vendredi 26 avril 2013

BEAUCOUP DE RÉACTIONS.




Un Falardeau en acier chromoly. Il ne me reste plus beaucoup de ces cadres. Et la demande ne justifie pas que je refasse une autre commande d'une centaine de ces cadres. On verra.



Beaucoup de réactions au dernier message que j'ai publié ici, et qui parlait de l'installation d'une piste cyclable sur un des boulevards de la ville de Québec. D'autant plus que mon texte a été relayé par
 http://www.quebecurbain.qc.ca/2013/04/19/au-sujet-des-pistes-cyclables/  ce qui a triplé l'achalandage sur mon blogue. De toute évidence, le sujet n'a pas laissé indifférent.

En fait, chacun a son opinion sur le sujet. Moi le premier. Elle est plus basée sur une réaction épidermique au tumulte que la circulation automobile engendre. Quelqu'un d'ailleurs faisait remarquer fort à propos que l'axe proposé actuellement par la ville (Père-Marquette/De Callières) est loin d'être tranquille à l'heure où les écoliers se rendent à l'école. Heureusement, c'est une heure que je peux éviter.

Depuis la semaine dernière, Sébastien Thériault a continué de peaufiner sa proposition de piste. Entre autres choses, il a mis de côté l'idée de réduire la vitesse permise de 50 à 40 km/h pour les automobilistes, à certains endroits. Nous sommes d'accord sur ce point: ce serait déjà un bon progrès si on pouvait faire respecter les limites de vitesse existantes. À quoi servirait-il d'imposer une limite plus basse si on ne fait pas les efforts qui s'imposent pour la faire respecter? Malheureusement, à moins d'installer des caméras, je ne vois pas comment on pourrait y arriver. Des contrôles policiers sont faits à l'occasion, mais ils sont si rares qu'ils n'ont pratiquement aucun impact sur les habitudes des automobilistes. Je le sais, j'habite sur ce boulevard. J'ai d'ailleurs pris la peine de remercier un policier qui était en train de faire un tel contrôle, une fois, et il m'a spontanément confirmé ce dont je me doutais: on ne les remercie pas souvent pour ce genre d'effort!




En roulant près de Saint-Charles-de-Bellechasse, dimanche, je faisais remarquer à mon compagnon que l'axe sur lequel nous roulions, à l'est de la route 279, serait un parcours idéal pour faire l'aller-retour au travail   à chaque jour. À cause d'un élevage situé sur une de ces routes de gravelle, on y voit plus de bisons et de wapitis que de voitures, sans exagération. Si la chose vous intéresse, nous y passerons les prochains dimanches, alors contactez-moi au magasin pour qu'on se donne rendez-vous (418 522 8685 ou 174 Richelieu, Québec). Variété de parcours dans Chaudière-Appalaches.

Il s'agit d'une succession de rangs appelés Gosselin, De La Tremblade, Lainé, Saint-Pierre etc., qui se suivent pour vous emmener vers Saint-Lazare en direction sud. C'est là que les Appalaches prennent leur envol en quittant la Vallée du Saint-Laurent. Pas besoin de piste cyclable ici. En fait, il y aurait une seule bonne raison d'en créer une: attirer l'attention du grand public sur le secteur. Parce que pour ce qui est du degré de sécurité qu'on y trouve, il n'y a pratiquement rien à changer.

Par contre, la loi non-écrite qui dit qu'il faut éviter toute inclinaison supérieure à 3% dans une piste cyclable ne pourrait être respectée à cet endroit. Si c'est ce que vous voulez, tournez-vous vers la piste qui va de Saint-Henri à Armagh. On a réussi à faire là une piste qui respecte à peu près cette règle malgré le fait que Armagh est situé à 337 mètres d'altitude alors que Saint-Henri est à 84 mètres. Plusieurs de mes clients l'apprécient beaucoup et loin de moi l'idée de les priver de leur plaisir. Mais je préfère le défi sportif ainsi que l'obligation de faire un travail de navigation (emmenez votre carte!) que les rangs impliquent. Sans compter que, d'une fois à l'autre, on ne fait jamais exactement le même trajet lorsqu'on fouille ces rangs.

On ne peut pas y être entièrement confortable avec des pneus de 23 mm de large, le 28 est un minimum, sinon tôt ou tard, une des routes ne vous souhaitera pas la bienvenue. Sinon, nul besoin de vélo de montagne, de fourche à suspension ou de vélo-Hummer: la plupart de ces routes de gravelle sont en meilleur état que bien des routes asphaltées québécoises...



                             À Saint-Charles-de-Bellechasse.

Justement, hier soir, je suis retourné à la maison sur un vélo d'occasion qui m'était offert par un client. Un vélo de montagne de type ''queue-dure'' (en anglais: hardtail), c'est-à-dire fourche avant à suspension, arrière rigide. Et des pneus de deux pouces de large avec semelle hors-route. J'ai été très chanceux: j'avais le vent de dos à l'aller, comme au retour ce matin. Chanceux, parce que ce vélo, malgré sa qualité indéniable, n'est pas très rapide comparativement à ce que j'ai l'habitude d'utiliser. Remarquez, ce n'est pas comme si je ne le savais pas déjà, mais lorsqu'on se met à rouler avec ça, on se dit que oui, c'est exactement ce dont on a besoin pour rouler en terrain difficile, mais que sur l'asphalte, c'est trop. Trop laborieux, trop énergivore. Dommage, car le degré d'insouciance qu'on peut se permettre sur une route pleine de nids-de-poule est impressionnant. Si les plus gros trous n'étaient pas si gros, on pourrait pratiquement rouler en ligne droite sans s'occuper de rien.

À l'autre extrémité, je suis en train de me porter acquéreur (pour revente) d'un vélo de course des années '80. Cadre canadien en acier italien Columbus, pièces Campagnolo Super Record, pneus 700 x 23, manettes au cadre non-indexées, pas la moindre trace de fibre de carbone ici. Il est presque assez grand pour moi, alors je me promets de faire une ou deux sorties dessus, et pas seulement pour confirmer les réglages que je ferai avant la revente.

J'aime bien renouveler ma perspective de temps en temps, en essayant un vélo complètement différent de ce que j'utilise couramment. Ça permet d'éviter que mes opinions s'enlisent, qu'elles s'installent trop confortablement. J'aime faire ces essais avec une attitude très ouverte, sans à-priori, en me méfiant des opinions que j'ai déjà. C'est d'autant plus un bon moment pour en faire l'essai que je n'ai pas roulé sur un vélo de moins de 20 livres (9 kgs) depuis des mois. J'aurai donc un peu le même genre de punch que j'ai pu avoir il y a un mois lorsque j'ai laissé de côté le vélo d'hiver pour enfourcher mon 700 x 28.


Ce Falardeau date d'il y à peu près douze ans. Lui aussi a un cadre chromoly, mais d'une génération antérieure au vélo qu'on peut voir dans la photo au début de ce message.


J'ai l'habitude sur ce blogue de vous proposer le visionnement de vidéos qui durent moins de dix minutes. Aujourd'hui fera exception. Regardez-en au moins le début, et vous comprendrez pourquoi je suggère ce documentaire produit par la BBC et qui est représentatif de la réputation de haute qualité que cette vénérable institution s'est bâtie. Même si vous ne comprenez pas l'anglais, la musique sera là pour stimuler votre intérêt. Il y est question d'une année importante dans l'évolution de la musique au 20ème siècle.
N'allez pas croire que je ne m'intéresse qu'au jazz de ces années-là, mais dites-vous bien que tous les merveilleux musiciens actuels dans cette branche musicale ont écouté attentivement les modernisateurs dont il est question ici. On peut y entendre notamment des commentaires de Lou Reed, Herbie Hancock, Sue Mingus et certains journalistes spécialisés de premier plan. Sans compter certains musiciens impliqués dans la réalisation des quatre albums dont il est question.




vendredi 19 avril 2013

AU SUJET DES PISTES CYCLABLES.






En Falardeau au Nouveau-Brunswick. Photo courtoisie de Nghia Tran.




J'ai eu des contacts récemment avec Sébastien Thériault qui fait la promotion d'une piste cyclable à vocation utilitaire sur le boulevard René-Lévêsque  (R-L) à Québec. Si vous n'êtes pas familier avec Québec, R-L est un axe majeur de la haute-ville qui est très utilisé par les automobilistes et les autobus se déplaçant dans l'axe est-ouest. Quatre voies, deux trottoirs et des voitures stationnées tout le long. Personnellement, je l'évite à l'exception des moments tranquilles comme le dimanche matin.

Il faut savoir que depuis deux ans, la ville de Québec a commencé à transformer un axe différent, parallèle, tout près de là, en vélo-boulevard à même un réseau de rues secondaires plus paisibles. Il y a donc un potentiel d'argumentation des autorités à l'effet que les efforts sont déjà faits et qu'il n'y en aura pas d'autres dans ce secteur.

M. Thériault m'a montré les plans des différents segments de ce boulevard qui fait peut-être un peu moins de 10 kms. Voici mes impressions.

                                                                          *

Les variations sont bien adaptées à la variété du boul. qui change au fil des secteurs.

Les limites de vitesse que tu proposes dans un des secteurs ne seront pas respectées. Les autos ne respectent pas 50 km/h, il ne respecteront pas 40. Si tu roules à 50 en auto sur R.L, tu te fais dépasser systématiquement à moins de rouler dans la voie de gauche, et encore! Je le sais, j'y habite. La plupart des cyclistes n'ont même pas de compteur, alors à plus forte raison ils ne respecteront pas 15 km/h, d'autant plus que leur attitude souvent un peu anarchique ne les incite pas à se retenir.

As-tu prévu des séparations physiques, ou seulement de la peinture sur l'asphalte? La peinture ne rassurera pas grand-monde, en tout cas pas moi. Surtout pas avec tous les bus qui passent par là.

C'est surtout aux intersections que je prévois des problèmes. C'est là qu'il y a un grand potentiel d'accident, et malheureusement, la seule présence d'une piste cyclable ne garantit rien. C'est là tout le dilemme d'une telle piste: tu encourages les cyclistes à rouler là où il y a la plus grande concentration d'automobiles, et à chaque fois qu'ils arrivent à une intersection, ils sont confrontés à un danger potentiel qu'ils doivent évaluer. Dans certains pays, on leur dédie des feux spécifiques aux cyclistes. Ici, quel pourcentage des cyclistes va prendre le temps d'attendre que leur feu pour cycliste tourne au vert? Un feu uniquement pour cyclistes, ou partagé piétons et cyclistes? Cette dernière formule serait-elle une bonne idée?

Finalement, j'ai mesuré la différence de distance entre chez moi, sur R-L ouest, et mon magasin (174 rue Richelieu) en utilisant les deux trajets: ta suggestion (R-L), et celle de la Ville de Québec (Père-Marquette/De Callières). Une distance de 3.x kms. La différence entre les deux est d'à peu près 260 mètres. Ce qui montre que si R-L est plus rapide, ce n'est pas à cause de la distance, mais bien plutôt à cause des feux verts qu'on trouve sur R-L qui permettent de garder le momentum alors que le trajet alternatif actuel est parsemé d'arrêts obligatoires.

                                                                             *

Pour avoir roulé en vélo aux Pays-Bas, l'impression que j'ai eu là-bas est qu'on a systématiquement installé des pistes cyclables dans toutes les rues où c'était physiquement possible d'en mettre. Vision radicalement différente du Québec où on en est encore à se battre pour avoir autre chose qu'une piste récréative ici et là.

On dit qu'une façon de mesurer la qualité d'un réseau cyclable, c'est de constater le ratio hommes/femmes au niveau de la fréquentation. On peut comprendre qu'un jeune homme téméraire est plus à l'aise avec les situations de danger qu'une femme. Ces dernières sont peut-être plus réalistes quant aux conséquences en cas de contact avec une voiture. Elles, et les hommes comme moi qui ont fait l'expérience de ce genre de contact. Il y a des choses comme ça auxquelles on n'a pas envie de s'habituer...





Sur la photo ci-dessus, vous voyez un extracteur de jeu de pédalier à cartouche (en anglais: cartridge bottom bracket) prêt à serrer le jeu sur un cadre neuf. Il s'agit d'un outil Park Tools BBT-2. Et en avant-plan, vous pouvez remarquer la tête d'une grosse vis (vissée dans l'axe du jeu de pédalier) ainsi qu'une grosse rondelle dont le rôle est de stabiliser l'extracteur pour l'empêcher de glisser et de sortir des cannelures du jeu de pédalier. Étant donné la force dont on a besoin pour desserrer certains jeux de pédaliers, la présence de cette vis n'est pas un luxe. Elle fait toute la différence pour être à l'aise lorsqu'on veut faire le travail vite et bien.

Ça devrait être inclus lors de l'achat de l'outil. Ça, ou quelque chose qui aiderait de la même façon. Les cannelures de ces jeux de pédalier sont peu profondes et ça n'aide vraiment pas à travailler. Pas seulement pour enlever un vieux jeu de pédalier, mais aussi pour en installer un neuf lors du montage d'un vélo neuf ou d'une réparation. On peut s'en passer, mais il ne faut pas oublier que toute la force des jambes passe par là. J'ai déjà été obligé de retourner à la maison à cause d'un tel jeu de pédalier insuffisamment vissé sur un vélo italien tout neuf. Après vingt kilomètres...

*

Ce matin, www.meteomedia.com affichait les résultats d'un sondage en cours sur son site de prévisions météorologiques canadiennes. La question était la suivante: ''Avez-vous fait du vélo cette année?''
Voici les résultats (non-définitifs):


Oui
 20% 
(524 votes)

Non
56% 
(1482 votes)

Je ne fais pas de vélo
 24% 
(643 votes)

Comme on peut le voir, le cycliste québècois (en tout cas, celui qui va sur ce site) n'est pas pressé d'enfourcher sa monture lorsque le mercure peine à dépasser les 10 degrés Celsius. On nous annonce d'ailleurs un mercure à la hausse pour la semaine du 21 avril prochain.

*

Ray Bonneville a grandi successivement à Hull (province de Québec), dans la ville de Québec, puis à Boston, Mass. avant de revenir au Québec. 

J'ai choisi cette pièce surtout à cause des paroles, qui s'inscrivent dans l'esprit de la série Treme dont je vous parlais dans mon message daté du 23 mars dernier.


vendredi 12 avril 2013

UNE MENACE POUR LA MORALE.








De nos jours, on pourrait dire qu'il y a deux sortes de roues de vélo. Les roues modernes pour vélos sportifs, qui ont souvent 28 rayons ou moins, et dont le prix a tendance à être plus élevé, et les autres.

Les autres, ce sont les roues que l'on voit le plus souvent, celles que la plupart des gens achètent pour des vélos pas toujours sportifs. Pour aller au travail, faire de la balade ou du cyclotourisme. Et bien sûr, on peut encore en acheter pour un vélo de course. Elles ont habituellement 32 ou 36 rayons. Une de leurs principales caractéristiques, c'est qu'elles sont pour la plupart assemblées (moyeu + rayons + jante) dans le pays où elles sont vendues. Contrairement à la première sorte qui sont assemblées par les manufacturiers (Shimano, Easton, Fulcrum, etc.) qui les proposent, ou le sous-contractant qui s'occupe de leur fabrication.

Lorsqu'on s'achète une roue traditionnelle, on doit décider du calibre (marque, modèle) du moyeu, des rayons et de la jante. Ces choix vont déterminer en partie la solidité de la roue. En partie seulement, car ce que beaucoup de consommateurs ignorent, c'est qu'il faut absolument prendre en compte la qualité de la main-d'oeuvre. On peut faire une mauvaise roue avec de très bons composants.

Ce n'est pas évident à évaluer pour un profane. La tension des rayons est un des principaux indices: on la veut bien tendue, et de façon le plus uniforme possible. Également, le croisement et la disposition des rayons a son importance. Il y a de quoi écrire un livre là-dessus, et ça a d'ailleurs été fait: Jobst Brandt a écrit '' The Wheel Book '' aux éditions Avocet, un petit bijou depuis longtemps retiré des catalogues.

On y décrit en détail le protocole d'assemblage d'une roue, les étapes successives qui font que la solidité optimale sera atteinte. C'est un travail fait à la main, et il faut de l'expérience et un minimum de talent pour l'accomplir rapidement. Les grossistes ont habituellement trop de roues à assembler pour faire ce travail exclusivement à la main: ils se procurent de grosses machines onéreuses pour faire le tensionnage et l'enlignement. Regardez ceci si vous voulez avoir une idée de quoi on parle:



On m'a dit que ces machines peuvent faire du très bon travail, mais à la condition qu'on leur donne le temps de le faire bien. Ce qui est impossible à cause du volume de roues à monter, et c'est d'ailleurs pour ça qu'on les achète, parce qu'au prix qu'elles coûtent, on ne peut pas justifier leur présence autrement qu'avec une grosse production.

C'est pour toute ces raisons que dans mon opinion, il y a une hiérarchie, un classement de la qualité d'assemblage fournie par chaque grossiste canadien avec qui je fais affaire. Un classement qui pourrait théoriquement changer d'une année à l'autre. Ne riez pas: j'ai déjà reçu des roues dont on pouvait tourner certains écrous de rayons à la main, sans aucun outil! Vous pouvez imaginer la durabilité d'une telle roue...

La durabilité des roues dépend donc de l'assemblage, mais aussi de l'entretien. Si vous roulez avec une roue fausse, elle le deviendra de plus en plus, selon une courbe exponentielle. Un peu comme une dent qui carie: elle atteindra le point de non-retour et deviendra irréparable. Alors que si elle est régulièrement dévoilée, sa durabilité pourrait vous surprendre. C'est ce que je vous souhaite.

*

En spécial jusqu'à écoulement:

Pneu Vittoria Randonneur Cross, rég. 35$ réduit à 24$. Deux tailles au choix: 700 x 32 ou 700 x 28.
Pneu Schwalbe Lugano pliant, rég. 43$ réduit à 22$. 700 x 20.
Pneu Vittoria Zaffiro Pro pliant, rég. 39$ réduit à 29$. Tout noir, 700 x 23.
Pneu CST Caldera, rég. 20$ réduit à 16$. 700 x 28.
Et jusqu'au 1er mai 2013, toutes les chambres à air (sauf les modèles super-épais ''Thornproof'') sont réduites à 4$ si vous nous donnez le mot de passe secret: ''blogue''.



Le panneau indiquait pourtant de ne pas tourner à gauche...


Jean Provencher est un historien québecois qui a bien saisi les couleurs de la vie québecoise. Nos routes se croisent régulièrement, et c'est toujours un plaisir.

Il tient un blogue: jeanprovencher.com. Il y a publié récemment,  le 7 avril 2013, un texte dont voici un extrait qui en dit long sur les puritains américains de la fin du 19ème siècle:


Le quotidien montréalais La Patrie rapporte cette nouvelle le 27 avril 1897. L’article s’intitule «La bicyclette le dimanche».

On s’est beaucoup occupé de la bicyclette à la conférence méthodiste qui s’est tenue ces jours-ci à Brooklyn. C’est d’abord une commission qui a présenté un rapport dans lequel elle constatait avec regret que le nombre des bicyclettes [sic] pédalant le dimanche était de plus en plus grand. Le révérend Pullman a pris aussitôt texte de ce rapport pour s’écrier « Monsieur le président, cette conférence ne doit pas se borner à exprimer un regret dans cette circonstance; la chose devient un fléau et il faut y mettre bon ordre. »

Le révérend Wardell a renchéri encore sur son collègue et, d’une voix étranglée par l’émotion, il a dit que le dimanche précédent, il n’avait pas compté moins de 2,700 bicyclettes dans Bedford Avenue.  « L’usage de la bicyclette le dimanche, a déclaré à son tour le révérend Johnston, est devenu une menace pour la morale et pour la vie. Les personnes se rendant au temple ne sont plus en sûreté quand elles traversent les rues. »


Ce saint homme aurait sûrement beaucoup aimé la Porsche qu'on peut voir dans la vidéo suivante. Moins rapide qu'un cheval, moins bruyante aussi. Et probablement pas plus chère. Si vous voulez voir à quel point elle est lente, regardez: aussi:  https://www.youtube.com/watch?v=Pm8Xo7OvM4A









Birdland est une des pièces les plus appréciées d'un groupe-phare de son époque: Weather Report. L'automne dernier, un cycliste me disait qu'il trouvait le jazz lugubre. Il changera d'opinion en écoutant ceci.







vendredi 5 avril 2013

AU TRAVAIL!







Une cyclosportive m'a récemment demandé un programme d'entraînement. Ça me fait plaisir de l'offrir, mais je le fais en toute humilité: ce n'est pas mon métier, et les spécialistes grinceront peut-être des dents en voyant ce que je m'apprête à pondre ici. Ou peut-être pas.

J'ai quand même lu sur le sujet, en plus de m'être entraîné moi-même. J'ai arrêté de lire sur la question, un peu saturé par le volume d'informations disponible sur le sujet. Et ce que je vais écrire ici est volontairement simple, alors que certains élaborent des plans qui tiennent compte des objectifs propres à chacun, avec des pics de forme ciblés dans le temps, et d'autres choses encore. Mon but ici n'est pas de préparer un sportif pour des compétitions internationales, ou même nationales, mais simplement de faire en sorte que le cyclosportif progresse. Quitte à se tourner vers un programme plus technique si cette personne évolue dans une direction plus ambitieuse.

Avant toute chose, il faut prévoir une quantité de repos suffisante. Alterner entraînement et repos n'est pas une option, c'est une obligation. Ne restez pas debout si vous pouvez vous asseoir, ne restez pas assis si vous pouvez vous coucher. Radical? Un peu, mais si vous faites des efforts intenses en vélo, votre corps va vous remercier.

On recommande des journées de récupération active entre les sorties plus intenses. Aller au travail en vélo ou à pied, ou autre activité à intensité modérée.

Je fais personnellement trois sorties sportives par semaine. Sportives, par opposition à utilitaire. On peut évidemment en faire plus, dépendant de son âge et de sa disponibilité. Sept sur sept? Non, je le déconseille. 

A) Une sortie d'intervalles par semaine. Le but n'est pas d'aller vite, mais bien de pédaler vite, brièvement. Si vous n'êtes pas familier avec le concept d'intervalles, l'Internet est plein d'information là-dessus. Un exemple:
trois fois 40 secondes de sprint, chacun espacés par deux minutes de récupération. Faire trois groupes de trois sprints, avec 5 minutes de récupération entre chacun des trois groupes. Dix minutes de réchauffement avant de commencer le tout, et dix de décompression à la fin. Et on parle de mouliner sérieux, ici, peut-être pas autant que dans la vidéo suivante, mais quand même beaucoup. Allez voir:

B) À l'opposé de l'intervalle, la sortie de volume. Loin, longtemps, pas nécessairement très vite, mais longtemps. Avec des côtes si possible. Avec des amis (ou des ennemis) si possible. C'était la façon traditionnelle de s'entraîner pour beaucoup de coureurs du passé, et ça n'a pas perdu sa pertinence, à mon humble avis. Mais ça ne fait pas l'unanimité, et si vous manquez de temps, ce n'est pas ce qui est le plus payant en terme de bénéfice. Mais j'ai bien senti que certaines de ces très longues sorties un peu épiques me faisait monter d'une coche dans les jours qui suivaient, une fois la récupération complétée. 

C) Une sortie courte (entre 45 et 90 minutes) très rapide, en mode contre-la-montre ou en groupe. Et j'en profite ici pour vous encourager à vous méfier de rouler toujours seul. On tombe facilement dans la complaisance et on apprend moins. Vous ne savez pas ce que vous valez tant que vous ne roulez pas avec des gens plus forts que vous. Cultiver le solitarisme, c'est une habitude très répandue en Amérique du Nord. Les Européens, eux, organisent volontiers des clubs pour toutes sortes d'activités et en Asie, c'est pratiquement perçu comme étant quelque chose de malsain que de faire tout tout seul. En groupe, on a plus de ressources à sa disposition, on est mieux informé et on est plus joyeux (à moins d'avoir de mauvaises fréquentations...)


Donc, vous pouvez varier le type de sortie comme bon vous semble, mais je ne crois pas, corrigez-moi si je me trompe, que les experts recommandent plus d'une séance d'intervalles par semaine. Quoique... vous trouverez toujours quelqu'un pour en contredire un autre! Greg Lemond, champion des années '80, avait une technique d'entraînement de base assez simple: ''Big gears, big hills'' (gros braquets, grosses côtes). 

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En spécial cette semaine, jusqu'à écoulement: dérailleur arrière Shimano Tiagra à longue patte,
RD-4500, version 9 vitesses. Rég. 70.00$, spécial 35$.

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Ils font de belles machines. Ça vaut la peine de regarder la vidéo, mais vous remarquerez qu'ils ne donnent pas les prix, qui ont de quoi décourager bien des cyclistes. Mais j'aime bien regarder ces cadres très détaillés, même si personnellement ça ne me fait pas rêver. Ces vélos sont souvent plus lourds que les miens, ce qui n'est pas un détail avec toutes les côtes que je monte. 

Ce sont tous des Américains, sauf Pegoretti qui est Italien. Ce dernier est en marge d'une tendance lourde en Italie: la plupart des constructeurs de prestige comme Colnago et Pinarello proposent des cadres qui sont souvent en fibre de carbone, et la plupart sont fabriqués pour eux en Asie. Alors que Pegoretti est encore attaché aux vieilles façons artisanales traditionnelles.



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Un album québecois qui aurait pu faire parler de lui davantage, à l'époque: Franck Dervieux, ''Dimension M'', 1972.

vendredi 29 mars 2013

CALIBRÉ POUR L'EFFORT PHYSIQUE.






Une roue de vélo d'hiver. L'écrou du rayon est passée à travers le trou de la jante. Une roue neuve, svp!


Lorsqu'on roule en vélo plus que quelques minutes, arrive un moment où il faut avaler quelque chose sous peine de voir son entrain et sa vélocité diminuer. De plus en plus. Et si vous attendez d'avoir faim pour manger, vous êtes déjà en déficit d'énergie. Je commence à remplacer mes hydrates de carbone à peu près 90 minutes après le départ. J'attends rarement deux heures.

Dans les années '80, on a vu apparaître sur le marché les barres d'énergie. Power Bar a été une marque pionnière, suivi par plusieurs comme Clif Bar. Par contre, plusieurs cyclistes continuent d'utiliser une variété d'alternatives plus traditionnelles. Quel est l'intérêt de ces barres d'énergie?

Leur contenu est calibré pour l'effort physique. N'importe quel produit alimentaire grand-public, pour être populaire, repose sur trois éléments: du gras, du sel et du sucre. Le gras alourdit le sportif, à moins d'être en quantité modérée. Le sucre est nécessaire, mais il est bon d'avoir non seulement des sucres simples (ex. sucre blanc), mais aussi des sucres composés (céréales ou autres). Une Clif Bar, elle, contient beaucoup de sirop de riz, de la farine et des fèves de soja, et de l'avoine.

La barre granola Nutri Grain de Kellogg's, comme beaucoup d'autres du même genre, contient beaucoup de sucre blanc et aussi du fructose. Son goût est en conséquence: sucré à la manière d'une friandise commerciale. Ce qu'elle est, probablement, aux yeux des actionnaires de la compagnie. Et vous devrez en manger deux pour obtenir environ le même niveau d'énergie. Pas surprenant, car elle n'a que 35 grammes, contrairement aux 68 grammes d'une Clif Bar.

Côté vitamines et minéraux, la barre Nutri Grain est généreuse en manganèse. Pour le reste ce sont des quantités de survie, pas plus. Net avantage pour Clif de ce côté: variété et quantité sont au rendez-vous. De plus, elles sont bio à 70%.

Plusieurs cyclistes aiment les mélanges de noix et fruit séchés. Ce que j'aime moins de ce produit, c'est la quantité de gras qui est associée aux noix et arachides.

Aux États-Unis, on trouve facilement la Clif Bar dans de nombreux surper-marchés, à un prix très avantageux. Elles sont malheureusement moins bon marché ici au Canada, quoique je trouve qu'elles sont encore un bon achat lorsqu'on compare la quantité et la qualité, même si le prix varie d'un point de vente à l'autre. Et on trouve de nombreuses alternatives, entre autres des marques d'origine européenne qui sont tout aussi bonnes dans certains cas. Faites simplement attention à la quantité contenue dans la barre, c'est-à-dire le poids.

Mais finalement, le verdict tombe lorsque vient le temps de pédaler. Lorsque (ou avant que) l'énergie baisse et que vous refaites le plein, vous devriez sentir vos jambes comme vous les aimez: dures et volontaires. C'est le résultat d'une glycémie bien ravitaillée.,

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Un autre produit qui a fait son apparition il y a quelques années, ce sont les sirops énergétiques aussi vendus sous le nom de gels énergétiques. Celui que j'utilise est vendu sous la marque Maxim et est surtout composé de sirop de glucose et de maltodextrine. Aucun gras, aucune protéine, mais des vitamines. Ces sirops sont efficaces, je peux vous le confirmer. Pas surprenant que les coureurs les aiment, l'énergie est là. Dommage qu'ils jettent les sachets vides le long de la route...

On recommande parfois de les essayer d'abord, sous réserve qu'ils pourraient être difficiles à digérer. Je n'en ai jamais éprouvé d'inconfort quel qu'il soit, mais j'aime bien pouvoir boire de l'eau tout de suite après. Attention: suivre les indications. Il serait facile d'en abuser, question quantité.

Il m'est souvent arrivé, lors de longues sorties, d'en apporter sans l'utiliser. Il joue alors le rôle de dépanneur, prêt à être avalé si nécessaire. Ça ne prend pas beaucoup de place, et ça se conserve longtemps.

Notez que plusieurs de ces gels contiennent de la caféine. Cela pourrait influencer votre choix. Et qu'est-ce que ça goûte, toutes ces choses-là? Neuf personnes, dix réponses... Je ne m'en mêle pas.


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Où sont ces réparateurs de vélos quand on en a besoin?



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Pour les cyclistes de la ville de Québec, la question d'installer ou non une piste cyclable sur le boulevard René-Lévesque se pose depuis quelque temps. Le débat semblait réglé par le vélo-boulevard de Père-Marquette jusqu'à ce que je reçoive le courriel suivant cette semaine:

                   

Pour votre information, un nouveau groupe s'est créé dernièrement à Québec dans le monde du vélo. Il s'agit du 'Mouvement pour une piste cyclable sur René-Lévesque'. À cet effet, une page facebook a été crée:
https://www.facebook.com/pages/Une-piste-cyclable-sur-Ren%C3%A9-L%C3%A9vesque-SVP/156631107830022?ref=hl
Une pétition a aussi été mise en ligne. Je vous invite à la signer dès que possible:
http://www.petitionduweb.com/Petition_une_piste_cyclable_sur_rene_levesque_svp-1000712.html
Il y aura aussi un événement important en formule 5 à 7 à la Ninkasi du Faubourg jeudi le 9 mai prochain. Tout le monde est invité, les médias seront présents et il y aura une conférence de presse de la part des deux porte-parole du mouvement pour expliquer le projet.
https://www.facebook.com/#!/events/226956480777785/
Après plusieurs essais sur la table à dessin, nous croyons effectivement avoir trouvé une solution novatrice de trajet en ligne droite avec un design flexible et peu coûteux pour la ville!
                                                                       *

Personnellement, j'ai déjà donné mon opinion sur la question, à vous de vous exprimer si vous le souhaitez.

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J'ai reçu ces jours-ci des dérailleurs Shimano LX RD-M580 en spécial: 92$ (rég.) réduits à 69$.

Aussi des leviers Ultegra 2 ou 3 x 9 vitesses ST-6501. On pourrait appeller ça du néo-vintage(!).
Rég. 545$, réduits à 350$ la paire.

Et pour finir, des leviers Tiagra 3 x 9 vitesses ST-4503. Rég. 380$, réduits à 290$.

Ces prix n'incluent pas les taxes habituelles appliquées aux citoyens canadiens.

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Je reviens régulèrement à Marcus Miller, bassiste surdoué. Et je vous encourage non seulement à écouter, mais aussi à regarder la vidéo suivante. Vous comprendrez pourquoi en cours de route. Il fait des choses que  vous ne verrez pas souvent...


samedi 23 mars 2013

ÇA NE SUFFIT PAS.






Ce n'est pas l'Égypte, c'est la Côte de Beaupré.


C'est un métier, et on ne s'improvise pas mécanicien de vélo. Il faut y mettre le temps, et il y a beaucoup à apprendre.

Une des choses qui différencient le mécanicien d'expérience du débutant, c'est la vitesse d'exécution des tâches. Pas seulement parce qu'il travaille plus vite, mais aussi parce qu'il connaît des solutions simples à des problèmes qui ne sont pas toujours complexes...

Ce matin, un client m'apporte un vélo neuf sur lequel il a essayé de mettre un deuxième porte-bouteille. Problème: interférence entre le collet du dérailleur avant et le porte-bouteille, là où la vis inférieure serre l'objet contre le cadre.

Il serait toujours possible de descendre le collet rapporté du dérailleur avant de type braze-on et refaire les ajustements pertinents, mais il y a beaucoup plus simple que ça. On installe deux espaceurs entre le porte-bouteille et les deux trous de vis du cadre, ce qui éloigne juste assez le porte-bouteille pour éviter l'interférence.

Bien sûr, souvent, c'est la familiarité avec la tâche qui fait la différence. Un exemple: le dévoilage (défaussage) des roues. À moins de travailler sur une roue à problèmes (trop vieille, trop bon marché, ou les deux), le processus est simple: identification des rayons concernés, tensionnage de ces rayons, confirmation du résultat et amélioration additionnelle si nécessaire. On diminue les tolérances jusqu'à ce que ça devienne inutile d'intervenir davantage.

Les débutants qui s'attellent à cette tâche sont hésitants, et on peut comprendre. Ils n'ont pas encore pris l'habitude de visualiser la conséquence de leurs gestes durant le processus, et ils ont peur d'empirer la roue comme tant d'autres l'ont fait avant eux sur d'autres roues.

Un mécanicien d'expérience aura parfois du fil à retordre sur certaines roues, bien sûr, mais souvent la procédure peut être exécutée en moins de cinq minutes. Parfois même en moins de deux minutes. Alors que je me rappelle avoir entendu un client me dire qu'il y avait mis tout l'après-midi et qu'à la fin la roue était pire qu'au début. Bon, on s'entend, il ne l'avait jamais fait, et il n'était pas outillé correctement comme un mécano débutant va l'être s'il est dans un atelier professionnel.

J'ai déjà entendu un candidat au travail de mécanicien me dire fièrement qu'il était habitué de démonter des vélos. Mais démonter, c'est la partie facile. Est-ce qu'il remonte, aussi? La capacité à faire de bons réglages est plus exigeante qu'avant, à cause entre autre de l'indexation des dérailleurs, particulièrement le dérailleur avant. Il faut connaître tous les paramètres concernés, sinon on n'arrive pas à faire un travail vraiment correct et complet. Avoir une vague idée de la tâche à accomplir, ça ne suffit pas.

C'est pourquoi les mécaniciens d'expérience, dans ce domaine, sont recherchés. Ils peuvent plus ou moins choisir l'endroit où ils travaillent, d'autant plus que, souvent, ils développent une relation avec une ou plusieurs personnes à l'intérieur d'un atelier de réparation/assemblage et peuvent profiter du printemps pour intégrer l'équipe. Malheureusement pour nous, au Québec, l'hiver fait en sorte qu'il n'y a pas assez de travail pour toute l'équipe de la belle saison lorsque le froid revient.

Voilà donc une raison de plus de faire préparer son/ses vélo/s à l'automne ou en hiver en vue du printemps: les techniciens qui restent en place durant les saisons froides sont habituellement les plus expérimentés. Les autres ont dû passer à autre chose et, d'ailleurs, souvent ne reviennent pas. Ils n'accumuleront pas assez d'expérience et de connaissances pour maîtriser le sujet. Et acquérir de la vitesse d'exécution. Ce dernier point n'est pas très important si vous réparez le vélo de votre cousin ou de votre voisin. Mais si, cette semaine, vous aviez trente vélos à préparer, vous verriez les choses autrement...

Au Vietnam, on me dit que l'approche est radicalement différente. Si vous voulez devenir un apprenti, peu importe le domaine, vous devez payer. Pas comme au Québec où vous serez payé. Et on peut comprendre leur point de vue: le maître va-t-il vouloir enseigner à l'élève qui va devenir un compétiteur de plus? Ces dernières années, certains candidats sont venus faire un stage dans mon atelier en automne, sans être payés, simplement pour apprendre. Cette formule a un avantage: vous faites vos premières armes dans un contexte sans pression, puisque le volume de travail est moins important et le patron n'a pas peur de ne pas en avoir pour son argent...

Ceci dit, je n'écris pas tout ça pour vous décourager. Si la chose vous intéresse, c'est un métier qui en vaut bien d'autres. J'ai commencé moi-même en réparant le mien, puis en faisant un peu le commerce de vélos d'occasion que je revendais après remise en condition. J'ai ainsi fréquenté assidûment une boutique qui me fournissait en pièces et le patron me connaissait déjà lorsque je lui ai offert mes services. Je ne lui ai d'ailleurs même pas remis de c.v. ce jour-là: il n'en avait rien à cirer et je le savais très bien. Le lendemain matin, ma vie a changé.



       Tournage de cinéma sur la rue Père-Marquette à Québec.



''The flooding of New Orleans was a man-made catastrophe. A federal fuck-up of epic proportions, decades in the making.''. C'est ce que déclare un personnage dans ''Treme''. Allusion, entre autres choses, à la planification des digues protectrices de la ville.

Les téléséries me passent comme de l'eau sur le dos d'un canard. Pourtant, j'aime le cinéma, mais pour une raison quelconque, les téléséries, c'est différent. ''Treme'' est l'exception qui confirme la règle.

C'est bien sûr surtout à cause du sujet: la Nouvelle-Orléans et l'ouragan Katrina. Si, à vos yeux, New Orleans n'est qu'une ville parmi d'autres, Katrina un ouragan parmi d'autres, alors permettez-moi d'attirer votre attention sur une réalité qui n'est pas un détail: peu de villes ont réussi à exporter leur culture autant qu'elle. Une culture métissée, forte et originale.

Imaginez une minute que la Nouvelle-Orléans n'aurait pas existé, ainsi que la région du Mississipi voisin qui ont donné naissance au blues et à toutes les musiques voisines. Ces musiques ont été l'influence majeure du rock, et d'une manière générale la plupart de la musique populaire moderne. Elvis, les Beatles, les Stones, Chuck Berry, Jimi Hendrix, Eric Clapton et tous ceux qui les ont suivis et imités.

L'idée qu'on a de la Nouvelle-Orléans est trop souvent figée dans le temps: les vieux de la vieille qui jouent Oh When the Saints et les autres... Pourtant, cette ville ne s'est pas arrêtée de vivre et d'évoluer, et les clients des bars ne sont pas tous des touristes en mal de clichés, loin de là.

Treme vous balade à travers toute cette faune qui trime dur chaque jour pour rebâtir après la catastrophe, malgré les ressources limitées, malgré les gouvernements, malgré l'ampleur du désastre. Elle vous balade dans leurs moments de joie et de plaisir, souvent le soir, la nuit, folk, rock, blues, gospel, blues aussi, bien sûr. Et elle n'aurait pas autant de crédibilité sans les apparitions d'authentiques musiciens qui jouent leur propre rôle, tels que Ron Carter, les frères Neville, Delfayo Marsalis, Trombone Shorty, Fats Domino et plusieurs autres. Quand on voit un musicien qui joue, dans Treme, la caméra montre ses doigts aussi, pas seulement son visage.

L'attachement que les habitants de la Nouvelle-Orléans, et même certains qui n'y habitent pas, ont pour leur ville est omniprésent dans chaque épisode. Et il suffit de prendre le temps de regarder pour comprendre pourquoi. La série est couramment diffusée sur Super Écran (Vidéotron) ainsi que d'autres cablodiffuseurs, et vous pouvez aussi visionner différents extraits sur youtube.com. On n'a pas même pas vraiment besoin de regarder depuis le début pour en saisir le sens, et le montage est très serré: on passe d'un (ou plusieurs) personnage(s) à l'autre à une cadence rapide.

Le ''Dubya'' dont il question dans la chanson suivante n'est nul autre que George Dubya Bush: ''Shame, Shame, Shame'', extraite de Treme.





Le type qui parle du ''federal fuck up'' n'a pas la langue dans sa poche. Regardez ceci et vous serez d'accord avec moi.



lundi 18 mars 2013

LES CYCLISTES RESPIRENT TROP.




J'ai reçu un courriel la semaine dernière. Désolé pour la mise en page boìteuse, je manque de temps pour corriger ça, et le reste du message est normal. Le voici, suivi de ma réponse:


Bonjour,
Il y a quelques années, j'ai eu un accident avec mon De Vinci en fibre de carbon (frappé un obstacle = fourche brisée et une légère déformation du cadre à l'en- droit de la fourche, la où se trouve le roulement à billes). J'ai acheté un autre cadre et tout va bien, mais j'ai gardé mon ancien cadre en me disant qu'il se-
rait peut-être possible de le réparer. Pensez-vous être en mesure de le faire ?
Merci.
Voici ma réponse:
Je ne fais pas ce genre de travaux, mais je peux te donner le numéro de téléphone de quelqu'un qui pourrait te le faire, si une telle chose est possible. Il s'agitde Yannick Normand, au 418 576 9704.
Je n'ai jamais vu de cadre en fibre de carbone déformé comme il arrive qu'un
cadre en acier le devienne à la suite d'un accident. Si c'est le cas, Yannick
pourra te dire s'il peut te le réparer. Et d'une manière générale, ton genre de
cadre est plus réparable que certains ne le croient, avec des résultats très
satisfaisants.







                              L'année du Serpent.



La compagnie de vélos taiwanaise Giant vient de publier une publicité où elle 
vante les mérites de son modèle Propel Advanced SL. Il s'agit d'un vélo de course
de type aérodynamique avec cadre profilé en fibre de carbone.


Ce vélo est donc destiné à une clientèle athlétique participant à des compéti-
tions de niveau amateur ou professionel. Giant peut ainsi justifier les 
références à la rigidité dans la direction et le pédalage qu'on peut voir dans 
les tableaux comparant ce vélo à d'autres de marques connues dans le domaine.

Si vous êtes puissant ou pesant, la rigidité est effectivement un aspect de votrevélo qui compte pour vous. Pour la plupart d'entre nous par contre, non seulement
vous n'avez pas besoin d'une telle rigidité, mais elle peut même nuire à votre 
plaisir sur le vélo. Il arrive un point où rigidité peut devenir synonyme de 
raideur.


Je préfère un cadre avec, sans excès, un minimum de souplesse. Un cadre qui peut respirer. Ainsi, sur de mauvaises surfaces, le vélo ne transmettra pas bêtement 
toutes les vibrations. Évidemment, certains coureurs costauds recherchent ce 
genre de cadres. Le wattage qu'il y a dans leurs pattes poserait problème 
autrement, Je n'aurai jamais ce genre de souci, et la plupart d'entre vous non 
plus, probablement.


Si je parle de ça ici, c'est beaucoup pour vous encourager à vous méfier. Vous 
pourriez très bien visiter une boutique spécialisée où le vendeur vous vantera larigidité d'un vélo dont vous envisagez l'achat. Comme si c'était une garantie de
performance, et sans vous mentionner les inconvénients qui peuvent en découler.

En dehors des coureurs compétents, les seuls cyclistes qui peuvent avoir besoin 
de beaucoup de rigidité, ce sont les cyclotouristes chargés. Je me rappelle les 
vélos de cyclotourisme italiens des années '70 dont la boîte de pédalier se 
baladait de gauche à droite à l'effort, au point d'entendre la chaîne frotter à 
l'intérieur de la cage du dérailleur avant. Pas très agréable, même si, au 
fond, c'était sans gravité. Mais on ne voit plus beaucoup de cadres mous comme
ça, aujourd'hui. Et s'il y a un problème de ce genre, c'est peut-être signe
que vous transportez des charges trop lourdes...


Petit détail, pour terminer: les cadres aéro ont la réputation d'être les plus`
raides et les moins confortables, à cause des formes des tubes. Je dis 
réputation, car je n'en ai jamais possédé, donc je ne parle pas en connaissance  de cause. Je n'ai pas besoin de ce type de machine. Et vous?




 
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Le Parti Républicain, aux USA, aime bien nous instruire sur différents aspects de la réalité. Une des dernières informations en date nous apprend, de la bouche de R. Orcutt (R-Kalama), que les cyclistes polluent à cause de leur respiration intense. Ne riez pas! Il l'a dit. Ça doit être vrai...

Il nous fait également le reproche de ne pas payer pour les routes que nous utilisons. Visiblement, il n'est pas un expert en matière de fiscalité...

Si vous voulez en savoir plus:
http://www.seattlebikeblog.com/2013/03/02/state-lawmaker-says-bicycling-is-not-good-for-the-environment-should-be-taxed/

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Eric Clapton a dit à Robbie Robertson, pendant la réalisation de l'album ''How to Become Clairvoyant'', ''Publie-le à ton nom, il y a plus de tes idées que des miennes là-dedans''.

N'empêche que la présence de Clapton est très perceptible: on y reconnaît parfois non seulement sa guitare, mais aussi sa voix.

Dans le décompte du magazine américain Rolling Stone, Clapton (un Anglais) est classé comme étant le deuxième meilleur guitariste de l'histoire du rock. Robertson (un Canadien) est classé 59ème.

Fear of Falling: