lundi 27 janvier 2014

JE NE PERDS PAS MON TEMPS. JE SUIS AVEC MON AMI.






Permettez-moi, ici, de ne pas parler de dérailleurs, de pistes cyclables ou de la plus grosse (ou petite) compagnie de vélo au monde. Mais ceux qui s'occupent du business international  des vélos ne peuvent éviter de considérer la culture asiatique. Car le moyeu de la planète vélo, c'est Taiwan et la Chine.

On dit souvent que cette culture est différente, sans nécessairement expliquer en quoi elle peut l'être. Depuis mon premier voyage au Vietnam, en 1993, j'ai côtoyé non seulement des Vietnamiens, mais aussi des Taiwanais. Et en lisant un livre co-signé par Kim Thuy, récemment (À toi, 2011, Libre Expression), j'ai trouvé quelques paragraphes qui, je trouve, expriment admirablement bien des différences fondamentales entre eux et nous, et qui expliquent des comportements et des attitudes qu'on peut observer tous les jours. Kim Thuy est une québécoise née au Vietnam.

À propos du temps:

''Je comptais sur toi pour m'enseigner les temps des verbes, dont les subtilités du subjonctif, justement. En vietnamien, le verbe est toujours à l'infinitif. On ajoute des particules qui indiquent le passé ou le futur: rencontrer hier, rencontrer demain, rencontrer déjà. Le temps est une notion imprécise...

...En Amérique du Nord, tout est chronométré, noté, calculé. Les invités à une soirée arrivent presque toujours en même temps parce que tout le monde respecte l'heure prévue à la minute près. Les événements sont placés sur la ligne du temps, en ordre chronologique minutieux, presque maniaque, afin d'établir la chaîne des actions et des réactions: qu'est-ce qui a provoqué, aura provoqué ou aurait pu provoquer quoi et à quel moment, et comment et pourquoi? Il devient alors nécessaire de conjuguer le futur antérieur, le passé simple, le conditionnel, le plus-que-parfait, le subjonctif aux temps composés ou surcomposés, aux aspects imperfectif ou statique, à la voix passive ou moyenne...''






À propos d'être ensemble:

''Il est très rare de voir un Vietnamien, et plus encore une Vietnamienne, attendre seul chez le médecin ou ailleurs. Ils sont toujours accompagnés. Une fois, j'ai demandé à un garçon pourquoi il perdait son temps dans la cour d'école à attendre son ami qui passait un examen de trois heures. Il ne saisit pas immédiatement le sens de ma question.

     -Pourquoi restes-tu au soleil à ne rien faire alors que tu peux t'amuser à la maison ou ailleurs?
     -Je ne perds pas mon temps. Je suis avec mon ami.

En amitié, le temps de l'un semble se greffer au temps de l'autre. Les minutes ne sont plus comptées, car elles ont été données à l'autre, non pas comme un cadeau mais comme une offrande, une preuve de dévouement.''


J'ai dû m'adapter. Mon épouse aussi. Nous sommes parfois fascinés de voir que, malgré le fait que nous sommes diamétralement opposés autant par le tempérament que par la culture, nous sommes d'accord sur beaucoup de sujets.



Yvon Guillou était un Québécois d'origine française qui s'est impliqué beaucoup dans les compétitions cyclistes au Québec jusque dans les années '80. Il est maintenant décédé et la Ville de Québec a baptisé une rue à son nom, au pied de la Côte Salaberry.



Après une année 2013 plutôt ordinaire, l'industrie mondiale du vélo n'est pas pessimiste, mais l'humeur est à la prudence. La situation économique en Europe, combinée à la météo maussade en Amérique du Nord a contribué à laisser trop d'inventaire dans les entrepôts. Les fabriquants sont donc réticents et cet état de fait pourrait contribuer à des pénuries chez les distributeurs pour qui veut regarnir son magasin en cours de saison. C'est en Asie qu'il y a une croissance de la demande en ce moment et les fabriquants s'en réjouissent forcément.




Il y a des pays où, en guise de salutations, on vous demande: ''Avez-vous mangé aujourd'hui?''
Faut croire qu'on n'a pas toujours répondu par l'affirmative. Ce n'est pas un détail, la faim, ça peut vous tuer, non?

Ici au Québec, les commentaires penchent plutôt du côté de la météo, si changeante. Après tout, le froid, ça peut vous tuer, non?

Cet hiver 2013/2014 est particulièrement rigoureux. Prenez ce matin. Moins froid qu'hier, nous avions un beau moins dix degrés Celsius. Ça fait changement des moins vingt. Mais la neige était abondante au point qu'à un moment donné, on a fermé deux côtes à la circulation au centre-ville (Salaberry et D'Abraham). Et pendant ce temps, un carambolage sur l'autoroute 40 a impliqué trente voitures à la hauteur de Saint-Augustin. 

Le froid des dernières semaines a fait dire à mon neveu Emmanuel: ''Ce n'est pas l'hiver, c'est un traitement cryogénique!''



Voici mon vélo la semaine dernière. Vous pourriez avoir l'impression que plus rien ne fonctionne correctement, mais ce n'est pas le cas. Les freins fonctionnent normalement. Le dérailleur arrière, les journées les plus froides, je ne m'en sers pratiquement pas, mais à moins dix, il fait tout ce que je veux. Le dérailleur avant, lui, se permet parfois de petits caprices, mais ils sont rapidement réglés lorsque je pousse gentiment dessus avec mon pied pour le convaincre de passer sur le petit plateau. Je lubrifie la chaîne très souvent, mais également les dérailleurs, avec du pétrole distillé comme le WD-40. Essentiel.

De nombreux cyclistes d'hiver, à commencer par moi il y a plusieurs années, perçoivent les dérailleurs comme étant incapables de résister à ces conditions, mais mon expérience (et celle de mes amis) nous prouve le contraire. Et lorsque les conditions sont aussi neigeuses que ce matin, rouler sur un plateau de 28 dents facilite beaucoup les choses: à la moindre résistance sur le sol, le couple généré par un effort accru règle habituellement tous les problèmes.

Et contrairement à cette mécanicienne qui disait que, l'hiver, vous passerez autant de temps à nettoyer le vélo qu'à vous en servir, je le laisse au naturel. Tout au plus, je le rentre parfois, pas souvent, à l'intérieur et l'excédent de neige disparaît. Faut dire que je ne roule pas avec un vélo fait de pièce dispendieuses: seul son cadre est sophistiqué. Je l'ai recyclé en vélo d'hiver après plusieurs saisons d'été très agréables: c'est un cadre de 1.5 kg à épaisseur variable, très variable (''triple butted''). Le reste des pièces qui sont dessus sont typiquement de niveau Altus/Acera, très fonctionnelles, à défaut d'épater la galerie.


*


Je vous ai déjà suggéré, ici, l'écoute de quatuors de saxophones. En voici un que je ne connaissais pas, et qui vaut le détour. Marici Saxes, de Londres, en Angleterre.

vendredi 17 janvier 2014

AVICISSITUDES.






Un Falardeau alu-carbone (pièces Shimano 105).


Johanne et Pedro sont présentement en Thailande. Si vous aimez les photos d'endroits exotiques, vous vous régalerez, car la qualité d'images est très bonne: www.veloreve.blogspot.com

En plus, la quantité de photos fait qu'une impression générale du pays se dégage du visionnement, plus que si l'on n'avait droit qu'à deux ou trois photos. Et c'est comme ça à chaque fois qu'ils publient un nouveau chapitre dans leur long périple.





Un des avantages d'être son propre patron, c'est de pouvoir déterminer soi-même son horaire de travail. Et pour ceux que ça pourrait concerner, laissez-moi vous expliquer un peu comment je fonctionne.

Je n'aime pas décevoir, alors je promets peu. Surtout en cette période hivernale où l'achalandage est modeste. Ensuite, rien ne m'empêche d'être beaucoup plus présent que ce qui est écrit à côté de la porte.
En janvier, l'horaire officiel est de midi à 17 heures, du lundi au vendredi. Ça ne veut pas dire que je quitte à 17:01 heures ou que j'arrive à midi moins une. Ou que je ne peux pas prendre un rendez-vous avec un de mes clients en dehors de ces heures-là. Simplement, si j'ai des choses à faire ailleurs qu'au magasin, je les ferai le matin ou la fin de semaine.

Ça peut donner faussement l'impression que je ne travaille pas beaucoup, mais bon. Entre autres choses, cette semaine, j'ai fait de l'ordre dans mon espace de travail. Ce qui m'a rappelé qu'il me reste un cuissard Netti. Si vous êtes grand, il est pour vous: rég. 67.90$, réduit à 25$ (+ taxes). Et une cassette Shimano 10 vitesses 12-25 en spécial à 60$ + taxes.




Le fleuve Saint-Laurent, à Québec, l'automne dernier.


Les freins à disque, sur les vélos, ont gagné des parts de marché ces dernières années. Mais ça ne se passe pas sans difficultés. La compagnie Avid, particulièrement, a connu plus que sa part de déboires.

Avid est bien connue pour ses systèmes de freinage. Cette compagnie américaine était déjà présente dans le marché lorsqu'elle fut achetée, il y a dix ans, par la société SRAM de Chicago, qui souhaitait compléter son offre de composantes aux manufacturiers de vélos. Mais certains détaillants de vélos ne veulent plus entendre parler d'Avid après ce qui s'est passé ces dernières années. Pas sur des freins mécaniques (à tirage par câble), mais plutôt sur des freins hydrauliques.

La chose a été documentée dans le magazine Bicycle Retailer and Industry News du 1er novembre 2013:

''Certains freins restaient ajustés plus longtemps que d'autres, mais tous avaient besoin d'une intervention....
...plus qu'une ingestion d'air...   ...''bladders'' de maître cylindre poreux, mauvaise combinaison de piston et d'alésage de piston dans les étriers, pistons qui fuient et qui nuisent au retour à la position de repos. Et ça a duré pendant deux ans...
...aucune campagne de rappel de la CPSC ou de SRAM. Mais tous étaient au courant du problème, particulièrement Trek et Specialized...    ...Scott, Giant et Santa Cruz ont également eu des problèmes avec les même freins...''

Conséquence: Avid a perdu beaucoup de terrain du côté de la première monte (en anglais: OEM), ces pièces achetées par les manufacturiers pour construire leurs vélos. Ce qui fera le bonheur de Shimano.

Et là, après avoir écrit tout ça, je réalise qu'il y une campagne de rappel sur tous les freins de route hydrauliques SRAM. Non pas les freins à disque, de montagne, mais bien des freins pour vélos de course (700 x 23) en apparence conventionnels, sauf qu'ils sont à tirage hydraulique. Dieu merci, je ne suis pas obligé de vendre de telles absurdités et de dire aux clients que c'est une grande amélioration dont ils ont réellement besoin.

Et Shimano n'est pas en reste: http://www.bicycleretailer.com/recalls/2013/09/23/shimano-expands-disc-brake-recall-us-canada

Il s'agit de freins BR-CX75 et BR-R515. Ce sont des modèles à tirage mécanique, c'est-à-dire par câble.





Daniel a attiré mon attention, cette semaine, sur un article intéressant publié sur le site laflammerouge.com.
Il y est question du coût de fabrication réel des cadres en fibre de carbone et de la marge de profit que les fabriquants s'octroient. Gardez à l'esprit en lisant cet article que le coût du marketing est élevé: la commandite d'une équipe participant au Tour de France dépasse le million de dollars annuellement. Devinez qui paie pour ça. Rappelez-vous également que le pays où le cadre est fabriqué n'est pas automatiquement garant d'une qualité inférieure ou supérieure.
http://laflammerouge.com/lieu-de-fabrication-et-cout-reel-des-cadres-carbone/

Sans compter la possibilité de copies. Lu dans:
http://italiancyclingjournal.blogspot.ca/2011_03_01_archive.html

Pinarello has now issued a new warning on imitation Pinarello bikes entering the markets. According to Pinarello they originate from online stores, mostly from Asia.


*

Dans les années '80, j'avais sévi comme disc-jockey dans une radio communautaire (CKRL-MF, qui existe encore). Et pendant une période, j'avais une émission hebdomadaire, tard le soir, qui répondait au doux nom de ''Volcans et Tempêtes''. Au début de l'émission, à chaque semaine, je faisais jouer ce thème du Art Ensemble of Chicago: ''Nice Guys''.

mercredi 8 janvier 2014

PLAN B.



À pied, c'est trop long. En autobus, trop plate. Et préparer une voiture en cet hiver sibérien, c'est une job. Finalement, c'est encore le vélo que je préfère, sans aucun doute. Ce matin, à mon départ, le thermomètre indiquait moins 12 degrés Celsius. Encore beau que je puisse le lire, parce que ces derniers temps, à moins 20, son cadran numérique était difficilement lisible tellement c'était froid. Dans ces températures-là, je préfère rester à la maison et en profiter pour prendre soin d'elle (la maison). Elle me le rend bien.

À moins 12 deg., en vélo, ça va. Je roule à 12 km/h, et il ne faut pas que j'habille le torse trop chaudement. Et pendant ce temps, à Nha Trang, il fait autour de 26 degrés. Plus 26.

Je serai officiellement ouvert à partir du jeudi 9 janvier, à midi. Avec, pour commencer, un horaire un peu anarchique. Vous ne me verrez pas à la boutique à 8:45 h le matin ou à 18:15h le soir. Et pas quand il fait si froid que je ne peux plus lire mon thermomètre numérique.



Pour ceux d'entre vous qui veulent rouler avec des pneus de 28 mm de largeur ou plus, je souhaite continuer à proposer les jantes Mavic. Sauf que...

Sauf que Mavic a décidé de ne plus vendre ses jantes au Canada par l'entremise du distributeur Outdoor Gear Canada (voir mon message du 13 juin 2013). Pas de problème, me suis-je dit, je vais contacter Mavic au Canada (Amer Sports) et acheter directement d'eux. C'était sans compter la politique mise en place par la compagnie.

Leur minimum de commande ne poserait aucun problème si je souhaitais aussi vendre les roues complètes que Mavic offre depuis plusieurs années. Ces roues de haut-de-gamme font rapidement monter la facture et me permettraient facilement de faire plaisir à ce monsieur Mavic qui n'aime pas les p'tits clients.

Mais voilà, j'ai toujours manqué d'enthousiasme face à ces produits, malgré les bonnes choses qu'on m'a dites à leur sujet (voir mon message du 2 avril 2009). J'ai donc décidé de considérer un Plan B.

En fait, j'ai même trouvé un Plan C. Mais le Plan B me satisfait tout-à-fait. J'ai déniché un lot de jantes Mavic à 36 rayons que je connais fort bien pour en avoir vendues plusieurs dans le passé. Et en prenant le lot au complet, j'ai pu avoir un prix qui est intéressant autant pour moi que pour mes clients. Finalement, ce n'est pas moins cher que si j'avais commandé chez Mavic, mais j'en ai obtenu plus pour le même montant et je n'aurai pas à me soucier de la disponibilité pendant longtemps...



J'ai côtoyé une étrange créature pendant mes vacances... Mais ce n'était pas Greg LeMond.


Greg LeMond, vous connaissez? Sympathique, le bonhomme. Et contrairement à d'autres, il s'est contenté de gagner le Tour de France seulement trois fois. Mais personne n'a contesté la validité de ces victoires.

En collaboration avec Trek, il a mis en marché les vélos LeMond pendant plusieurs années. Mais la relation avec Trek a tourné au vinaigre pour s'achever en 2008. Il semble que c'est reparti pour une nouvelle série.

C'est avec Time qu'il s'est associé cette fois-ci. LeMond LLC a acquis la compagnie Time USA, ce qui en fera le distributeur américain pour ces cadres et ces pédales. Il offre une première série de 300 cadres exécutés par Time en France, en attendant une expansion de la gamme. Pas une démarche qui consiste à offrir tout pour tout le monde, mais plutôt une approche progressive là où l'intérêt de Greg se manifeste.

Je la trouve d'autant plus intéressante que j'ai moi-même une affection particulière pour les vélos qui sont à l'aise sur les routes de gravelle. Bryan Melton est directeur des ventes et du marketing chez LeMond LLC.

''Le vélo de gravelle est particulièrement intéressant pour Greg LeMond, a dit Melton.

Greg s'intéresse à ce genre de vélo depuis bien avant que cette tendance se manifeste. Il voulait un vélo pour utiliser sur les routes des alentours (de Minneapolis), mais aussi pour voyager. Ça se situe entre un vélo de route et un vélo de gravelle. Ça pourrait porter une charge et rouler dans des routes difficiles, mais aussi réagir dans un sprint et enfiler des courbes en descendant une montagne.''

Parmi les ex-pros, il n'y a pas que LeMond qui s'intéresse à ce genre de routes. Andrew Hampsten, Michael Barry et Bob Roll  sont tous trois friands de ce genre de trajets. Ne vous demandez pas pourquoi: la quiétude qu'on y trouve vaut son pesant d'or... Et si vous fouillez mon blogue, vous verrez que j'ai une certaine familiarité avec la chose.







Nouveau paradigme, vol. 2:

Sue Knaup a une vision un peu différente des pièces de vélo. Différente de celle du consommateur occidental moyen. Elle pense à tous ceux qui n'ont pas accès aux différents leviers de vitesses indexés qui ont pris toute la place depuis presque trente ans.

Shimano fabrique encore des leviers de vitesses de type thumbshifter. Mais la génération actuelle ne peut être désindexée et, comme tous les autres leviers indexés, elle exige un ensemble câble/gaines en bon état, et de qualité suffisante pour éviter les irritants lors de l'utilisation. Sans compter le fait que le rivetage du dérailleur doit être suffisamment frais pour que ce dérailleur soit verticalement rigide. Les dérailleurs non-indexés n'ont pas ces exigences.

Or, dans beaucoup de pays, les dépenses d'entretien que cela implique font en sorte que beaucoup de cyclistes, utilitaires dans la grande majorité des cas, n'ont pas les moyens de se permettre un tel luxe. Après tout, un vélo peut très bien fonctionner sans l'indexation des vitesses. À preuve, beaucoup de vélos sont vendus sans même être équipés de changements de vitesses. Sauf que, chargé, un vélo utilisé en terrain côteux gagnera beaucoup à avoir un minimum de souplesse dans le choix de braquet. Une roue libre à cinq ou six vitesses est économique et permet un usage beaucoup plus agréable pour, par exemple, un ouvrier qui doit transporter ses outils lorsqu'il se rend au travail. J'ai dans mon entrepôt un vélo à trois vitesses (internes au moyeu arrière) qui était utilisé au début du vingtième siècle par un plombier qui partait du centre-ville de Québec pour se rendre travailler à différents endroits avec tout son bazar attaché sur le vélo. Et il pouvait aller aussi loin que l'Ancienne-Lorette pour ce faire. Il ne pouvait éviter les côtes et son vélo, une fois chargé, était passablement lourd. Il n'y avait pas de tuyaux en plastique, à cette époque là...

Madame Knaup a donc imaginé un levier pour tous ces gens qui ont des ressources limitées. En fait, elle a imaginé plus que le levier, elle a conçu une approche où les moules seraient rendus disponibles pour que les pièces soient fabriquées en différents endroits dans le monde, à un coût minime et avec du métal recyclé. Consultez: onestreet.org

 The shifters that come from this first production run will be collector quality, marking the beginning of a new paradigm in bicycle parts production (we expect these shifters to be just the first of many bike parts from One Street Components). This new paradigm will center around local production using simple, even primitive methods and parts that are readily available in all areas of the world.






On ne pourra pas reprocher à l'Autrichien Michael Embacher de manquer de variété dans sa collection de vélos. La quantité, et la qualité. Et elle est fort bien présentée ici:





Le mois dernier, j'ai parlé ici de la musique électrique de Miles Davis. Le livre dont il était question proposait le paragraphe suivant et il a attiré mon attention. Bill Laswell est un réalisateur/bassiste qui a travaillé avec les enregistrements de Miles.



In mentioning the inferior sonic quality of ``Rated X`` on the original vinyl release of Get up with It, Laswell drew attention to the important issue of the relationship between our perception of music and the quality of consumer playback equipment. As a rule of thumb, the more abstract the music is, the better the playback equipment needs to be. The essential elements of a Beatles song or a Mozart piece are usually clear, hummable melodies and easily definable chord structures, which can survive playback via a small transistor radio or a bad vinyl record. By contrast, music by Stockausen, or Brian Eno’s ambient music, or most of Miles’s ‘7os music, will hardly come across on such equipment because these kinds of music depend on color, texture, and atmosphere for their meaning. In this situation reasonable sonic reproduction is essential. It is very possible that some listeners who couldn’t come to terms with some of Miles’s recordings in the ‘70s simply had bad vinyl pressings or bad stereo systems.

J'ajouterais que non seulement la qualité du matériel de reproduction est importante, mais j'ai toujours insisté pour monter le volume. Pas seulement pour embêter les voisins (ou charmer les voisines), mais tout simplement pour reproduire le volume sonore habituel des instruments. J'y vois un parallèle avec les vélos moches: ça peut toujours aller si on ne va ni loin ni vite, mais dès qu'on veut s'investir un peu plus dans cette activité, on gagne beaucoup à envisager du milieu-de-gamme (ou plus) bien entretenu.



Pendant mes vacances, j'ai subi à quelques reprises la présence de la radio commerciale américaine, celle du Top 40. J'ai survécu, et j'y ai même entendu des choses que je ne suis pas arrivé à détester. Comme par hasard, celle qui a le plus retenu mon attention est originaire non pas du pays de Duck Dynasty, mais plutôt de la Nouvelle-Zélande. Vous l'avez peut-être d'ailleurs déjà entendue, malgré son très jeune âge. Elle s'appelle Lorde.

I've never seen a diamond in the flesh
I cut my teeth on wedding rings in the movies
And I'm not proud of my address,
In a torn-up town, no postcode envy




lundi 23 décembre 2013

NOUVEAU PARADIGME.



Voilà, je ne manquerai pas de cadres en 2014. Ils sont arrivés, et ont été rapidement retirés du regard public en les installant confortablement dans leur entrepôt.

Sinon, en ce moment, c'est le temps des vacances, en partie en tout cas, car j'en profite justement pour... travailler. Mais sur autre chose, que je ne pourrais pas faire si j'étais à Québec. Et cette pause m'a donné l'occasion d'aller dans une bibliothèque qui m'a mis entre les mains un livre qui m'a interpellé dès que je l'ai vu sur les tablettes.


Mais avant de vous parler du livre, j’aimerais mentionner le fait que, indépendamment du sujet et de votre intérêt, ou absence d’intérêt pour ce sujet,  qu’il aborde des questions qui touchent la manière de travailler et d’aborder les choses en général. Il y est question d’innovation, d’intuition, de développement, de relations humaines et d’autres choses faisant partie de l’expérience humaine. C’est pour alimenter notre réflexion que ça vaut la peine de s’y arrêter.

 Que vous ayez ou non un intérêt pour cette musique n’est que secondaire étant donné que, de toutes façons, vous n’avez pas besoin d’aimer, d’écouter ou de connaître  cette sorte de musique pour trouver intéressant le processus de création qui l’a produit. Le rapport à l’innovation, à la nouveauté, est un aspect important qui influence chacun d’entre nous, dans tous les aspects de la vie.

En sortant du monde de l’enfance, il y a longtemps, je suis sorti d’un monde formel, où tout est strict, règlementé et dit par l’autorité, pour entrer en contact avec un monde qui m’a confronté avec le non-dit, l’intuitif et où la communication non-verbale occupe une place importante. Et où l’autorité n’est pas issue d’une hiérarchie institutionnelle, mais plutôt méritée d’une manière organique plus conforme à nos origines animales. Miles Davis était un animal. Un animal qui fascine certains, qui en dérange d’autres. Qui ne laisse personne indifférent et dont l’autorité s’imposait instantanément, sans l’aide des artifices extérieurs. 
 
Un jour, un musicien l’a abordé et lui a dit : ‘’Miles, you’re my man! But that new shit you’re into, I just can’t get with it’’. Et Miles lui a répondu: ‘’Should I wait for you?’’


Si vous demandez à des amateurs de jazz quel est leur album préféré de Miles Davis, et il y en a beaucoup de ces albums, ce sont souvent les mêmes qui reviendront. Kind of Blue, bien sûr, ou bien peut-être un de ceux qui ont été faits en collaboration avec Gil Evans. Il y a de bonnes chances pour que ce soit un des disques de la période acoustique, c'est-à-dire avant 1967. Bitches Brew (1970) a ses partisans, mais de là à le considérer comme son préféré, c'est une autre chose.

En tout cas je ne connais personne qui, comme moi, choisirait On the Corner pour l'amener sur la proverbiale île déserte. Quelqu'un, quelque part, oui, mais je n'en connais personnellement aucun. Et pourtant, je le vois comme l'aboutissement le plus réussi de la période électrique, du moins dans les premières années, alors qu'il jetait les bases de son virage où le Fender Rhodes a remplacé le piano acoustique et la contrebasse a laissé la place à la basse électrique. Le choc a été considérable, un peu à la manière de celui créé par Bob Dylan lorsqu'il a engagé Robbie Robertson avec The Band pour mettre de côté, en partie au moins, les guitares acoustiques.





Le fleuve Saint-Laurent, à la hauteur de Québec, novembre 2013.



Le livre en question s'intitule MILES BEYOND  The Electric Explorations of Miles Davis, 1967-1991, écrit par Paul Tingen (Billboard Books). Dans la tradition du journalisme, le livre a été bien documenté à partir d'interviews de plusieurs musiciens ayant collaboré à cette production, et même à des gens de leur entourage comme Lydia DeJohnette. L'auteur est lui-même musicien, et son analyse des oeuvres pourrait se révéler fastidieuse pour certains lecteurs. Mais rien ne vous oblige à lire chaque ligne. Je trouve très intéressant ce qui y est dit au sujet de la méthode de travail et l'approche de Miles quant au choix des musiciens et la place qu'il leur fait. Peu d'échanges verbaux, interdiction de préparer lourdement les sessions d'enregistrement, c'est d'autant plus déstabilisant que beaucoup de ces musiciens étaient à l'époque très jeunes et relativement inexpérimentés. Même s'ils étaient extrêmement talentueux.

Si vous voulez entendre un exemple de cette musique, vous pouvez consulter mon message du 15 novembre 2013 dont le titre est: Patience et acharnement.

Miles avait une attitude. Il entrait dans la pièce et en imposait immédiatement. Intense, tous le disent. Et il fallait décrypter ses brèves indications, ce qui n'était pas toujours évident. Il insistait pour dégraisser la matière, la rendre plus significative en ne gardant que l'essentiel. Le batteur Billy Cobham: When you listen to Freddie Hubbard you hear trumpet proficiency par excellence, and then you hear Miles and he had a way of taking what Feddie did and compacting it in five notes. Those five notes said it all. The air around them became musical, and the silence became more profound and important. You just don't learn that. Miles somehow could just do that. 

Ces sessions pouvaient laisser perplexes leurs participants. Le claviériste Herbie Hancock: After we finished we walked out of the studio. And while we were standing in the hallway John McLaughlin came over and whispered to me, ''Can I ask you a question'' I answered, ''Sure''. He said, ''Herbie, I can't tell... was that any good what we did? I mean, what did we do? I can't tell what's going on!'' So I told him, ''John, welcome to a Miles Davis session. Your guess is as good as mine. I have no idea, but somehow when the records come out, they end up sounding good.''

N'oubliez pas que, lorsque ces enregistrements ont été faits, cette musique, ce son, étaient inédits. Rien de comparable n'avait vraiment été fait auparavant, ou si peu. Aucune oreille, pas même celle des musiciens, n'était habituée à ce nouveau paradigme. Pas surprenant que tant de gens aient été choqués par le nouveau Miles. Et malgré tout, Bitches Brew s'est vendu, très bien merci. Encore une fois, Miles (avec l'aide de quelques amis) réinventait la musique et tant pis pour ceux qui sont restés dans le passé. Lui, il regardait résolument en avant, comme tant d'autres personnages forts, dans tous les domaines. Autre petit détail qui n'en était pas un: une fois enregistrée, les bandes étaient réassemblées sans égard au déroulement de la pièce lors de son exécution en studio. Le réalisateur Teo Macero enlevait, répétait et déplaçait des segments entiers de pièces de façon à en faire un produit fini plus réussi.




L'Océan Atlantique, décembre 2013.



C'est une des choses que j'apprécie, de pouvoir me familiariser avec la vision et les façons de faire d'un personnage plus grand que nature, peu importe son domaine d'activité. C'est une manière de côtoyer un personnage habité par une intense volonté d'exceller. Beaucoup plus inspirant que de côtoyer des gens comme ce pathétique personnage qui m'a abordé avant-hier: Du début à la fin, son discours était négatif: ''Five years from now, this will be a ghost town!'' C'est ça, mon vieux, retourne sucer ton pouce avec ta mère.

J'aimerais penser que ma façon de concevoir les vélos s'approchent de cette vision épurée qui ne garde que l'essentiel. Pas seulement à l'extérieur (les accessoires), mais aussi à l'intérieur (les tubes du cadre). La légèreté m'inspire, et ses effets bénéfiques me réjouissent. Parfois, bien sûr, la fonction impose certaines choses, mais lorsqu'on peut....


But a gun is heavier than no gun!...


Et à la bibliothèque que j'ai fréquentée récemment, j'ai pu emprunter plusieurs disques compacts. Entre autres, un album du pianiste Brad Mehldau où on trouve une version de la pièce de Radiohead ''Everything in its right place". La contrebasse commence, puis le piano et la batterie suivent une minute plus tard.


vendredi 22 novembre 2013

PAPAOUTAI





Dans les Appalaches, l'automne.

Je crois que je serai obligé de lui dire que je ne suis plus intéressé de travailler à l'entretien de ce vélo pliant qu'elle semble aimer malgré tout. Il est neuf! Non, madame, il n'est pas neuf, à moins qu'on les fabrique comme ça en Italie, avec le pédalier qui tourne aussi droit qu'un marin qui marche vers le bateau une heure avant la fin du shore leave. Le pédalier (et même le vélo au complet) est aussi rigide qu'une tranche de pain Gadouas qui sort du four dans un parc industriel d'une banlieue anonyme.

Elle l'a gagné dans une quelconque loterie italienne, mais j'ai l'impression que c'est tout ce que la compagnie avait trouvé comme moyen pour se débarasser d'un surplus d'inventaire. Ou c'est peut-être le voyage en avion qui a transformé son pédalier en chips Pringle. Je ne sais pas si elle comprend pourquoi le garde-chaîne fait autant de bruit avec tout cette friction. Je le lui ai pourtant expliqué.

*

Je rappelle à ceux que ça pourrait concerner que mes vacances commencent le mardi 26 novembre, et ce, pour tout le mois de décembre jusqu'au 9 ou 10 janvier. Je ne sais d'ailleurs pas quelle fréquence de publication j'aurai sur ce blogue pendant cette période. On verra.




Ceux qui ont lu mon message de la semaine passée ont pu lire ce que j'y écrivais pour une amie qui planifie un voyage à vélo au Vietnam. Nous en avons reparlé cette semaine et voici ce qui en est ressorti (avec mes réponses en italique):

-À ton avis, une moyenne de 25 km par jour, est-ce trop, sachant qu'on ne fera pas du vélo tous les jours en raison des arrêts et de la méto? Non, ça ne me paraît pas trop, d'autant plus que de toutes façons, tu peux toujours monter en train avec ton vélo pour raccourcir la distance ou éviter des zones méga-urbaines comme la banlieue de Saigon. Attention, renseigne-toi sur le prix que ça te coûterait de louer un véhicule motorisé avec chauffeur. C'est peut-être moins cher que tu penses et ça peut te sauver pas mal de stress. Et n'oublie pas de négocier les prix qu'on te propose. Pas dans les restaurants, mais ailleurs, oui. Parce que quand les Vietnamiens voient des Occidentaux arriver, les prix gonflent instantanément. Si un Vietnamien te donne d'avance le prix normal d'un objet que tu prévois acheter, et qu'en plus tu connais les chiffres dans la langue locale, tu feras sensation, je te le garantis!

En passant, apporte-toi des comprimés de yogourt que tu prendras à chaque jour de manière préventive et suis bien les conseils d'hygiène alimentaire qu'on donne. C'est moins pire qu'en Inde, mais quand même...

On est rendu à l'étape de choisir la route qui nous amènera au sud, soit par la côte, soit par les terres. Une recommandation? Je ne connais pas les routes par les terres, mais je suis un peu méfiant. Je m'attendrais à y rencontrer des secteurs de mauvaises routes, et un approvisionnement en eau et en nourriture parfois un peu difficile, sans compter l'hébergement. Et aussi, le Vietnam n'est pas le paradis du camping.

Et finalement, dans le cas où notre avion partirait du nord, est-il possible de voyager par transport public avec nos vélos? Voir plus haut. Le train est peut-être plus accueillant que le bus. Et méfie-toi des petits arnaqueurs qui s'occupent de mettre le vélo dans le train ou qui est responsable de l'en sortir.
Pour te donner une idée, en 1993, j'avais payé 20 ou 25$ pour me faire conduire en voiture privée (sans vélo) de Da Nang à Hué. Même pour 50$, ça aurait encore valu la peine.

Petit mot au sujet des vêtements. Le soir, ne vous habillez-vous pas trop décontracté, et vous serez mieux perçus par les Vietnamiens qui n'aiment pas tellement les vieux t-shirts qui viennent de passer trois jours dans le train. Et profitez-en pour vous faire faire des vêtements sur mesure par un tailleur local. On peut avoir ça un peu partout au Vietnam, et particulièrement à Hoi An. On peut se faire faire des vêtements pour femme somptueux, rien de moins, à une fraction du prix. Plus vous êtes pressés, moins ce sera bon marché, mais ce sera abordable quand même.

Également, vous rencontrerez peut-être des gens qui ont des réserves sur l'attitude des Vietnamiens. Et vous aurez peut-être des rencontres moins agréables. Il y aurait beaucoup à dire et à écrire là-dessus. J'ai eu mon point de vue sur le sujet. Il était influencé par le fait que je me déplaçais moins, et que j'ai eu des relations plus personnelles avec eux que le touriste qui surfe d'une ville à l'autre. Quoiqu'il en soit, ne perdez pas de vue que, souvent, ils n'ont pas une vie facile. Chaque famille a eu ses drames, même après la guerre. Les revers de fortune, les morts prématurées, les difficultés en tous genres, ça peut laisser des traces. C'est déjà beau que, malgré tout cela, ils puissent rigoler autant qu'ils le font. J'ai trouvé que, de tous les pays que j'ai visités, c'est un de ceux où j'ai pu le plus interagir et m'amuser avec les gens. Croyez-moi, les Occidentaux auraient beaucoup à apprendre d'eux sur la vie en société. 




Près de Tring-Jonction, début octobre  2013.


Intéressant article sur la sécurité à vélo dans certaines grandes villes du monde. Il a été publié par un journal anglais dans la foulée des six cyclistes décédés dans la capitale britannique, en l'espace de seulement deux semaines. 

http://www.theguardian.com/lifeandstyle/2013/nov/20/how-safe-are-worlds-cities-for-cyclists

Entre autres, à propos de Delhi: "If cycling in London is dangerous, Delhi is like having a near-death experience every single time." Et Berlin: "Cyclists are well-catered for in Berlin, but it still saw 15 cyclist deaths in 2012."
..."one of the most common causes of accidents are cars turning into side streets at high speed and cutting off cyclists in the lanes to their right. Berlin's many tram lines can also be a hazard: the track grooves are perfect for trapping the wheel of your average city bike."

En fait, comme quelqu'un d'autre en a parlé ailleurs dans le même journal, les autorités n'ont pas assez souvent la priorité de "put safety ahead of his policy of ‘smoothing the flow’ of motor traffic", c'est-à-dire de voir à la sécurité avant de rendre plus fluide la circulation des véhicules motorisés. Ici à Québec, le maire Labeaume a rendu public cette année son point de vue sur la question, en montrant que sa vision du futur n'est pas très... révolutionnaire. Le maire Labeaume serait-il le Rob Ford du pauvre (voir mon message de la semaine dernière)? Non, il ne faut pas exagérer, monsieur Labeaume a au moins l'élégance d'être à jeun lorsqu'il est en public. Ou d'éviter de se faire filmer à certains moments inopportuns. De toutes façons, je serais très surpris d'apprendre qu'il est un crackoïnomane.

Et si vous voulez comprendre pourquoi Rob a encore du soutien dans la population, l'extrait suivant pourrait vous aider, si vous comprenez l'anglais impitoyable de Rick Mercer:








Papa où t'es? Pendant le mois qui vient, et même plus, mon fils saura où je suis. Jamais bien loin.

vendredi 15 novembre 2013

PATIENCE ET ACHARNEMENT.





J'ai reçu un courriel récemment, dont voici quelques extraits. Mes commentaires suivent. Mais avant, permettez-moi de rappeller à ceux que ça pourrait concerner que le 25 novembre sera la dernière journée d'ouverture cette année. Les activités reprendront le 10 janvier 2014.


Je termine actuellement la «récupération» d'un cadre Poliquin...

Il est bien droit, bien balancé. Pas si lourd en fin de compte (Tange 5). Je soupçonne même ce cadre d'avoir été écoulé de l'inventaire de Mikado...

Je mettrai des photos sur mon site (http://capsicom.dyndns.org:8082).


Mes commentaires:

Les cadres Poliquin étaient faits en Asie, contrairement aux cadres Mikado qui étaient faits à Saint-Augustin-de-Desmaures près de la ville de Québec. Poliquin a fait affaire, entre autres, avec A-Pro à Taiwan.

J'ai possédé un de ces cadres Poliquin de route/course, en 1988. De plus, j'en ai vendu un à un ami un ou deux ans plus tard et j'ai pu l'essayer.

Le mien était le moins cher des deux, et le meilleur, aussi. C'est comme ça avec ces cadres en acier, un peu imprévisible. Certains sont sans prestige, mais très agréables, d'autres ont une marque, une réputation, mais peuvent se révéler décevants. Contrairement au mien, le Poliquin de mon ami était sans vie, raide. Debout sur les pédales, pour sprinter, on aurait dit qu'il refusait de collaborer et d'accélérer. Il s'en est départi après deux ou trois saisons, sans regrets.

J'ai aussi essayé d'autres cadres en acier que j'étais content de ne pas avoir acheté ou vendu. Et ce n'est pas à cause des tubes utilisés (Tange, Reynolds, Columbus, etc.), mais probablement plutôt à cause de l'alignement ou de la technique de soudage.

Au début des années '90, Norco faisait des cadres très potables dans ce genre de machines. Ils étaient dépourvus de prestige, et pas particulièrement beaux, mais à l'usage ils étaient agréables et en plus ils étaient très abordables.

Ma conclusion est que, si on ne peut essayer un tel cadre avant de l'acheter, c'est un peu comme lancer les dés sans savoir ce qui sortira.





Êtes-vous manuel? Visuel? Auditif? Émotionnel? Parfois, les gens se déclarent dans un camp ou un autre. J'ai des réserves. En fait, j'aimerais bien avoir l'opinion d'un expert, si expert il y a.

Serait-on manuel, ou visuel, à cause de la génétique, de l'horoscope, ou de la volonté d'un barbu dans le ciel? J'ai surtout l'impression qu'on s'entraîne à une chose ou une autre, et qu'avec de la patience et de l'acharnement on développe ce qu'on veut bien.

Ce n'est pas de mon père que j'ai appris à être manuel. Il m'a appris des choses, mais pas ça. Si je suis devenu, entre autres choses, mécanicien de vélo, c'est parce que je ne me suis pas donné le choix. Hector Picard aurait pu choisir de démissionner, mais comme vous pouvez le voir dans le vidéo suivant, ce n'est pas le cas.




*

J'ai reçu un courriel cette semaine, d'une amie québécoise vivant en Espagne. Le voici, avec mes réponses en italique.



Si t'as quelques minutes à investir pour contribuer à la réalisation de notre projet de voyage au Vietnam, voici quelques idées d'infos que tu pourrais gentiment nous donner! :)

-les mois juillet-août pour rouler là-bas, on se fera noyer par la mousson?

Non, mais il fait chaud. C'est moins lourd au printemps qu'en été. Tu peux consulter le site suivant pour avoir plus de détails:

 http://www.quandpartir.com/meteo/vietnam-idpaysglobal-99.html

Sinon, quand il y a mousson, ça tombe abondamment vers 14 ou 15 heures, et après ça c'est fini, on peut recommencer à fonctionner normalement. Du moins, c'est comme ça dans la région de Saigon, dans le sud.

-vaut mieux rouler avec un velo de montagne ou un de route?

Moi je roulais avec des pneus 700 x 32, mais des 26 x 1.5 ou moins peuvent faire l'affaire. C'est seulement quand tu "déchemines" sérieusement que tu peux avoir besoin d'un vélo de montagne.
Le voyage typique que les cyclotouristes font au Vietnam, c'est de faire la Route Nationale no. 1 dans un sens ou dans l'autre. Il y en a qui m'ont dit que la moitié nord, de Hanoi à Hué, est un peu monotone à la longue, et que c'est plus intéressant de Hué à Saigon, ainsi que le Delta du Mékong. D'autant plus que les Vietnamiens du nord n'ont pas une réputation aussi bonne que ceux du centre ou du sud. 

Je n'ai jamais fait ce genre de voyage au Vietnam. J'ai plutôt fait des séjours plus ou moins prolongés dans différentes villes, en faisant des sorties d'un jour avec mon vélo. Hué se prête bien à ça, car c'est petit et on en sort facilement. Hoi An aussi. Danang est plus gros, plus industrialisé et moins agréable. Hanoi a une plus belle architecture que Saigon, mais ce sont deux grosses villes asiatiques, très populeuses. La Baie d'Ha Long ne m'attire pas: elle est devenue un endroit touristique et n'est pas sur votre route pour se rendre quelque part plus loin. Dalat est plus attirante, surtout lorsqu'il fait très chaud en été, mais je n'y suis jamais allé. La région de Vinh est très pauvre. Saigon (Ho Chi Minh City) est prospère et bourdonne d'activité. Et en été, il y a beaucoup de fruits dans le sud. Des mangues, entre autres.





 My Anh, mon épouse.


-Parlant vélo, tu vois possible, économique et intelligent d'acheter nos vélos sur place? As-tu même (oh! Magie! ) des contacts?

Les vélos disponibles sur place sont économiques et de plutôt piètre qualité. On les paie 100$ ou moins. Et on les laisse là lorsqu'on quitte le pays...

-réseau routier, on sera forcé d'emprunter les grandes routes, ou on pourra trouver des chemins secondaires cyclable?

Les grandes routes sont au nombre de... une. Il y a bien sûr d'autres artères importantes, mais elles vont généralement dans d'autres directions que le grand axe nord-sud de la Route Nationale no. 1. Et si c'est ce que vous faites comme voyage, vous ne pourrez pas souvent aller ailleurs pour plus de tranquillité. C'est dû à la configuration nord-sud de ce pays, et au fait que les régions ouest du pays sont moins peuplées car la géographie montagneuse est moins facile que la partie est du pays qui suit la côte de la Mer de Chine.

Et toute autre information que tu jugeras pertinente sera plus que la bienvenue!

Ce n'est pas un endroit pour cyclistes débutants et candides. La circulation y est parfois très dense et requiert une grande attention, d'autant plus qu'il y a moins de vélos qu'avant, et plus de petites motos. Et il ne fait pas bon rouler à l'obscurité le soir car il peut faire noir comme dans le cul du diable. Mais je n'y ai jamais fait d'accident. Et j'ai parfois rigolé sérieusement sur mes deux roues, en provoquant les Vietnamiens (et les Vietnamiennes) qui ont un bon sens de l'humour et qui ne connaissent pas ce concept typiquement occidental qu'on appelle "être dans sa bulle". D'ailleurs, quand on sort de son hôtel, au Vietnam, on ne s'appartient plus à 100%. On y fait facilement des rencontres de toutes sortes: on aime ou on n'aime pas.

Sinon, j'ai aussi reçu le courriel suivant, du Laos, ce matin, de Johanne et Pedro (http://www.veloreve.blogspot.ca/):

 On sort de plusieurs jours dans les montagnes du nord (en fait c'est des montagnes presque sur tout le territoire...) et je te dis qu'à plusieurs endroits c'est pauvre en titi (bien plus que le Cambodge encore).



Non, ce n'est pas la Route Nationale No. 1. Ou la 2, la 3 ou la 4.

*

Si vous aimez faire du vélo dans une piscine, n'allez pas en Californie: c'est interdit par la loi! Allez voir ceci:

http://www.troiscouleurs.fr/?p=8720


Voici un film de l'Office National du Film du Canada publié il y a plusieurs années. On y voit entre autres choses le défunt Vélodrome Olympique de Montréal qui était fait d'un bois de très bonne qualité. Et des courses de tandem qui sont, comme toujours, plutôt spectaculaires.

                       


Lorsque je propose des écoutes musicales ici, je préfère suggérer des musiciens mal connus du grand public. Et beaucoup d'amateurs de musique connaissent le nom de Miles Davis. Mais de là à bien connaître son oeuvre, c'est autre chose, d'autant plus qu'elle est abondante. Sa vie de musicien connu va de 1945 jusqu'à sa mort en 1991. On y trouve une musique qui évolue au fil des ans, et qui réflète d'autant plus ces décennies qu'il était un modernisateur qui n'avait pas peur de choquer ceux qui préfèrent le confort des habitudes.

Il est surtout connu pour son grand album de la fin des années '50: "Kind of Blue". Mais j'aime beaucoup ses groupes électriques qui sont apparus à peu près dix ans plus tard. Et j'en ai découvert un cette semaine que je ne connaissais pas, celui qu'on trouve sur le disque "Aura". Contrairement à ses formations habituelles, qui étaient surtout composées de musiciens américains, on y trouve que des Européens. À commencer par le compositeur et producteur danois Palle Mikkelborg qui s'est impliqué dans cet album publié en 1989, quatre ans après son enregistrement.

Ici, c'est la pièce Electric Red. Bien nommée.