vendredi 30 octobre 2009

PIÉDESTAL


Décalques pour vélo achetés au Vietnam.


Je vous parlais dans le message précédent de la partisanerie que certains cyclistes ont envers les pièces "Made in Italy", principalement celles offertes sous la marque CAMPAGNOLO. Ceux qui ne sont pas familier avec la culture cycliste n'imaginent pas le culte voué aux transmissions, aux freins et aux roues CAMPAGNOLO. Certains partisans de la marque épellent le nom du principal rival de la façon suivante: ShimaNO. Il y a au moins un site dédié à la marque, ou plutôt à l'exclusion de toute pièce autre que celles de la marque italienne. C'est sérieux...

On m'a déjà demandé si "j'étais" SHIMANO ou CAMPAGNOLO. La question se pose. Dans ma tête je ne "suis" ni l'un ni l'autre, car la partisanerie en soi n'a pas beaucoup d'attrait pour moi. En fait, je trouve que la partisanerie est un frein à l'esprit critique, et génère des attitudes irrationnelles. Par contre dans les faits, je dois convenir de deux choses:
A) Mes vélos personnels (les miens propres) ont tous une dominante de pièces Shimano.
B) Souvent, lorsque je travaille sur du matériel CAMPAGNOLO, j'ai à faire face à des complications indésirables, parfois dûes à des aberrations de conception. Du genre: "Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?".

De plus, les pièces CAMPAGNOLO sont principalement destinées à un usage route/course/cyclotourisme, alors que les Japonais offrent un catalogue plus vaste s'adressant aussi à l'usage hors-route, l'utilitaire et presque tout ce que vous pouvez imaginer comme sorte de cyclisme.

CAMPAGNOLO font de bons roulements de billes. Mais ne comptez pas sur moi pour vouer un culte à une transmission de vélo. Ou d'auto, d'avion ou de pédalo.

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SPÉCIAUX DU JOUR:

Selle pour femme ORA Contour, rég. 32$, réduite à 14$ + txs.
Sac de selle PEDRO'S Ethik, rég. 35.50$, réduit à 9$ + txs.
Soulier ADIDAS Hammer, taille 8 pour homme, rég. 220$, réduit à 69$ + txs.

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Rendez-vous des cyclistes: dimanche 1er nov. à 12:45h, devant Bicycles Falardeau au 174 rue Richelieu à Québec. Classe affaire et classe touriste.

mercredi 28 octobre 2009

KONA KAMPUCHEA


En réalité, c'est un KONA (un bon vieux cromo...)

Non, ils ne font pas de Mercedes-Benz au Cambodge. Malgré ce que vous voyez sur la photo ci-dessus. Mais au Vietnam, il se fabrique beaucoup de vélos.

J'ai acheté des décalques pour vélo à Hué, au Vietnam. On en fait de toutes sortes. C'est parfois rigolo de voir les vélos qui passent dans la rue. Une fois, j'en ai vu un qui était identifié "Air France". Il n'allait pourtant pas si vite...

Je vous montrerai, dans les prochaines semaines, quelques-unes de ces décalques. Elles sont achetées par des gens qui font des cadres de façon artisanale. Littéralement soudés sur le trottoir (pas AU trottoir...). Il y a aussi une tradition qui veut qu'au Nouvel An Lunaire, le Têt, certaines personnes vont repeindre leur cadre pour saluer la nouvelle année et la partir sur le bon pied. Après quoi, évidemment, on doit poser de nouvelles décalques. La marque PEUGEOT est très populaire.

Bien sûr, il n'y a pas que de la fabrication artisanale au Vietnam. Le gros de l'industrie du vélo est concentrée dans la région de Ho Chi Minh Ville (Saigon). On y fabrique, entre autres, des cadres pour la compagnie canadienne NORCO. Certains industriels taiwanais avaient, il y a quelques années, commencé la fabrication au Vietnam pour éviter les surtaxes imposées sur la production chinoise. Glissement vers le Vietnam. Puis, les Européens ont imposé une surtaxe aussi sur les vélos fabriqués au Vietnam.

Les compagnies européennes, depuis la chute de l'empire soviétique, ont beaucoup utilisé les pays d'Europe de l'Est comme alternative aux bas coûts de production qu'on trouve dans la lointaine Asie. Les salaires y sont un peu plus élevés, mais la proximité géographique et culturelle est un avantage appréciable. Dans le domaine du vélo, la Pologne est un des pays qui a profité de cela. La compagnie italienne Campagnolo, elle, fait travailler une usine roumaine. Au grand dam des puristes qui attribuent des pouvoirs presque surnaturels aux ouvriers italiens. Et pourtant, lorsqu'on gratte le vernis qui orne la production industrielle en Italie, on trouve des choses qui nous rappellent que l'Italie est un pays quelque peu chaotique. Leur réalité politique est une des pires en Occident: la présence de Berlusconi au pouvoir est tout ce qu'ils ont trouvé pour remédier aux gouvernements qui ne durent que six mois... D'ailleurs, lorsque j'étais à Milan, en 2005, j'ai été frappé par le peu de voitures italiennes que je voyais dans les rues. Ça tend à confirmer ce qu'un Espagnol me disait au sujet de leur qualité de fabrication...

À bientôt.

vendredi 23 octobre 2009

QUI FAIT QUOI.


À LÉVIS, 18 OCTOBRE 2009.


Il y a quelques années, MERIDA, deuxième plus gros constructeur de cadres/vélos à Taiwan, a acheté 25% des parts de SPECIALIZED, un de ses gros clients. Je ne sais si le statut de MERIDA a changé dans ce cas précis, mais quand on connait la situation internationale de la production de vélos, ça n'est pas surprenant. Ce n'est pas sans rappeler la situation dans le domaine de l'automobile. Mitsubishi, avant de proposer ses voitures au Canada sous son propre nom, les a offertes sous les bannières EAGLE et DODGE. GIANT a fait la même chose avec ses vélos: le plus gros constructeur de Taiwan, du monde, en fait, nous a vendu ses vélos pendaht plusieurs années sans que l'on sache quel manufacturier (par opposition à distributeur) se cachait derrière la décalque qui était sur le cadre.

Du côté des cadres en fibre de carbone, la majorité des grandes marques connues en Occident ne confectionnent pas elles-même les cadres qu'elles nous proposent. Voici quelques exemples de compagnies, avec le nom du sous-contractant qui exécute les cadres pour elles.

KONA: HODAKA
NORCO: CARBOTEC
RALEIGH AMERICA: C6 (en Chine et à Taiwan)
SCOTT USA: HODAKA (et peut-être aussi une usine en Chine qui appartient à SCOTT)
TITUS: GM Carbon
ORBEA: MARTEC et INDA
FUJI et KESTREL: YMA, MARTEC, TOPKEY et ADK.

Tous ces sous-contractants fabriquent à Taiwan et/ou en Chine.

Peut-être êtes-vous déçus, ou même, scandalisés de cette réalité? Il y a un avantage à cette situation: la compagnie occidentale met en marché un produit exécuté par des spécialistes dont la courbe d'apprentissage n'en est pas à ses débuts. Ce qui n'est pas un détail lorsqu'on parle de fibre de carbone.

Évidemment, ce serait bien si tous nos chômeurs ontariens pouvaient se recycler dans la fabrication des cadres en fibre de carbone. Mais eux seraient déçus par la baisse de salaire qu'ils auraient à subir. Je pense évidemment aux travailleurs (Unis) de l'automobile quand je dis ça, habitués qu'ils sont à des salaires qu'aucun fabricant de cadre, dans quelque pays qu'il soit, ne peut offrir. Non, si un employé veut un salaire élevé en Occident, mieux vaut fabriquer des avions ou des automobiles plutôt que des vélos.

À bientôt.

mardi 20 octobre 2009

MICHAEL BARRY WRITES AGAIN...


À LÉVIS, octobre 2009.


Michael Barry fabriquait des cadres de vélo à Toronto jusqu'à sa retraite, il n'y a pas très longtemps. Il les vendait sous la marque MARIPOSA. Ne le confondez pas avec Mike Barry, son fils, qui lui fait carrière comme coureur cycliste sur route, sur le Pro Tour. Il s'est particulièrement fait connaître en étant membre de l'équipe de Lance Armstrong.

Le père est né en Angleterre et a immigré au Canada autour de 1960, après avoir participé à des courses de vélo dans son pays d'origine. La bonne nouvelle, c'est qu'il est maintenant un blogueur actif au: bicyclespecialties.blogspot.com . La mauvaise nouvelle, c'est qu'il n'y écrit pas très souvent. On en prendrait plus.

Son dernier message parle de musées de vélo en Italie, qu'il a visitée récemment. À lire absolument si vous vous intéressez à Fausto Coppi et aux vélos de piste.

Ce qui m'a rappelé ma visite, en 1989, au musée de vélo de la ville de Nijmegen, aux Pays-Bas (www.velorama.nl). J'y avais vu un des plus beaux vélos que j'aie jamais vu: le cadre était fait de tubes de bambou vernis, avec des raccords, si je me rappelle bien, en aluminium. Je crois qu'il avait été fabriqué dans les années '20. Le vernis lui donnait une riche couleur de miel, et les raccords étaient bien polis. Il s'agissait d'un vélo de promenade, et il aurait été digne d'un aristocrate tant son esthétique était réussie.

N'étant pas un aristocrate moi-même, je me contentais durant ce voyage d'un vélo construit à partir d'un cadre italien de tourisme de marque Wander. Petite description sommaire:
-Cadre et fourche chromés, sans décalques.
-Pneus 700 x 28.
-Transmission à roue libre monovitesse.
-Pédalier Campagnolo à trois branches.
-Guidon surélevé en aluminium.
-Jantes Mavic.

Grâce à sa simplicité, ce vélo pesait 9.5 kgs, soit 21 livres. Certains Néerlandais l'ont trouvé très intéressant, mais ils lui faisaient tous le même reproche. Vous avez déjà vu, en personne ou en photo, un de ces supports à vélo qu'on trouve à l'entrée des gares aux Pays-Bas? Des centaines et des centaines de vélos, un à côté de l'autre, tous plus ou moins identiques. Car la dernière chose que les Néerlandais veulent, c'est attirer l'attention des voleurs en ayant un vélo plus beau que les autres, comme mon (ex-) vélo chromé.

Voilà pourquoi l'industrie du vélo néerlandaise est partiellement captive de ce style de vélo si romantique aux yeux des touristes. BATAVUS et GAZELLE en ont fabriqué des millions. On s'asseoit très droit, et on espère avoir un vent de dos. Et vive le plat pays, car ce n'est pas léger. Merci mais, non merci. Autre pays, autres moeurs.

À bientôt.

vendredi 16 octobre 2009

QUELLE MARQUE CHOISIR? (si vous êtes détaillant)


Celui-ci est en cours de production et n'est pas encore complet. Pneus 700 x 28.


J'ai regardé avec intérêt, récemment, un interview à la télé locale. Il s'agissait d'un concessionaire automobile connu qui a vendu des véhicules General Motors pendant plusieurs années. Il était même reconnu comme étant un des points de vente les plus performants pour General Motors.

Et du jour au lendemain, sans trop crier gare, GM leur ont signifié la fin de leur entente. Suite aux déboires du géant américain, il a dû dégraisser lourdement leur réseau de concessionaires, ce n'est pas un secret. Sauf que celui-là ne s'y attendait pas trop, compte tenu de sa performance de vente.

Ce qui l'oblige à se tourner vers un autre fournisseur. J'écoutais l'émission et j'avais hâte de le voir patiner pour trouver les mots qui justifieraient le choix de tel nouveau fournisseur japonais. Car après avoir vanté les mérites des merveilleuses voitures GM pendant aussi longtemps, il ne peut pas dire que la nouvelle marque qu'il propose à sa clientèle est beaucoup meilleure. Et son choix fut d'éviter la question de la qualité des véhicules. Il a plutôt parlé de l'entente avec le fournisseur sans trop rentrer dans les détails et s'est attardé davantage sur le défi représenté par le fait de vendre du GM le vendredi, et du japonais le lundi suivant.

Dans le domaine du vélo aussi, il se prend des décisions qui ressemblent à ça. Les détaillants doivent décider quelle marque ils proposeront. Et si vous leur demandez pourquoi ils ont fait le choix qu'ils ont fait, il y a de bonnes chances que la réponse soit incomplète. En effet, certains aspects de leur décision n'ont rien à voir avec les besoins ou la satisfaction du client.

Voici des exemples de critères qui influencent le choix du détaillant.

-La marque est-elle déjà proposée chez un détaillant à proximité?

-Est-ce une marque de premier plan, en vogue et jouissant d'une grande notoriété?

-Est-ce qu'elle offre des conditions de paiement avantageux?

-Est-ce qu'elle exige des minimums de quantité vendue?

-Est-ce qu'elle donne un bon service après-vente lors de réclamations de garantie?

-Est-ce qu'elle offre un catalogue intéressant de pièces et accessoires en plus des vélos?

-Est-ce qu'elle livre à temps pour profiter de la saison de vente nord-américaine très courte?

-Les coloris et l'esthétique générale sont-ils susceptibles de plaire à la clientèle locale?

-Le catalogue proposé contient-il une gamme de vélo qui correspond aux attentes du détaillant? En effet, il ne souhaite pas avoir plusieurs marques ayant toutes le même profil.


Il y a probablement d'autres critères qui sont pris en considération, j'en oublie sûrement. Mais ça vous donne une idée des enjeux et vous comprenez facilement pourquoi le détaillant n'entrera pas dans les détails si vous lui demandez pourquoi il propose cette(ces) marque(s). Comme le disait un de mes amis: "On trouve le produit à vendre, puis après on trouve les arguments pour le vendre." Vous voulez un vélo performant? Le détaillant veut un magasin performant.

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SPÉCIAUX DU JOUR:

-Les potences en fibre de carbone de marque LOOK, PAZZAZ et TOKEN sont toutes offertes 49$ + taxes.
-Les rayons DT SWISS Champion sont réduits de .81 à .50 chacun. Plusieurs tailles en stock.
-Le jeu complet de câbles/gaines de frein route Shimano Dura-Ace est réduit de 39.50$ à 19.75$ + taxes.

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Le rendez-vous des cyclistes aura lieu dimanche le 18 octobre sur le traversier qui quitte Québec à 11 h pour aller à Lévis. Classe affaire et classe touriste.

À bientôt.

mercredi 14 octobre 2009

UN NOUVEAU SCANDIUM



FALARDEAU SCANDIUM AVEC FOURCHE RIGIDE.


J'ai vendu mon Falardeau Scandium 26 x 1.5 l'été dernier. Je n'avais pas l'intention de m'en priver mais une série de raisons m'ont poussé à le faire. Je l'avais vendu avec l'intention de m'en faire un autre et c'est ce que j'ai fait récemment.

J'aime beaucoup cette bête. Les hybrides dynamiques comme mon FALARDEAU Alu9 sont de meilleurs grimpeurs, grâce à leur train roulant, i.e. l'ensemble pneus/roues, plus haut et plus léger (roues de 700c). Par contre, pour rouler en ville, je préfère quand même des roues de vélo de montagne de 26" pour leur robustesse et leur aisance dans une variété de terrains tels que: travaux de voirie, gazon, mauvaise asphalte et autres. C'est particulièrement apprécié lorsque je reviens du travail à l'obscurité, car l'état de la chaussée est ce qu'il est, ici au Québec. Avec des pneus de 1.5" de large, on peut être très roulant tout en n'ayant pas trop peur des imperfections du terrain.

À condition d'avoir un cadre et une position dynamique. Le cadre est dynamique à cause de son poids de 1500 grammes. Les accélérations sont très nettes, ce qui est appréciable lorsqu'on doit ralentir à cause de l'environnement urbain. La position, elle, est ajustée par le choix de la potence et le positionnement des espaceurs autour de celle-ci.

J'ai modifié le Scandium que j'ai vendu cet été pour accomoder les besoins du prochain propriétaire: gros pneus, fourche à suspension et guidon surélevé. Ces éléments sont précieux en forêt, lorsqu'il s'agit de négocier un terrain difficile et encombré. Mais le pauvre a perdu une bonne partie de son explosivité dans le processus, c'était devenu un autre vélo car la légèreté du cadre ne suffisait pas à compenser.

Voici en gros une description du nouveau vélo. Sa valeur à neuf doit se situer approximativement (je ne l'ai pas encore calculée exactement) à 1000$cad. + taxes.

Cadre FALARDEAU Scandium 18"
Fourche aluminium rigide
Roues ENSZO Sprint MB
Leviers freins/vitesses ("brifters") Shimano Deore LX M580
Freins Shimano BR 420
Pédalier Shimano Deore 22/32/44
Cassette 9 vit. 11/25
Dérailleurs: avant Deore, arrière Deore LX
Pneus CST Corporal 26 x 1.5
Guidon Profile en fibre de carbone 25.4 mm
Selle Trigel

Je ne l'ai pas pesé. Il doit se situer autour de 23 ou 24 livres.

Les cornes seront changées: j'attends des BBB Ergosticks qui sont actuellement mes préférées.

J'étais curieux des nouveaux leviers combinés frein/vitesse de Shimano comme ceux que j'ai mis sur ce vélo. Curieux et un peu sceptiques, aussi. Je me propose de vous en parler davantage lorsque je serai plus familier.

Les premières impressions sont très bonnes. Je retrouve la dynamique du précédent, et les qualités qui font que j'aime ce type de vélo. Un bon compromis entre mon goût de la vitesse et la réalité urbaine.

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J'ai eu l'occasion de voir un vidéo promotionnel pour le nouvel album de Sting: "If on a winter's night". Essentiellement acoustique, beaucoup de cordes, rien à voir avec The Police. J'ai bien aimé ce que j'ai entendu et me promets de me procurer l'album, qui sera disponible à partir du 26 octobre 2009.

À bientôt.

vendredi 9 octobre 2009

DÉRACINÉS


À Lévis, en haut d'une des côtes très raides qui partent du fleuve.
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C'était en novembre 1976. Je m'arrête dans un hôtel plus ou moins miteux de la Pennsylvanie pour passer la nuit. Je voyage vers le sud avec mon vélo ATALA Grand Prix.
Le barman est propriétaire de l'endroit. Un grand type sympathique qui me sert une téquila: 60 cents. Losque, au cours de la conversation, il apprend que je suis québecois, il commence à me parler en français. Il me dit qu'il est un immigrant, né en France.
Un peu plus tard, un couple rentre dans le bar. Ces gens se connaissent tous et le barman dit à la femme: "Viens ici, viens parler français, ce gars est un Québecois!"
À quoi elle répond: "No thanks, that's the past, I don't wanna speak French anymore."

Elle était immigrante comme lui, d'origine française comme lui. Elle rejetait ses racines. C'est triste. Je le dis comme je le pense, comme je le pensais sur le coup, spontanément. Ce n'est pas une position politique, c'est simplement une réaction à ce que je perçois comme une auto-amputation inutile et stérile. Je ne connais pas son passé, et peut-être cette dame avait de bonnes raisons de renier le pays et la culture de son enfance. Si c'est le cas, je la plains.

Plus loin sur ma route, c'est un YMCA qui m'accueille pour la nuit. Avant de m'inscrire, dans le lobby, un cinquantenaire oisif me dit: "Qu'est-ce que tu fais ici? N'arrête pas ici... il n'y a rien ici!" Sage conseil, la ville est grise comme le ciel, en pleine décrépitude, comme un oiseau qui a perdu ses ailes. Lui ne sait pas que je ne fais que passer.

Quelques jours après, je m'arrête pour dîner dans une très petite ville. Je rencontre un jeune homme avec qui je sympathise. À un moment donné durant la conversation je lui demande pourquoi il vit dans cet endroit. Sa réponse: "Parce qu'il y avait un arrêt d'autobus." Fallait bien descendre quelque part...
Son dîner à lui? Un Jos Louis et un lait au chocolat.

Les Européens sont souvent fascinés par l'Amérique. Le vélo est un bon moyen de prendre le pouls de cette Amérique. Pas celle d'Hollywood, des "soap" de 14:00h ou des piscines de Miami. Celle du meilleur jusqu'au pire, celle qui vous laisse des images de peinture écaillée, de mobilier défraîchi, de pièces mal aérées, de gens au teint gris. Heureusement, la nature est belle partout, et on y fait de bonnes rencontres.

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C'était probablement durant les années soixante. Radio-Canada a organisé à quelques reprises des concours de chanson. Juliette Bourassa avait voulu y participer, en tant que compositrice, en utilisant un texte tiré du roman de Léon Tolstoï: "Anna Karénine". Elle a communiqué avec la chanteuse Pauline Julien pour lui demander d'être l'interprète de la chanson. Pauline a répondu par un billet écrit à la main sur un beau papier très fin, reflet du bon goût dont elle a fait preuve toute sa vie. Voici sa réponse, que j'ai retrouvée en fouillant dans les affaires de Madame Bourassa ces derniers jours:

"Mademoiselle,
C'est gentil d'avoir pensé à moi.
Malheureusement, je trouve que votre chanson n'est pas assez travaillée... pas assez complète... l'idée pourrait être jolie il faudrait l'élargir.. et l'approfondir davantage.

Au revoir
Pauline Julien."

Les plus jeunes d'entre vous n'ont pas connu Pauline Julien. C'est dommage. Elle est de la génération de Gilles Vigneault. Madame Bourassa m'a dit qu'au début de sa carrière, elle chantait faux, ce qu'elle a corrigé par la suite.
Elle avait du charisme, de l'intégrité, et était très respectée.

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SPÉCIAUX DU JOUR:

Jeu de direction FSA Orbit Extreme Pro, standard 1 1/8" non-fileté:
rég. 178$, réduit à 49$ + taxes
Gants de mécanicien Park Tools, rég. .88/paire, réduit à .48/paire + taxes
Paire de moyeux Ritchey:
Avant: Mountain Comp Disc, 32 trous, roulement cartouche
Arrière: Mountain Comp Zero Disc, 32 trous, roulement cartouche
Rég. 98$/paire, réduit à 38$/paire.

Pas de rendez-vous cycliste prévu pour dimanche. On se reverra dimanche le 18 octobre.

À bientôt.