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vendredi 29 janvier 2016

MES OUTILS PRÉFÉRÉS.





Un Falardeau Alu9 en version cyclotouriste. Tout est neuf, sauf la selle et les pédales.



Chaque mécanicien de vélo (ou de toute autre chose) a ses outils préférés, sûrement. J'ai pensé vous montrer les miens.

Il y a plusieurs raisons d'aimer particulièrement un outil. Il peut nous faire sauver du temps, ou nous permettre de faire quelque chose qu'on ne peut faire sans lui,  il peut être agréable à utiliser, il peut même être agréable à regarder ou à toucher à cause du métal utilisé ou de la finition de l'objet.



1- Un étau. Comment s'en passer si on travaille souvent sur des vélos? Il me manquerait, pas de doute. Il fait pratiquement figure d'assistant. Ça permet de stabiliser toutes sortes d'objets, y compris d'autres outils comme les extracteurs de roue libre vissée. On s'en sert pour ajuster des roulements de moyeux, pour retirer les pédales d'un pédalier qui n'est pas sur le vélo et bien d'autres choses. J'y installe habituellement mon gabarit de dévoilage Park TS-2.2.

2- La presse à cuvettes de direction. Je pourrais m'en passer en utilisant une longue tige filetée, avec deux écrous et un jeu de rondelles adéquates. Mais je pose des dizaines de fourche à chaque année, et ça vaut vraiment la peine de se procurer cet outil. En prime j'aime voir les cuvettes rentrer dans le cadre progressivement à mesure que je tourne l'outil pour lui faire faire son travail. Accessoirement, cet outil a deux compagnons précieux: le guide de coupe pour la colonne de la fourche (comme le Park SG-6) et le poinçon à écrou étoilé (comme le Park TNS-15). Ces trois outils combinés vous permettront de travailler comme un pro, mais à vous de décider si vos besoins justifient cette dépense.

3- Clés à rochet. J'aurais dû connaître ces clés avant. Elles permettent de sauver du temps. Le gars ou la fille qui a inventé ça mérite une médaille. Ou une pile de cash.

4- Les longues clés hexagonales (Allen, comme les Park PH). On peut s'en passer mais... à ce prix-là ça ne vaut tout simplement pas la peine. Il y a des usages où d'autres clés hexagonales conviennent mieux, mais j'utilise les miennes souvent. La 4 mm, ainsi que la 5 et la 6. J'aime aussi beaucoup la clé hexagonale 5 mm au manche orange que vous voyez sur la photo, elle me permet de serrer au maximum lorsque c'est nécessaire. Mention spéciale pour les E-Force T-Tool de la marque EVO qui semble intéressants, quoique je ne les ai pas essayés personnellement. Toutes les clés hexagonales que je décris dans ce paragraphe sont des outils abordables dont il ne vaut pas la peine de se priver si on travaille souvent sur des vélos.

5- Pour dévoiler les roues, certains aiment les clés à rayons comme les Park SW. Moi je préfère la clé à rayon ronde à plusieurs dimensions, surtout à cause de sa tenue en main. Smart Tool fait une clé à rayon ronde de couleur noire dont les créneaux sont bien coupés et donc très précis, et c'est bon marché.

6- Le gabarit de dévoilage de roues Park TS-2.2. C'est un référence de l'industrie, un modèle très populaire dans les ateliers professionnels. Difficile de s'en passer quand on pris l'habitude de s'en servir. Mauvaise nouvelle: les mécanos amateurs hésiteront devant la facture.





Quelque part en Beauce, dans les Appalaches.


J'ai reçu le courriel suivant dimanche dernier, d'un ami qui roule régulièrement avec moi, mais qui n'est pas encore habitué de rouler à vélo en plein hiver.

Lorsque je suis sorti pour aller chercher du café ce matin, j'étais frigorifié à la simple marche de chez moi au dépanneur...

Je suis très frileux...parfois. Surtout en pleine lune. Donc je ne viendrai pas rouler avec vous en ce beau dimanche.


Voici ma réponse:


Ah là, pour la lune, je ne peux rien y faire. Sinon voici mes trucs pour ces sorties récréatives qui durent au moins trois heures ces dimanches-ci.

  • ​Ce n'est pas un hasard si elles commencent habituellement à midi. Il fait froid à 8:00 heures? On s'en fout, ce sera différent à midi et à 14 heures. Hier, il faisait moins 7 degrés Celsius à 10 heures et moins 4 à l'heure du départ. Et à 8:00 heures, tu peux être sûr qu'il faisait plus froid que moins 7.
  • Ne jamais se fier aux chiffres de météo officielle. L'autre matin, la radio me disait qu'il faisait moins 7 pendant que mon thermomètre extérieur me donnait moins 1.6 degrés. L'écart habituel le plus typique est d'à peu près trois degrés. D'après moi, il y a deux raisons à ça. La station météo officielle pour la Ville de Québec est à l'aéroport, qui est situé dans la banlieue nord de la ville, à une altitude autre que celle du centre-ville où je me trouve. Aussi, si je prends l'information à 8:30 heures, on me donne la température qu'il y avait à 8:00 heures. Donc, autre temps, autre lieu, cette information est inexacte et peut contribuer à me démotiver.
  • Je ne m'occupe pas du facteur éolien. Parce que je ne sors pas avec la peau à découvert. Et parce que je n'ai pas toujours le vent de face. Les méchantes langues disent que ça a été inventé par des médias en mal de sensationnel.
  • La température que nous avons eu hier, finalement, était à peu près la même que celle que nous avons eu ensemble, une semaine auparavant. Et que tu avais trouvé très tolérable, si mon souvenir est bon. 
  • Tu es frileux? Il y a des vêtements pour ça. Et de la nourriture. Étais-tu habillé adéquatement quand tu es allé chercher le café? Si ta mère t'avait vu sortir habillé comme ça, aurait-elle insisté pour que tu t'habilles plus? Avec raison? Je sais que tu n'as plus l'âge pour que ta mère te dise quoi faire, quoique parfois... 
  • Mon expérience me dit qu'il ne faut pas prendre ces décisions sur une base émotionnelle et subjective. Je regarde le thermomètre, je m'habille en conséquence et je sors. C'est tout. Comme dirait Nike: Juste fais-le.
  • J'ai ma limite aussi, il faut la connaître. Pas de sorties récréatives en bas de moins onze ou douze, même si j'en ai fait des longues à moins dix, sans en souffrir, au contraire. Pour l'utilitaire sur courte distance, je préfère encore être à vélo à moins douze. Plus froid, je marche. 
  • Danny De Longchamps, ex-coureur pro, me disait que l'été, il mettait l'accent sur le sel, et l'hiver il insistait sur le sucre. Et j'ai remarqué que le soir, à la fin de ma journée de travail, je suis plus frileux puisque je n'ai pas encore soupé. Avant les longues sorties récréatives, hiver comme été, je mange un solide repas, généreux à tous points de vue (sauf en gras). Ce n'est pas un problème, de toutes façons on ne part pas sur les chapeaux de roue et on ne roule pas à un rythme de coureurs. Chacun trouve ses marques, ce qui fonctionne pour lui. 
À dimanche!

Paul.


C'est un hiver doux à Québec. Cette photo a été prise le 24 décembre 2015 alors que le mercure bien au-dessus de 0 degrés provoquait une brume à certains endroits. Nous sommes en-dessous de 0 degrés la plupart du temps, mais rien d'extrême, surtout quand on compare aux deux derniers hivers. Ça paraît beaucoup sur la facture de chauffage, croyez-moi.



Le cadre est maintenant bleu et noir. La selle aussi, la tige de selle et même le garde-boue arrière. Un porte-bouteille bleu, l'autre noir. On pourrait penser que tout ça a été longuement planifié, ou que ça a coûté cher, mias non, c'est plutôt l'inverse. Et le résultat me plaît bien, je sais pas pour vous.



Publié sur bicycleretailerandindustrynews.com cette semaine, avis aux intéressés:


   St. LAURENT, Quebec - Guru Cycles' assets, including its trademarks and manufacturing equipment, will be auctioned next month. The company told its dealers in December that it was hoping to reorganize after incurring unmanageable debts stemming from a factory move early last year. Owner Ted Matthews told BRAIN this week that attempts to line up an investor were unsuccessful. Guru's remaining staff was let go this week. The company has sold off most of its remaining inventory. Assets that will be auctioned include Guru model name trademarks (but not the Guru name, which is owned by Dorel), and factory and office equipment including a paint booth.


Un classique, revisité par un chanteur parmi les mieux cotés, Kurt Elling. 

vendredi 18 décembre 2015

IL Y A 90 ANS.





Dans le secteur du Lac des Roches, au nord de la Ville de Québec, 6 décembre 2015.



J'écris ceci à l'heure où la première blancheur de l'hiver persiste au sol. Ce que Juliette m'a raconté confirme ce que Duke Ellington sait depuis longtemps: les choses ne sont plus ce qu'elles étaient.

Elle est née en 1918, et se rappelle de son enfance à Saint-Raymond-de-Portneuf. Il s'agit d'un village au nord-ouest de Québec qui s'est développé à partir des années 1820. Il est situé à environ 60 kms de Québec et a maintenant le statut de ville. Les hommes qui ont fondé le village, au 19ème siècle, s'y sont installés pour récolter le bois qui y était abondant, et très important pour la construction de la flotte des navires anglais, entre autres choses.

 À ce temps-ci de l'année, les cyclistes hivernaux de Québec donnent leurs premiers tours de roues avec leur monture d'hiver. Ce serait très différent s'ils étaient transportés à Saint-Raymond il y a cent ans, car il n'y avait pas d'entretien de la voie publique en hiver à cette époque-là. Pas de sel pour faire fondre la glace, pas de déneigeuse pour déblayer la neige fraîchement tombée.




Ce qu'il y avait, c'était des voitures tirées par des chevaux, et leurs skis ou leurs patins écrasaient la neige et faisaient en sorte que l'accumulation de neige n'augmente pas de façon excessive dans les rues. Et la neige, il y en avait beaucoup, donc pas question de sortir son vélo durant l'hiver.

Autre petit détail qui a son importance, les routes et les rues n'étaient pas asphaltées à cette époque-là. Et si ça ne posait pas de problème en hiver, je vous laisse imaginer ce à quoi ça pouvait ressembler quand le printemps arrivait! La boue envahissait les rues et il ne fallait pas s'habiller trop chic si on voulait traverser la rue à pied... En fait, même la route pour aller à Québec n'était pas asphaltée, et on n'y allait pas sans avoir de bonnes raisons.

L'épicerie était à deux cents mètres de chez Juliette, et on y allait à pied. C'était normal. À moins qu'elle ait oublié que la voiture à cheval de la famille de six enfants était utilisée parfois pour faire les achats les plus gros. Car son père avait une voiture à cheval qui était utilisée pour transporter la production de son usine de produits du bois jusqu'à la station de chemin de fer pour l'expédier partout au Québec, de la Gaspésie et la Côte-Nord, jusqu'en Abitibi.

Donc, pas de vélo en hiver, et pas de vélo au printemps. Je crois bien que j'aurais apprécié les chevaux, si j'avais vécu à cette époque-là. Elle me dit qu'il n'y avait tout simplement pas de vélos à Saint-Raymond durant sa jeunesse, mais les patins à roulettes étaient très appréciés des enfants qui les utilisaient sur les trottoirs qui étaient en bois ou en ciment.


Mon Falardeau d'hiver, au-dessus de la Rivière Saint-Charles.


Et si, à l'époque, j'avais été un bon client pour les vendeurs de chevaux, j'aurais peut-être fait affaire avec Jean-José Plamondon, qui était maquignon. Vous connaissez Jean-José? Moi non plus. C'était le père de Luc Plamondon qui a composé tant de chansons très connues (Diane Dufresne, Starmania, Céline Dion, etc.). Il semble par contre que les maquignons avaient souvent des différents avec leurs clients, car ce M. Plamondon était un client régulier de l'avocat Pierre Letarte qui a marié la soeur de Juliette, Yvonne. Cette dernière m'a d'ailleurs raconté avoir de très bons souvenirs d'avoir fait du vélo pour se déplacer pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il n'y avait pas qu'en France où le carburant était rationné, c'était également le cas au Canada.

Les avocats de l'époque avaient eux aussi une réputation controversée. Une réputation d'être des voleurs, pour tout dire. Les professeurs,eux, avait la réputation d'être des pauvres, ce qui était possiblement mérité dans ce temps-là. Barthélémy, le père de Juliette et Yvonne, avait interdit à ses filles de marier un avocat ou un professeur pour ces raisons. Devinez ce qu'elles ont fait? Vous savez déjà qu'Yvonne a marié un avocat, et Juliette a marié un professeur. Et ni l'un ni l'autre ne s'est révélé être particulièrement voleur ou pauvre.

Barthélémy, au début du vingtième siècle, a été propriétaire d'un magasin général à Saint-Raymond. On y vendait de tout, ou presque. Mais pas de vélos, probablement à cause de la trop faible demande. On y vendait pourtant de la quincaillerie, et j'ai connu une époque où il était courant pour les quincaillers de vendre des vélos. Non, on y vendait des fruits et légumes, des cercueils de fabrication locale et on y trouvait même une chapelière qui officiait sur place. Il s'est départi de cette entreprise pour se tourner vers la production de pièces de bois telles que les manches de hache, de balai, de lavette, etc.




Juliette a souvenir d'un homme qui allait travailler en vélo à tous les jours à Chute-Panet, à quelques petits kilomètres à l'ouest de Saint-Raymond. Un hurluberlu? Non. Même s'il était inhabituel qu'un travailleur se déplace de cette façon à Saint-Raymond, il avait plutôt la réputation d'être un homme tranquille, le genre dont on dit qu'il "fait sa p'tite affaire".


Et maintenant, la Ville de Saint-Raymond est un peu devenue une ville de vélo, à la belle saison, parce que la voie ferrée a été transformée en piste cyclable. Les gens viennent de Québec et s'y arrêtent pour faire une pause et profitent de ses différents restaurants. Ceux qui le veulent peuvent continuer jusqu'à Rivière-à-Pierre qui est et restera toujours un petit village, le dernier avant La Tuque et le Lac Saint-Jean beaucoup plus au nord. Un petit village, à moins qu'on y trouve du pétrole, chose improbable et que je ne lui souhaite pas.




Le pneu a attendu que je retire la punaise pour se dégonfler...



Si la Ville de Québec vous intéresse, lisez ceci, on y parle de l'annonce faite par la municipalité sur ses intentions face au réseau cyclable local.

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/transports/201512/08/01-4928987-9-millions-pour-raccorder-le-reseau-cyclable-de-quebec.php


Un Fat Bike vendu avec une notice paradoxale: WARNING  This bicycle is not designed for off-road use...
En cas de poursuite judiciaire contre la compagnie de vélo, une notice comme celle-là tiendrait-elle la route? Regardez son pneu avant, en bas à droite dans la photo. Avec un pneu comme ça, il est conçu pour quoi exactement ce vélo?





Ça vaut le détour. Une autre sorte de Championnat d'Europe, la sorte que personne ne veut gagner. Relayé par velomag.com et David Desjardins.

Essayez de regarder ça sans rire.









Les cyclistes, souvent, ne soupçonnent pas à quel point leur vélo est en mauvais état. À gauche, vous pouvez voir une couronne de billes de direction toute neuve. À droite, il s'agit d'une couronne jadis identique, que j'ai retiré d'un vélo cette semaine. Le vélo en question avait tellement été exposé à la pluie la nuit, au repos, que la potence contenait une quantité d'eau non négligeable.Heureusement qu'elle était en aluminium, sinon elle aurait pu rouiller sournoisement, par l'intérieur.





La compagnie montréalaise Guru a connu une année 2015 difficile. Un déménagement coûteux qui a nui à sa capacité de production l'a obligé à ouvrir un dialogue avec ses banquiers. Le magazine Bicycle Retailer and Industry News a rapporté la nouvelle, à laquelle un lecteur, également détaillant de vélo, a réagi:

Douglas Baumgarten · 

This is unfortunate, but not unexpected. As a Guru dealer, I appreciate what the company does to maintain quality and develop wonderful bicycles -- for a small company, they try very hard to keep up with the latest tech...building some super light carbon frames and nice triathlon frames. The problem is simple - price competitiveness. Guru has done their best to develop a few non-custom frames, but they just can't compete on price with the big boys who churn out Chinese frames by the thousands. And the current market is nothing if not price-conscious...we have trouble selling anything that costs a little more, regardless of quality (unless it's seen under the butts of numerous pro riders). I hope they will survive, but the market trends are inexorable.



Tiré du documentaire sur le studio Muscle Shoals, en Alabama, la chanteuse Alicia Keys.




lundi 3 février 2014

COULEUR DE MIEL.



La première fois que j'ai vu un cadre en bambou, c'était à Nijmegen (Nimègue), aux Pays-Bas. Il s'agissait d'un vélo du début du 20ème siècle exposé dans un musée du vélo que j'avais découvert là-bas. C'est un des plus beaux vélos que j'aie jamais vu: sa couleur de miel était magnifique. J'imagine que les Néerlandais qui avaient colonisé l'Indonésie en avaient rapporté des tiges de bambou.

Je n'ai jamais roulé sur un tel cadre, neuf ou ancien, mais j'ai remarqué qu'il y a depuis quelques années une renaissance de la fabrication de cadres de bambou dont on vante les qualités de confort. Aux USA, surtout, mais aussi au Vietnam. À travers les nombreuses compagnies qui font des cadres d'entrée de gamme, en acier ou en aluminium, il y a cette petite compagnie installée à Saigon qui s'annonce en prenant la peine de spécifier que:

''My production is small and not cheap, so don't ask for high volumes of cheap  bikes, there are others doing that.''

On peut comprendre son point de vue. Le Vietnam est un lieu de production pour des volumes de production typiques des magasins à grande surface et les cadres qu'on y fabrique habituellement ne sont pas destinés à une clientèle exigeante.

Un de mes clients m'a récemment rendu visite et m'a montré sa création que vous pouvez voir sur la photo ci-dessus. Les sections de bambou sont faciles à voir, et elles sont connectées à des éléments récupérés sur un vieux vélo de tourisme en acier. Il s'agit d'un premier essai, et lorsqu'on s'approche, on s'aperçoit vite que le produit a une finition qui pourrait être améliorée, mais ça me rend curieux de voir la suite de ses expérimentations. Et non, je ne l'ai pas essayé.

Pour ma part, j'ai bien l'intention de retourner à Saigon (alias Ho Chi Minh City) un jour, et je suis assez curieux de voir ce que le cadreur de bambou fait là-bas pour lui rendre une petite visite. Je ne m'attends pas à y trouver des cadres ultra-légers, mais ça pourrait quand même peut-être avoir du charme, qui sait?


*

En attendant, mon vélo, celui que je vous ai montré tout enneigé dans le message précédent, a rajeuni considérablement. J'ai changé quelques pièces, mais c'est surtout parce que je l'ai rentré à l'intérieur, ce qui lui a permis de se débarrasser de toute cette neige qui l'encombrait.

En plus de l'alléger, les pneus ne frottent plus sur la neige accumulée. Non seulement ça, mais j'ai aussi pu voir par la même occasion que le frein arrière était décentré, ce qui faisait que le patin droit touchait la jante en permanence. Vite réglé: il y a des vis de réglage pour ça.

Le résultat fut spectaculaire. J'aurais pris un produit dopant que l'effet n'aurait pas été meilleur. Je suppose. Et j'ai poussé plus loin en changeant ce qui avait besoin de l'être. Les froids extrêmes subis depuis cet hiver particulièrement rude au Québec ont mené la vie dure à certains petits éléments de plastique dont mon vélo est équipé. Rien de dispendieux, surtout lorsqu'on fait le travail soi-même, mais ça a fait du bien.

Et je constate une fois de plus, comme à chaque mois de février, que plusieurs cyclistes assidus ont un système de freinage en mauvais état. Même si le tout était ajusté au mois de novembre. On n'y échappe pas: les conditions d'utilisation de l'hiver québécois sont sans pitié, surtout dans une ville côteuse comme Québec où les freins ne sont pas un accessoire facultatif.


*

Depuis sa création, le système de partage de vélos Bixi, à Montréal, a fait beaucoup parlé de lui. En bien, habituellement. Malheureusement, la société de gestion a déclaré faillite récemment. Et comme si ce n'était pas assez, certaines personnes se seraient permis des largesses, juste avant:

http://www.ledevoir.com/politique/montreal/398406/avant-de-faire-faillite-bixi-a-verse-des-bonis-a-tous-ses-employes

Le concept fait penser aux idéaux communautaires des années soixante. Et comme c'était souvent le cas à l'époque, la réalité a rattrapé le projet. Corrigez-moi si ce n'est pas exact, mais on m'a également raconté que plusieurs utilisateurs empruntaient un vélo pour descendre du Plateau Mont-Royal au centre-ville, en début de soirée, avant de laisser là la machine après quelques bières pour éviter d'avoir à monter la côte pour le retour. Résultat, on était obligé de transporter en camion tous ces vélos.

Ce n'est rien pour encourager notre maire Labeaume à créer un tel système à Québec. Déjà qu'il n'était pas très chaud. D'autant plus que certains bars de la basse-ville sont très sympathiques, et que la côte qui y mène n'est certainement pas moins raide qu'à Montréal...



Le fleuve Saint-Laurent, à Saint-Augustin-de-Desmaures, en novembre dernier.


J'ai déjà abordé le sujet ici, et ça en a intéressé plusieurs parmi vous: il s'agit du lieu de fabrication réel du cadre de vélo en fibre de carbone. Un site français a fouillé la question:

http://usrehoncyclo.wifeo.com/ou-est-fabrique-votre-velo.php

Vous remarquerez qu'il y a dans cette liste des compagnies, comme Shimano, qui ne fabriquent pas de cadres. Mais elles sous-traitent une partie de leur production à l'étranger. Deux possibilités: soit qu'elles sous-traitent effectivement à des compagnies qui sont indépendantes, soit qu'elles possèdent l'usine entièrement, mais à l'étranger et non pas dans leur pays d'origine. Comme le Japon, dans le cas de Shimano, qui d'ailleurs fait également affaire en Malaisie.




Brad Mehldau, en solo: ''Teardrop''


lundi 27 janvier 2014

JE NE PERDS PAS MON TEMPS. JE SUIS AVEC MON AMI.






Permettez-moi, ici, de ne pas parler de dérailleurs, de pistes cyclables ou de la plus grosse (ou petite) compagnie de vélo au monde. Mais ceux qui s'occupent du business international  des vélos ne peuvent éviter de considérer la culture asiatique. Car le moyeu de la planète vélo, c'est Taiwan et la Chine.

On dit souvent que cette culture est différente, sans nécessairement expliquer en quoi elle peut l'être. Depuis mon premier voyage au Vietnam, en 1993, j'ai côtoyé non seulement des Vietnamiens, mais aussi des Taiwanais. Et en lisant un livre co-signé par Kim Thuy, récemment (À toi, 2011, Libre Expression), j'ai trouvé quelques paragraphes qui, je trouve, expriment admirablement bien des différences fondamentales entre eux et nous, et qui expliquent des comportements et des attitudes qu'on peut observer tous les jours. Kim Thuy est une québécoise née au Vietnam.

À propos du temps:

''Je comptais sur toi pour m'enseigner les temps des verbes, dont les subtilités du subjonctif, justement. En vietnamien, le verbe est toujours à l'infinitif. On ajoute des particules qui indiquent le passé ou le futur: rencontrer hier, rencontrer demain, rencontrer déjà. Le temps est une notion imprécise...

...En Amérique du Nord, tout est chronométré, noté, calculé. Les invités à une soirée arrivent presque toujours en même temps parce que tout le monde respecte l'heure prévue à la minute près. Les événements sont placés sur la ligne du temps, en ordre chronologique minutieux, presque maniaque, afin d'établir la chaîne des actions et des réactions: qu'est-ce qui a provoqué, aura provoqué ou aurait pu provoquer quoi et à quel moment, et comment et pourquoi? Il devient alors nécessaire de conjuguer le futur antérieur, le passé simple, le conditionnel, le plus-que-parfait, le subjonctif aux temps composés ou surcomposés, aux aspects imperfectif ou statique, à la voix passive ou moyenne...''






À propos d'être ensemble:

''Il est très rare de voir un Vietnamien, et plus encore une Vietnamienne, attendre seul chez le médecin ou ailleurs. Ils sont toujours accompagnés. Une fois, j'ai demandé à un garçon pourquoi il perdait son temps dans la cour d'école à attendre son ami qui passait un examen de trois heures. Il ne saisit pas immédiatement le sens de ma question.

     -Pourquoi restes-tu au soleil à ne rien faire alors que tu peux t'amuser à la maison ou ailleurs?
     -Je ne perds pas mon temps. Je suis avec mon ami.

En amitié, le temps de l'un semble se greffer au temps de l'autre. Les minutes ne sont plus comptées, car elles ont été données à l'autre, non pas comme un cadeau mais comme une offrande, une preuve de dévouement.''


J'ai dû m'adapter. Mon épouse aussi. Nous sommes parfois fascinés de voir que, malgré le fait que nous sommes diamétralement opposés autant par le tempérament que par la culture, nous sommes d'accord sur beaucoup de sujets.



Yvon Guillou était un Québécois d'origine française qui s'est impliqué beaucoup dans les compétitions cyclistes au Québec jusque dans les années '80. Il est maintenant décédé et la Ville de Québec a baptisé une rue à son nom, au pied de la Côte Salaberry.



Après une année 2013 plutôt ordinaire, l'industrie mondiale du vélo n'est pas pessimiste, mais l'humeur est à la prudence. La situation économique en Europe, combinée à la météo maussade en Amérique du Nord a contribué à laisser trop d'inventaire dans les entrepôts. Les fabriquants sont donc réticents et cet état de fait pourrait contribuer à des pénuries chez les distributeurs pour qui veut regarnir son magasin en cours de saison. C'est en Asie qu'il y a une croissance de la demande en ce moment et les fabriquants s'en réjouissent forcément.




Il y a des pays où, en guise de salutations, on vous demande: ''Avez-vous mangé aujourd'hui?''
Faut croire qu'on n'a pas toujours répondu par l'affirmative. Ce n'est pas un détail, la faim, ça peut vous tuer, non?

Ici au Québec, les commentaires penchent plutôt du côté de la météo, si changeante. Après tout, le froid, ça peut vous tuer, non?

Cet hiver 2013/2014 est particulièrement rigoureux. Prenez ce matin. Moins froid qu'hier, nous avions un beau moins dix degrés Celsius. Ça fait changement des moins vingt. Mais la neige était abondante au point qu'à un moment donné, on a fermé deux côtes à la circulation au centre-ville (Salaberry et D'Abraham). Et pendant ce temps, un carambolage sur l'autoroute 40 a impliqué trente voitures à la hauteur de Saint-Augustin. 

Le froid des dernières semaines a fait dire à mon neveu Emmanuel: ''Ce n'est pas l'hiver, c'est un traitement cryogénique!''



Voici mon vélo la semaine dernière. Vous pourriez avoir l'impression que plus rien ne fonctionne correctement, mais ce n'est pas le cas. Les freins fonctionnent normalement. Le dérailleur arrière, les journées les plus froides, je ne m'en sers pratiquement pas, mais à moins dix, il fait tout ce que je veux. Le dérailleur avant, lui, se permet parfois de petits caprices, mais ils sont rapidement réglés lorsque je pousse gentiment dessus avec mon pied pour le convaincre de passer sur le petit plateau. Je lubrifie la chaîne très souvent, mais également les dérailleurs, avec du pétrole distillé comme le WD-40. Essentiel.

De nombreux cyclistes d'hiver, à commencer par moi il y a plusieurs années, perçoivent les dérailleurs comme étant incapables de résister à ces conditions, mais mon expérience (et celle de mes amis) nous prouve le contraire. Et lorsque les conditions sont aussi neigeuses que ce matin, rouler sur un plateau de 28 dents facilite beaucoup les choses: à la moindre résistance sur le sol, le couple généré par un effort accru règle habituellement tous les problèmes.

Et contrairement à cette mécanicienne qui disait que, l'hiver, vous passerez autant de temps à nettoyer le vélo qu'à vous en servir, je le laisse au naturel. Tout au plus, je le rentre parfois, pas souvent, à l'intérieur et l'excédent de neige disparaît. Faut dire que je ne roule pas avec un vélo fait de pièce dispendieuses: seul son cadre est sophistiqué. Je l'ai recyclé en vélo d'hiver après plusieurs saisons d'été très agréables: c'est un cadre de 1.5 kg à épaisseur variable, très variable (''triple butted''). Le reste des pièces qui sont dessus sont typiquement de niveau Altus/Acera, très fonctionnelles, à défaut d'épater la galerie.


*


Je vous ai déjà suggéré, ici, l'écoute de quatuors de saxophones. En voici un que je ne connaissais pas, et qui vaut le détour. Marici Saxes, de Londres, en Angleterre.

vendredi 31 août 2012

L'ULTIME.


Un Falardeau carbone monocoque. D'occasion, il est disponible pour un montant de 1800$cad + taxes.
Fiche technique:
-Tout Dura Ace 10 vitesses, sauf le pédalier et le dérailleur avant qui sont de série FSA compact.
-Fourche carbone à pivot carbone. Guidon ''wing'', potence Look et tige de selle tous en fibre de carbone.
-Roues 100% neuves Fulcrum Racing 7 (négociables).
-Porte-bouteilles fibre de carbone inclus, pédales non-incluses.
-Vérification générale incluse.
Voir photos plus bas sur ce même message.

.

L'automne approche et certains d'entre vous commencent à penser au vélo qu'ils utiliseront lorsque le froid reviendra. L'hiver québecois a ses exigences...

Voici un échange de courriels que j'ai eu cette semaine. Un cycliste m'écrit:


J'aime bien le vélo qui apparait dans votre blog il y a deux semaines, "Un Falardeau Alu9 chaussé 700 x 32mm"

Moi, je me cherche un vélo d'hiver.  Mon trajet vélo-boulot est de 16km x2.  Je roule en toutes conditions, neige glace froid...

Alfine 11 vitesses et manettes rapid fire
ratio 39x20  équivalent, ou plus lent
freins Shimano M505 (à disque, hydrauliques)
tige de selle carbone
fourche carbone
porte bagage arrière
ailes et garde-boue

Pour en faire mon vélo d'hiver ultime...


Ma réponse:


Il n'y a pas d'empêchement technique  pour la réalisation d'un tel vélo. J'ai les relations commerciales qui permettent de se procurer ces pièces. Ceci dit...

Je n'ai pas fait le calcul exact du coût de production d'un tel vélo, mais c'est certain que le prix de détail dépassera les 1000$. Or, je suis personnellement d'avis qu'un vélo d'hiver québecois ne devrait pas être aussi onéreux, étant donné le vieillissement accéléré qu'un vélo peut subir dans de telles conditions. Parce qu'on ne parle pas de simplement rouler sur une belle neige blanche et propre...

Non seulement je préfère un vélo plus abordable, mais aussi plus simple. Il faut pouvoir entrer dans n'importe quel magasin de vélo et se procurer facilement des pièces de remplacement, car le besoin de telles pièces est inévitable, dès la fin du premier hiver. Parfois même avant. Car à 150 kms/semaine, pas de doute, il y aura du travail à faire.

Ce ne sont pas tous les mécaniciens qui sont familiers avec ces freins et surtout, ces moyeux. Et méfie-toi de ceux qui disent que ces moyeux arrière sont sans entretien. La question n'est pas de savoir si ils requièrent de l'entretien, mais bien plutôt quand ils en auront besoin. 

Le besoin d'étanchéité du moyeu arrière est plus grand dans les villes québecoises que dans bien des conditions hivernales que l'on retrouve ailleurs dans le monde. Je n'ai personnellement pas utilisé un tel moyeu en hiver (ou même en été), mais mon expérience avec un autre marque/modèle était que l'étanchéité était insuffisante à long terme et que oui, il faudra l'ouvrir, ce n'est qu'une question de temps. 

J'ai donc une préférence marquée pour un cadre léger (Falardeau Alu9) habillé avec des pièces abordables (niveau Altus/Alivio) qui me donnent un vélo facile d'entretien et dont le coût d'utillisation reste raisonnable. D'ailleurs, avec un tel vélo, plusieurs de mes clients peuvent faire une bonne partie de l'entretien eux-mêmes. Ce que j'ai personnellement toujours encouragé, particulièrement chez les cyclistes d'hiver. Les pièces Shimano de milieu de gamme ont une tradition de bon fonctionnement typique de la production industrielle japonaise en général. Et non, un dérailleur arrière en hiver n'est pas une aberration peu fiable. Nous faisons de longues sorties assidues avec les nôtres, en janvier, février, etc., et il n'y a pas d'irritant important.

Il y a un détail qui n'en est pas un: la tension de la chaîne. Sur un vélo mono-vitesse, la tension est obtenue en reculant la roue dans des pattes de fourche arrière qui doit être horizontales, contrairement aux pattes de fourche verticales qui équipent la plupart des cadres modernes (incluant celles des Falardeau Alu9). J'ai pris des renseignements de l'importateur Shimano et voici une partie de la réponse:


Pour la tension, la roue doit être installée à la main et il ne faut pas mettre autant de tension que dans un mono-vitesse.
Le client peut trouver toutes les informations sur le site de Shimano
La tension recommandée est indiquée à cet endroit.


On m'a certifié que les moyeux Alfine sont prévus pour être installés sur tous les cadres, peu importe les pattes de fourche.

Et pour ce qui est des talons qui accrochent sur les bases, je suis un peu perplexe: étaient-elles si évasées? En tout cas, je n'ai jamais vu un client se plaindre de son Falardeau en me disant que ses talons accrochaient!     Tu peux en essayer un si tu veux...



Et dans un courriel subséquent, le cycliste me dit (en italique, mes commentaires auxquels il répond):


-Les lubrifiants conçus pour l'été ne sont pas appropriés au froid: ils s'épaississent et peuvent nuire au bon fonctionnement. Alfine et les freins hydrauliques ne sont pas dans leur zone de confort en hiver québecois. Je ne les ai pas utilisés personnellement et je ne peux mesurer l'inconvénient que ça représente.
- mes vélos dorment au frais dans le garage (10C), lorsque je sort, après quelques minutes, je crois pouvoir sentir l'effort plus grand requis par l'huile/la graisse qui fige. Le moyeu Alfine (11 vitesses) fonctionnait bien, quoique un peu lourd, ça se sent à l'arrière. J'ai eu plus de problèmes avec les freins hydraulique de mon MTB (Rocky Mountain Vertex 30 et freins shimano Deore ) qu'avec le vélo de MEC (Shimano M505).

-Les cadres acier gagnent beaucoup à subir quelques couches de peinture antirouille avant l'hiver.

Mon fixe n'a aucune trace de rouille à l'extérieur mais la couche de peinture semble épaisse et j'ai vu de l'eau rouillée sortir par les trous de drainage du cadre en le lavant. Probablement de la rouille due à la condensation.

Le cadre est un Paké: http://www.pakebikes.com/product/C69BA7/Rum+Runner+Steel+Track+Frame

si tu ne t'accroches pas dans les talons dans d'autres marques/modèles classiques, tu ne t'accrocheras pas dans un Alu9.

- en effet je n'ai jamais eu ce problème avec mes autres vélos. Avec le MEC, il faut vraiment pédaler les pieds parallèles au cadre et en hiver avec des bottes, il faut pédaler avec un léger "Toe-in".


Le problème du cadre, c'est de vouloir employer des freins à disques avec le moyeu interne et une chaine sans tendeur. Il faut que la machoire puisse bouger pour s'ajuster à la position de la roue !

-Pour régler le problème du positionnement de la machoire de frein à disque arrière (à cause de la tension de chaîne), on peut mettre un frein à tirage linéaire (''v-brake'') seulement sur la roue arrière. Quitte à utiliser le frein à disque avant de manière prioritaire chaque fois que ce n'est pas contre-indiqué.


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Suite au message du 25 août dernier, concernant le cas Armstrong, lemonde.fr publie un interview de Christophe Bassons où il est question entre autres  de Richard Virenque: http://www.lemonde.fr/sport/article/2012/08/27/christophe-bassons-en-hiver-je-distancais-richard-virenque-dans-les-cotes_1751911_3242.html .
Ceux qui ne connaissent pas Bassons gagneront à lire l'introduction de l'article. Il s'agit d'un ex-coureur professionel au discours atypique.



Et on trouve à la fin de l'article le commentaire suivant de la part de M. Uztarroz:


ricardo uztarroz, ex-petit cycliste amateur 27/08/2012 - 17h49
Mon cher Christophe, je mets pas en doute ta sincérité mais je dû mal à croire que, depuis tes débuts dans le vélo, tu ignorais ce que voulait dire allumer la chaudière, billes de quatre, boulons de 18, la petite lili, tonton, riri, tintin (les amphètes), que tu ne savais qui était le docteur Mabuse grand distributeur de pot belge, les cornues pédalantes, saler la soupe, allumer les phares, et j'en passe des meilleures. J'ai fait du vélo il y a plus de 50 ans. On embarquait la topette déjà.


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J'aime bien ces vieux instruments usés, comme cette basse électrique, qui ont du vécu... et du métier.