vendredi 17 février 2017

JE SUIS ICI.




Si vous avez une interrogation technique au sujet des vélos, vous pouvez poser votre question au site suivant:

http://bicycles.stackexchange.com

On y trouve de tout, entre autres choses des questions sur les compatibilités, point crucial lorsqu'on veut prendre des libertés lors du remplacement d'une pièce de vélo.



2017, année de changement? Pour moi, oui. Elle est encore jeune, mais tout est possible, et je ne m'en plains pas, au contraire.

Le mouvement était déjà solidement amorcé l'an dernier. Au travail, une nouvelle façon d'envisager les choses m'a amené à me diversifier avec la production d'une émission de télévision ainsi que le travail de guide pour des touristes qui louaient des vélos. Après avoir géré mon magasin pendant 25 ans, sans compter les cinq années qui les ont précédées où j'étais employé, je me suis retrouvé en train de faire différentes choses à différents endroits, tout en assurant la continuité chez Bicycles Falardeau enr. Un changement apprécié, je l'avoue.


La Chute Montmorency, du moins une partie. Février 2017.

J'ai bien l'intention de continuer dans cette voie. J'ai plus envie d'avoir trois, quatre ou même cinq emplois plutôt qu'un seul. Pour plus de variété dans mes activités, moins de dépendance envers une seule. Mon intuition, en ce moment, me pousse vers ça. Pas seulement plusieurs emplois, mais aussi travailler ailleurs que dans la Ville de Québec. J'ai l'intention d'aller voir quelles sont les options disponibles pour l'hébergement dans le secteur de Sainte-Marie-de-Beauce, pour les cyclistes qui seraient intéressés d'avoir recours à mes services de guide dans le cadre du groupe Facebook Quebec Gravel Grinders. J'ai déjà pris contact avec des grinders de l'Ohio pour qu'il se passe des choses une fois la belle saison revenue. En fait, je devrais plutôt dire les belles saisons.



Et tant qu'à être parti, pourquoi pas le Vietnam? Je n'y suis pas allé depuis longtemps, et mon manque d'enthousiasme pour les froids extrêmes de l'hiver pourrait très bien me pousser de ce côté-là l'hiver 2017-2018. Si vous connaissez des cyclistes qui se cherchent un guide, je pourrais me rendre disponible, d'autant plus que j'ai de la famille dans plusieurs villes importantes du pays: Saigon, Dalat, Nha Trang, et Hué.

La température est chaude en hiver, dans le Sud. Sauf parfois, à Hué, où ça descend vers 12 degrés C. Et si vous pensez que 12 deg. ce n'est pas froid, vous changerez peut-être d'idée quand vous vous rendrez compte qu'il n'y a pas de chauffage dans les maisons et les hôtels, et que les nuages, bloqués par la Cordillère Annamite, vous arrosent d'un crachin ininterrompu pendant des jours et des nuits. Pendant que, à 100 kms au sud, il fait 27 deg. et un soleil radieux. Il y a des fois où le choix est facile à faire.


La falaise sud-est à côté de la Chute Montmorency.


Le Nord, lui, peut être déplaisant aussi en hiver. Ça dépend si vous êtes chanceux. Si vous ne l'êtes pas, et je parle en connaissance de cause, vous n'aurez pas envie de séjourner longtemps à Hanoi en décembre, janvier ou même en mars. Déjà que l'ambiance est un peu plus austère qu'au Sud, ou même au Centre, personnellement je choisirais attentivement ma période pour y aller.

Saigon, maintenant rebaptisée Ho Chi Minh City, est chaude, pendant ce temps. 31 degrés, c'est courant. Attendez-vous à une grosse ville asiatique, étendue, affairée, dynamique et grouillante de vie. J'ai de bons souvenirs de Saigon, je suppose que ça tient au fait que tout se passait bien pour moi quand j'y suis allé.


Le fleuve Saint-Laurent, avec Lévis de l'autre côté. Voir le plan ci-dessous.


Si je fais un travail de guide avec les cyclistes, je n'ai pas envie de faire le classique Hanoi-Saigon par la Route Nationale no. 1. Trop de traffic par endroits, et de toute façon je ne suis pas friand de ces voyages où l'on fait et défait ses bagages à tous les jours. Je préfère les balades ouvertes qui ne servent pas seulement à cocher une case sur la liste des choses à voir avant de mourir. J'en ai fait souvent, de ces sorties d'un jour qui nous font explorer, et le Vietnam se prête bien à ça. On peut se garder 3 ou 4 jours pour découvrir chaque région avant de repartir vers une autre.



Vous êtes ici.


Se concentrer sur le Centre et le Sud permet d'éviter le froid hivernal et la pauvreté de la région de Vinh. Je suis curieux de découvrir la ville de Dalat, où les Français aimaient aller pour éviter les chaleurs extrêmes du Sud, et Nha Trang, où le vent de la mer et la plage vous font la vie douce. Quelques russes, qui ont apprécié une époque où ils venaient collaborer pendant la période soviétique, viennent maintenant jouer les snowbirds à Nha Trang et je peux comprendre pourquoi alors qu'il fait moins 6 deg. à Moscou pendant que j'écris ceci. Et en même temps, il fait nuit à Nha Trang et le mercure indique 22 deg. Plus 22.

Enfin, tout cela reste à confirmer, il y a trois saisons à vivre avant celle-là, et même un peu plus parce qu'on ne peut pas dire que l'hiver soit terminé ici.

Ce qui suit n'est pas typique des habitudes d'écoute vietnamiennes. Qu'à cela ne tienne, ce sont les miennes.



vendredi 10 février 2017

PLAN C (AH! AH!)









La température était plutôt clémente, en ce premier dimanche de février. À peu près zéro Celsius. Une belle petite neige et peu de vent. À Québec, à ce moment de l'année, c'est habituellement plus froid. Ça m'a donné le goût d'entreprendre quelque chose de plus ambitieux: 33 kms en gros vélo. J'ai trois semaines d'utilisation de ce nouveau fat bike au compteur, et je n'avais jamais essayé d'aller aussi loin avec lui. Les moyennes ne sont pas élevées et il faut y mettre le temps.

Le trajet prévu incluait la traversée du Pont de Québec. Le "vieux pont", pour les intimes. Celui qui est tombé deux fois, pendant sa construction. Heureusement, ces dernières années, il s'est montré plus rassurant. Parce qu'en plein hiver, vous n'avez pas vraiment envie de piquer une tête dans le fleuve Saint-Laurent. Pas moi, en tout cas.




Le trottoir du pont est suffisamment libre de neige pour pouvoir traverser en hiver, la plupart du temps. J'ai l'impression que les vents d'est et d'ouest auquel le pont est très exposé se chargent de l'entretien. C'était le cas dimanche dernier: j'avançais sans difficulté, même si la chute de neige en cours laissait une petite accumulation sur le sol. Seuls les derniers mètres avant le tablier du pont, côté nord, se sont révélés trop laborieux.



Je prévoyais un retour par le traversier de Lévis, qui part à chaque demi-heure pour une courte traversée de dix minutes.




Passé le pont, une piste cyclable/trottoir permet d'aller vers Lévis et elle est utilisable même en hiver, grâce à un entretien qui venait d'être fait quand je suis passé ce jour-là. La progression était facile, la neige au sol n'était pas abondante. Sauf que...

Sauf qu'à un moment donné, elle n'était plus facile, cette progression. Pour tout dire, j'avais l'impression de pédaler dans la choucroute, comme si soudain la neige s'était épaissie considérablement, malgré que mes yeux me disaient le contraire. Mon plaisir disparaissait sans me demander mon avis.

J'ai fini par m'arrêter, pour vérifier la pression des pneus. Des fois que... Le pneu arrière, impeccable. Le pneu avant lui, par contre, s'est révélé être complètement dégonflé! Vous pouvez vous douter qu'un pneu de quatre pouces de largeur, dégonflé, ça n'avance pas très joyeusement. Là était mon problème. Par la suite, une vérification m'a permis de constater que la chambre à air s'était agrémentée d'un trou.




Me voilà donc en panne. Sans chambre à air de rechange, sans rustine. Et pour dire franchement, avec le froid, même si j'en avais eu, je n'aurais pas tellement eu envie de sortir mes outils. J'étais à neuf ou dix kilomètres de chez moi. Pousser ce gros vélo sur cette distance? Non merci.

Plan B: Demander de l'aide à quelqu'un qui ne m'en voudra pas trop de l'avoir fait, avec une voiture trop petite qui n'a jamais transporté un gros vélo, et surtout pas en hiver. Long et un peu compliqué.

J'étais un peu ennuyé par tout ça, jusqu'à ce que me vienne à l'esprit un Plan C. Que je n'ai jamais utilisé, je n'en ai jamais eu besoin, pas depuis qu'il existe. Trois ans pour être exact.

Je suis membre du club automobile CAA. Nous en avions pris l'habitude parce que nous étions propriétaires d'une vieille voiture qui avait ses sautes d'humeur à l'occasion. J'avais annulé par la suite mon abonnement jusqu'à ce que j'apprenne que le CAA offre maintenant à ses membres de les dépanner s'ils ont un problème avec leur vélo. Ça ne m'est pas souvent arrivé, au fil des ans, de ne pas pouvoir dépanner mon vélo sur la route lorsque survenait un pépin, mais quand ça arrive...

Je me suis donc présenté à un commerce tout près de là, pour téléphoner et mettre à l'épreuve la qualité de ce service. Pas de problème, m'a dit la dame, on vient vous chercher d'ici 45 minutes.

Ça en a pris vingt. On a promptement attaché le vélo sur la plateforme du camion, et le chauffeur m'a déposé chez moi avec le sourire.


Vous voulez dynamiser un vélo de montagne à roues de 26" qui ne roule pas hors-route?
 Une de vos options: Michelin Run'r 26 x 1.1

Quelques précisions sur ce service. Sur une période d'une année, l'abonnement de base le moins cher vous donne droit à quatre dépannages. J'espère que votre vélo n'en demandera pas tant... Et la précision suivante n'est pas un détail: vous avez droit à un raccompagnement gratuit sur cinq kilomètres. On vous charge un montant additionnel au kilomètre si vous dépassez cette limite. Dans mon cas personnel, il m'en a coûté 10$cad. Ceux qui sont abonnés "CAA plus" ont droit à 160 kms de transport sans frais additionnels. Donc, à vous de juger ce qui vous convient le mieux.

J'aurais toujours pu appeler un taxi comme certains d'entre vous l'ont déjà fait en pareille situation. Mais il aurait fallu spécifier que j'avais aussi un vélo à faire transporter, D'autant plus qu'il ne s'agit pas d'un petit caniche de 8 kilos tout propre.



Alors finalement je suis bien content de la tournure des événements, malgré tout. Il y a encore d'autres solutions à ce genre de problème, mais il se pourrait bien que je renouvelle mon abonnement l'an prochain, et même que j'augmente le niveau de mon abonnement pour la période estivale, ce qui peut se faire sans payer le plein prix pour les douze mois de l'année puisqu'il commence en décembre, dans mon cas.

https://campagne.caaquebec.com/nonmembre/?gclid=Cj0KEQiA_eXEBRDP8fnIlJDXxsIBEiQAAGfyoWEgjbZzM61wjaMZ8hKzvoAnY4WuzSjCXQ5a4SeNUrQaAnfI8P8HAQ


Je n'ai pas encore enquêté sur la cause de la crevaison. Tout ce que je sais, c'est que la chambre à air est percée, et que ce n'est probablement pas une crevaison par pincement, parce que le pneu était suffisamment gonflé et qu'il n'y a pas eu le genre de choc qui occasionne ce genre de pépin. Mais je me suis dit la chose suivante: s'il y a un débris agressif sur le sol, vitre, métal ou autre, je risque davantage de passer dessus avec un pneu de 100 mm de large, qu'avec un pneu de 30 mm. Je ne sais pas encore si c'est ce qui a occasionné le problème, mais de toute façon la logique est là. Vous me direz, ces pneus sont faits pour rouler hors-route, pas sur la voie publique, mais bon, ce n'est quand même pas interdit...


Je ne saurais dire de quelle année date ces outils. Il font partie du patrimoine de mon commerce qui fête ses 101 ans cette année. Fabriqué en Angleterre, on ne voit plus ça souvent...


Commentaire d'un mélomane au sujet de la vidéo suivante:
Saw this live, in the sense of same tour with same lineup, but different venue. Peerless, wonderful shows, and the live energy and joy is just something hard to capture on video. Fantastic stuff.

C'est vrai, l'énergie, sur place, est palpable.

vendredi 3 février 2017

TENDANCES 2018.





Circa 1951.


Dans un article récent de Bicycle Retailer and Industry News, on nous donne des nouvelles de Taichung (Taiwan) Bike Week. Les tendances y sont discernables. Cette Taichung Bike Week est destiné principalement aux concepteurs de vélos, communément appelés gérants de production, pour les aider à planifier leur prochaine cuvée. Elle a lieu à chaque automne, moment crucial pour ces concepteurs. Il faut comprendre que, à l'automne 2016, ce sont les vélos 2018 qui sont en gestation. Les vélos 2017 ont déjà été présentés aux détaillants.

Un producteur de roues remercie Shimano et SRAM de nous avoir épargné le passage aux cassettes à 12 vitesses pour les vélos de route.

WTB veut développer un nouveau standard de pneu de route surdimensionné et d'autres compagnies de pneus veulent suivre le mouvement.

SRAM va proposer des transmissions pour vélo de montagne 1 x 12 à un prix moins élevé l'an prochain. Mais Shimano ne cherche pas à descendre en gamme pour les transmissions mono-plateau dans ce genre de vélos.

Les fabricants proposent encore des pneus de 27.5" pour ces vélos de montagne, et cherche encore la largeur idéale. Il y a un glissement vers une taille qui serait inférieure au 2.8" qui sera répandue sur l'année-modèle 2017.

Après l'hiver dernier, 2015-2016, les distributeurs américains avaient surévalué largement la demande pour le vélo à pneu surdimensionné (fat bike) et ils étaient pratiquement invisibles à Taichung, cette semaine-là.

Dans les prochaines années, les freins à disque sur vélos de route seront la nouvelle normalité, pendant que les freins sur jante seront réservés aux vélos super-légers spécialisés pour les ascensions ou pour les vélos de contre-la-montre.




Un peu de réalité alternative...


À la fin des années '20, la compagnie Whippet a fabriqué plusieurs milliers d'automobiles. Un résident de Saint-Raymond-de-Portneuf en avait acheté une, et l'appréciait tellement qu'il en vantait les mérites à qui voulait bien l'entendre. Tant et si bien qu'on l'a qualifié de whippetiste, terme signifiant que non seulement il aimait la marque, mais il refusait de concéder un quelconque mérite aux autres marques.



Après trois semaines d'utilisation du gros vélo (aka fat bike), et après 40 ans de vélo quotidien sur/dans la neige, mes impressions se définissent petit à petit. Tout d'abord, mon vélo habituel (équipé de pneus de cyclocross de 30 mm de largeur) et le gros vélo ont ceci en commun:

  1. Les deux vélos font l'affaire, malgré leur allure très différente.
  2. Je passe quelques jours avec un des deux vélos, n'importe lequel, puis je passe à l'autre et je dis: Wow! Quelle merveille! Les deux sont merveilleux, chacun à leur manière.
  3. Les deux, dans mon cas, ont un cadre en aluminium, ce qui est souhaitable pour contrer la rouille de cette partie du vélo.
Au fil des années, j'ai roulé l'hiver avec les tailles de pneus suivantes:
  • 26 x 1 1/4 (rarement)
  • 26 x 1 3/8 (jusque vers 1988)
  • 26 x 2.0 (entre 1.9 et 2.1, mais je me suis vite lassé)
  • 27 x 1 1/4 (Michelin World Tour et un autre Michelin dont je ne me rappelle plus le nom)
  • 700 x 29 (cyclocross)
  • 700 x 30 (cyclocross)
  • 700 x 32 (CST Cultivator)
Et le gros vélo ajoute maintenant à cette liste le 26 x 4.0.

J'ai souvent fait des distances supérieures à 30 kms en plein hiver, à, et autour de, Québec. Jusqu'à 70 kms, en fait. Je ne voudrais pas avoir à faire de telles distances avec des pneus de 4 pouces, car le vélo est plus lent, c'est flagrant. 

Par contre, les gros pneus changent ma relation avec l'espace en gommant certains obstacles auparavant infranchissables, et en me permettant des parcours hors-route plus associés aux sports d'hiver ou à la marche. Ils sont particulièrement ludiques et acceptent des défis que même un vélo de montagne traditionnel ne peut relever. Ce que je reproche à ce dernier? Ses gros pneus ne sont pas assez gros, et pas assez petits. 

Si je parle autant de pneus, c'est qu'ils sont aussi importants dans la conception d'un vélo qu'un batteur l'est dans un groupe de musiciens. C'est la clé qui détermine la vocation du vélo et certaines dimensions du cadre.

Mais si votre budget est très limité, le gros vélo n'est pas une option. Alors qu'on peut trouver assez facilement des vélos hybrides d'occasion et les modifier (pneus, garde-boue, éclairage) pour en faire un bon vélo d'hiver, particulièrement pour un usage utilitaire. À 200 ou 300$cad, c'est faisable.  Presqu'impossible avec les gros vélos. Dans quelques années, quand le marché se sera développé, la situation sera différente, mais pas maintenant. Notez que n'importe quel vélo qui aura fait quelques hivers, dans nos conditions québécoises, aura perdu beaucoup d'intérêt et de valeur, à moins d'avoir subi un entretien rigoureux comme peu de gens en donnent. 

Je ne me qualifierais donc pas de whippetiste. Les deux vélos ont leur place dans mon écurie. Reste à voir comment mes besoins évolueront.




L'Allemagne n'a pas l'habitude de lésiner en matière d'autoroute. Si on y roule aussi vite qu'on le fait, c'est qu'on y investit énormément en matière d'entretien, de surveillance et de sécurité. Mais là, le pays envisage une autre sorte d'autoroute, d'un genre qui pourrait se révéler intéressant pour certains d'entre vous.
https://reporterre.net/L-Allemagne-construit-la-plus-grande-autoroute-cyclable-du-monde




vendredi 27 janvier 2017

BACK IN THE SADDLE.




Pas un seul brin de neige sur ce vélo, la veille au soir. Fin décembre 21016, Ville de Québec.


De retour après trois semaines de vacances, back in the saddle, comme diraient les Américains que j'ai côtoyés durant cette petite poignée de journées. Ces Américains dont les détaillants de vélos ne semblent pas vraiment faire des affaires d'or, si je me fie à ce que dit Bicycle Retailer and Industry News qui suit de près l'évolution de la situation là-bas.

L'humeur n'est pas à l'enthousiasme chez ces détaillants. Ils perdent une partie de leur chiffre d'affaires au profit des web-détaillants du Royaume-Uni, d'Asie ou d'ailleurs, mais si vous voulez mon avis, ils souffrent surtout du manque d'intérêt des Américains pour l'activité physique en général, et du vélo en particulier.

Je n'ai pas  besoin d'outils scientifiques pour le mesurer. Si je compare ce que je voyais là-bas, dans la rue, on y voit moins de cyclistes sur une distance donnée, à 28 degrés Celsius, que j'en vois ici à Québec à 28 degrés Fahrenheit! En fait, une partie de ceux qu'on voit là-bas donne l'impression que s'ils font du vélo, c'est parce qu'ils n'ont pas le choix. Et ce n'est pas parce que l'endroit où je me trouvais était côteux: les seules montées qu'on y rencontre sont les viaducs d'autoroute. C'est la même chose pour les autres sports: la piscine où je me baignais était habituellement inutilisée.

Remarquez, ce n'est pas partout pareil. On trouve au Trumpiristan des endroits où les gens sont davantage sensibilisés, heureusement. Mais pas là où j'étais, c'est certain.


Québec, 22 janvier 2017.

Les collants (en anglais, tights) qu'on peut se procurer pour faire du vélo sont habituellement plus destinés à un hiver européen qu'à l'hiver québécois. En bas de zéro degrés Celsius, ça ne suffit pas. C'est pourquoi je me désolais de voir mon vieux, mon très vieux collant se dégrader au point où c'en était aussi risible que gênant. Il fallait faire quelque chose.


On m'a recommandé le pantalon Fat Jack de la marque Club Ride que vous pouvez voir ici. J'étais un peu réticent à cause du fait que je préfère quelque chose d'ajusté à un pantalon ample. Mais maintenant que j'ai pu l'essayer, je suis rassuré car il est juste assez ample pour permettre le port d'un caleçon à l'intérieur. Ce qui, je crois, sera nécessaire quand le thermomètre déprime vraiment.

Je l'ai porté ce matin, pour la première fois. Température, moins 2 Celsius avec vents du nord-est à 30 km/h. Donc, pas si froid, mais avec le vent de face, mes autres collants -ceux qui sont encore en bonne santé- n'auraient certainement pas suffi. Même sans ce vent, ils n'auraient pas suffi.

J'en suis content. La coupe est belle, les tissus (il y en a plus qu'un) sont bien choisis, je l'ai vérifié en faisant couler un verre d'eau dessus et rien ne pénètre, on dirait le dos d'un canard. Et contrairement à mon ancien collant, il y a cinq poches, ce qui peut être bien utile. Mon maillot à manches longues le plus chaud ne descend pas très bas, et j'aurais aimé que Fat Jack monte un peu plus haut pour compenser, mais je peux m'organiser autrement avec un autre maillot plus long, quitte à ajouter une veste sans manche s'il le faut.

Club Ride Fat Jack, prix de détail suggéré, 160$cad.




Autre nouvel ajout dans ma garde-robe, le passe-montagne EVO (référence 861544).

De novembre à mars, et même plus diront certains, le passe-montagne est indispensable pour les cyclistes québécois. Si vous n'êtes pas familier, c'est un vêtement qui couvre toute la tête et même le cou. Donc les oreilles: très important.

EVO, marque-maison de Cycles Lambert, propose un modèle en Lycra thermal avec l'intérieur en molleton polaire. La tissu est léger, respirant, et convient très bien lorsqu'on le combine avec un casque de vélo. Il peut suffire même en bas du point de congélation. Prix de détail suggéré: 23.99$cad, je l'offre en spécial à 16.70$ + taxes.

J'ai utilisé ces vêtements lors de ma sortie de dimanche dernier avec mon nouveau vélo et ses pneus de quatre pouces. Ce monstre est à la hauteur de ce que j'espérais: rouler hors-route, en hiver, dans l'environnement urbain de Québec. Ce qui permet d'éviter la circulation automobile le plus possible, tout en restant près de chez moi. Je me promets aussi, au moins une fois, d'aller essayer ce vélo sur les routes les plus paisibles à la campagne, dans les Appalaches. L'ambiance hivernale là-bas est féérique, et rien qu'à y penser j'ai hâte d'y aller.



Si je pouvais changer une chose sur ce vélo, à ce point-ci, ce serait le pneu avant. Ses crampons de caoutchouc ne sont pas spécifiquement conçus pour donner une direction fiable dans la neige, c'est évident. Passe encore à basse vitesse, lorsque la neige est là depuis quelques jours. Mais sur une neige fraîche et abondante, ce gros ballon gagnerait à exhiber une semelle qui ressemblerait plutôt à ceci, mais en version quatre pouces de largeur:




Mais les vélos à pneus de quatre pouces sont une invention relativement récente, du moins leur popularité, et le choix de pneus disponibles reste limité, si on compare avec plusieurs autres types de vélos.



Une fois n'est pas coutume, petites nouvelles du merveilleux monde des tricheur$ C'est le dernier paragraphe que je trouve le plus intéressant. On a payé l'inventeur pour qu'il se taise et arrête de développer le produit, ce qui assurait à l'acheteur l'exclusivité et un avantage injuste lors des compétitions.



sur CBS CE DIMANCHE À 19 HEURES

Have secret motors been used to cheat in pro cycling?

Engineer who designed secret bike motors thinks they have been used to cheat in pro cycling since 1998
  • 2017Jan 27
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The Hungarian designer of a secret bike motor tells Bill Whitaker he thinks the motors have been used to cheat in pro cycling as far back as 1998.  Istvan Varjas speaks to Whitaker for a 60 Minutes investigation into mechanical cheating in a sport already infamous for its doping scandals.  One of the sport’s champions, three-time Tour de France winner Greg LeMond, is convinced the motors are being used.  He’s also in the 60 Minutes report, to be broadcast Sunday, Jan. 29 at 7 p.m.ET/PT.
Varjas, a scientist and former cyclist, says he first designed a motor to fit inside a bike’s frame in 1998. He says a friend found an anonymous buyer who offered him nearly $2 million for it.  Varjas says he took the money and agreed not to work on such motors, nor sell or speak of them, for 10 years. Asked whether he believes hidden motors like his have been used since then, he answers, “I think. Yes.”

Ah! Vous ne connaissez pas Esperanza Spalding? Dans la vidéo suivante, vous reconnaîtrez bien quelqu'un d'autre.

jeudi 29 décembre 2016

FLOTTER.





Je trouvais que les pneus de 2 pouces étaient trop larges en hiver, et me voilà avec des pneus de 4.0 pouces. Illogique? Non, pas vraiment.

Les pneus de 2 pouces étaient trop larges pour être à l'aise dans la neige abondante, et pas assez pour flotter sur elle. Je me suis dit qu'il serait intéressant de faire un essai prolongé pour comparer les plus gros pneus avec ma monture habituelle qui est chaussée avec des pneus de cyclocross 700 x 30. Certains d'entre vous la connaissent déjà:



Ces pneus, des Schwalbe CX Pro, donnent une direction fiable et minimisent la résistance au roulement lorsque la neige tombe pendant des heures. Ils sont légers, et lorsqu'ils sont combinés avec un cadre lui aussi léger, donnent un ensemble facile à manipuler et à manoeuvrer. Dans des conditions difficiles, c'est appréciable.

Mes nouveaux pneus gras sont ceux qui équipent d'origine le Evo Big Ridge 7.0, cuvée 2017, fraîchement débarqué chez le fournisseur Cycles Lambert. Spectaculairement indifférent aux obstacles de toutes sortes, il ne fait pas de miracles, mais c'est tout juste. Disons qu'il passe partout, seule la glace l'arrête. Lorsque vient le temps de quitter la voie publique, il gomme les surprises et permet des trajets impensables avec tout autre type de vélo. Il me reste à l'essayer dans des conditions où la neige tombe depuis des heures, sans arrêt. Là, le défi viendra des accumulations et des ornières. Je reste sur ma réserve, seul un essai confirmera ce que le vélo est vraiment capable de faire. Dans de telles conditions, le pneu de cyclocross est tout indiqué, quoiqu'il a ses limites bien entendu.

Quelques lignes sur les caractéristiques du Big Ridge. D'abord, le prix. Ce n'est pas un détail, car dans cette catégorie des fat bikes, les vélos gras, on trouve peu de modèles sous la barre des 1000$cad, et ça dépasse souvent les 2000$. Le Big Ridge, lui, se situe à 800$cad + taxes, avec un cadre en alu 6061-T6. Forcément, à un tel prix, on peut s'attendre à des compromis sur les éléments mécaniques, mais ils ont été faits intelligemment, rien à redire jusqu'ici. Point fort: la selle. Ce n'est pas un modèle de haut de gamme, mais la forme et le degré de rembourrage sont bien choisis et je ne sens pas le besoin de la changer, même si ce serait facile pour moi de le faire.



Les freins sont à disque, comme c'est l'habitude sur ce genre de vélo. Tirage par câble, on peut s'y attendre à ce prix, il s'agit de la marque Tektro, et le rendement est correct, adéquat. Le frein arrière avait besoin d'être recentré au montage final, et l'opération était facile et rapide. Reste à voir comment ça vieillira tout ça.

Les pneus donnent une direction fiable à basse vitesse, mais soyez prudent lorsque la vitesse augmente et qu'il faut tourner à une intersection. Ces pneus ne sont pas spécifiquement conçus pour la neige, et là-dessus un changement pourrait s'avérer bénéfique. Je n'ai pas vraiment de modèle à proposer, et, pour le moment, je me contenterai de faire ce que tout adulte raisonnable ferait à ma place, je ralentirai quand c'est le temps. Après avoir écrit ceci, je me suis fait dire par une source généralement bien informée que le Maxxis Minion (haut de gamme) ou le Kenda Juggernaut 4.5 pouces (milieu de gamme) seraient de bons choix.

Le pédalier n'a qu'un seul plateau, et ça ne pose aucun problème. Il est tout petit, et les indices sont là pour montrer que les développements sont bien choisis: je roule sur le plat dans le milieu de la cassette, et je n'ai pas encore eu à mettre pied à terre pour monter une côte.



Le levier de vitesse est un modèle Shimano à détente, typique, et est combiné à un dérailleur Shimano Acera. Rien à redire ici non plus, si ce n'est que ce genre de manette est plus difficile à opérer avec le genre de mitaines que nous portons, moi et certains de mes amis, en hiver. Pas impossible, seulement un peu moins évident. Un bon vieux thumbshifter de la vieille école serait plus facile, mais Shimano n'en fait plus en version 8 vitesses depuis longtemps. Notez que l'importateur canadien Damco en propose dans la marque MicroShift. Ils sont disponibles en version 8, 9 ou 10 vitesses. Dans ce cas-ci, je choisirais le Thumb SL-T08, mais notez qu'il est seulement disponible à la paire (gauche et droite). La marque MicroShift n'a pas particulièrement bonne réputation chez les amateurs, mais je n'ai pas d'opinion personnelle, ne les ayant jamais essayés moi-même. Peuvent-ils vraiment avoir raté la conception et la fabrication d'un tel levier de vitesses? Surtout que rien ne vous oblige à le combiner avec un dérailleur de la même marque.


Le garde-boue arrière amovible que vous voyez sur la photo ci-dessus m'a paru suffisant jusqu'ici.


Après quelques jours sur le Big Ridge et ses gros pneus, je suis retourné à mon vélo habituel et ses pneus étroits. Les premiers coups de pédales ont été un choc. Il est tellement plus dynamique, son accélération est tellement plus nerveuse! On perçoit beaucoup la soudaine légèreté de la roue avant, la machine est nettement plus manoeuvrable. Dès que la distance augmente, l'avantage est clairement du côté des 700 x 30.

Je n'ai pas l'intention d'arrêter de rouler avec le Big Ridge, mais je vais aussi continuer de rouler avec mon vélo d'hiver traditionnel équipé de pneus de cyclocross. Le temps raffinera mes impressions sur le terrain de prédilection de chacun de ces deux machines. Le vélo gras pour l'usage récréatif et l'autre pour l'usage utilitaire? On verra.




Lorsque vient le temps de quitter l'asphalte pour rouler sur la gravelle, chacun a sa petite idée sur ce qui est le vélo idéal. Pour plusieurs, c'est tout simple, on prend un vélo qui est déjà en sa possession: hybride, montagne, cyclocross, cyclotourisme, toutes sortes de vélos peuvent convenir plus ou moins bien selon le terrain et les dénivelés.

J'ai déjà bien documenté mes préférences sur ce blogue. L'industrie du vélo, elle, a son interprétation de ce qui est l'idéal, et ne se prive pas de nous proposer des modèles maintenant que cette activité est devenue une tendance en Occident, même si au Québec on n'a pas encore perçu cette tendance. Voici une partie de la cuvée 2016. Je ne vous montre pas ça parce que je suis attiré personnellement par ces vélos, mais bien parce que c'est ce que l'industrie suggère. À vous de juger.



La semaine dernière, un client avec lequel je n'ai jamais roulé me disait que sa préférence allait vers les pneus lisses, qui n'ont vraiment pas la cote dans la vidéo ci-dessus. Ah oui? Je ne suis pas seul?



Si vous envisagez l'utilisation d'un vélo à l'obscurité en dehors du milieu urbain, vous trouverez peut-être intéressante la vidéo suivante, qui a comparé un phare allemand sérieux avec un modèle économique obtenu sur Internet.




Trois semaines de vacances, à partir de samedi. Trois semaines de silence sur le blogue, et je vous ferai part de mes projets pour 2017 en revenant. BONNE ANNÉE À TOUS!!!!!


En plus des habituelles prises de vue lors de spectacles auxquelles on peut s'attendre, le film suivant nous fait entendre plusieurs extraits où Jimi parle. Ton posé, calme et lucide, ce document sera une révélation pour ceux qui ne connaissent pas encore ce musicien majeur du siècle dernier.



Et qui est Bootsy Collins, la voix de Jimi dans ce film? Voici un aperçu du personnage, accompagné entre autres par David Sanborn (sax alto) et Hiram Bullock (guitare).




vendredi 23 décembre 2016

LE TEMPS.




Le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de la Ville de Québec.
À gauche, Sillery, à droite, Lévis et la rive sud.


Une partie non-négligeable de la main-d'oeuvre québécoise (et même occidentale) va prendre sa retraite durant les cinq prochaines années. Il y a vingt-cinq ans, René Falardeau, le fils du fondateur de mon entreprise, et qui avait suivi les traces de son père, René décédait alors qu'il était encore à la tête de cette entreprise. Il n'a pas pris sa retraite avant de décéder, il est tombé malade.

Ayant maintenant le même âge, et même un peu plus, que René quand il est décédé, je me fais parfois demander si je vais prendre ma retraite bientôt. Pour que j'en vienne à une telle décision, je devrais être plus riche, mais ce n'est pas la seule raison pour laquelle je veux continuer à travailler. Loin de là.

Avec ma perspective, je ne vois pas la retraite comme une chose désirable. J'aime travailler. Je ne rentre jamais travailler à contre-coeur, et mon travail ne m'oblige pas à côtoyer des gens désagréables. En fait, c'est plutôt le contraire.


On dirait bien que le vent souffle de l'est, n'est-il pas, mon cher Albert Grey?

En plus, mon avenir professionnel s'oriente vers une diversité d'activités toutes stimulantes, où je pourrai utiliser mes compétences et ça vaut de l'or. Par contre, je ne souhaite pas rester propriétaire de mon entreprise (Bicycles Falardeau enr.) jusqu'à ce que j'en sois finalement incapable, d'autant plus que je peux continuer à y travailler sans assumer toutes les responsabilités qui s'y rattachent.

J'aurais bien aimé que René Falardeau travaille pour moi lorsque j'en suis devenu propriétaire. Son expertise et ses habiletés auraient facilité la transition, mais ça n'a pas été possible. Quand ce sera mon tour, certains clients ne verront pas la différence immédiatement, je serai encore présent et en mesure de les aider. J'ai toujours pensé que c'était préférable.

Ma mère a travaillé jusqu'à l'âge de 82 ans. À la fin, elle ne recevait plus de salaire, elle travaillait pour la satisfaction et pour le plaisir qu'elle en avait toujours retiré. Je m'imagine facilement continuer tant que ma santé me le permettra, parce que ma motivation est encore intacte. En fait, elle est plus forte que jamais, parce que ma vision du travail va en s'élargissant et en se raffinant.

Un autre exemple: Floyd Norman.



Floyd tient bon. Il aime ce qu'il a fait toute sa vie. Pourquoi arrêter?

J'ai cette chance, j'ai très peu travaillé dans des emplois très terre-à-terre, durant toutes ces années. J'ai réussi à me connecter sur le plaisir des autres, parce que j'étais très connecté sur le mien. Les gens qui vont à l'université aboutissent parfois dans des emplois sérieux, et la fin du parcours implique souvent une retraite bien planifiée, avec des revenus conséquents. Mon parcours est bien différent: je n'ai pas abusé des bancs de l'école, et ma planification financière, euh... quelle planification?

En fait, si je peux parler de planification financière, un des éléments principaux consiste à éviter de surconsommer. Mes conversations avec des gens qui travaillent dans des institutions financières me le confirment: pour certaines personnes, aucun salaire ne peut suffire. On gagne un dollar et on en dépense deux, toutes les raisons sont bonnes. Moi, ce que je désire vraiment, c'est du temps, de l'air frais et des amis. Demandez-leur, ils vous le diront.



J'aurais aimé avoir le temps, aujourd'hui, de vous parler d'une de ces activités que j'ai l'intention de créer en 2017. La prochaine fois peut-être. En attendant, je vais faire encore quelques jours de travail au magasin avant mes vacances annuelles qui vont couvrir les trois premières semaines de janvier. Du 27 au 30 décembre, Bicycles Falardeau sera ouvert de midi à 17:30 heures.


Le fleuve Saint-Laurent, vu du Pont de Québec. Au moment de publier ceci, il est plein de glace.
Le trottoir du Pont de Québec est habituellement praticable en hiver. Même en vélo.

J'ai reçu aujourd'hui même le vélo que j'attendais depuis quelques temps: un Evo Big Ridge. Je l'assemble très bientôt. Comment dit-on fat bike en français? Vélo gras? Gros vélo? Aidez-moi quelqu'un!  Je n'ai pas envie de finir avec la bouche pleine de wires de brake (prononcez ouère de bréke) et autres tires (tailleurs) comme on entend souvent au Québec. Pas plus que de management (comme les Parisiens) ou d'oustidère (comme Bernard Vallet). Le quatuor Tryo (!) a sa p'tite opinion là-dessus:



Youri s'est procuré un jeu de tubes Columbus Zona récemment. Deux, en fait. Une corde de plus à son arc? L'avenir nous dira si c'est le début d'une série.


Le premier sera un cadre destiné à un vélo de piste. Pas un fixie,pour reprendre l'expression à la mode, mais bien un vélo conçu pour terrasser les adversaires sur un authentique vélodrome. Soudeur, peintre et cycliste d'expérience, Youri a tout pour réussir. J'ai hâte de voir le résultat.



Christian Scott:




jeudi 15 décembre 2016

UN CÔNE CASSÉ?






Un moyeu Campagnolo Record, fait pour les roues libres vissées. Très prisé par les restaurateurs de vieux vélos haut-de-gamme. À condition d'être en bon état, évidemment.


Lorsqu'on est vélo-mécano professionnel, ce n'est pas toujours facile de faire le diagnostic sur les malades qu'on nous soumet. Bien sûr, en général, c'est vite fait, mais à cause de la variété des pépins que les cyclistes subissent, il y aura toujours un pourcentage de cas plus difficiles à identifier.

Alors on peut comprendre qu'à plus forte raison, si on est profane en la matière, ça devient d'autant plus difficile de comprendre pourquoi les choses ne tournent pas rond sur son vélo.Récemment, un client me disait qu'une pièce dont il ne connaissait pas le nom (j'ai cru comprendre qu'il voulait dire le cône du moyeu de la roue) était cassée. Vous comprendrez mon scepticisme: je n'ai jamais vu un cône cassé. Usé, oui, piqué, bien sûr, mais pas cassé. Je lui ai dit qu'on allait l'ouvrir et on verrait bien. Voici tout ce qu'on y a trouvé:



Le cône est cette pièce qu'on voit à gauche complètement sur la photo. Il y en a un autre identique sur l'axe, buté contre son écrou de serrage. Et la couronne de billes qu'on voit dans la partie supérieure de la photo, il n'y en a qu'une seule, au lieu de deux comme il le faut.

Le client m'a raconté qu'il était intervenu sur ce moyeu, chez lui. Il m'a apporté ça alors qu'il n'y avait aucune bille d'un côté! Ça ne tournait évidemment pas du tout, et il en a conclu qu'une pièce était cassée.

Les seules choses qui peuvent casser dans un moyeu, sont l'axe, surtout, et les billes. Dans de rares cas, la cuvette (qu'on ne voit pas ici) peut fendre, mais je n'ai pas vu ça souvent. Entre autres raisons, parce que beaucoup de cyclistes ne font jamais ouvrir leur moyeu pour faire changer la graisse et les billes. Et si on finit par ouvrir le moyeu, le déficit d'entretien est tel que c'est en bien mauvais état.

Un vélo unique, n'en cherchez pas un autre identique.


On voit moins d'axes cassés qu'auparavant, parce que ce sont surtout les axes arrières qui cassent. Et depuis plusieurs années, les systèmes à cassette (versus roue libre) sont très présents, surtout sur les vélos de milieu et haut-de-gamme. Dans ces moyeux, les axes sont mieux supportés et pour cette raison ils ne cassent pratiquement jamais.

Les axes des moyeux à roue libre vissée, eux, sont non seulement moins bien supportés, mais habituellement ils sont faits d'un métal de basse gamme qui vieillit d'autant plus. Et ils commencent par devenir faux avant de casser. Sur un tel moyeu, comme par exemple un Joy Tech ou un Formula, ne vous surprenez pas si l'axe tourne  en se baladant comme s'il avait vidé une bouteille de vodka. Surtout si vous êtes lourd ou si vous avez un style de conduite rock'n roll.

Les billes, elles, vont se dégrader passablement avant de casser. Il faudrait être vraiment négligent pour en arriver à ce point.



On peut voir un entretien de moyeu dans la vidéo suivante. Quatre précisions, cependant:

  1. Dans l'absolu, ce n'est pas vrai qu'il y a plus de moyeux à roulement cartouche (sealed bearing hubs) que de moyeux traditionnels cônes/cuvettes. Le narrateur est probablement un Américain, qui travaille sur des vélos modernes de bon niveau et c'est ce qui lui fait dire que les moyeux à roulement cartouche dominent. Mais si on regarde la production mondiale de l'industrie du vélo, le moyeu traditionnel est produit en plus grande quantité. Les moyeux Shimano qu'on trouve sur les roues complètes Shimano, comme les Dura Ace et autres Ultegra, sont plutôt à roulement cartouche, mais les moyeux Shimano fabriqués pour être combinés avec des jantes Alex, Mavic ou autres sont plutôt à cônes/cuvettes. Je ne sais pas s'il y a des exceptions, mais c'est la règle générale.
  2. Je remplace toujours toutes les billes lorsque j'ouvre un moyeu. Elles sont trop bon marché, et leur degré de détérioration n'est pas visible à l'oeil nu. 
  3. On peut remplacer une couronne de bille par des billes libres. 
  4. Les cônes (ou les axes complets avec cônes) de remplacement ne sont pas toujours faciles à trouver dans le commerce, et on a besoin d'une pièce vraiment identique, sinon ça ne va pas. 


Les roulements cartouche ont une grande douceur de roulement, mais Colin me faisait valoir que les billes pour cône/cuvette supportent mieux les charges latérales (en anglais: side loads) telles qu'on les impose quand on grimpe en danseuse ou lorsqu'on penche le vélo pour tourner. Notez qu'il s'est fait des moyeux de qualité exemplaire sous la formule cône/cuvette. On en trouve des exemples aussi bien dans le haut de la gamme Shimano que chez Campagnolo (dont c'était un des points forts) et dans d'autres marques également. Il est facile d'évaluer la douceur de roulement d'un moyeu. Il suffit de faire tourner l'axe avec ses doigts lorsque le moyeu n'est pas en place sur le vélo pour percevoir cette douceur et aussi pour voir s'il y a de la résistance. Cette dernière est fréquente sur les roulements cartouche, surtout lorsqu'ils sont neufs. 

Pour l'anecdote, et je le dis sans être un expert dans ce domaine, je crois me rappeler que sur les moyeux de piste, les vrais, ceux qui roulaient sur vélodrome, certains mettaient de l'huile plutôt que de la graisse dans les roulements, pour minimiser au maximum la résistance au roulement. Corrigez-moi si c'est inexact. 




Neige abondante sur Québec le lundi 12 décembre. Je mentionnais sur  https://www.facebook.com/groups/hiveraveloaquebec/ que la rue Père-Marquette (le vélo-boulevard) était très praticable, si on est bien chaussé. Quelqu'un m'a posé la question suivante:

Est-ce praticable si c'est la première fois de notre vie qu'on roule sous la neige?



Voici ma réponse:

Ça dépend de chacun. Avec des pneus lisses d'été je ne le ferais pas. Je l'ai fait avec des pneus de cyclocross 700 x 30. J'imagine qu'une personne habituée aux sports de glisse sera plus confortable qu'une autre. Je traversais les endroits plus neigeux sur le petit plateau (28 dents dans mon cas) et quand ça glisse un peu je pousse plus fort sur les pédales. Si on n'est pas habile, on le devient. Et si tu es malheureuse tu peux toujours faire demi-tour et te reprendre une autre journée.


Pour la première fois, je vais m'acheter un vélo équipé de freins à disque. Cette partie-là du vélo ne m'enthousiasme pas, mais les vélos gras sont tous équipés ainsi. On verra.

Commentaire de Patrick O'Grady (Bicycle Retailer and Industry News, mai 2016) à propos des freins à disque:

"For me, the hassle-to-value ratio feels all wrong, especially with hydraulic discs, which I've been seeing more of lately."



Et plus loin:

"As the old saying goes, "If it ain't broken, don't fix it." But if it ain't brakin'? We're not there yet."

Autrement dit, il questionne les inconvénients associés aux freins à disque, et ce n'est pas comme s'il n'y avait pas d'alternative, dans bien des cas.

Ces leviers de frein Tektro sont fabriqués spécialement pour être compatibles avec les freins à tirage linéaire. Ce qui n'est pas le cas des leviers typiques comme les leviers freins/vitesses Shimano 105, Ultegra ou autre du même genre.


En 2016, je n'avais jamais tant vu de propriétaires de vélos équipés de freins à disque qui se disaient irrités par ces systèmes. Faut dire, il y en a de plus en plus. Généralement, ils avaient acheté leur vélo sans trop réfléchir à cet aspect de leur nouvelle machine, et ce n'est que plus tard qu'ils ont compris qu'ils étaient mariés à quelque chose de moins simple, et pas sans inconvénient. Je dis marié, car la plupart des vélos équipés de freins à disque n'ont pas de pivots qui permettraient de remplacer les freins d'origine par des freins à tirage linéaire ou cantilevier.


Trixie Whitley a fait des bonnes choses avec Daniel Lanois. Ici, elle est en solo.