vendredi 24 avril 2015

PAR UNE SIMPLE LETTRE.








Après Shimano (voir http://bicyclesfalardeau.blogspot.ca/2013/08/tremblement-de-terre.html)  c'est maintenant au tour de SRAM de se départir d'une partie de son réseau de distribution aux USA. Bientôt au Canada? Reste à voir.

Est-ce un premier pas vers une situation où les détaillants comme moi ne pourront plus se procurer ces marchandises autrement que directement du manufacturier, plus précisément de son antenne américaine ou canadienne? L'avenir nous le dira.

Ça se produit dans un contexte où SRAM peine à s'imposer côté part de marché. Les ventes de première monte destinées aux vélos neufs assemblés par les fabricants ont reculé un peu en faveur de Shimano. Le rappel de milliers de roues Zipp, marque dont SRAM est propriétaire, n'aide en rien, pas plus qu'une autre campagne de rappel du côté des freins à disque Avid qui semble avoir été menée maladroitement et avoir causé bien des frustrations chez les détaillants qui en ont fait les frais.

SRAM est cette compagnie bien connue d'abord pour ses manettes Grip Shift qui, en 1994, avaient grugé une importante part de marché de Shimano après avoir gagné un procès par le biais d'une entente hors-cour, procès qui mettait en cause les pratiques commerciales de la marque japonaise. À cette époque-là, également, la valeur croissante du yen défavorisait soudainement les exportateurs japonais et nous avons vu apparaître beaucoup de manettes rotatives sur les vélos à guidon droit.

Qu'est-ce que ça va changer, pour les consommateurs? Dans l'immédiat, pas grand-chose. Aux USA, SRAM aura encore, jusqu'à nouvel ordre, plusieurs distributeurs incluant QBP et Giant qui prendront le relais des distributeurs auxquels on a signifié la fin de la relation de manière un peu brutale, par une simple lettre.

Ce sont davantage les détaillants qui auront à revoir leur source d'approvisionnement si elle est tombée en disgrâce chez SRAM. Pour ma part, j'achète surtout des cassettes, dont le prix est très compétitif avec Shimano et qui me donnent plus de choix dans les développements. Sans compter le fait que la finition du métal des pignons est un peu plus attrayante à première vue, dans certaines gammes de prix.

Au fil des années, SRAM a fait des acquisitions: en plus de Avid (freins) et de Zipp (roues), la compagnie américaine a mis la main sur Sachs (transmissions), Rock Shox (fourches) et Truvativ (pédaliers, etc.). Cette démarche l'a positionnée de façon plus favorable dans le marché de la première monte (OEM parts) des manufacturiers de vélos. Basée à Chicago, elle a des usines à Taiwan, en Chine et ailleurs.

Ici, dans la région de la Ville de Québec, un distributeur m'a déjà dit que la marque SRAM peinait à s'imposer car les consommateurs lui préfèrent Shimano. Et c'est un fait que chez les clients qui me commandent un vélo neuf, ils sont extrêmement rares, ceux qui me demandent de bâtir avec les pièces SRAM, malgré le fait que la compagnie est relativement connue dans le marché. Faut dire que de nombreux consommateurs ont connu SRAM par le biais de leurs manettes rotatives d'entrée de gamme, qui étaient du genre pas-de-quoi-téléphoner-à-maman. Tant mieux si vous aimiez les vôtres.






Douze degrés Celsius dimanche dernier. Plus douze, n'ayez crainte, pas moins douze. Ça vaut la peine de le spécifier, après l'hiver frigide que le Québec a connu.

Le soleil n'avait pas à faire de compromis, il brillait sans condition. Nous en avons profité pour inaugurer notre saison beauceronne en allant à l'ouest de la rivière Chaudière, en faisant une boucle qui partait et revenait à Saint-Patrice-de-Beaurivage. À ne pas confondre avec Saint-Narcisse, autre village du secteur.

Saint-Patrice est situé au nord de Saint-Sylvestre, au pied des Appalaches, à une altitude de 187 mètres.
Le réseau de petites routes souvent en gravelle qui l'entourent est typique de la région et sont d'une tranquillité exemplaire. Certains appellent ça de la terre battue: rien à voir avec une gravelle coulante qui poserait des problèmes à des pneus de vélos qui ne seraient pas des vélos tout-terrain.

La question qui se posait dimanche, était de savoir si la neige était disparue de ces routes. La réponse était positive, tout au plus avons-nous vu de la neige ici et là, dans les champs et dans les endroits moins exposés au soleil et au vent. Nous n'avions pas pris de chance en allant plus haut en altitude, là où certains petits chemins sont entourés d'arbres et la neige est plus abondante et tenace. De toutes façons, certains qui n'ont pas fait de vélo ces dernières semaines seraient moins heureux dans un parcours très côteux comme ils le sont lorsque nous allons plus au sud.

Vous pouvez trouver sur la référence ci-dessous le parcours exact que nous avons accompli, avec le détail de l'altitude et des pentes. Vous pourrez y pédaler à votre rythme (donc plus vite que moi), au moment de votre choix, sans avoir à entendre toutes les bêtises que je raconte à mes malheureux compagnons du dimanche...


http://www.strava.com/activities/288784888?utm_content=2204032&utm_medium=email&utm_source=ride_share





Elles ne font pas de vélo, mais presque. Il s'agit plutôt de planche à roulettes. Mais je les ai trouvées trop sympathiques pour ne pas vous suggérer de jeter un coup d'oeil à ces photos:

http://www.theguardian.com/artanddesign/gallery/2015/apr/20/skategirls-of-kabul-in-pictures





Et pendant qu'il fait douze degrés à Québec, Milan et San Remo permettent les manches courtes. Félix de chez Shimano m'a proposé la vidéo qui suit, dans les coulisses de La Primavera. On y parle de l'Italie et de son ambiance.

Degenkolb a aussi gagné à Roubaix, cette année. Une chose en commun dans ces deux courses qui se terminent toutes deux en sprints: le vainqueur éventuel se place en troisième position au moment critique, vers la fin. On dit que c'est le meilleur endroit d'où partir pour donner le coup de grâce à ses adversaires. À condition, évidemment, de tout faire au bon moment. Et d'avoir mangé ce qu'il faut quand c'est le temps.






En plus de mes sorties du dimanche auxquelles tous et toutes sont invités/es (contactez-moi par courriel ou téléphone si ça vous intéresse), j'organise, dans le cadre du Mois du Vélo une randonnée cycliste asphalte/gravelle. Cette année, j'ai pensé la faire plutôt facile, c'est-à-dire sur parcours plat. Voici les informations pertinentes pour ceux que ça pourrait intéresser.



Rendez-vous à l'église de Saint-Apollinaire à 11:00h AM dimanche le 31 mai 2015.

Apporter de quoi réparer une crevaison. Les vélos doivent être fiables et en bon état.

Important: apporter de quoi manger. Pas de dépanneur en chemin. En vélo, trois ou quatre heures sans manger, c'est long.

Apporter de quoi boire.

Pas de pneus de 23 mm de largeur. Asphalte et gravelle, donc 25 mm minimum.

Niveau de difficulté: facile, pratiquement pas de côtes. Longueur du parcours trois ou quatre heures incluant les arrêts.

Apporter son sourire.

http://transportsviables.org/mois-du-velo/activites/randonnee-dans-lotbiniere/



Le côté droit d'un pédalier Shimano 105 FC5800. Il est moins léger que le Super Record que je vous ai montré la semaine dernière, mais beaucoup, beaucoup moins cher. Et l'axe central est intégré à la manivelle droite sur toute sa longueur, contrairement au système Campagnolo qui a deux moitiés d'axe qui se joignent au centre.



Diego Rivera et Frida Kahlo trouvaient la musique classique ennuyante. C'est vrai que, pour animer un tequila party, on a vu mieux. Mais pour dégriser le lendemain, je leur aurais suggéré la chose suivante.

vendredi 17 avril 2015

MOINS C'EST PLUS.






Campagnolo Super Record Ti, 39/53, 172.5 mm. Côté droit, tel que sur la photo, 390 grammes.



Le journal Le Devoir (de Montréal)  a publié, le 7 avril 2015 sous la plume de Daphnée Hacker-B., un article qui parle des fameux nids-de-poule auxquels les Québécois, et particulièrement les Montréalais, sont habitués.

La théorie selon laquelle il y a souvent plusieurs explications à un phénomène semble s'appliquer ici. Je les énumère brièvement:


  • Les routes vieillissent. Beaucoup d'entre elles remontent aux années '60/70.
  • Les dégels sont cruels, et il y en a plus souvent qu'avant, à cause des redoux hivernaux qui sont plus fréquents.
  • La présence des camions, qui ne sont certainement pas moins nombreux à Montréal qu'ailleurs. Sans parler des autobus qui sont parfois très lourds à force d'être pleins. 
  • L'influence de la mafia locale en relation avec certains entrepreneurs, dont les liens ont été discutés lors de la Commission Charbonneau en 2013. 
  • Au Québec, nous sommes relativement peu nombreux pour payer pour un réseau routier très étendu. Très différent chez nos voisins américains du nord-est, qui ont des températures pourtant proches des nôtres.

Comment s'assurer d'un approvisionnement constant de nids-de-poule? Vous pouvez vous renseigner en écoutant le début de l'émission suivante, en date du 11 avril 2015:
http://www.npr.org/podcasts/510208/car-talk


*


J'avais déjà remarqué, lors des ajustements, que les nouveaux dérailleurs Shimano Alivio de génération neuf vitesses ne sont pas particulièrement rigides. Pas assez mous pour poser des problèmes réels: aucun client n'est revenu en se plaignant de leur comportement. Mais assez pour m'enlever le goût d'en posséder un personnellement. Et la chose vaut aussi pour d'autres modèles plus haut dans la gamme dont la patte semble plutôt précaire si on prend la peine de la regarder de plus près. J'aurais plus confiance aux tresses de Fifi Brindacier, aka Pippi Longstocking.





La patte des dérailleurs Alivio 8 vitesses (RD-M410) et Altus 8 vitesses (RD-M310) m'inspire plus . Elles sont plus massives et leur comportement lors des réglages correspondent davantage à mes attentes. Évidemment, certains s'inquiéteront, habitués qu'ils sont aux dérailleurs 105, XT, etc.

Dans son Manuel Détaillant le plus récent, Shimano spécifie, pour son dérailleur RD-M310, "Modèle Wide Link pour plus de rigidité et un changement de vitesse plus précis". Commentaire que l'on ne trouve pas dans les modèles plus modernes. Ça ne m'a pas surpris de constater que Shimano avait trouvé un nom pour cette particularité, et que la compagnie prend la peine de signaler la rigidité de ces modèles. Remarquez, les dérailleurs arrière route (105, Ultegra, etc.) à patte courte ou même moyenne n'ont pas cette finesse un peu trop délicate.

Il y a ceux qui refuseront d'emblée d'avoir aussi peu (?!) que 7 ou 8 pignons sur la cassette. Rassurez-vous, non seulement Shimano en offre encore, mais il y a du choix. Même une 7 vitesses est encore disponible en 12-21! C'est justement ce qu'on pourrait reprocher aux cassettes dont le plus gros pignon a 30 dents ou plus (surtout quand il y en a relativement peu): trop d'écart d'un pignon à l'autre. Et si vous trouvez qu'un gros pignon de 21 ou 23 dents est trop petit, faites comme moi et mettez-vous un pédalier à trois plateaux. Si vous ne roulez pas très chargé-e, et/ou si votre forme physique vous le permet, vous aurez alors très peu d'écart d'un pignon à l'autre, ce qui est préférable lorsque les pulsations cardiaques augmentent.

Évidemment, ce n'est pas quelque chose que j'impose aux clients. Mon offre est conforme aux standards les plus courants, mais lorsqu'il s'agit de mes vélos personnels, de certains cyclistes proches de moi, ou de clients plus ouverts à ce genre de suggestions, je me permets d'être à contre-courant. Du genre: moins c'est plus.




Les pesées de la semaine:

Un Falardeau Alu9 course, pièces Sora avec peu d'accessoires, 9.09 kgs. Vélo de route petit budget sans flafla.

Et un autre sportif encore plus petit budget: un Falardeau Alu9 très métissé. Sous la barre des 700$ (avant taxes), accessoires inclus, un vélo qui sera bâti pour une cycliste talentueuse et très jeune. Je ne peux pas encore le peser, mais j'ai bien hâte de voir le poids qui va sortir sur la balance. Comment offrir à un/une jeune une machine à prix raisonnable, au poids modéré, et avec un minimum de polyvalence? Des pneus de 28 mm, des jantes très légères, une transmission simple (mais pas simpliste), un cadre léger (1.4 kg) et la possibilité de mettre les accessoires de son choix.

En prenant la direction du vélo de route, le prix monterait très vite, à moins de choisir un vélo-budget bâti par une compagnie/corporation sur lequel je trouverais facilement des irritants. Entre autres, le manque de polyvalence, une position peut-être pas très enthousiasmante et des pièces boboches ici et là. Alors que là, le vélo pourrait devenir un vélo de tourisme simplement en changeant la roue arrière, ou un excellent vélo asphalte/gravelle sans changer quoi que ce soit.

L'acheteur est habitué à des vélos légers, et à 12.5 kgs, il a trouvé un peu lourd le EVO River Sport que je lui offrais pour un montant moins élevé. Il a opté pour un vélo plus ambitieux et plus jouissif qui sera un achat à long terme plus satisfaisant. J'espère vous donner le poids de cet Alu9 bientôt, le chantier est commencé. Entre autres choses, le train roulant (roues/pneus) sera beaucoup plus léger que sur le EVO, qui est un vélo de promenade sans velléités franchement sportives. Pas aussi léger que celui de mademoiselle Brindacier (voir plus haut), mais quand même...

Une autre pesée: une roue avant Enve, sans sa déclenche rapide: 595 grammes. Il s'agit d'une jante à boyau, automatiquement plus légère qu'une roue à pneu. Sa jante en fibre de carbone et son moyeu Chris King la placent automatiquement dans la catégorie des produits que vous voulez recevoir en cadeau, mais que vous ne voulez pas payer de votre poche. Et encore moins rentrer dans un nid-de-poule à 40 km/h...

Vous seriez moins inquiet avec cette roue avant que j'ai préparée pour un de mes clients cette semaine: moyeu Ritchey, jante Alex DM28,  24 rayons DT Competition. On est toujours dans le produit cyclosportif, ici, mais avec une jante à pneu plus pratique pour le commun des mortels. Elle pèse 790 grammes sans déclenche rapide. Je détaille une telle roue à 140$ + taxes.





Il y a un petit oiseau qui m'a parlé hier matin. Ça vaut la peine de le mentionner, ça ne m'était jamais arrivé. Il m'a dit: "Qu'est-ce que tu fais ici? C'est le temps d'aller à la campagne, en Beauce ou ailleurs!"

C'est vrai, il a raison. J'ai décidé d'y aller, dimanche. Nous serons au moins trois, sans compter les oiseaux. Les rangs de gravelle ne sont probablement pas tous libres de neige, alors on évitera d'aller trop haut et nous irons quelque part où des routes asphaltées et tranquilles sont proches. Si ça vous tente de vous joindre à nous, faites-moi signe au magasin. Je suis présent le samedi, maintenant.



Si ce n'était pas de Jane Birkin, Christine (and the Queens) serait la plus anglaise des chanteuses françaises. Ça ne prend pas un gros effort pour l'imaginer en train de faire un duo avec Peter Gabriel. On me dit qu'elle a du succès en France. Ici, je ne l'entends pas tellement à la radio. Je n'écoute peut-être pas la bonne station.



vendredi 10 avril 2015

LAISSEZ LE BON TEMPS ROULER!






Fraîchement sorti de l'atelier, il prend l'air pour la première fois. Un Alu9 avec plusieurs pièces en fibre de carbone. Mix Alivio/Deore LX.



Une tempête dans un verre d'eau? À vous de juger: un employé chez pinkbike.com, un gros site d'information destiné aux cyclistes, a fait une gaffe récemment. Il a envoyé un courriel à Maurice Tierney de chez dirtrag.com. Le problème, c'est qu'il était destiné à la compagnie de vélo Trek, et qu'il offrait à cette grosse compagnie de vélos une couverture médiatique éditoriale en échange d'espèces sonnantes et trébuchantes.

Un responsable chez pinkbike.com a déclaré que ce n'était pas ce que ça semble être. Ah bon...

En tout cas, ça tend à confirmer une rumeur tenace qui veut que plusieurs ateliers de rédaction se permettent une connivence malsaine avec ceux qui les nourrissent, c'est-à-dire ceux qui achètent de la publicité dans ces médias. Une partie d'entre eux, en tout cas.

Et pendant ce temps, une vieille habitude s'est perdue. Celle qui voulait qu'au Canada, à chaque printemps, Vélo Mag et Pedal Magazine publient chacun dans sa langue respective des tableaux plutôt exhaustifs montrant les spécifications techniques des vélos proposés par les différentes compagnies. C'était probablement un travail de moine, que de compiler toutes ces données à temps pour l'heure de tombée: il y en avait des pages et des pages.




J'aime bien Rick Mercer, il gagne à être connu. Stephen Harper a peut-être une opinion différente de la mienne là-dessus, mais ce n'est pas la première fois.





On a laissé tomber la formule en faveur de photos accompagnées d'un paragraphe nous parlant la machine, mais ne comptez pas sur une description très technique des composantes. Il s'agit plutôt d'un discours souvent subjectif. En fait, le rédacteur doit trouver le moyen de ne pas se répéter et de s'enthousiasmer pour un vélo qu'il n'a jamais essayé et peut-être même jamais vu en personne. L'exercice n'est sûrement pas facile et est peut-être trop souvent basé sur les communiqués de presse offert par les constructeurs. En voici quelques exemples traduits du dernier numéro de Pedal Magazine:

"Le groupe 105 va vous faire sourire d'une oreille à l'autre et les roues Aksium aident à faire rouler le bon temps." Un vélo louisianais?

"Le XR1 Ultegra est un vélo de niveau WorldTour..." Ça me surprendrait, en Ultegra et avec un prix de détail de 4199$cad.

"Ce vélo vous permettra d'aller n'importe où, n'importe quand..." Ah bon, tant mieux! Les autres, non?

Les commentaires en italique sont de moi, évidemment.




Et dans les vélos de route/course, de combien de manières différentes peut-on dire qu'un vélo est à la fois rigide (pour la puissance) et confortable (pour absorber les chocs des mauvaises surfaces)? Ça devient un peu répétitif à la longue.

Ce n'est pas formellement une publicité quoique...

Charlie Hebdo avait coutume de nous dire que la publicité nous prend pour des cons. Ça vous choque? Toute vérité n'est pas bonne à dire, paraît-il. On pourrait demander au Professeur Choron de nous bidouiller un message publicitaire pour les vélos, un message qui nous prend pour des gens intelligents. Comme ce qui suit:




Mais que dire de la page 68, où on a mis la photo d'un Minelli Milano à côté de la description d'un Felt Z3. Passe encore si les deux vélos étaient de qualité égale, mais ceux qui connaissent les deux marques savent que les gens de chez Felt ne doivent pas sauter de joie. Minelli est une compagnie québécoise spécialisée dans le vélo économique, et la position proposée par le Milano n'a vraiment rien à voir avec celle des autres vélos plus ambitieux qu'on trouve dans la même catégorie. Ailleurs, on a affiché la photo d'un vélo cyclosportif à côté d'un paragraphe décrivant un sage vélo urbain équipé de dynamo dans le moyeu avant. Au moins, c'est la même marque, à défaut d'être le même modèle....






Volvo LifePaint. Le concept est très intéressant. Dommage qu'on soit obligé d'en remettre fréquemment, mais bon...




On m'a demandé mon opinion sur le nouveau vélo EVO River Sport 2015 que je viens de recevoir. Je n'ai pas l'habitude de proposer autre chose que des vélos de ma marque (Falardeau), mais j'ai fait une exception pour accomoder mes clients voulant investir dans un vélo à coût modeste, sans avoir recours aux grandes surfaces.

Premières impressions rapides:

-Le pédalier est plus gros que spécifié initialement. Tant mieux.

-Les pneus sont aussi plus gros: 35 au lieu de 32. À chacun ses préférences, ça peut être un bon choix. De toute façon, c'est facile de les changer.

-Coup d'oeil réussi. La couleur noire est populaire par les temps qui courent.

-Poids exact: 12.5 kg avec pédales et béquille.

-Guidon et tige de selle alu: bon choix. Selle bien choisie. 

En tout cas, ne sois pas surpris si j'en commande d'autres.





À l'autre opposé, un client m'a demandé si je pouvais lui bâtir un vélo route/course avec un cadre en acier, équipé de pièces Shimano Dura Ace. Il possède déjà des roues appropriées, je lui ai donc préparé une soumission en tenant compte. Pour ceux et celles d'entre vous qui n'êtes pas familiers avec ce genre de bestiole, sachez que les pièces Dura Ace sont associées aux vélos de très haut-de-gamme. Les roues d'un tel vélo, quant à elles, peuvent faire varier beaucoup le prix final de la machine.


Voici le résultat de mon calcul pour le prix d'un vélo habillé Dura Ace (non Di2) série 9000.

Le prix inclut les pneumatiques, mais pas les roues, ni les pédales et les taxes.

J'ai fait mon calcul sur la base d'un cadre en fibre de carbone Falardeau. Les cadres en acier que je peux avoir sont soit plus chers, soit moins chers, dépendant du fournisseur et du jeu de tubes. À ce sujet, je suis en train de prendre des informations sur les différents cadres en acier que je peux me procurer. J'ai la possibilité de faire affaire avec un cadreur local, ou avec l'importateur de la marque italienne de prestige Cinelli, une compagnie faisant partie du groupe propriétaire des célèbres tubes Columbus.

Donc, sur la base de ce calcul, le prix serait de 3950$ + taxes. Ce prix inclut les différentes pièces du groupe Dura Ace, je n'utilise pas de pédaliers ou de freins d'autres marques ou modèles.

Comme à chaque année, la météo a mis le feu aux poudres depuis la semaine dernière, dans les magasins de vélo de la région de Québec. C'est pourquoi je suis très occupé et vous m'excuserez, j'y retourne immédiatement.

Mais pas avant de vous confier aux bons soins du guitariste Bill Frisell:

vendredi 3 avril 2015

UNE FORMULE SOUPLE.





Les Québécois sont las du froid et de la neige, particulièrement tenaces en ce printemps qui tarde à venir. Je vous offre donc cette photo du clocher de Saint-Lazare-de-Bellechasse en avril 2013 pour vous rappeler qu'on n'en a plus pour longtemps avant de voir des champs débarassés de la neige. D'autant plus que les prévisions de la météo à partir du 11 avril sont encourageantes. Je sais, c'est loin et ça a le temps de changer, mais bon...


Je plaide volontiers en faveur d'une information basée sur une approche scientifique, chaque fois qu'on peut en trouver dans le domaine du vélo. C'est pourquoi le titre du livre suivant m'a interpellé: Cycling Science deMax Glaskin. Je ne l'ai pas lu, mais je ne serais pas surpris d'y trouver une approche intéressante sur tout ce qui concerne les vélos. Jetez un coup d'oeil:

http://bicycledesign.net/2012/08/cycling-science-by-max-glaskin/



La semaine dernière, je vous montrais une vidéo de Guy Martin en train de faire le rigolo à toute vitesse sur une plage anglaise. Cette semaine je vous suggère un extrait d'un tournage fait à la compagnie de vélo britannique Orange. Et si vous vous attendez à y trouver une bande de jeunes passionnés de vélo de montagne dans l'atelier de production, vous serez déçus. On parle plutôt ici d'ouvriers britanniques habitués de tutoyer l'acier et l'aluminium, entourés de photos de pin-ups. Certains d'entre eux n'ont peut-être pas pédalé depuis longtemps, mais ça ne les empêche pas de bien travailler pour autant.

Les images sont intéressantes. Heureusement, parce que je ne qualifierais pas la langue de tout ce beau monde d'anglais international... Tout le monde a un accent? Oui, et certains plus que d'autres.






Cet article de Bicycle Retailer and Industry News n'est pas signé. Mais je ne serais pas surpris s'il était de la plume de Patrick O'Grady. Pour les habitués du magazine, son côté no-nonsense n'est pas une nouveauté.

L'article en question est publié dans la rubrique Through the Grapevine, en date du 15 mars 2015, et je vous en traduis un extrait:

"Les ingénieurs et les concepteurs exagèrent au nom du mantra de l'innovation continue. Ce n'est pas parce qu'on peut qu'on devrait. Voyons voir, par exemple: de combien de standards de jeux de pédalier avons-nous besoin? De combien d'axes? Combien de types de vélos (niche bicycles) se justifient économiquement? Avons-nous vraiment besoin de pneus de 29" ou plus? Tous ceci a mené à une explosion du nombre de SKU (n.d.t.: ces unités de gestion des stocks qui identifient deux items qui ne sont pas strictement identiques). Et, pourrait-on dire, une vaste confusion chez le consommateur qu'on rencontre tous les jours. '' Quel sorte de vélo de montagne devrais-je acheter? Enduro? Descente? Cross-country?'' demandent-ils. Un vélo de gravelle n'est-il qu'une autre version d'un vélo de cyclocross? Les détaillants ont-ils vraiment  besoin de fendre les cheveux en quatre sur toutes ces questions, devant un consommateur débordé? Jusqu'ici, semble-t-il, les freins à disque sur les vélos route/course n'ont pas encore allumé le feu de la convoitise chez la plupart des consommateurs. Même les vélos vendus en grande surface ont un niveau de complexité jamais vu chez les clients de Wal-Mart. Avons-nous été trop loin? Navi Radjou et Jaideep Prabhu répondraient probablement que oui."

Il s'agit de deux chercheurs ayant publié un livre intitulé Frugal Innovation: How to Do More With Less. Leur origine probablement indienne leur donne une sensibilité aux marchés émergents, une sensibilité que n'ont pas souvent les Occidentaux passionnés de vélo qui, certains d'entre eux, travaillent dans l'industrie et contribuent à en définir le profil.

Quant à moi, qui conçoit des vélos depuis maintenant plusieurs années, j'ai développé une affection pour ce vélo qui peut tout faire, tout sauf les usages extrêmes. Tout ce que vous avez besoin de faire du lundi au vendredi, et tout ce qui peut vous faire plaisir la fin de semaine quand vous avez davantage de temps pour en profiter. Explorer, vous évader, faire monter vos pulsations si vous le souhaitez, sans pour autant vous sentir obligé. Et tant pis, lorsque je suis sur un tel vélo, si je ne suis pas un calque de l'idée qu'on se fait de ce que certains de mes clients appellent un "vrai" cycliste.

Le terme qui leur convient le mieux est: "vélo polyvalent". Oubliez le vélo hybride, trop souvent décliné en vélo pépère, résigné, lourdeau. Oubliez le vélo de ville, encore plus résigné, obéissant à des règles inventées par Dieu sait qui et auxquelles je n'ai nulle envie de me soumettre. Pas besoin d'un vélo conçu pour rouler en plein bois, qui y serait parfaitement à l'aise mais qui est trop extrême pour être parfait en usage général.

Je leur préfère une formule souple, qui peut être équipé de pneus de différentes largeurs, où les freins peuvent être à la fois très efficaces, poids-plume et bon marché. Où le cadre est vraiment léger, sans être dispendieux, et les braquets peuvent assumer des pentes de tout ordre comme ce qui fait partie de mon quotidien.

L'article conclut sur un commentaire d'Albert Einstein, d'ailleurs connu pour un certain intérêt pour les vélos:

"N'importe quel touche-à-tout intelligent peut grossir et complexifier les choses. Ça prend une touche de génie - et beaucoup de courage - pour bouger dans la direction opposée."






En fouillant dans mes affaires, j'ai trouvé un outil de marque J.A. Stein qui m'a intrigué. J'en ai trouvé la photo sur la page suivante:

http://forums.mtbr.com/tooltime/mystery-j-stein-tools-667989.html

Il s'agit de l'outil identifié tool #1 dans le haut de la page. Il est destiné à stabiliser la clé qui sert à retirer ou mettre la cuvette fixe sur un jeu de pédalier classique comme ceux qu'on trouvait sur les vélos des années '80 (ou avant). Quiconque a déjà peiné à tenir en place la clé en question appréciera cet outil, car l'épaulement dont on dispose sur la cuvette fixe est dérisoire. Puisque j'ai déjà un outil qui fait le même travail, je peux vous l'offrir à un prix d'ami: 22.50$ + taxes. Complètement inutile si vous ne travaillez que sur des vélos récents, mais vraiment précieux si vous travaillez sur toutes sortes de vélos. En fait, pour quiconque travaille sur les vieux vélos, je ne peux m'imaginer sans, parce que sinon cette cuvette fixe peut être particulièrement difficile à retirer. Évidemment, il faut aussi posséder la clé servant à tourner la cuvette fixe.

Dans la vidéo suivante, on a un bon exemple de l'opération en question, et particulièrement à partir de 3:53 minutes dans le cas de la cuvette fixe. On peut voir que le mécanicien se sert d'une grosse clé à mollette, ce qui est possible seulement si l'épaulement est sain. Il se sert de sa main gauche en remplacement de l'outil J. A. Stein que je vous offre plus haut. Il est chanceux, car la cuvette fixe ne se fait pas trop prier pour tourner, ce qui n'est certainement pas toujours le cas. Plus elle est réticente, plus vous apprécierez avoir un outillage complet. Aussi, je préfère avoir le vélo sur le sol, bien appuyé, pour éviter que l'énergie déployée serve à faire bouger le vélo plutôt que desserrer la cuvette. En fait, et vous ne serez peut-être pas d'accord avec moi, je trouve que les supports de réparation sont surutilisés par plusieurs mécanos: le vélo est alors instable et l'énergie est éparpillée ailleurs que dans la tâche en cours. Bien sûr, il faut se pencher davantage, ce qui est un problème pour certains. Comprenez-moi bien, le support est précieux et je ne m'en passerais pas. Mais je l'utilise surtout pour l'ajustement de la transmission, et dans quelques autres tâches comme par exemple la pose de la fourche.



L'opération de serrage exécutée à 11:09 min. devrait être faite avec plus de vigueur que dans la vidéo si on veut éviter qu'à long terme l'écrou de serrage se desserre. Toute l'énergie des jambes passe par là.





En jetant un coup d'oeil sur le dernier numéro du magazine canadien Pedal, une chose m'a frappé: au moins dans les vélos de route, le noir est à l'honneur. Non seulement il y en a beaucoup, mais il y a peu d'autres couleurs: du rouge, du blanc, du bleu et un peu de vert fluo.

J'ai fait une évaluation informelle: sur un total de 26 vélos, 16 avaient le noir comme couleur dominante. Parfois même exclusive. Et comme vous pouvez vous en douter, ce n'est ni un hasard, ni un reflet des goûts personnels des gérants de production. N'importe qui travaillant dans une boutique de vélo pourra vous le confirmer, le noir est une couleur particulièrement appréciée et demandée. On peut parler de valeur sûre, et ces concepteurs semblent le savoir. Et je ne blâme personne: quand on investit X milliers de dollars dans un inventaire, la dernière chose qu'on veut, c'est de le voir poireauter parce qu'on a choisi une couleur impopulaire.


Jan Garbarek: Rites

vendredi 27 mars 2015

ENTRETENIR LA CONFUSION.










Je pourrais faire comme les Parisiens et appeler ça du bike wrapping, ou tout simplement du wrapping, mais je cherche une alternative en français. Je parle, et ce n'est pas la première fois ici, d'un film vinyle habituellement utilisé par des automobilistes souhaitant mettre en valeur leur trophée sans avoir recours à une peinture traditionnelle. Avec en prime une protection de la peinture originale qui reste en place. Donc, appelons ça un film, même si une personne qui ne sait pas de quoi je parle, ne le saura pas plus après m'avoir entendu parler de film. Une suggestion quelqu'un? Voici où en est mon inventaire de couleurs/finis disponibles. J'ai également du blanc nacré, du blanc fibre de carbone et du rouge mat en inventaire. Notez que cette photo est reproduite au naturel, je n'ai pas modifié les couleurs après la prise de vue.




Je vous en ai déjà montré un exemple, et en voici un autre. Comme je m'y attendais, le résultat va en s'améliorant. Le diable est dans les détails: certains tubes aux formes moins classiques présentent un défi mais je compte bien persévérer pour faire en sorte que le tube diagonal de certains cadres soit aussi réussi que les autres. En attendant, le coup d'oeil en vaut la peine, à mon humble avis, comme par exemple dans le cas de ce vélo dont le cadre était uniformément rouge avant le filmage.





On peut aussi se contenter de mettre de simples accents à certains endroits précis. Comme par exemple ici, pour faire un rappel de la couleur rouge présente ailleurs sur ce vélo. Et un avantage de cette technique est qu'on peut retirer facilement cette bande de couleur dans le cas où un client intéressé par ce vélo souhaite une couleur uniforme sans accent.





Un de mes lecteurs m'a apporté cette semaine une jante. Il avait lu ce que j'ai écrit récemment au sujet des jantes profilées et celle qu'il avait entre les mains en était un bon exemple. Je ne l'ai pas mesurée, mais on pouvait se douter que ce n'était pas léger. Et c'était pire que ça: 980 grammes pour une jante de 700c! Quand je pense que le poids total des deux jantes de mon vélo polyvalent est de 931 grammes, et même 875 grammes dans le cas de mon vélo cyclosportif, on peut comprendre pourquoi j'ai fait ces choix-là. D'autant plus que les jantes sont réputées pour être un des endroits où le poids a le plus d'impact sur un vélo.

Parlant de jantes, j'ai lu un autre article abordant le sujet dans un magazine dont il était question ici il y a peu: Bike Tech. Publié en octobre 1983, l'article s'intitule "Heat-Treated" Rims - Are They Worth The Money?
Dans la première partie de l'article, on peut lire les phrases suivantes:

"...la recherche de roues plus durables a provoqué l'apparition de ce qui est communément appelé les jantes "heat treated" (traitées à la chaleur).

Ces jantes sont beaucoup plus dispendieuses que les jantes ordinaires, alors j'ai décidé de trouver pourquoi. Ce que j'ai découvert, c'est que ces jantes soi-disant traitées à la chaleur ne le sont pas, et qu'elles ne sont pas tellement meilleures que les jantes ordinaires."


S'ensuit un texte très intéressant sur ce qu'est un traitement à la chaleur ainsi qu'une description du travail à froid qu'on peut faire subir à un métal pour augmenter sa force.

Lorsqu'il est question de traitements de chaleur à propos des différents métaux, on parle de recettes très explicites correspondant non seulement à un métal donné, mais aussi à la variante du métal en question. Tout fonctionne sur la base de chiffres dans ce domaine. Par exemple, un aluminium 6061 T6 sera traité X minutes à Y degrés Celsius et ramené à une température ambiante selon un protocole bien déterminé.





Guy Martin est un réparateur de camions/coureur moto/présentateur télé. Son accent de Grimsby pourrait peut-être lui nuire lors de l'audition. En effet, la rumeur circule qu'il pourrait remplacer Jeremy Clarkson à la tête de l'émission Top Gear qui était présentée avec grand succès par la BBC. Jusqu'à ce que Clarkson donne un coup de poing de trop.







Après une analyse professionnelle des métaux utilisés sur trois différents marques/modèles de jantes, l'auteur s'est aperçu que ces jantes sont faites d'un alliage d'aluminium de type 3004 qui ne peut pas, ne doit pas être traité à la chaleur! Bien entendu, les compagnies concernées se gardaient bien de révéler cette information. Et il s'agit de compagnies de premier plan dans l'industrie du vélo.

Par contre, ces jantes sont anodisées dures, un traitement qui change l'apparence du métal, habituellement vers une couleur brune ou noire. Qui contribue au potentiel de confusion.

La confusion est entretenue par la nature même de la relation entre le manufacturier (dont la publicité n'explique habituellement rien ou presque) et le consommateur. Quelque part dans l'article on nous dit:

"Alors le travail d'informer le consommateur est laissé à des vendeurs qui obtiennent leur information d'importateurs qui obtiennent la leur de représentants de manufacturiers dans un anglais avec un lourd accent."

Le problème ne se limite évidemment pas au monde du vélo. Il semble bien que la publicité, en général, a démissionné de son rôle éducatif, pour se concentrer sur les émotions des consommateurs.

Pour votre information, les séries d'aluminium utilisées couramment pour faire des jantes, du moins à l'époque où l'article a été écrit, sont identifiées par les chiffres 2000, ou plutôt 2XXX, 6XXX, et aussi 7XXX. Comme dans 7005, un aluminium très utilisé pour fabriquer des cadres de vélo. Et non, le chiffre plus élevé ne signifie pas une qualité plus grande.

Si la chose vous tente, vous pouvez aller sur la page suivante:
http://www.euralliage.com/alliage.html#ancre663657

Et consultez le point suivant:
Sommaire
5. Caractéristiques typiques des alliages et des états de livraison.





Nous avons eu du plaisir à rouler le dimanche 16 mars dernier. Les jours précédents nous avaient donné une bonne accumulation de neige au sol et certains endroits étaient très divertissants. Dans la vidéo suivante, on peut voir un vélo aux pneus de 26 x 1.5 faire son chemin. Peut-être que mes 700 x 30 plus étroits auraient réussi à me faire passer, surtout avec un changement de vitesse au bon moment.



La vidéo qui suit présente deux pièces. J'ai bien aimé la première, mais attendez d'entendre la deuxième. Montez le volume et laissez-vous Fenderiser (comme dans: défriser).

vendredi 20 mars 2015

DU SPORT À PETIT BUDGET.












En avant-plan, l'Amérique moderne. En arrière-plan, le fleuve Saint-Laurent et l'Île d'Orléans avec son patrimoine.


La Route Verte, ce réseau cyclable québécois dont le coût d'entretien se chiffre à 2.8 millions de dollars par année, est une autre victime de la médecine austère du Docteur Couillard. Une phrase a retenu mon attention, dans l'article suivant publié en décembre dans le journal montréalais Le Devoir, car elle met en perspective les priorités du gouvernement.


http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/427357/velo-une-route-verte-patrimoniale


Il peine à réaliser que la survie de ce réseau, qui coûte quelques millions par année d’entretien, soit menacée, alors que le gouvernement s’apprête à investir près de 600 millions pour le prolongement de 8 km de l’autoroute 19. 



*


Un article a été publié lundi dernier dans le journal Le Soleil, ici à Québec, pour parler de la domination de l'automobile comme moyen de transport dans la région. 


http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/transports/201503/15/01-4852411-lauto-restera-reine-a-quebec.php

Je parlais ici il y a quelques semaines (voir: Comme s'il n'y avait pas de lendemain) des projections d'achalandage des transports en commun. On en a un autre exemple qui, celui-ci, nous touche de près, ici-même à Québec. Ci-dessous un extrait de l'article du Soleil qui nous donne les projections faites en 2003, pour 2030. À ce rythme-là, on pourrait presque s'attendre à ce que plus personne ne prendra les transports en commun quand 2030 sera vraiment arrivé! Faut dire que c'est rarement très agréable...


Plus concrètement encore, l'achalandage quotidien du Réseau de transport de la Capitale (RTC) devait être de 300 000 passagers en 2030. Les derniers calculs prévoient plutôt 182 390 passagers en autobus 10 ans plus tard.




On ne nous dit pas ici s'il s'agit de la compagnie Raleigh, mais c'est très possible.






Quelqu'un comme moi qui a roulé beaucoup sur des vélos cyclosportifs de prestige (fibre de carbone, titane, aciers Columbus ou Reynolds) pourrait être très réticent à s'équiper d'un vélo de cette catégorie dont le prix est de 1000$cad ou moins. Ce qui est couramment disponible dans le commerce s'est dégradé considérablement depuis 30 ans. Cadres en aluminium banals, roues lourdes, transmissions pleins de compromis, périphérie quelconque, mieux vaut ne pas comparer tout ça à ce que je me suis procuré durant les années '80 dans cette fourchette de prix.

La rumeur persiste à dire qu'il vaut mieux, côté transmission, ne pas descendre en bas de 105 dans la hiérarchie de Shimano. Ce qui impliquerait presqu'automatiquement que vous n'aurez pas le pire cadre de la marque de votre choix, et qu'il y aurait un minimum de qualité dans l'ensemble. Je peux comprendre le raisonnement, d'autant plus que c'est une façon commode et rapide de donner un conseil à un acheteur potentiel peu au fait de la technologie actuelle.

Malgré cela, si j'avais à m'acheter un vélo cyclosportif demain matin, je passerais outre ce conseil et je me procurerais un vélo dont le prix serait plus modeste que celui dont je dispose maintenant. Mon intérêt a baissé pour cette forme de cyclisme. Alors qu'auparavant, mon dimanche pouvait être consacré à cette activité, je trouve plus attrayant de rechercher la tranquilité des routes campagnardes en gravelle. Ce qui implique des pneus de 28 mm ou plus, que les cadres modernes de route n'acceptent pas volontiers. Pas du tout, en fait. Les Américains appellent high idling capacity cet état de fait où un objet est acheté mais sert peu, parfois même très peu. Un exemple: la moyenne de la durée d'utilisation d'une perceuse électrique, durant toute sa vie chez un consommateur (non-professionnel) est de... 13 minutes!

Mais j'aime encore faire des sorties courtes en semaine, chaque semaine, pour l'entraînement. Pas assez  pour justifier d'investir lourdement dans un cadre de un kilo équipé 105 ou Ultegra, mais assez pour faire un montage futé dont le résultat resterait quand même intéressant. Je sais comment faire, laissez-moi vous expliquer.

Je ferais particulièrement attention aux points suivants:


  1. Un cadre en alu (pour l'économie) léger. Autour de 1.4 kg, poids-cible qui permet d'éviter la raideur des cadres aux parois plus épaisses. Et leurs sensations un peu figées.
  2. Un pédalier au poids raisonnable. Sans aller chercher un poids record, mais au moins éviter les enclumes qui ornent souvent ce genre de vélo. Tout en ayant un choix de braquet qui correspond à mes besoins et ma capacité. 
  3. Des jantes dont le poids est sélectionné avec soin. À ce sujet, voir mon message du 6 mars 2015 intitulé À PROPOS DES JANTES. En résumé, j'évite de sur-construire, et je ne choisis pas pour le coup d'oeil, plutôt pour le coup de pédale et son résultat.
  4. Des pédales automatiques dont la marque est sans prestige, parce que de toute façon elles sont toutes efficaces. Il suffit d'éviter les modèles de tout premier prix (les moins chères d'entre toutes). Vous préférez ls produits de haut-de-gamme Speedplay, Look ou je ne sais trop quelle autre marque? Je sais pourquoi, mais on peut vivre sans. La preuve, avant de les avoir, on ne les avait pas. 
  5. Pour le reste, éviter les accessoires douteux ou les choix qui gâchent le reste. 

Faut avouer que quand on aime les bons vélos, l'exercice n'est pas facile. En choisissant les différents éléments, c'est souvent tentant de se dire que ça vaut bien le coût de mettre ceci ou cela. Mais si on fait ça dix fois, la facture finale n'est plus du tout la même. Dix concepteurs qui se mettent à cette tâche vont produire dix vélos différents. Je visais un maximum de 900$ et j'y suis arrivé sans avoir à changer un des choix que j'avais fait. Pour un vélo complet, ça me donne un prix de 888$cad + pédales + taxes. Bien sûr, je peux revoir le prix à la baisse, mais le poids du vélo en pâtirait, et il ne faut pas oublier la vocation sportive d'une telle machine.

Petit mot au sujet du poids: j'aime mieux ne pas spéculer sur le résultat sur la balance. Je risquerais de donner un chiffre inexact. Il faut compléter le montage pour savoir à quoi s'en tenir vraiment.

Quelques détails sur les ingrédients:


  • Cadre Falardeau Alu9 course à épaisseur (très) variable (triple butted)
  • Fourche avant en fibre de carbone
  • Guidon courbé en alu
  • Pédalier compact Shimano Tiagra
  • Shimano A070: dérailleur avant, leviers frein-vitessse
  • Dérailleur arrière Shimano Claris
  • Cassette HG20 7 vitesses
  • Pneus Schwalbe Lugano
  • Moyeux Shimano Tiagra
  • Selle Eclypse
  • Jantes avant Ritchey, arrière à déterminer selon l'acheteur
  • Autres détails sur demande

Je dois cependant mentionner que si je le faisais pour moi, il serait différent. Même cadre, mais une fourche à colonne de direction (en anglais: steerer tube) en fibre de carbone pour la légèreté. Guidon droit plutôt que courbé, leviers Shimano très différents, selon ce que j'ai sous la main. Un pédalier triple Deore (48 dents) avec une petite cassette HG50 12/21 7 vitesses. Cette dernière est plus légère qu'une Dura Ace de modèle courant et coûte presque dix fois moins cher! L'important pour moi est d'avoir des rapports serrés avec peu d'écart entre les pignons. Le troisième plateau permet de pédaler facile dans les passages difficiles ou lorsqu'on veut y aller mollo, malgré le fait que le plus gros pignon de la cassette a l'air sorti tout droit d'une étape du Tour du Plat Pays. 

Bref, un peu déstabilisant pour qui se contente de suivre les tendances du marché. Un vélo atypique qui ressemble à celui que j'ai, mais en moins cher, car le mien est bâti à partir d'un cadre en fibre de carbone monocoque, en plus d'avoir des pièces de plus haute gamme.. Je pourrais en offrir un (Alu9) pour 824$ + pédales + taxes. Je suis convaincu qu'il serait plus léger que celui de 888$, car seul le pédalier Deore risque d'être plus lourd que le pédalier Tiagra, et de peu. En tout cas, j'ai éprouvé la recette depuis plusieurs années et je ne suis jamais revenu en arrière. J'ai vu toutes sortes de réactions face à cette machine, vraiment toutes sortes et pour dire franchement, je m'en amuse.




En matière de gaspillage de ressources, c'est plutôt exemplaire, mais bon... essayez de regarder ça sans sourire:



vendredi 13 mars 2015

MONSIEUR MYSTÈRE.





Ville de Québec, 4 mars 2015.


J'avais rebaptisé Raymond: Mister Ray, en l'honneur de Sun Ra, alias Mister Mistery. Vous ne connaissez pas Sun Ra? Un illuminé de grande classe, constamment en contact avec l'Univers entier, mais pas exactement de la même façon qu'Albert Einstein...

Il s'occupait des claviers, en plus de diriger son Arkestra. C'était une grande formation, une espèce de big band sur l'acide où en plus des souffleurs habituels, on se payait le luxe d'une poignée de chanteuses/danseuses. On m'a dit qu'en Europe, Sun Ra était assez connu pour avoir déjà rempli un stade. "The Others in their World", un titre assez représentatif, je l'ai mis à la fin de ce message pour que vous ayez une idée de ce qu'il faisait. Remarquez, j'aurais pu vous proposer quelque chose de plus cosmique, mais on en aurait perdu un ou deux avant que la fusée soit rendue à destination... La prise de son date des années '50, et il s'en faisait des meilleures à l'époque, mais on peut se dire que ça ajoute un peu au mystère de la chose.



Heureusement, les trous qu'on peut voir dans la chaussée à Québec, lors du dégel, ne sont pas tous aussi monstrueux que celui-ci. Mais s'ils sont plus petits, ils ne sont pas annoncés par les cônes oranges que vous voyez sur la photo. Il faut donc se méfier partout où l'on met les roues. 




Après une journée de route vers le sud à partir de Québec, nous sommes arrivés à Lac-Etchemin. L'endroit est en partie un lieu de villégiature et l'auberge était en conséquence: monsieur Mystère a hésité un peu devant le tarif demandé pour la chambre. Mais nous l'avons accepté et une fois rendu dans la chambre, nous ne l'avons pas regretté.

En fait, on s'est regardé et nous sommes tombés d'accord qu'il n'y avait pas meilleure vie que celle-là: pédaler, manger et un repos dans le confort. Ça nous a donné le goût de gagner à la loterie!

Mister Ray a d'ailleurs déclaré pendant la fin de semaine: "Qu'est-ce qu'on faisait avant ça? On dormait!!!"

Le lendemain matin, nous nous sommes levés et sans plus attendre nous avons quitté l'auberge. En sortant de la petite ville de Lac-Etchemin, nous nous sommes aperçus qu'à la laiterie locale, on accueillait les clients avec non seulement des produits laitiers mais aussi du pain et d'autres boustifailles. Ainsi que tables et chaises pour s'empiffrer confortablement, ce que nous avons fait.

Le repas incluait une généreuse portion de lait au chocolat. Était-ce grâce à lui? Le temps était gris et frais, mais lorsque nous sommes remontés en selle, nous étions en feu. Vers l'ouest, la route était un plateau valloné, et nous avons couvert au moins 33 kilomètres pendant la première heure. Et ça en prend, de l'énergie, parce que le prochain village était Saint-Odilon-de-Cranbourne, où la raideur des côtes a sûrement tué plus d'un habitant. On y est dans le vif du sujet, en plein coeur des Appalaches. On en meurt ou on devient fort...



Vélo pliant militaire, photographié au musée dédié au Débarquement de Normandie de 1944  J'ai vaguement souvenir d'avoir entendu dire que certains parachutistes militaires, quelque part, ont déjà sauté accompagné d'un vélo pliant d'une sorte ou d'une autre. . 
Photo: courtoisie André Labrecque.



J'ai finalement décidé de ne pas attendre pour expérimenter le film vinyle connu sous le nom de wrap, dont je vous parlais dans  mon message du 20 février 2015 ("Emballant"). Sans pouvoir prétendre maîtriser le sujet complètement après trois essais, je suis quand même encouragé par les résultats. Il n'en reste pas moins que les cadres de vélos ne sont pas un support idéal pour le produit. On peut quand même compenser par un peu de créativité.

Sur une automobile, on peut contourner l'extrémité des panneaux et des portes pour couper et cacher la fin du vinyle. On n'a pas ce luxe sur un vélo. Heureusement, on peut profiter du fait que le vélo, sur ses pattes, ne montre pas le dessous de ses tubes horizontal et oblique. Ça permet de ne pas avoir à faire l'effort de faire un joint impeccable là où les deux extrémités de la feuille se rejoignent après avoir fait le tour du tube. Et même si on prend la peine de regarder dessous, ça n'est pas laid du tout, en autant que les deux couleurs en place ne jurent pas.

Ça vous tente d'essayer vous-même? Je peux vous offrir assez de surface d'une couleur pour faire un ou deux vélos pour la modique somme de dix dollars. J'ai déjà en stock du rouge mat, du blanc nacré, du blanc à fini fibre de carbone, du noir lustré et du noir mat. Sans compter un très beau bleu comme celui que vous pouvez voir sur la photo ci-dessous. Et j'ai l'intention, si la demande le justifie, de stocker un plus vaste choix de couleurs et de finis. De plus, je peux vous offrir de faire le travail pour vous. Dépendant de ce qui est fait je pourrais, pour un tarif autour de 48$, faire le triangle principal d'un vélo. Tarif établi sur la base d'un cadre où il n'y a pas ou peu d'accessoires à retirer du cadre pour procéder.

L'idéal serait de travailler sur un cadre neuf, ou à tout le moins complètement dépouillé de toutes ses pièces. Mais on peut quand même aller de l'avant sur un vélo complet, moyennant certaines contraintes, notamment au niveau des décalques d'identification de marque du vélo. Le produit ne fait pas disparaître les imperfections de la surface couverte et l'idéal serait de la préparer en conséquence. Aussi, les tubes hydroformés comme le tube oblique sur le vélo ci-dessous sont un défi lors de la pose.

J'ai retiré une de ces pellicules qui était en place depuis une semaine, pour fin de test. Le produit possède un niveau d'adhésion qui est un excellent compromis entre le besoin d'adhésion et la capacité à l'enlever si vous le désirez. Je ne sais pas si ça change à long terme, mais ça laisse entrevoir une bonne facilité à faire des changements si un jour vous le souhaitez.

Je suis dans une courbe d'apprentissage encourageante en ce moment. Mon dernier essai est illustré sur les photos ci-dessous qui vous montre mon vélo d'hiver personnel avant (tout noir) et après (noir et bleu). J'ai l'intention de continuer en espérant faire un travail meilleur à chaque fois.