vendredi 23 septembre 2016

1065 = 9.83





C'est facile de construire un vélo route/course léger équipés de pneus 700 x 23. Huit kilos, sept, six même, sans accessoires. Suffit d'avoir un budget conséquent, et la graisse fond.

C'est une toute autre histoire à 1000$ cad ou moins. Là il faut faire des compromis qui feraient grincer des dents tous ceux qui sont habitués à ces vélos habillés 105, Ultegra, Dura Ace ou leurs équivalents des autres marques.

Elle existe, cette clientèle moins nantie, ou moins habituée à ce genre d'investissement, et elle est souvent mal servie. Les vélos offerts dans cette tranche de prix sont un handicap pour qui roule en groupe avec des cyclistes équipés d'une manière qu'on pourrait qualifier de plus typique, ces années-ci.

Parce que, évidemment, si vous montez une côte avec des amis qui roulent sur des vélos de sept ou huit kilos, et que votre monture est à onze kilos, vous aurez intérêt à avoir des watts en plus pour compenser. Et c'est dans les côtes que ce sera le plus évident. Je ne parle pas de course, ici, mais bien d'une simple sortie cyclosportive, informelle ou non.

En plus de leur poids additionnel, ces machines sont généreusement équipées de pièces génériques pas très enthousiasmantes. Le résultat final manque de classe, surtout si vous avez l'oeil pour ces choses-là.



Moi et mon collègue Youri, nous nous sommes livrés à l'exercice de construire un tel vélo, dont le prix final serait près de 1000$, et qui ne lui donnerait pas envie de pleurer quand il le regarde ou lorsqu'il l'enfourche. Voici le résultat. Notez que les pédales en place lors de la prise de ces photos étaient temporaires, elles ont été remplacées depuis. Également, toutes les pièces sont neuves sauf une, la jante avant. Non pas la roue, mais bien la jante. Il s'agit d'une Ambrosio Excellight dont le corps de cassette avait rendu l'âme. Pour les autres pièces, ça va comme suit:


  • Cadre Alu de type triple butted
  • Fourche en fibre de carbone avec pivot alu
  • Guidon plat Kalloy
  • Leviers Shimano ST R225 3x8
  • Pneus Cadence Pulsion 
  • Jante arrière Ambrosio Evolution
  • Rayons Pillar inox
  • Deux moyeux Shimano 105
  • Deux dérailleurs Shimano Claris
  • Pédalier Shimano Deore. La ligne de chaîne qui en résulte n'est pas idéale, on choisirait autre chose si c'était à refaire. Pas très orthodoxe comme choix, avec un tel cadre. Dommage, car personnellement j'aime bien ces développements 26/36/48, à condition d'avoir un petit pignon à l'arrière. Onze ou douze dents, par exemple.
  • Selle Italia Trimatic
  • Tige de selle carbone Profile
  • Potence Profile alu
  • Freins Tektro R312. La combinaison de ces freins avec les leviers R225 en place donne un freinage remarquablement puissant, même avec un cycliste costaud. 

Le prix d'une telle machine, sans pédales et sans taxes, est de 1065$ cad incluant les deux porte-bouteilles et les cornes (en anglais bar-ends). Et son poids actuel, incluant ces accessoires plus un odomètre et les pédales définitives, est de 9.83 kgs. Je l'allégerais en mettant de la guidoline au lieu des poignées en place. Et j'ajouterais une pompe portative.

Un petit mot sur les leviers de vitesse. Youri me dit qu'ils fonctionnent vraiment bien. Je ne suis pas surpris. J'ai roulé sur trois vélos différents cet été, tous équipés de différents leviers 3 x 8 vitesses, et ils sont exemplaires, peu importe les dérailleurs utilisés. Ça me fait l'impression que la largeur de chaîne combinée avec l'espacement entre les pignons de la cassette donnent un comportement très positif lors des changements de vitesse. Ou c'est autre chose, peu importe, c'est le résultat qui compte. Ma seule réserve, c'est lorsqu'on utilise une cassette 11-32 dents, il y a trop d'écart à mon goût entre les huit pignons. Je suis habitué à des cassettes dont le plus gros pignon se situe autour de 25 ou 26 dents, et avec ça on n'a pas besoin de 10 pignons pour avoir de la nuance.

Nous pouvons reproduire ce vélo à l'identique, sauf parfois certains éléments obtenus lors de liquidations chez le grossiste. Le rouge mat est également disponible.

Pour ceux d'entre vous qui préfèrent le guidon courbé, c'est évidemment facile de le bâtir en conséquence, mais le prix ne sera pas le même et je ne pense pas que le vélo sera plus léger. Gardez à l'esprit que si vous voulez vous pencher, ce n'est pas tant le guidon qui vous y aidera, mais bien le choix de potence. Son angle, pour être plus spécifique, ainsi que sa hauteur par rapport aux espaceurs dont votre vélo est, ou n'est pas, équipé. Votre guidon peut être plus haut, moins haut ou à la même hauteur que la selle, indépendamment de votre choix de guidon.

Et puisque ce vélo en particulier totalise un grand total de 20 kms au compteur, au moment de publier ceci, je vous l'offre avec une réduction de 100$, ce qui veut donc dire qu'il vous en coûterait 965$ plus taxes.

Un dernier mot au sujet de cette machine. Les vélos ne sont pas uniquement affaire de chiffres. Les sensations sont importantes parce que constamment présentes. Habituellement, à ce prix, les grandes marques offrent des cadres banals qui donnent des sensations en conséquence. Mais ce cadre Falardeau a reçu une attention particulière au niveau des épaisseurs des tubes et est moins sec pour cette raison, plus vivant. Ce dernier point est crucial si on veut être satisfait à long terme.







J'ai reçu le courriel suivant, récemment, concernant un message que j'avais publié ici, il y a six ans. Le voici, suivi de ma réponse.



Bonjour monsieur Trépanier,


Je suis à la recherche d'un vieux modèle de selle.

J'ai googlé Selle Italia Xo Trans am et dans le résultat, une page de votre blog est apparue.

Voici le texte de votre blog.

J'ai eu la chance récemment d'acheter un lot de Selle Italia XO Trans Am (version cuir synthétique). J'en ai profité car j'ai eu de bonnes expériences avec ces selles. Pas extrême, elle a le potentiel pour plaire à plusieurs, même si elle n'a pas ce côté très agressif et profilé qu'on trouve chez les Selle Italia plus chères (et que plusieurs sportifs préfèrent).
Prix de détail suggéré 35.90$ cad, prix spécial (mot de passe: blogue) 17.50$. Plus taxes. 

Est-ce qu'il vous reste encore l'un de ces selles?

J'en ai une sur mon vélo et j'ai essayé d'autres modèles sans retrouver le confort de ma vieille Italia.  Malheureusement, ce modèle n'est plus fabriqué à moins que je suis mal informé.


Bonne journée,

Mes réponses:

Cet achat remonte à 2010. J'ai tout vendu ce lot depuis un bon bout de temps.

Je viens de regarder chez un de mes fournisseurs. Il a encore un inventaire de Selle Italia pas toujours très récentes, mais il n'y a pas de XO Trans Am là.

Il y avait la version cuir, plus haut de gamme, et la version économique au fini vinyle mentionnée dans le blogue.

En ce moment il me reste une Selle Italia Trimatic en spécial à 68$.

Mes selles neuves préférées, actuellement, sont les suivantes:

  • Eclypse Sport Classic
  • Selle Royal Lookin Sport
  • Certains modèles Fizik
Et si j'en essayais d'autres, j'en trouverais bien que j'aime aussi.

Je les préfère pas trop fermes, et étroites sans excès, surtout à l'arrière complètement où il fait bon avoir plus de soutien.

Ma préférée à vie est la Vetta SL. La SL, pas les autres. Depuis longtemps retirée des catalogues.

Merci,

Paul Trépanier.


Et j'ai répondu à un deuxième courriel de la même personne, toujours concernant les selles:


Ce sont les cyclistes pesants, généralement, qui préfèrent les selles fermes, parce qu'ils déforment davantage la coque.

Je n'ai pas touché les selles dont vous parlez. Et je n'achèterais pas une selle sur Internet, à moins de connaître ce modèle en particulier, puisqu'on ne peut pas les toucher.

Plusieurs détaillants locaux offrent une garantie de confort sur les selles qu'ils vendent, c'est notre cas. Parfois même, ce sont les manufacturiers qui offrent la garantie.

Merci,

Paul Trépanier.



Près de Saint-Nérée dans Bellechasse.

Le vélo de gravelle continue de se faire une place sous le soleil. Au gros Salon du Vélo américain, appelé Interbike, on a organisé une sortie de 320 kms pour des journalistes spécialisés:

http://www.bicycleretailer.com/north-america/2016/09/20/beehive-ride-buzzes-gravel-roads-en-route-interbike#.V-KsddThC9J




Je fais moins de sept kilomètres aller-retour à chaque jour pour venir travailler en vélo. Certains en font nettement plus.

https://www.theguardian.com/cities/2016/sep/14/e-bikes-long-distance-commuting-speed-pedelec-electric-cycles



Un commentaire du batteur Art Blakey, en 1963.

"Dans la vie, il vous faut absolument aimer quelque chose; c'est le seul moyen que vous ayez à votre disposition pour échapper à la routine de tous les jours... Nous avons tous besoin de la musique. C'est elle qui, sans aucun doute, balaie le plus efficacement la poussière de la vie quotidienne. Je suis d'ailleurs persuadé que tous les êtres humains aiment la musique car une personne qui n'aime pas la musique, vous savez ce que cela signifie? Eh bien, qu'elle est fin prête pour le cimetière!"

Mavis Staples. En v'là une qui n'est pas encore au cimetière!

vendredi 16 septembre 2016

DÉSORMAIS, JE ME GÉPÉESSE.







Quand je dis à mes amis que je suis maintenant équipé d'un GPS sur mon vélo, certains pensent parfois que j'aurai une carte électronique devant les yeux. Ce n'est pas mon but, et ce n'est pas le cas. Je voulais simplement avoir des archives de mes parcours, qui sortent de l'ordinaire et qui méritent d'être conservés.

Je suis donc le nouveau propriétaire d'un Lezyne Power GPS, que vous pouvez voir dans la vidéo suivante:



On peut à partir de là transférer tout ça sur www.strava.com, site de partage d'archives sportives personnelles. Si vous n'êtes pas familier:



Pas de doute, si vous aimez vos données, vous serez ravis de pénétrer dans ce monde de chiffres et de graphiques. Et je vous comprendrais de préférer votre vélo un peu plus bucolique...

Si vous regardez le parcours inaugural que j'ai fait samedi le 3 septembre, vous verrez que A) je ne suis pas rapide, sauf un peu en descente, et B) je vais à des endroits où peu de cyclistes vont.


Du plaisir pour toute la famille.


Et bientôt, les feuilles vont changer de couleur.
Pas celles des conifères, qui n'en ont pas, mais... les autres.
On trouve beaucoup de conifères sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent. 
Il y a plus de feuillus sur la rive sud.


Pour la même sortie, Lezyne me donne 956 m de gain d'élévation, et Strava m'en donne 877 m. 
Pourquoi donc? L'information de Strava vient pourtant de Lezyne...


Pas rapide à cause de l'âge (bientôt 62), et parce que le vélo que j'utilise le plus souvent est conçu pour rouler sur la gravelle autant que sur l'asphalte. Il est donc plus pesant que ceux qui font le podium de Strava et qui ne sont pas à l'aise sans asphalte.



Et si vous voulez consulter la page au complet, vous pouvez le faire ici:

https://www.strava.com/activities/704913152

Mais il faut se méfier de Strava, surtout si vous êtes jeune et rapide. Voyez ici ce qui pourrait vous arriver:



La randonnée Frampton-Saint-Léon avec laquelle j'ai inauguré mon nouveau jouet n'a aucun antécédent enregistré sur Strava, si ce n'est de la montée vers Frampton et la descente vers Saint-Léon. Dans laquelle je n'ai pas fini dernier, puisque... c'est une descente! Sinon le caractère cyclotouristique de mes sorties fait que je me fiche pas mal de rouler plus vite qu'un autre. Je ne suis pas pressé de rentrer à la maison, habituellement.

J'ai dû consulter la page suivante: https://www.lezyne.com/downloads/Power-SuperGPSManual.pdf

Allez-y pour voir en détail ce qu'on peut faire avec ce bidule, ou pour comprendre comment vous en servir après l'achat. Les fonctionnalités sont nombreuses et il ne faut pas être technophobe pour s'y plaire. Sinon, c'est un régal et on peut ainsi produire trois graphiques superposés ou séparés, un pour la vitesse, un pour la température et un pour l'altitude. Sans compter le reste.

J'espère en apprendre plus sur la précision de mesure des pentes fournie par Strava. Ce samedi-là, j'ai descendu une des pentes les plus raides dont je me souvienne, la Côte de la Crapaudière au nord-ouest de Saint-Léon. Je suis habitué avec des côtes de 20% ou un peu plus, mais là Strava me donne des chiffres qui atteignent brièvement 48%!!! Je ne vous en voudrai pas de ne pas croire à cette donnée, par contre, je peux vous certifier que c'était raide en ti-péché. Comme dans: je ne me rappelle pas avoir vu plus raide que ça en quarante de vélo au Canada, ou ailleurs. Voici une photo prise dans le secteur:


La photo est prise en direction nord, et, tout au loin, on peut voir la ligne d'horizon des Laurentides qui sont au-delà du fleuve Saint-Laurent qu'on ne peut  voir sur la photo.






Nous avons réparé ce Rollfast, la semaine dernière. Je ne dis pas restauré, parce que nous n'avons pas travaillé sur l'aspect cosmétique de la machine, mais nous nous sommes assurés, à la demande du client, qu'il pourrait au moins se balader doucement sur la scène dans une pièce de théâtre à venir bientôt.


Petit conseil d'ami: si vous envisagez un tel achat, soyez prudents sur le prix payé. Personnellement, je considère qu'un tel vélo a peu de valeur s'il n'est pas en très bon état mécanique et cosmétique. La rareté et/ou le style ne valent pas grand-chose si on n'est pas capable de faire rouler la machine. Et de freiner...
D'autant plus que, une fois l'achat complété, vous pourriez vous rendre compte qu'il y a un pépin que vous n'aviez pas constaté lors de l'inspection pré-achat. Ne soyez pas trop optimiste, gardez ça pour le jour où vous vous achèterez une voiture d'occasion.


S'ajoute à la question du prix final (achat + réparations) la difficulté de trouver un détaillant ou un fournisseur capables de fournir des pièces de remplacement.

Pour ce qui est de ce cas précis, nous n'avons pas pu appliquer nos tarifs habituels pour compléter (relativement) les travaux. Heureusement, la haute saison est terminée. 


Sur un parcours d'entraînement, cette semaine, j'ai pris plaisir à constituer un petit groupe de trois avec des inconnus. Nous roulions rapidement, sur nos pneus de 23 mm, contre un vent de face.

Je n'aurais pas roulé aussi vite si j'avais été seul. Peinard derrière des cyclistes plus forts que moi, j'étais prêt à prendre un relais si on m'en avait donné l'occasion.

Plus forts que moi, jusqu'à ce qu'ils se brûlent un après l'autre. C'est du moins l'impression qu'ils m'ont donnée. Manque d'expérience, de volonté d'établir une collaboration?

Ça m'est arrivé plusieurs fois, dans de telles circonstances, de demander à des inconnus s'ils avaient l'habitude de rouler en groupe. La réponse habituelle est négative. C'est comme ça au Québec. Les clubs existent, mais la culture cycliste est jeune et beaucoup de pratiquants sont solitaires et n'acquièrent pas les réflexes de gestion qui permettent d'aller vite, longtemps.







Vous voulez durer? Faites en sorte que votre présence à l'avant, le vent dans la gueule, soit brève et efficace. Entre 100 et 500 mètres, moins s'il le faut, à moins d'être plus fort que vos partenaires. Il n'y a pas de honte à se garder frais. Si votre vitesse diminue pendant que vous êtes en avant, c'est signe que vous devriez sagement aller vous placer à l'arrière et donner la chance à quelqu'un d'autre de faire sa contribution. Le but du groupe, c'est que le groupe soit rapide. Et attention, lorsque c'est votre tour de prendre le relais, de ne pas accélérer, c'est une erreur classique de débutant. Si vous tenez à le faire, allez-y graduellement, en tenant compte du niveau de vos compagnons.

Et si vous voyez que le cycliste qui vous précède a un pilotage un peu imprévisible et erratique, choisissez d'autres fréquentations... C'est un jeu qui se joue dans la proximité et votre sécurité passe par un comportement prévisible de la part de tous, à commencer par vous.


Les Américains n'ont généralement pas tellement idée de ce qui se passe en Europe, musicalement. Dommage pour eux. Ici, Pierrick Pedron:

vendredi 2 septembre 2016

JE VOUS LE MONTRERAI.



J'adore mon Falardeau Alu9, mais c'est le tout premier jamais bâti et il commence à montrer des signes de vieillissement. Il a dix saisons dans le corps, mais ne vous fiez pas à cela, car c'est le cadre qui date de 2007. Plusieurs des pièces qui sont sur ce cadre datent en fait de 2002, lorsque je me suis construit le tout premier Alu8 (la génération précédente).

Ce serait facile de remplacer les pièces qui laissent à désirer, mais mon cadet grandit et ce vélo ferait très bien l'affaire, puisque de toute façon il ne roule pas tant. Il sera toujours temps de l'améliorer si son kilométrage le justifie.

Je vais donc m'en bâtir un nouveau, car il n'est pas question que je me prive de cette merveille. J'en ai justement fait essayer un cette semaine, à quelqu'un qui est habitué à un vélo modeste et qui n'avait aucune idée de l'avantage que ça procure. La réaction a été instantanée, et elle va s'en rappeler.

Je vais prendre un cadre identique, sauf pour la couleur. J'en prends un rouge, mais je vais le décorer avec ce "wrap" dont je vous ai déjà parlé. Je vous montrerai le résultat quand il sera complété. Petite description sommaire: 1.5 kg, alu à épaisseur variable de type triple butted, du bonbon. Léger, durable, abordable, pas raide, pas sec.

Le résultat final pourrait ressembler un peu à ceci:



Pour la fourche, je prendrai probablement la même chose, puisque je l'aime beaucoup, que j'en ai une autre et qu'elle est invendable. Je m'explique. Il y a plusieurs années, j'avais fait faire deux prototypes de fourches à Taiwan, sur commande, sur la base d'une photo qui m'avait été soumise. Quand elles sont arrivées, mon agent industriel s'est excusé, elles n'étaient pas exactement conformes à la photo. C'était comme si le fini anodisé promis était soudainement devenu un fini peint. Pas laid du tout, mais pas ce qui était promis.

Là où ça laisse perplexe, c'est que au-dessus du pneu avant, il y a si peu d'espace que si je roule dans un endroit particulièrement boueux, j'entends le pneu frotter un peu sur la boue qui se dépose là, avant qu'elle ne s'évacue par le simple fait de rouler, ou grâce à une intervention humaine. Poser un garde-boue à cet endroit, impossible, à moins de couper la partie qui passe sous la fourche, et encore. Pour résumer, je ne peux pas vraiment vendre cette fourche à qui que ce soit, à moins que ce soit quelqu'un dans mon genre, qui ne mettra jamais de garde-boue là, et qui aime la position un peu surbaissée qui résulte du peu de distance qu'il y a entre le pneu et la fourche. Voici un exemple extrême de ce qui peut arriver. La photo a été prise un 1er avril près de Québec et non, ce n'est pas un poisson d'avril. Et je n'ai jamais roulé dans la boue autant que ce jour-là, avec ce vélo, ce n'est pas une habitude.



En plus, c'est une fourche filetée (1 1/8"), un standard obsolète qui ne me dérange pas, d'autant plus que je peux utiliser un plongeur dont j'ai un surplus d'inventaire. Je pourrai ainsi quand même utiliser une potence moderne. Un de mes fournisseurs va m'envoyer un jeu de direction Deore XT compatible, là aussi un surplus d'inventaire tout neuf, mais glorieusement obsolète. Ces roulements sont à la fois légers, doux et durables.

Un guidon poids-plume, droit (flat bar), en alu, pour plus de tranquillité d'esprit, dans la taille 25.4 mm. J'ai un Answer Hyperlite qui traîne quelque part dans mon tiroir. Les 31.8 mm sont plus rigides, et pour moi ce serait superflu en plus d'être moins agréable lorsque je roule sur une surface inégale (souvent).

J'ai beaucoup aimé les leviers de vitesses Deore LX de génération 8 vitesses (c'est vieux, ça). Ils étaient d'une grande douceur, sans parler de l'efficacité. Ça me donne le goût de ne pas lésiner sur les prochains leviers, qui seront probablement des Deore XT, la coche au-dessus. C'est d'autant plus motivant que je fais des parcours très côteux, où les changements de vitesses sont particulièrement nombreux.

Le pédalier sera un Deore M590, plus léger que le Alivio d'une coche en-dessous, un bon rapport qualité-prix qui est disponible en 22/32/44, des développements que j'aime et que je connais bien. La cassette sera peut-être une 11-28.

Je n'ai pas encore décidé des deux dérailleurs, et ça ne me fatigue pas tellement. Ce qui compte c'est qu'ils soient bien réglés et que leurs rivets soient frais.

Les freins seront des tirages linéaires (v-brakes) Shimano de base (BR-4000), puissants, pas lourds, pas chers, pas compliqués. Je n'ai aucunement besoin de quelque chose de plus puissant que ça.
En fait, je souhaite investir le moins possible de temps et d'argent dans le système de freinage.

Je n'ai pas encore décidé des leviers de frein.

La roue avant aura une jante légère, 430 g ou moins, pas besoin de plus sur l'avant. Je compense cette légèreté avec 32 rayons croisés de 3. Pour les longs parcours de gravelle, c'est un excellent compromis qui a fait ses preuves.

La roue arrière aura une jante plus lourde, une Mavic A319 ou une Sun CR18. L'A319 est probablement plus robuste, mais il y a des considérations accessoires qui entrent en ligne de compte.

Pour les moyeux, j'hésite entre plusieurs possibilités. Les Tiagra sont surprenants de douceur et vieillissent bien, un excellent rapport qualité-prix. Je pourrais aussi prendre des 105 une coche au-dessus ou me gâter avec des Deore XT. On verra.

Les rayons seront des Pillar. Ils sont moins chers que les DT et depuis que je les utilise, il ne s'est rien passé de négatif, aucune indice de faiblesse ni sur mes vélos ni sur ceux des clients. Des 2.0 à épaisseur égale (plain gauge), si vous tenez à le savoir.

Si ma selle Vetta SL réussit à survivre jusque là, je la mettrai, sinon on verra. Je mettrai des cornes BBB BE15 comme d'habitude et de la guidoline sur le guidon, plus légère que les poignées. Pour les pédales, pas de casse-tête, des Wellgo style SPD que je possède déjà. Fonctionnelles, et leurs roulements cartouche leur donne une durabilité correcte.

Alors comme vous pouvez voir, il ne s'agit pas de faire un vélo haut-de-gamme mur-à-mur, mais bien plutôt un vélo jouissif, polyvalent (asphalte et gravelle), à l'aise en montée, léger, mais pas à tout prix. Je vise un prix-cible qui ne dépasse pas beaucoup les 1000$cad, et un poids de 10.X kgs. Ce serait facile de descendre en bas de ce poids, mais il faudrait forcément investir davantage. Déjà, à 10 kgs, les sensations seront très correctes, je le sais.

Mon intention est de bâtir ce vélo dans les jours qui viennent, mais de ne pas m'en servir avant le printemps prochain. Il sera offert à qui le voudrait (taille moyenne, je mesure 5' 10"), quitte à m'en bâtir un autre identique si je le vends. Mais pas sans changer la fourche car je veux garder cette bizarrerie invendable que j'aime beaucoup. Je vous montrerai des photos quand j'en aurai.


La Route Ferdinand-Roy, près de Saint-Lazare-de-Bellechasse. À l'heure de pointe...


Cette semaine, on m'a prêté un vélo de cyclocross pour avoir mes impressions. Son propriétaire ne l'aime plus beaucoup, depuis qu'il s'est procuré un vélo plus léger et plus pointu.

C'est un vélo de cyclocross d'une marque concurrente. Il s'agit d'un cadre aluminium de type triple butted avec un arrière intégralement en fibre de carbone. Des roues modernes et un groupe SRAM Rival combiné à des freins cantileviers Cane Creek.

Le  gérant de production à qui on donne le mandat de concevoir un vélo de cyclocross n'a pas le choix. Peu importe ce qu'il en pense, il doit mettre un pédalier double plateau et un guidon courbé (route). Parce que sinon, c'est tout simple, ce n'est pas un vélo de cyclocross. Voyez vous-même:



Il faut savoir que les vélos des coureurs euro-pro ont des caractéristiques techniques bien définies par l'UCI.

http://www.cyclingweekly.co.uk/videos/cycling-tech/cyclocross-bikes

Et c'est pourquoi le vélo que j'ai essayé est ce qu'il est. Tout au plus, son pédalier 34/50 n'est pas nécessairement ce qu'on trouve sur beaucoup de cyclocross. Typiquement, ce sera plutôt un 36/46. Ne soyez pas surpris si ça ne convient pas à vos besoins, si vous ne faites pas de cyclocross. En fait, aucun de ces deux pédaliers doubles ne convient à mes besoins, car les côtes sont trop nombreuses, avec des pourcentages parfois brutaux. J'aime bien le triple: les écarts entre plateaux sont modérés, les extrêmes conviennent aussi bien aux descentes qu'aux montées, courtes ou longues, le braquet facile est suffisamment facile, et vice-versa. Regardez la vidéo ci-dessus si vous ne l'avez pas déjà fait, les descentes sont courtes et il y a souvent une courbe qui vous attend au bas. Rien pour vous donner envie d'accélérer dans la descente. Corrigez-moi si je me trompe, mais il me semble que la course se gagne dans les montées, et dans les aléas de toute nature. 46/11 me semble bien adapté. Ce serait différent dans une longue descente asphaltée.

Et pour revenir à ce vélo qu'on m'a prêté, voici tout d'abord ce que j'ai aimé.

-Le cadre et la fourche. Ça pourrait être meilleur, mais ça coûterait plus cher.

-La légèreté de l'ensemble. Poids total, 8.75 kgs, avec des pneus lisses 25 mm (qui ne sont pas d'origine). Pas un record, évidemment, mais correct.

Puis, ce je n'ai pas aimé.

Les leviers de freins/vitesses Sram Rival. Surtout celui de gauche. Je ne crois pas qu'ils soient tous comme ça, qu'ils demandent tous un tel effort, au point où souvent on n'arrive même pas à passer du petit plateau au gros. Peut-être a-t-il besoin d'un nouveau câble/gaine. Et aussi, pourquoi ce mouvement d'avant en arrière du levier secondaire?

Les patins de frein, en fait tous les deux freins au complet. Parce que les patins avant donnent une sensation de papier sablé. Parce que le frein arrière est faiblard. Parce que les guidons courbés combinés avec des freins cantileviers ne donnent pas toujours des résultats éblouissants. Je remplacerais volontiers ces Cane Creek par des Tektro ou des Shimano, et je mettrais un des deux chape-relais plus bas. La plupart des vélos de cyclocross sont maintenant proposés avec des freins à disque. Ce qui ne règle pas tous les problèmes, mais ceux-là, au moins.

Ce problème serait réglé avec un guidon plat ou surélevé, avec, en prime, un meilleur soutien lorsqu'on est debout sur les pédales. Mais ce serait un manque de respect envers la tradition du cyclocross. Que je n'aurais aucune difficulté à commettre. D'autant plus que ça permettrait de se débarrasser des leviers de vitesses.




La lecture suivante m'a été suggérée par un ami:

https://www.theguardian.com/money/blog/2016/aug/23/no-spending-best-holiday-cycling-norfolk



Un vélo d'occasion qui vient de rentrer. Il s'agit d'un Giant TCR Two. Cadre Allux SL habillé de pièces Shimano 105, génération 2 x 9 vitesses. Longueur c-c 54 cm, hauteur c-t 50.5 cm. Donc il conviendra à quelqu'un qui mesure autour de 5' 8" ou 5' 9" approx.

Le prix demandé de 640$ inclut une vérification générale, une guidoline neuve, deux pneus additionnels. Pédales non-incluses. 8.58 kgs sans pédales.



Les images qui accompagnent cette chanson lui donnent une dimension qu'elle n'aurait pas par elle-même. À voir.

vendredi 19 août 2016

PAS MAL STANDARD.






Au sud-ouest de Saint-Elzéar en Beauce. Trois heures de l'après-midi dimanche dernier.
Plus on monte, et plus il y a de la brume. Mais la route reste sèche.
Ci-dessous, le même endroit en mai 2015.



Je lisais la semaine dernière un article publié récemment dans un journal quotidien anglophone canadien. Une fois n'est pas coutume, c'était un compte-rendu d'un essai routier d'un vélo Eddy Merckx de très haut-de-gamme.

Le journaliste, qui n'était peut-être pas spécialisé dans le domaine, parlait avec enthousiasme de cette machine très pointue. On peut comprendre. Quiconque a déjà essayé une machine de ce niveau. sait à peu près à quoi s'attendre, et ce n'est pas banal.

Mais j'ai accroché quand il a parlé de perfection. Quant à moi, si c'est la perfection que vous recherchez, n'y pensez même pas. Peu importe ce que dit la publicité, vos amis, ou vos ennemis, peu importe la marque, le modèle ou l'année, le nom du coureur professionnel commandité par la compagnie ou le signe astrologique de l'épouse du patron, aucun vélo n'est parfait, cher ou pas. Tout ce qui est technique est source de compromis.

C'est pourquoi j'aime bien le magazine français lacheteurcycliste.com et sa version papier. On y trouve un franc parler plus près de la réalité que ce qu'on trouve parfois dans d'autres magazines.

Certains articles sont plus enthousiastes que d'autres, on peut comprendre, ils ne sont pas tous écrits par la même personne. Et ils ne décrivent pas tous le même produit. Mais l'effort de transparence est souvent évident, une volonté d'indépendance face aux fabricants. Ce qui n'est pas donné à tous, d'autant plus que ce sont eux qui achètent la publicité...

Intéressant ce tableau des catégories de cadres. On nous suggère 9 familles distinctes qui aident à comprendre que, au-delà du poids et du métal (ou de la fibre), on a affaire à des comportements et des sensations qui peuvent être décrits de différentes façons, destinés à différents usagers. Le tableau des catégories de roues, lui, permet de saisir l'importance de la relation entre le poids du cycliste et le poids et la hauteur de la jante.

Et on n'y trouve pas que des vélos de niveau élite ou expert, le vélo sous la barre des 1000 euros y a aussi sa place. C'est souhaitable, particulièrement pour ceux qui en sont à leur premier achat. Mais gardez à l'esprit que cette équipe a une perspective très route. Et qu'ils ont constamment les fesses sur des machines de haut niveau, ce qui influence forcément leur réaction lorsqu'ils sont sur un tout-alu sans prestige.





J'ai reçu un courriel la semaine dernière, d'un client qui voulait un gonfleur pour sa pompe. Après enquête, j'ai constaté que le gonfleur demandé n'était pas de la même marque que la pompe à  laquelle il est destiné. Ça va être compatible, ça? Voici une partie de nos échanges.

Pour la tête de pompe Lezyne: c’est pour une pompe sur pied pas mal standard. J’ai estimé que le diamètre du boyau était standard d’une marque à l’autre. Si ce n’est pas le cas, svp m’aviser pour tricoter une autre solution genre, une autre tête livrée avec le tuyau qui ferait sur une pompe standard.

Ma réponse:

Ta pompe est "pas mal standard". Suggestion de l'oncle Paul: bannis le mot standard de ton vocabulaire cycliste. Ou utilise-le toujours au pluriel. Il y a des standards. 

Tu ne peux pas présumer que Lezyne aura l'obligeance d'utiliser la même dimension de tuyaux/raccord/gonfleur que la pompe que tu as. C'est une décision arbitraire faite au bureau du concepteur qui n'a pas le souci d'accommoder Paul Trépanier.

Évidemment, il se peut que ça fasse. Mais comme tu peux voir, je ne le prends pas pour acquis.


La réponse finale du client:


Merci pour la mise à jour des « standards ». C’est vrai que même dans le jazz, les standards diffèrent :)




Un exemple parmi d'autres: je parlais ce matin avec un collègue détaillant qui m'avait acheté un jeu de pédalier au standard italien parce que le standard anglais habituel ne faisait pas. Pour s'apercevoir que même l'italien n'est pas compatible. Il y a alors de bonnes chances que ce soit un vieux cadre français avec une boîte de pédalier au standard français de l'époque. Si je ne m'abuse, ils ont abandonné ce standard pour se mettre d'accord avec les dimensions à l'anglaise qui sont les plus répandues, et de loin, lorsqu'il s'agit de boîtes filetées.

Mais prenez note que quelques nouvelles formules se sont ajoutées ces dernières années, qu'on aime ou qu'on n'aime pas. Ce qui confirme ce que je disais plus haut: standards s'écrit au pluriel.





http://ici.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2015/01/21/014-velo-louis-pierre-dupuis-perce.shtml

Le représentant qui m'a parlé de lui travaille chez un des plus gros distributeurs canadiens dans le domaine du vélo (et des pièces). Il m'a dit que c'est le type qui roule le plus au Canada. En date du 17 août, il en est à 30853 kms, en 253 sorties. Ce Gaspésien s'appelle Louis-Pierre Dupuis et, heureusement, il n'est pas trop regardant sur la météo. Plus de 2500 kms en janvier, on ne l'accusera pas d'être douillet! Pensez-y, c'est pluis de 80 kms par jour, en moyenne. On a beau dire que janvier 2016 n'était pas le plus froid de mémoire, mais on parle quand même de températures en bas de 0 degré Celsius la plupart du temps.

Jetez un coup d'oeil sur sa page Strava:

https://www.strava.com/athletes/1321982



Les chorales sud-africaines sont parmi mes préférées, et cette pièce ne fait que renforcer cette opinion. Un reproche: c'est trop court! Laura Mvula: She





vendredi 29 juillet 2016

MY TRAFFIC SITUATION.



Les photos de cette semaine ont été prises dans le secteur de Saint-Raphaël-de-Bellechasse, en juillet 2016.


Les nouvelles de Taiwan sont à l'effet que l'île a perdu du terrain sur la planète vélo. Pas surprenant. Les cadres en aluminium sont maintenant chinois, plus que jamais, quand ils ne sont pas vietnamiens. Et la fibre de carbone est chinoise, plus que jamais elle aussi, à cause du nombre d'heures décuplées requises pour la confection de ces cadres. Le coût de la main-d'oeuvre à Taiwan nuit à la stabilité de cette industrie. Car contrairement à ce que certains pensent, Taiwan n'est plus un pays pauvre avec des salaires au ras des pâquerettes. Même la Chine a vu les salaires augmenter ces dernières années.

Si Taiwan est malgré tout si importante dans le monde du vélo, ce n'est pas parce que les Taiwanais sont de grands cyclistes jouissant de conditions idéales pour s'adonner à ce sport. Voici un commentaire que m'a donné une Taiwanaise, cette semaine, à propos de cette activité sur l'île:

actully I less ride the bike in Taiwan because it is a little dangerous ,my traffic situation is not very good .

Eh bien, ma chère, venez faire un tour dans mon coin de pays, vous verrez ce que vous manquez.

Et moi, pourquoi est-ce que je m'entête à commander à Taiwan, quand je pourrais grapiller quelques dollars en traversant le détroit de Formose? Très simple, la qualité. La peinture, à elle seule vaudrait presque la différence, mais les jeux de tubes disponibles,  les très importants jeux de tubes, je les aime. Je n'ai pas envie de déstabiliser une recette gagnante. C'est pas brisé, on ne répare pas.





Et durant la première moitié de l'année 2016, Shimano a vu ses ventes mondiales diminuer de 18%. La compagnie cite plusieurs raisons pour ce déclin: mauvaise température, le Brexit, le terrorisme en Europe et les inventaires trop élevés en Amérique du Nord. D'un autre côté, certains clients-détaillants accusent volontiers le géant japonais d'arrogance, ainsi qu'une mauvaise gestion de la question des ventes en ligne.

Pour ma part, mon dernier contact direct avec la compagnie n'était pas très enthousiasmant. La ligne téléphonique était mauvaise, surtout pour le technicien qui m'a répondu, ah bon, et il m'a rapidement référé à un site Internet qui ne m'a pas donné la réponse à ma question. Ça ne donne pas envie de rappeler.





Greg Herbold a donné sa démission de SRAM/Rock Shox. Vous ne le connaissez pas? C'est le premier coureur de vélo de montagne ayant gagné le championnat du monde de descente. Un des héros de cette première génération de coureurs qui ont eu du succès dans un sport alors nouveau, comme Ned Overend, Tinker Juarez et Juli Furtado.  Il a maintenant 53 ans. Il dit avoir perdu le feu sacré, dans son travail de développement chez SRAM.

Je peux comprendre, personne n'est à l'abri de cette éventualité, et une personne curieuse et créative comme lui se nourrit d'une certaine fébrilité qui peut être un puissant motivateur au travail.

Quant à moi, je n'ai pas perdu ma motivation à rouler, et à travailler autour des vélos. Par contre, comme vous pouvez l'imaginer, j'ai vu ce milieu évoluer beaucoup depuis les années où j'ai commencé à en vivre, en 1987. Et pas toujours pour le mieux.

Les dérailleurs électroniques ne me paraissent pas être une amélioration, pour le moment. L'essai que j'ai fait récemment m'a laissé le souvenir d'un truc qui enlevait de la simplicité au vélo, tout en donnant fort peu en échange. C'était un Shimano Di2 Ultegra.

SRAM y va de son système Bluetooth. Faudra voir si c'est mieux.

Évidemment, Campagnolo ne peut rester les bras croisés, la compagnie italienne n'a pas le choix dans cette fuite en avant. Leur application mycampy, à première vue (je ne l'ai pas essayée), m'a semblé être excessive, une sorte de complot pour nous transformer tous en geeks du vélo, soudainement incapables de juste poser le vélo après une sortie, obligés de gérer une variété de données probablement utiles à des cyclistes pour qui l'amélioration des performances n'est pas une option. Si ça vous branche, tant mieux, faites-vous plaisir. Quant à moi, ma tête est déjà pleine.





On m'a dit que le journal Le Soleil avait publié l'article suivant en date du 21 juillet 2016:


Les supports à vélo

Comme des milliers d'automobilistes, vous partirez en vacances cet été après avoir accroché les vélos à l'arrière de l'auto. En théorie, c'est illégal, si votre équipement nuit à la lecture de votre plaque d'immatriculation par un radar photo. Le 2 juin dernier, un automobiliste montréalais s'est fait coller une contravention de 500 $, plus les frais et la contribution, pour un grand total de 681 $. Et il n'avait même pas de vélo sur son auto. C'est le support à vélo seul que le policier a jugé trop encombrant devant la plaque d'immatriculation.
Un peu zélé, monsieur l'agent? L'affaire a fait les nouvelles, avec comme résultat que de nombreuses photographies de voitures de police équipées de la même manière ont circulé sur les médias sociaux. 
Simultanément, deux juges ont évalué que les supports à vélo ne justifient pas une contravention. «C'est une façon de vivre au Québec, de transporter des bicyclettes», a tranché le juge Bruno Themens de la Cour municipale de Longueuil. 
En octobre dernier, la juge Marguerite Brochu de la Cour municipale de Montréal avait fait de même en acquittant une jeune femme sanctionnée pour son support à vélo alors que sa voiture était stationnée. Son avocat a fait valoir que ce n'était pas dans l'intention du législateur, dans le Code de la sécurité routière, de sanctionner pour les supports à vélo. Il a eu gain de cause.
Bref, vous pouvez partir en paix avec vos vélos, mais ne soyez pas trop «baveux» si un policier vous intercepte sur le sujet. L'article 333 du Code de la sécurité routière qui interdit d'obstruer la vue de votre plaque d'immatriculation est toujours en vigueur... Et si en plus vous rouliez trop rapidement, l'amende sera salée si on vous colle une amende pour la vitesse, et une autre pour le support à vélo.


Du chocolat comme solution aux vols de vélo? 

1) Ne comptez pas sur moi pour appliquer cette technique anti-vol.

2) Les voleurs étant ce qu'ils sont, je ne compterais pas trop sur ça pour régler le problème.

En tout cas, c'est divertissant, jugez par vous-mêmes.






Plusieurs personnes aiment écouter du blues. Personnellement, je le trouve plus agréable à jouer qu'à écouter. Une exception (et il y en a d'autres), le maître, John Lee Hooker.



vendredi 15 juillet 2016

POURQUOI NE PAS L'AIMER?





J'avais dit au recherchiste de l'émission: "J'ai aimé tous les vélos que nous avons présentés au cours de la série d'émissions, maintenant on va leur en montrer un que je n'aime pas." Ça l'a fait rire, et il était d'accord.

En plus, c'est un vélo qui m'appartient. Je l'ai acheté il y a plusieurs années et je ne l'avais même pas essayé une seule fois. Je l'avais serré dans l'entrepôt et je l'avais à moitié oublié. En fait, je l'avais acheté parce qu'il s'ajoutait au patrimoine de Bicycles Falardeau enr. qui a cent ans cette année. Après tout, ce vélo avait été acheté ici, si on se fie à la décalque qu'on trouve sur le cadre et qui est celle du fondateur Henri, et non celle de son fils René de qui j'ai repris l'entreprise. Il y a longtemps, Bicycles Falardeau a déjà été concessionnaire CCM, à l'époque où la marque était ontarienne.

Brève description de la machine:

CCM Club Racer, circa 1951
3 vitesses avec sélecteur et moyeu arrière à vitesses internes BSA
Freins à tirage latéral Monitor Sheerline
Pédalier CCM
Jantes en acier

À première vue, les pièces semblent toutes d'origine.


Pourquoi ne pas l'aimer?

Premièrement, il est équipé d'un système à trois vitesses (internes). J'en ai essayé plusieurs, habituellement montés avec des pièces Sturmey Archer, et ils ont la manie d'échelonner les développements ailleurs que là où je les voudrais. Si au moins la vitesse intermédiaire pouvait convenir, juste assez forçante, mais pas trop, je pourrais vivre avec le reste. Mais quand on ne trouve jamais son compte, même sur le plat, c'est trop.

Deuxièmement, les freins. Quelle horreur! Moi qui ne suis pas si difficile à satisfaire, là c'est carrément dangereux. S'il pleut, restez à la maison ou faites votre testament avant de partir. Ou payez vos dettes par égard aux survivants... Avec un peu de chance il fera beau et avec un peu d'anticipation et de retenue vous survivrez.

Alors quand je l'ai essayé, je n'ai pas été surpris de constater que le freinage, par beau temps, était du genre un sur dix. Un étant évidemment la pire note, moins que ça on allège le vélo en retirant le système de freinage.

Par contre, les vitesses étaient juste bien, comme je les aime lorsqu'il y en a aussi peu, et elles fonctionnaient très bien malgré l'âge. Pas parfait mais pas loin. Mieux en tout cas que bien des Sturmey Archer plus jeunes dont le levier se déplace de façon un peu confuse dans son boîtier.



J'ai fait des recherches sur Internet, et j'ai fini par découvrir des photos de Club Racer 1951 qui montraient des vélos identiques au mien, incluant la couleur verte. Mais il y avait une différence majeure: le guidon, pareil au mien, était installé vers le bas, façon course, ce qui semblait convenir d'autant mieux que le vélo s'appelle Club Racer. Il avait bien meilleure allure comme ça, et après le tournage on a décidé, Youri et moi, d'inverser le guidon qui semblait avoir été tourné vers le haut pour en faire un Clubless Promeneur.

Ça a changé son apparence considérablement. Il a soudainement eu un style beaucoup plus sportif, plus profilé (considérant son millésime). Un peu comme un enfant qui était en pénitence et qui redevient frondeur. Si ce n'était que ça, ça valait déjà la peine. Mais ce n'est pas tout.

Les leviers de freins qui n'étaient plus à leur place, sont redevenus efficaces une fois le guidon remis à sa place. Bon, entendons-nous, on ne parle pas ici de freins ultra-modernes pour lesquels certains consommateurs sont prêts à payer le gros prix. Non plutôt du genre assez-pour-moi-suffit-de-se-servir-de-sa-tête. Je suggère le chiffre de 5.5 sur 10. Après tout, c'est pas en freinant qu'on gagne des courses, hein?

Alors finalement, je l'aime, le torbinne. Et ça tombe bien, il m'appartient! Je ne vous dis pas que je vais m'en servir, souvent ou pas souvent, mais ça serait quand même drôle d'aller dépasser un ou deux fibre-de-carbone avec lui, histoire de rire dans la barbe que je coupe plusieurs fois par semaine...

Attention, ce n'est pas dans les montées que je m'attends à faire ça, il pèse quand même 15.10 kgs, c'est-à-dire près du double de mon Falardeau monocoque, mais sur le plat, une fois lancé, il pourrait vous surprendre. D'autant plus que le cadre, sans noblesse, n'est quand même pas un irritant trop important dans l'équation. Certains seront peut-être surpris d'apprendre qu'en 1951, Paris-Roubaix a été gagné à une vitesse moyenne de 40 km/h! Sur un vélo plus rapide que mon Club Racer, mais quand même... C'était plus rapide que Cancellara en 2010 (39 km/h)!!!

http://www.bikeraceinfo.com/classics/paris-roubaix/paris-roubaix-index.html

Remarquez, Paris-Roubaix n'est pas une course de grimpette. C'est un facteur. Une course sur le plat ne met pas autant en valeur les vélos légers. Regardez les résultats du Tour de Suisse, par exemple, la vitesse moyenne du vainqueur est nettement plus élevée qu'avant.

http://bikeraceinfo.com/stageraces/Switzerland/swiss-tour.html




Mot de la fin, pour ceux qui sont trop jeunes ou n'ont pas grandi au Canada. CCM était la marque la plus répandue au Canada, et de loin. Fabriqués en Ontario, on trouvait dans leur catalogue beaucoup de vélos grand-public, et quelques modèles destinés à ceux pour qui le vélo était plus qu'un jouet ou un utilitaire. CCM tenait le marché canadien un peu comme Schwinn l'a longtemps fait aux USA. Maintenant, le nom CCM a été racheté par Procycle et le produit contemporain ne mérite pas vraiment qu'on s'y attarde.




Dans un autre ordre d'idée, je vous annonce que les vélos Kuota, spécialiste de la fibre de carbone, seront désormais disponibles chez Bicycles Falardeau enr. Sous forme de vélos complets, et également sous forme de cadres/fourches.

Voici l'horaire de diffusion de mon émission de télévision, que je vous ai déjà communiqué, au cas où vous ne l'auriez pas vu. Canal 9 (et 609) dans la région de Québec et Lévis. L'émission s'appelle À Vos Vélos.

1e diffusion: Jeudi 19h 
Rediffusion: 
Jeudi 22h 
Vendredi 15h30, 20h30 
Samedi 2h 
Dimanche 3h30, 11h30, 20h 
Lundi 0h30, 18h30 
Mardi 2h, 13h, 19h30 
Mercredi 6h, 16h30 
Jeudi 10h30 
               


I am drawn
I am drawn to her
Like a moth to a flame
She leads me down
Unbound

samedi 2 juillet 2016

POURQUOI PAS?





La saison bat son plein et mes semaines sont pleines à craquer. Comme je m'y attendais, nous vendons plus de vélos que les deux saisons précédentes. Normal, les journées chaudes sont apparues plus tôt qu'en 2014 et en 2015. Par contre mes antennes qui travaillent dans les centres de distribution me disent que c'est différent ailleurs au Québec. Surprenant.

Je commence à avoir des commentaires de la part de cyclistes qui ont vu l'émission de télévision que je produis sur le vélo. De toute évidence, ça ne passe pas inaperçu.

Voici l'horaire de diffusion que je vous ai déjà communiqué, au cas où vous ne l'auriez pas vu. Canal 9 (et 609) dans la région de Québec et Lévis.

1e diffusion: Jeudi 19h 
Rediffusion: 
Jeudi 22h 
Vendredi 15h30, 20h30 
Samedi 2h 
Dimanche 3h30, 11h30, 20h 
Lundi 0h30, 18h30 
Mardi 2h, 13h, 19h30 
Mercredi 6h, 16h30 
Jeudi 10h30 
               




L'émission me donne l'occasion d'essayer différents vélos. Dont, entre autres, un vélo route/course Kuota Kobalt équipé Ultegra Di2. Pour ceux qui ne sont pas familiers, Di2 est le charmant petit nom que Shimano a donné à ses transmissions à changement de vitesse électronique.

Je ne demande pas mieux que d'aimer ce système. Pourquoi pas? Mais voici mes impressions.

Les leviers de changement de vitesse exigent une motricité fine qu'on ne peut avoir au printemps ou en automne lorsqu'on porte des gants pour temps froid. Et même en été, la manipulation de ces leviers demandera une certaine habitude, car ils sont un peu discrets.

Ne vous attendez pas à des changements plus rapides, ils ne le sont pas. Pas plus que le système par câbles traditionnel. En fait, l'avantage pour l'électronique me semble plus résider dans le fait que les complications liées aux câbles/gaines classiques sont éliminées. Et ces complications sont exacerbées par le fait que les transmissions modernes sont maintenant faites pour des cassettes à 10 ou 11 vitesses, plutôt que 7, 8 ou 9 comme il n'y a pas si longtemps. Les chaînes sont de plus en plus étroites et les tolérances pour le câblage pardonnent de moins en moins les câbles qui circulent mal dans les gaines pour une raison ou une autre. Avec un système électronique, on programme pour un déplacement X du dérailleur et le bon soldat obéit avec une course pré-réglée. Finalement, on pourrait percevoir le Di2 comme la suite logique d'une fuite en avant que constitue l'ajout d'un pignon sur la cassette, un à tous les x ans comme Shimano (et les autres) nous y a habitués.

Mais le système Di2 n'est pas sans inconvénient et ne m'a pas convaincu de faire le saut. En fait, je me situe (pour mes besoins personnels) quelque part entre l'ensemble dernier cri, électronique ou pas, avec une cassette 11 vitesses et d'un autre côté, le mouvement de protestation que constitue la tendance/mode du pignon fixe monovitesse. J'ai été propriétaire d'un pignon fixe pendant plusieurs années (dans une écurie de vélos qui comptait plusieurs multivitesses) et je les connais bien. Mais mes circonstances ont changé et maintenant mes vélos sont équipés de dérailleurs, tous, mais je n'ai aucune attirance pour ces cassettes où les pignons sont tellement nombreux que le seul fait de les compter constitue un défi en soi. Je reprends à mon compte le commentaire de Sheldon Brown: "Seven is heaven, eight is great, and nine is fine." De toute façon, les vélos que je me suis bâti pour mon utilisation personnelle ne l'ont pas été pour être vendus à quelqu'un d'autre. Pas de mode à suivre, pas de comptes à rendre. Quand je construis pour un/e client/e, c'est différent.



Et pour revenir au Kuota Kobalt, il faut dire que le cadre, lui, m'est agréable. Il s'agit de l'entrée de la gamme actuelle, un vélo d'à peu près 3900$ cad (tel qu'essayé, en Ultegra) si je ne m'abuse. Les sensations fournies par ce cadre ressemblent beaucoup à celles que j'ai eues sur d'autres cadres en fibre de carbone, comme si la recette ne subissait que des micro-différences d'une marque à l'autre. Vous en aimez une et vous les aimez tous. Personnellement je ne sens pas le besoin de plus de rigidité ou plus de légèreté dans le cadre/fourche, des gens plus athlétiques que moi auront peut-être un point de vue différent. Remarquez, je n'ai pas de familiarité avec les cadres destinés aux coureurs pros, dopés ou pas, et ces cadres ne m'attirent pas, surtout après ce que j'ai entendu à leur sujet.




Quelqu'un m'a demandé aujourd'hui si les coureurs participant au Tour de France sont tous dopés. Tous? Je ne sais pas, mais la majorité l'est probablement. Ont-ils le choix? Peut-on réussir à éradiquer cette culture-là d'un peloton qui ne connaît rien d'autre depuis cent ans?

Je parlais la semaine dernière avec la mère d'un coureur professionnel américain qui a quitté le peloton parce qu'il ne voulait pas se doper. La direction de l'équipe dont il faisait partie pendant ce qui a été sa dernière saison ne lui donnait pas le choix.

Après plusieurs années d'une série d'équipes connues comme Saturn, il a pris cette décision crève-coeur, comme d'autres avant lui. Et en passant, Phil Liggett est encore à son poste d'animateur à la télé. Lui qui avait dit que si Lance Armstrong était jamais pris pour dopage, il donnerait sa démission. Remarquez, je le comprends, ils est assis confortablement et gagne un bien meilleur salaire que plusieurs coureurs du peloton professionnel. Il serait fou de garder ses promesses...

Mais comme crève-coeur, il y a pire. Comme le décès accidentel, à l'âge de 44 ans, du pianiste Esbjörn Svensson.