la première fois, je vais m'acheter un vélo équipé de freins à disque. Cette partie-là du vélo ne m'enthousiasme pas, mais les vélos gras sont tous équipés ainsi. On verra.

Commentaire de Patrick O'Grady (Bicycle Retailer and Industry News, mai 2016) à propos des freins à disque:

"For me, the hassle-to-value ratio feels all wrong, especially with hydraulic discs, which I've been seeing more of lately."



Et plus loin:

"As the old saying goes, "If it ain't broken, don't fix it." But if it ain't brakin'? We're not there yet."

Autrement dit, il questionne les inconvénients associés aux freins à disque, et ce n'est pas comme s'il n'y avait pas d'alternative, dans bien des cas.

Ces leviers de frein Tektro sont fabriqués spécialement pour être compatibles avec les freins à tirage linéaire. Ce qui n'est pas le cas des leviers typiques comme les leviers freins/vitesses Shimano 105, Ultegra ou autre du même genre.


En 2016, je n'avais jamais tant vu de propriétaires de vélos équipés de freins à disque qui se disaient irrités par ces systèmes. Faut dire, il y en a de plus en plus. Généralement, ils avaient acheté leur vélo sans trop réfléchir à cet aspect de leur nouvelle machine, et ce n'est que plus tard qu'ils ont compris qu'ils étaient mariés à quelque chose de moins simple, et pas sans inconvénient. Je dis marié, car la plupart des vélos équipés de freins à disque n'ont pas de pivots qui permettraient de remplacer les freins d'origine par des freins à tirage linéaire ou cantilevier.


Trixie Whitley a fait des bonnes choses avec Daniel Lanois. Ici, elle est en solo.



vendredi 28 novembre 2014

PROJET D'HIVER.






Ciel de novembre à Saint-Nicolas.



J'ai reçu le courriel suivant cette semaine. Le voici, suivi de ma réponse,


Bonjour Monsieur Trépanier,

Je me demandais si vous étiez en mesure d'éclairer ma lanterne... Il y a un vélo que j'aimerais beaucoup acheter (http://simcoebicycles.com/shop/roadster-deluxe-7sp). Le problème, c'est que pour ma grandeur, il vient avec des roues 650a et qu'il n'existe pas de pneus à clous pour cette taille. Par contre, j'ai trouvé des pneus à clous 650b (http://www.peterwhitecycles.com/studdedtires.asp). Je sais que les 650a et les 650b n'ont pas exactement le même diamètre, ni exactement la même largeur, mais la différence ne me semble pas énorme. Savez-vous, donc, s'il est possible de changer une roue 650a par une 650b? Si oui, seriez-vous en mesure de me monter une roue 650b avec un moyeu dynamo? J'ai regardé les produits de Peter White Cycles et j'ai déjà une bonne idée de ce que j'aimerais avoir, si vous pouvez commander de ce fournisseur.

Je vous remercie, bonne journée!




Bonjour,

Premièrement, pour ce qui est des relations commerciales, je n'en ai pas avec Peter White, mais j'en ai avec Shimano. Ça me permettrait d'avoir un de leurs moyeux à dynamo, et je fais des roues sur commande pour des clients avec des besoins spécifiques. Pour ce qui est de monsieur White, il semble avoir un beau catalogue de pièces et accessoires de bonne qualité, mais dont le prix fait que ces choses, ou en tout cas certaines d'entre elles, n'ont peut-être pas leur place dans l'hiver québécois. À Hambourg ou Amsterdam, peut-être...

Le standard ISO des pneus 650a et 650b n'est pas le même: 590 vs. 584, ce qui tend à confirmer que les pneus ne sont pas compatibles. Ils n'ont pas le même diamètre. J'ai fait mes premiers hivers dans les années '70 et '80 avec des pneus 650a (26 x 1 3/8) et les pneus d'origine de ces vélos à frein rétropédalage (parfois des Dunlop qu'on ne voit plus) étaient acceptables dans la neige, à défaut d'être exemplaires.

J'ai justement vu deux exemplaires de vélos Simcoe cette semaine. Je comprends l'intérêt qu'on peut porter pour ce genre de machine, hiver comme été. Pourtant, dès que je les regarde de plus près, j'ai des réserves. J'y vois une démarche très axée sur le style, ce qui génère des choix discutables.

J'ai déjà parlé ici des moyeux à vitesses internes. Certains les aiment, moi pas. Chers, compliqués. Trop d'écart entre les développements, sinon la fourchette de braquets serait trop limitée. Il faut gérer la tension de chaîne. Ils ne sont pas sans entretien, ils vieillissent comme nous tous: qui s'en occupera quand viendra le temps? Et à quel prix? Avec quelle facilité? Pour de courts trajets, dans des conditions climatiques plus clémentes, mais ici, en hiver?





Le cadre en acier du Simcoe aurait besoin de couches additionnelles de peinture antirouille pour avoir une bonne espérance de vie dans l'hiver québécois et le sel qui y est répandu sur les routes. J'ai perdu des cadres à ce jeu-là et maintenant j'utilise un cadre en aluminium beaucoup plus durable en de telles circonstances. Mon vélo est fait à Québec, pour Québec: plus de neige, plus de sel, plus de côtes.

Car puisqu'il est question de pneus à clous, j'en déduis qu'on parle d'un projet de vélo d'hiver. Surtout à ce temps-ci de l'année. Permettez-moi de donner mon humble opinion sur tout ça. Je vois dans ce projet une approche que j'ai déjà vu plusieurs fois: l'hiver est une source de problèmes, et on réagit avec une panoplie de solutions technologiques toutes plus chères les unes que les autres. Et en plus, elles apportent leur lot de complications qui font que le vélo ne peut être réparé et entretenu chez n'importe quel professionnel. Sans parler des amateurs.

À long terme un tel vélo apportera encore plus de soucis d'entretien qu'un vélo plus simple avec un cadre en alu. En plus, le mien est plus léger et sera beaucoup plus agréable et maniable lorsque la neige s'entête à tomber pendant des heures comme c'est souvent le cas ici à Québec. Sans compter que tu auras plus d'argent dans tes poches.

On est très loin du consensus lorsqu'il est question de déterminer ce qui est le vélo optimal en hiver (hiver québécois, s'entend). Je n'ai pas envie d'être dogmatique concernant mes opinions, mais ici, je vois un vélo qui est compliqué avant même d'être acheté. Désolé si ma réponse ne va pas dans le sens de ce qui est demandé.






En plus des vélos Simcoe, j'ai aussi vu un vélo EVO 2015, le Vantage 7.0 dont vous voyez la photo ci-dessus. Il se détaillera 530$ + taxes.

Il s'agit d'un vélo de route chaussé 700 x 25. N'y cherchez pas le vélo de route qui va battre des records et faire saliver tous les experts du dimanche, ce n'est pas sa prétention. Je l'aime quand même, car il démocratise un genre qui a sa place: l'efficacité abordable. Et comme le faisait valoir le représentant de la compagnie, il se compare favorablement à ce qu'on trouve parfois dans les grandes surfaces dans le même style. Ces grands magasins trahissent leur manque de culture cycliste en offrant des vélos qui croulent sous les compromis. Ça devient particulièrement évident dans les vélos de route, un genre qui exige de la finesse.

Bien sûr, à ce prix-là, il a des moyeux, des freins et un pédalier génériques, mais il fallait s'y attendre et à première vue on n'a pas choisi les pires. L'ensemble a un coup d'oeil assez réussi et si j'avais un gros magasin, c'est sûr que j'en stockerais. Mais dans mon cas il faut être prudent, car lorsqu'ils ont le choix ce n'est pas ce que les clients vont choisir: tous ceux qui peuvent se le permettre vont aller vers un vélo dont au moins la fourche est en fibre de carbone, sans parler du calibre des pièces Shimano.

J'ai d'ailleurs une recette qui s'en approche dans mon catalogue. Mais il est un peu plus cher car il est tout Shimano (sauf les freins Tektro) et la fourche est en fibre de carbone. Le train roulant (pneus/jantes) est plus léger, tout comme le cadre qui est de type triple butted, c'est-à-dire à épaisseur très variable. L'ensemble est forcément plus dynamique, et plus susceptible de tenir tête aux vélos qu'on voit à la télévision au mois de juillet... Dépendant de qui est dessus, évidemment.



Oui, c'est bien une motoneige que vous voyez sur le panneau jaune. C'est fréquent qu'on voit un tel panneau dans la campagne québécoise, pour avertir les automobilistes de la possibilité de voir un tel véhicule traverser la route.




Je n'ai malheureusement pas pu voir le EVO River Sport dont je vous parlais la semaine denière. J'aurais d'autant plus aimé le voir que j'ai l'intention d'en stocker une paire. Ce n'est que partie remise. Mais le représentant m'a montré quelque chose de chouette: une application.

N'étant pas un IPhonemane moi-même, je ne suis pas familier avec le monde fascinant des applications, mais là, j'en ai vu une qui me plaît bien. Dommage, je ne peux même pas vous donner la référence, mais si vous la connaissez, vous pouvez la mettre dans les commentaires ci-dessous. Elle vous permet, après avoir soumis les différentes caractéristiques de votre vélo (dimension des pneus, développements de la transmission, etc.) de déterminer avec une cadence de pédalage donnée à quelle vitesse votre vélo va se déplacer.

La semaine dernière, j'avais spéculé que le River Sport serait plafonné à 36 km/h à une cadence de 90 rpm. L'application me dit que je ne me trompais pas de beaucoup, car elle donne 34.9 km/h dans les mêmes conditions.



Vous pouvez cliquer sur la photo pour l'agrandir.



La pièce My Fire reste ma préférée, mais j'aurais bien aimé me procurer l'album complet, si album il y avait: Drew Ofthe Drew. Ici, Pull Me Down. Et il n'y a pas de miroir, il y a effectivement deux batteurs!



vendredi 31 août 2012

L'ULTIME.


Un Falardeau carbone monocoque. D'occasion, il est disponible pour un montant de 1800$cad + taxes.
Fiche technique:
-Tout Dura Ace 10 vitesses, sauf le pédalier et le dérailleur avant qui sont de série FSA compact.
-Fourche carbone à pivot carbone. Guidon ''wing'', potence Look et tige de selle tous en fibre de carbone.
-Roues 100% neuves Fulcrum Racing 7 (négociables).
-Porte-bouteilles fibre de carbone inclus, pédales non-incluses.
-Vérification générale incluse.
Voir photos plus bas sur ce même message.

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L'automne approche et certains d'entre vous commencent à penser au vélo qu'ils utiliseront lorsque le froid reviendra. L'hiver québecois a ses exigences...

Voici un échange de courriels que j'ai eu cette semaine. Un cycliste m'écrit:


J'aime bien le vélo qui apparait dans votre blog il y a deux semaines, "Un Falardeau Alu9 chaussé 700 x 32mm"

Moi, je me cherche un vélo d'hiver.  Mon trajet vélo-boulot est de 16km x2.  Je roule en toutes conditions, neige glace froid...

Alfine 11 vitesses et manettes rapid fire
ratio 39x20  équivalent, ou plus lent
freins Shimano M505 (à disque, hydrauliques)
tige de selle carbone
fourche carbone
porte bagage arrière
ailes et garde-boue

Pour en faire mon vélo d'hiver ultime...


Ma réponse:


Il n'y a pas d'empêchement technique  pour la réalisation d'un tel vélo. J'ai les relations commerciales qui permettent de se procurer ces pièces. Ceci dit...

Je n'ai pas fait le calcul exact du coût de production d'un tel vélo, mais c'est certain que le prix de détail dépassera les 1000$. Or, je suis personnellement d'avis qu'un vélo d'hiver québecois ne devrait pas être aussi onéreux, étant donné le vieillissement accéléré qu'un vélo peut subir dans de telles conditions. Parce qu'on ne parle pas de simplement rouler sur une belle neige blanche et propre...

Non seulement je préfère un vélo plus abordable, mais aussi plus simple. Il faut pouvoir entrer dans n'importe quel magasin de vélo et se procurer facilement des pièces de remplacement, car le besoin de telles pièces est inévitable, dès la fin du premier hiver. Parfois même avant. Car à 150 kms/semaine, pas de doute, il y aura du travail à faire.

Ce ne sont pas tous les mécaniciens qui sont familiers avec ces freins et surtout, ces moyeux. Et méfie-toi de ceux qui disent que ces moyeux arrière sont sans entretien. La question n'est pas de savoir si ils requièrent de l'entretien, mais bien plutôt quand ils en auront besoin. 

Le besoin d'étanchéité du moyeu arrière est plus grand dans les villes québecoises que dans bien des conditions hivernales que l'on retrouve ailleurs dans le monde. Je n'ai personnellement pas utilisé un tel moyeu en hiver (ou même en été), mais mon expérience avec un autre marque/modèle était que l'étanchéité était insuffisante à long terme et que oui, il faudra l'ouvrir, ce n'est qu'une question de temps. 

J'ai donc une préférence marquée pour un cadre léger (Falardeau Alu9) habillé avec des pièces abordables (niveau Altus/Alivio) qui me donnent un vélo facile d'entretien et dont le coût d'utillisation reste raisonnable. D'ailleurs, avec un tel vélo, plusieurs de mes clients peuvent faire une bonne partie de l'entretien eux-mêmes. Ce que j'ai personnellement toujours encouragé, particulièrement chez les cyclistes d'hiver. Les pièces Shimano de milieu de gamme ont une tradition de bon fonctionnement typique de la production industrielle japonaise en général. Et non, un dérailleur arrière en hiver n'est pas une aberration peu fiable. Nous faisons de longues sorties assidues avec les nôtres, en janvier, février, etc., et il n'y a pas d'irritant important.

Il y a un détail qui n'en est pas un: la tension de la chaîne. Sur un vélo mono-vitesse, la tension est obtenue en reculant la roue dans des pattes de fourche arrière qui doit être horizontales, contrairement aux pattes de fourche verticales qui équipent la plupart des cadres modernes (incluant celles des Falardeau Alu9). J'ai pris des renseignements de l'importateur Shimano et voici une partie de la réponse:


Pour la tension, la roue doit être installée à la main et il ne faut pas mettre autant de tension que dans un mono-vitesse.
Le client peut trouver toutes les informations sur le site de Shimano
La tension recommandée est indiquée à cet endroit.


On m'a certifié que les moyeux Alfine sont prévus pour être installés sur tous les cadres, peu importe les pattes de fourche.

Et pour ce qui est des talons qui accrochent sur les bases, je suis un peu perplexe: étaient-elles si évasées? En tout cas, je n'ai jamais vu un client se plaindre de son Falardeau en me disant que ses talons accrochaient!     Tu peux en essayer un si tu veux...



Et dans un courriel subséquent, le cycliste me dit (en italique, mes commentaires auxquels il répond):


-Les lubrifiants conçus pour l'été ne sont pas appropriés au froid: ils s'épaississent et peuvent nuire au bon fonctionnement. Alfine et les freins hydrauliques ne sont pas dans leur zone de confort en hiver québecois. Je ne les ai pas utilisés personnellement et je ne peux mesurer l'inconvénient que ça représente.
- mes vélos dorment au frais dans le garage (10C), lorsque je sort, après quelques minutes, je crois pouvoir sentir l'effort plus grand requis par l'huile/la graisse qui fige. Le moyeu Alfine (11 vitesses) fonctionnait bien, quoique un peu lourd, ça se sent à l'arrière. J'ai eu plus de problèmes avec les freins hydraulique de mon MTB (Rocky Mountain Vertex 30 et freins shimano Deore ) qu'avec le vélo de MEC (Shimano M505).

-Les cadres acier gagnent beaucoup à subir quelques couches de peinture antirouille avant l'hiver.

Mon fixe n'a aucune trace de rouille à l'extérieur mais la couche de peinture semble épaisse et j'ai vu de l'eau rouillée sortir par les trous de drainage du cadre en le lavant. Probablement de la rouille due à la condensation.

Le cadre est un Paké: http://www.pakebikes.com/product/C69BA7/Rum+Runner+Steel+Track+Frame

si tu ne t'accroches pas dans les talons dans d'autres marques/modèles classiques, tu ne t'accrocheras pas dans un Alu9.

- en effet je n'ai jamais eu ce problème avec mes autres vélos. Avec le MEC, il faut vraiment pédaler les pieds parallèles au cadre et en hiver avec des bottes, il faut pédaler avec un léger "Toe-in".


Le problème du cadre, c'est de vouloir employer des freins à disques avec le moyeu interne et une chaine sans tendeur. Il faut que la machoire puisse bouger pour s'ajuster à la position de la roue !

-Pour régler le problème du positionnement de la machoire de frein à disque arrière (à cause de la tension de chaîne), on peut mettre un frein à tirage linéaire (''v-brake'') seulement sur la roue arrière. Quitte à utiliser le frein à disque avant de manière prioritaire chaque fois que ce n'est pas contre-indiqué.


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Suite au message du 25 août dernier, concernant le cas Armstrong, lemonde.fr publie un interview de Christophe Bassons où il est question entre autres  de Richard Virenque: http://www.lemonde.fr/sport/article/2012/08/27/christophe-bassons-en-hiver-je-distancais-richard-virenque-dans-les-cotes_1751911_3242.html .
Ceux qui ne connaissent pas Bassons gagneront à lire l'introduction de l'article. Il s'agit d'un ex-coureur professionel au discours atypique.



Et on trouve à la fin de l'article le commentaire suivant de la part de M. Uztarroz:


ricardo uztarroz, ex-petit cycliste amateur 27/08/2012 - 17h49
Mon cher Christophe, je mets pas en doute ta sincérité mais je dû mal à croire que, depuis tes débuts dans le vélo, tu ignorais ce que voulait dire allumer la chaudière, billes de quatre, boulons de 18, la petite lili, tonton, riri, tintin (les amphètes), que tu ne savais qui était le docteur Mabuse grand distributeur de pot belge, les cornues pédalantes, saler la soupe, allumer les phares, et j'en passe des meilleures. J'ai fait du vélo il y a plus de 50 ans. On embarquait la topette déjà.


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J'aime bien ces vieux instruments usés, comme cette basse électrique, qui ont du vécu... et du métier.