vendredi 31 juillet 2015

RESTAURATION.





En plus de la fabrication, Bicycles Falardeau enr. offre également des services de réparation et de restauration. On nous apporte ces vélos que vous voyez passer tous les jours. Mais, à l'occasion, on nous apporte aussi des vélos qui sortent de l'ordinaire. Et récemment, en l'espace d'une semaine, j'en ai eu trois différents entre les mains.

Le plus inhabituel d'abord. Tous les Canadiens ont vu des vélos CCM. La marque existe depuis longtemps, et c'est une marque économique à grande diffusion. Le nom a été racheté par la compagnie beauceronne Procycle qui l'a modernisée. Mais la compagnie ontarienne originale fabriquait des vélos qui, à défaut d'être raffinés, étaient généralement assez bien assemblés.

Par contre, peu de gens connaissent les CCM de haut-de-gamme fabriqués à Weston, il y a de cela plusieurs années. À ma connaissance, ils ont été vendus sous deux noms de modèles différents: le Tour du Canada, et le Silver Ghost. Typiquement faits d'acier Reynolds 531, il s'agissait de vélos de course sur route surtout. J'en ai personnellement possédé un qui était un cadre de piste datant probablement du début des années '50. Ne vous y trompez pas: c'était un authentique vélo de compétition fait pour pousser du braquet et faire souffrir les adversaires. La vocation était claire, et les sensations agréables se comparent avantageusement avec des vélos bien plus jeunes.

Celui que vous pouvez voir sur la photo ci-dessous est un vélo de route datant des années '70 et lorsqu'on s'approche, on s'aperçoit rapidement qu'il s'agit d'une machine sérieuse. Roues à boyaux, et groupe Campagnolo complet. Pas de pièces Modolo ou Miche là-dessus. Tel que sur la photo, avec son support à antivol un peu incongru, il pèse 10.16 kg. Pas de surprise.





Sa peinture a souffert lors de l'entreposage, ces dernières années. Nous sommes à travailler sur un projet visant à le préserver et à le restaurer. Il faut le faire, car c'est un vélo de valeur, et on n'en voit plus beaucoup. Heureusement, il n'est pas tombé entre les mains d'une personne qui n'en connaît pas la valeur, comme c'est parfois le cas avec ce genre de vélo qui peut être perçu comme étant un banal "dix-vitesses" comme on les appelle encore ici au Québec. Il possède d'ailleurs justement une roue libre vissée à cinq pignons. Le pédalier, lui, est équipé de deux plateaux dont la différence de grosseur n'est pas grande, comme c'était souvent le cas à cette époque. Faiblards s'abstenir, et bonjour les côtes!

Il est de la même couleur que le cadre de piste que j'ai possédé, un bleu foncé très sobre et pas très excitant. Mais je le repeinturerais de la même couleur, pour respecter l'esthétique d'époque. Parfois il faut savoir laisser ses goûts personnels au vestiaire. On ne possède jamais complètement une telle machine, elle appartient au patrimoine et devra être confiée (par le biais d'un don ou d'une transaction) à une personne responsable qui saura la garder vivante et fonctionnelle.

René Falardeau, ancien propriétaire de mon entreprise et fils du fondateur Henri, affectionnait une vieille voiture. Il s'agissait d'une Dodge Custom Royal 1957 dont il était le propriétaire d'origine (jusqu'à son décès en 1991) et il en prenait grand soin, évitant de l'utiliser quand le temps n'était pas clément. C'était une espèce de paquebot à deux portes (et quelles portes!) équipé d'un V8 typique de l'époque. Elle prenait la route avec assurance, affichant fièrement ses chromes qui étaient la fibre de carbone de cette génération-là. Les offres d'achat n'étaient pas rares et quand est venu le temps, René n'a eu qu'à choisir son acheteur. On m'a dit qu'il la possède encore et qu'elle reçoit l'attention appropriée. Je n'ai personnellement aucun intérêt pour les gas guzzlers américains et c'est une bonne chose qu'on ne me l'ait pas donnée ou vendue car je n'étais pas l'homme de la situation et René le savait bien. J'aimais les vélos autant qu'il aimait les V8.

J'en profite pour vous dire que nous pouvons offrir le service de restauration. Nous allons le repeindre en respectant la couleur d'origine, et j'ai accès à des pièces neuves mais démodées, comme par exemple une chaîne 5 vitesses proposée par la marque allemande Wipperman. Le prix d'une restauration est fixé selon l'ampleur des travaux, mais attention, lorsque les vélos sont vraiment très vieux, les contraintes techniques peuvent représenter un défi majeur.







Le plus italien ensuite. Il s'agit d'un Colnago de route, dont les roues ne sont évidemment pas d'origine. D'abord, pour ceux qui ne connaîtraient pas la marque, c'est une compagnie fondée en 1954 qui s'est beaucoup impliquée dans la commandite d'équipes professionnelles. Ce qui ne veut pas nécessairement dire que les cadres seraient bons, mais dans ce cas-ci, ils le sont. Tout au plus, certaines séries ont une rigidité qui convient mieux à un Superman qu'à un sportif banal dans mon genre.

L'exemplaire qui m'est arrivé l'autre jour est un vélo que j'ai vendu neuf, il y a vingt ans. Le jeu de tubes est un Columbus SL, un acier classique chez les coureurs amateurs circa les années '70 et '80. Le cadre en question était le modèle de base chez Colnago, celui qu'on achète lorsque le budget ne permet pas un acier plus sophistiqué, un alu comme le Dual, un carbone (Carbitubo) ou un titane (Bititan). En fait, le premier Colnago que je me suis procuré était un Tretubi, durant les années '80. Il s'agissait d'un jeu de tubes modeste, un peu lourdaud et pas très rigide, même pour moi. Pas assez pour poser un réel problème, mais assez pour être perceptible à haute vitesse dans une courbe.

Il arrive régulièrement, avec les vélos de haut-de-gamme, que le propriétaire ait fait sufisamment attention à son vélo pour que, après vingt ans, la peinture soit pratiquement intacte.C'est un régal pour l'oeil, d'autant plus que, en 1995, Colnago avait mis au point des façons de peindre les vélos différentes de l'époque où on leur reprochait des robes ternes. Leur formule "Art Decor" a d'ailleurs été copiée par de très nombreuses compagnies de vélo par la suite.

Malheureusement pour nous au Canada, la marque a été longtemps distribuée par une compagnie (N. A. B.)  qui a su se mettre à dos une bonne partie des détaillants avec qui elle faisait affaire. On m'a dit que Procycle, à Saint-Georges-de-Beauce, offre maintenant leurs produits, et c'est probablement une bonne chose.

Après avoir roulé sur leurs produits pendant dix ans, j'ai donné ma démission. Il y a une chose très simple à comprendre avec de tels cadres. étant donné leur prix élevé, à prix égal, le produit fini sera plus lourd parce que le budget est trop accaparé par le cadre. On doit donc l'habiller avec des pièces moins onéreuses, donc normalement moins légères.

Peut-on faire un aussi bon cadre pour un montant moins élevé? J'en étais convaincu. Leur coût élevé vient en partie des dispendieuses commandites qui visent à en faire la promotion, ainsi que des peintures élaborées qui les transforment. Difficile de savoir exactement quelle part du budget de la compagnie la recherche et le développement représentent, d'autant plus que je ne compterais pas sur un industriel italien pour être transparent à ce sujet.

Tom et Ray Magliozzi racontaient récemment que les Italiens mentent de 7 à 10 fois par jour, en moyenne. 27% des mensonges visent à couvrir des erreurs, 42% pour éviter des conflits, 21% pour le bien d'autrui. Les 10% qui restent? Ils nous disent que c'est pour pratiquer...

Pour concevoir des cadres, je n'ai pas essayé de réinventer la roue. J'ai plutôt utilisé des proportions et des géométries qui me plaisaient. Reste le jeu de tubes, étape cruciale dans le travail de conception. Le consommateur moyen est loin de mesurer l'impact de ce choix sur le produit final. Si un vélo n'est jamais meilleur que son cadre, un cadre n'est jamais meilleur que son jeu de tubes. Je ne veux pas seulement dire par là qu'il faut qu'il soit de qualité, ce qui est un terme un peu ambigü qui peut vouloir dire différentes choses, mais bien qu'il faut que ce jeu de tubes soit approprié aux intentions du concepteur et adapté aux besoins du cycliste.




Finalement, une marque que je ne connaissais pas, C. Itoh. Ça semble être une marque japonaise qui possédait un catalogue allant de l'entrée de gamme jusqu'aux vélos équipés Dura Ace. Le vélo n'est pas exceptionnel ou particulièrement raffiné, quoiqu'en changeant la selle et les leviers de freins, on pourrait en faire un vélo à peu près potable, en espérant que le guidon ne soit pas trop étroit comme c'était habituellement le cas à cette époque. Pour ce qui est des pédales, je vous laisse juge. Mais ce n'est certainement pas un vélo méritant un gros budget. Quelques autres photos:








World's Finest, rien de moins!



Accessoirement, je mentionne aussi le passage en mes murs d'un Raleigh équipé d'un moyeu arrière trois-vitesses Sturmey-Archer avec moyeu avant à dynamo. Plusieurs clients qui l'ont vu l'ont trouvé sympathique avec son style rétro. Malheureusement, c'est passer un peu vite par-desssus le fait que la bête pèse la bagatelle de 17.73 kgs, 39 belles grosses livres et malgré ça, il est équpé de freins dignes d'une Lada passée date. Candidats au suicide, inscrivez-vous ici. Sans compter le fait que l'étagement des trois vitesses est souvent savamment calculé pour que le développement proposé ne soit presque jamais où on voudrait qu'il soit.



Quelques informations sur les antivols de vélo:
http://www.protegez-vous.ca/un-cadenas-fiable-pour-mon-velo.html





Great Black Music: Ancient to the Future, Afro Blue (composé par Mongo Santamaria, et popularisé par John Coltrane)



vendredi 17 juillet 2015

QUINZE MINUTES DE GLOIRE.






En 25 ans, Paul Trépanier a fabriqué de... (Photo Le Soleil, Patrice Laroche)


Voici une photo tirée d'un article publié dimanche le 5 juillet 2015 dans le journal Le Soleil de Québec. Ou plutôt la moitié gauche de la photo devrais-je dire, la meilleure moitié, parce que c'est celle où on ne voit pas mon visage! Vous pouvez voir l'article en cliquant sur:
http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201507/04/01-4883150-bicycles-falardeau-le-velo-dans-la-peau.php

C'est tout un honneur que d'avoir une telle visibilté dans un média de premier plan comme Le Soleil. Dès le premier matin de la publication, les gens m'en ont parlé après l'avoir lu, du voisin jusqu'au représentant Shimano. Sans parler des clients, qui semblent être une majorité à lire ce quotidien.

Faut dire que mon commerce sort de l'ordinaire. Quasi-centenaire, toujours dans le même local, il a gardé une certaine couleur malgré les mises à jour électriques et informatiques que je lui ai apportées. Sans oublier les relations internationales qui ne sont pas typiques des commerces de détail, surtout lorsqu'ils ont la taille de Bicycles Falardeau.

J'aimerais cependant apporter quelques précisions sur certains sujets abordés dans l'article.

1. Je n'utilise pas l'expression "vélo sur mesure", mais bien "vélo sur commande". Contrairement à la tradition où un fabriquant soudait individuellement le cadre après la prise des mesures du client, mes cadres sont des cadres dits "de production", c'est-à-dire déjà prêts, en inventaire. Ils ne sont évidemment pas tous de la même taille, et chaque client trouve ses marques grâce à une évaluation de ses besoins personnels, mais il ne s'agit pas d'athlètes savamment mesurés avant de participer à des compétitions sanctionnées. Même si oui, je peux aussi servir cette clientèle-là, ayant moi-même déjà été... sanctionné! En travaillant avec des cadres de production, le produit fini est extrêmement compétitif au niveau du rapport qualité-prix, et aussi le rapport poids-prix.

2. Comme vous pouvez le lire dans l'article, je ne suis pas en amour avec le Tour de France. Mais j'aime bien les affiches qui sont sur mes murs, car elles sont faites à partir de très vieilles photos et montrent A) des coureurs en train de fumer une cigarette en roulant (!!!) et B) Bottechia et son compagnon en train de se taper le Galibier en monovitesse en 1924. Pas exactement les OGM publicitaires de 2015...

3. Vous trouvez peut-être que 60 kilomètres en quatre heures, c'est peu, et vous avez raison. Surtout si vous avez l'habitude des pneus 700 x 23 sur l'asphalte. Lorsque j'étais friand de cette formule, je visais plutôt 90 kms en trois heures. Mais allez dans les rangs de gravelle des montagnes Appalaches et on en reparlera. Tout y est différent, y compris le fait qu'on n'a pas à se soucier des automobiles qui y brillent par leur absence. Le défi y est tout aussi sportif, mais pour d'autres raisons. Trois, au total: des côtes, des côtes, et encore des côtes... Sans compter la gravelle, mais elle est somme toute très civilisée, pas besoin de gros pneus. Et ces quatre heures incluent les quelques pauses que nous nous accordons, et qui font partie du plaisir de la formule.

4. Ce qu'on a vu avec la FIFA, récemment, ne concernait pas le dopage. Ou, du moins, il concernait le dopage des finances personnelles de ses dirigeants plutôt que le dopage des athlètes. Mais il reste que cette culture du mensonge prend toutes sortes de formes dans toutes sortes de sports. Parlez-en à ceux qui ont côtoyé cet univers. Les dirigeants de fédérations sportives professionnelles, des bénévoles au grand coeur? Ça existe peut-être.

5. Je n'écoute vraiment pas souvent Louis Armstrong (et encore moins Lance...), mais il trône fièrement sur mon bureau parce que sur cette photo, son sourire vaut bien un million de dollars, contrairement à celui de Lance, rare et de peu de valeur. Je préfère écouter des musiciens vivants, très vivants, qui reflètent notre époque et qui la font évoluer. Et mes cyclistes préférés sont ceux et celles qui me font l'honneur de rouler avec moi.



La gravelle beauceronne.


Peut-être que certains d'entre vous ont lu ce message que j'ai publié le 9 juillet 2010 concernant le bris de certains cadres de tandems:

http://bicyclesfalardeau.blogspot.ca/search?q=les+cadres+tandem+en+aluminium

J'ai vendu mon cadre de tandem Look à la bonne personne. Il a rebâti le vélo après avoir fait une réparation qui visait à court-circuiter le besoin d'un boîtier de pédalier excentrique à l'avant, qui sert à tensionner la chaîne qui relie les deux cockpits du tandem.

Je vois fréquemment des mécaniciens du dimanche qui sont pleins de bonne volonté et réussissent, parfois plus, parfois moins, à faire des réparations ou qui apportent des solutions à leurs problèmes de vélos. Mais là on parle d'autre chose.

Bien outillé, expérimenté, mon client peut souder de l'acier et même de l'aluminium. Il peut braser au bronze, réparer à l'identique et la résolution de problèmes ne le rebute pas. Franchement, si vous n'êtes pas jaloux, je ne sais pas ce que ça va prendre...

Voici le vélo original:





Et voici un aperçu du début des travaux:




Sur la photo ci-dessus, une ébauche de la pièce qui servira à recevoir le dérailleur qui fera office de tendeur pour la chaîne qui relie le cockpit avant au cockpit arrière. Ci-dessous, la confection de la pièce.







Et le produit fini, en compagnie de ma petite personne, devant ma boutique.



La compagnie de vélos Felt a injecté un peu de gros bon sens dans ses opérations en annonçant récemment qu'elle abandonne les millésimes. Cette pratique qui consiste à compartimenter la production en années (2013, 2014, 2015 etc.) m'a toujours paru plutôt ridicule, une mauvaise copie de l'industrie automobile qui se délecte de l'obsolescence planifiée.

Bien sûr nous devons vivre avec le fait que Shimano, surtout, mais aussi les autres équipementiers continueront de nous servir ces millésimes, mais la souplesse obtenue par ce changement simplifiera la vie chez Felt, tout comme chez les détaillants qui proposent la marque. 

Voici le début de l'article publié ce matin par Bicycle Retailer and Industry News:

 Felt Bicycles announced Tuesday that it will end traditional new model year introductions after its 2016 line and revert to what it calls "The Living Line." Michael Forte, Felt's general manager, said that traditional model years will cease at Felt and that decision could lead to its exit from Eurobike and Interbike this year. Company executives are now in discussion with trade show executives over whether to leave the shows.    



Dieu merci, l'Amérique n'est pas peuplée que par des Puritains coincés. Keziah Jones:

vendredi 19 juin 2015

LES CONSEILS DE L'ONCLE PAUL.








Un Falardeau Alu9 en version entrée-de-gamme, juin 2015.





Un ami m'a demandé quelques conseils, récemment, parce qu'il fera du cyclotourisme cet été. C'est facile d'aborder cette activité avec beaucoup de naïveté: c'était mon cas quand j'ai commencé. Voici quelques points importants:


  1. Manger avant d'avoir faim, et boire avant d'avoir soif. Si je me suis bien nourri avant le départ, je recommence à ingurgiter des hydrates de carbone entre 90 et 120 minutes après avoir commencé à rouler. Lorsque la glycémie baisse, le moral et l'entrain baissent proportionnellement. 
  2. Apporter une ou deux chambres à air de rechange, ainsi que les outils et la pompe pour réparer les crevaisons éventuelles. Ainsi que les petits dépannages tels que les serrages qui laissent à désirer.
  3. N'apporter que les choses qui servent à tous les jours.
  4. Les cyclotouristes modernes chargent beaucoup leur monture. Souvent trop, à mon humble avis. Mais bon, ce n'est pas mon problème, n'est-ce pas? C'est le problème de leurs jambes, qui devront pousser tout ça, et de leurs roues, qui devront supporter tout ça. Parfois même de leur cadre, qui finira peut-être par céder, pour ceux d'entre eux qui rouleront suffisamment longtemps.
  5. N'ayez pas peur de demander de l'eau aux résidents, le long de votre route. Vous serez rarement mal reçus. Pas besoin de s'arrêter longtemps, et cette courte conversation vous changera les idées.
  6. Pas besoin d'apporter beaucoup de nourriture à partir de votre point de départ, à moins que vous ne traversiez de vastes régions plus ou moins inhabitées. On trouve des épiceries dans toutes les villes et presque tous les villages du Québec.
  7. Mon expérience, et celle d'autres comme moi, confirme qu'il n'y a pas besoin d'apporter des pièces majeures comme des pneus ou des éléments de transmission. On trouve ces choses dans toutes les villes de moyenne importance à moins d'être dans un pays très exotique. On peut se procurer un pneu lorsque sa fin approche, de façon préventive, mais ce n'est pas nécessaire de le transporter longtemps d'avance. 
  8. La marque/modèle de référence, en matière de pneus de cyclotourisme, est le Schwalbe Marathon Plus Smartguard. Un peu lourd, avec un prix conséquent, mais doté d'une durabilité remarquable et une grande résistance aux crevaisons. Il se décline en plusieurs tailles. 
  9. On utilise le guidon qu'on préfère. Droit ou courbé. Je recommande toutefois à ceux qui choisissent le guidon droit plat d'installer des cornes (en anglais: bar-ends) en extrémité de guidon. Certains aiment les guidons aéro (pour courses contre-la-montre) en cyclotourisme. Pas moi, mais, peu importe ce que j'en pense, si vous les aimez.
  10. Pour ceux qui font du cyclotourisme autonome, je suggère de répartir au moins un peu la charge pour éviter de tout mettre à l'arrière. Ne serait-ce qu'un sac de guidon où on concentre des objets qui sont lourds, à défaut d'être gros.
  11. Les aliments gras (les noix, et surtout les fritures) peuvent être moins agréables sur le vélo. Les fruits sont vos amis: ils sont riches en vitamines qui contribuent à la vigueur du coup de pédale. Les grains entiers aussi, à cause de leurs hydrates de carbone. L'alcool? À vous de décider...
  12. Lorsqu'il fait relativement chaud, je ne trouve pas les imperméables très agréables. Je préfère rester en lycra. Si je travaille bien sur le vélo, je n'aurai pas froid. À chacun de décider quelle est sa zone de confort. Souvent, les gens plus minces sont plus sensibles au froid.
  13. N'hésitez pas à demander aux gens quelle est la bonne route pour vous rendre à destination. Non seulement connaissent-ils les lieux, mais ils ont peut-être des informations à vous donner qu'on ne peut savoir sans habiter dans le secteur. Et ces rencontres sont habituellement plus agréables que de se rendre compte qu'on est passé tout droit et qu'il faut revenir sur ses pas.
  14. Pas tellement besoin de résistance aux efforts intenses pour faire du cyclotourisme. C'est surtout l'endurance qui est nécessaire. Pour cela, on peut faire des sorties d'un jour de plus en plus longues, assidûment, jusqu'à approcher la durée d'une journée de cyclotourisme. Les longues marches peuvent également aider à la préparation. Au bout de cinq journées de voyage à vélo, on peut habituellement constater une amélioration de la force et de l'endurance.
  15. Des cuissards? Bien sûr! Et un maillot trois-poches aussi, avec des couleurs bien visibles pour la sécurité.
Et après les bons conseils de l'oncle Paul, voici les mauvais conseils de GNC:







La nouvelle casquette Bicycles Falardeau est arrivée. Elle souligne le centenaire de l'entreprise qui aura lieu l'an prochain. On peut se la procurer au coût de 8$ (plus taxes).




Ce que je fais personnellement sur ou dans la neige, en vélo, est très différent de ce que vous voyez dans la vidéo qui suit. Je n'aime pas assez les hauteurs pour vouloir faire ça. Mais ça donne des images très divertissantes...






Le cheval ou la marche? Il fut un temps où il n'y avait pas d'autre choix, à partir de son domicile, à moins de vivre au bord de l'eau. Difficile d'imaginer, pour nous, l'impact qu'a eu l'arrivée du vélo à la fin du 19ème siècle. Ce fut une véritable révolution, lourde de conséquences. Jetez un coup d'oeil sur ceci:


http://www.theguardian.com/environment/bike-blog/2015/jun/09/feminism-escape-widneing-gene-pools-secret-history-of-19th-century-cyclists

Autant dans les campagnes du Sussex que dans celles du comté de Bellechasse, le bassin génétique a été élargi grâce au vélo. Tiré de cet article:

One unexpected way it did this was in the field of genetics. For the majority of those living in rural areas, owning a bicycle dramatically increased the number of potential marriage partners, as for the first time they possessed their own means of travelling beyond their local communities. The widening of gene pools which resulted from this process means that the biologist Steve Jones ranks the invention of the bicycle as the most important event in recent human evolution.

Particulièrement, les femmes ont joui d'une plus grande liberté grâce à cette invention qui, selon les dires de certains, était diabolique. Mais j'ai vérifié au Bureau des Brevets, et ce n'est pas le cas. Les gens disent vraiment n'importe quoi.






Je ne sais pas quand je produirai mon prochain message sur ce blogue. Les circonstances m'amènent à espacer mes publications. Merci à tous mes lecteurs, les assidus comme les autres.






"Vous êtes trop jeunes pour rester assis. Vous avez besoin de vous lever et boogie!"

vendredi 5 juin 2015

LA PUISSANCE PAR L'OIGNON.






Au sud-ouest de Sainte-Marie-de-Beauce, mai 2015

Si vous souhaitez avoir la quiétude des petites routes de campagnes que les Québécois appellent les rangs, mais que vous n'avez pas les pneus pour rouler sur la gravelle, vous aimerez la suggestion suivante.

http://www.strava.com/activities/315788933?utm_content=2204032&utm_medium=email&utm_source=ride_share

J'ai choisi ce parcours pour éviter le plus possible les axes nord-sud que les automobilistes utilisent pour se rendre sur l'autoroute. Les axes est-ouest, dans ce secteur, ne sont utilisés que par les gens du crû, alors l'achalandage est de beaucoup moindre. En fait, quand je parle d'est-ouest, ce n'est pas au sens strict, car vous remarquerez que l'orientation est plutôt du sud-ouest au nord-est. Certains segments du parcours longent la route 20, mais seul le bruit peut déranger car ce sont des routes complètement séparées physiquement.

Si vous regardez la fourchette d'altitudes du parcours, vous pouvez voir qu'il n'y a pratiquement pas de côtes. Dans mon cas, ça fait changement. Géographiquement, c'est ce qu'on appelle la Plaine du (fleuve) Saint-Laurent.

La Plaine en question était immergée, il y a de cela entre 10,000 et 13,000 ans. C'était ce qu'on appelle maintenant la Mer de Champlain. Le cours actuel du Saint-Laurent a à peu près 6500 ans.

Une bonne partie du sous-sol de ces basses terres est composé d'une couche d'argile qui peut atteindre 60 mètres par endroits. Quand les Français sont arrivés pour coloniser le Québec, en premier, ce sont les Iroquois qui étaient les principaux habitants de ces basses terres. Elles sont bornées au sud par la chaîne de montagnes des Appalaches qui va de Terre-Neuve jusqu'en Alabama. L'image ci-dessous est prise dans les Appalaches, approximativement à 70 kilomètres au sud de Québec.









J'ai déjà parlé ici, l'an dernier, d'un petit souci que j'ai à gérer. Après avoir utilisé de la crème solaire pendant des années, je me suis rendu compte que je ne la tolérais plus. À peu près 24 heures après une application, elle me donne des démangeaisons désagréables qui durent environ trois jours. Et à bien y penser, quand on lit la liste des ingrédients, il n'y a pas lieu de s'en étonner. Rien n'y fait, peu importe la marque, le résultat est le même.

Je me suis tourné vers des protections en tissu. Faites expressément pour cela, les manches et les jambes de type sun-block font le travail, et ne m'ont pas gêné lorsqu'il fait chaud. Il s'agit d'un lycra quelconque qui s'apparente à ce que je porte de toute façon lorsque je roule pendant plusieurs heures sur mon vélo.

Mais le visage? Même lui, il subit l'effet négatif de la crème. J'ai eu une idée toute simple, cette année: je me laisse pousser la barbe! Au moins jusqu'en septembre. C'est gratuit, et jusqu'ici ça ne provoque aucune démangeaison à qui que ce soit. Pour ce qui est de mon nez chroniquement imberbe, il n'a pas encore commencé à me démanger. Ça ne saurait tarder, et je trouverai bien quelque chose. L'argile, peut-être?



http://www.meteomedia.com/nouvelles/articles/creme-solaire-les-pires-ingredients-a-eviter/51752/




Ce genre d'engin motorisé fait partie du paysage, dans Chaudière-Appalaches.




Quelqu'un a dit du scandale de la FIFA que c'était le scandale sportif le plus prévisible depuis celui de Lance Armstrong. Alors dans ce cas, on pourrait dire que le dopage musculaire à l'aide d'oignons serait le scandale sportif le moins prévisible de tous les temps. Voici une partie d'un courriel que j'ai reçu de Taiwan cette semaine.

A group of researchers from National Taiwan University (NTU) has found a way to create artificial muscle structure from onion cells.
By stripping onion cells of their hemicellulose and then coating them with gold, the team developed a microstructure that can either expand or contract to bend in different directions depending on the driving voltage applied.
The NTU team is led by researcher Wen-Pin Shih, who has been developing ways to increase the amount of bend or stretch in artificial muscles. "One day, we found that the onion's cell structure and its dimensions were similar to what we had been making," said Shih.
According to Shih, current artificial muscles can either bend or contract, but not both. "We found that the single-layer lattice structure (of onion cells) can generate unique actuation modes that engineered artificial muscle has never achieved before," said Shih.
As a test, the researchers have used two onion muscles to pick up a cotton ball. The next step is to reduce the driving voltage and the actuating force, according to Shih. In the future, the team hopes to increase the lifting power.
The team’s finding was published in Applied Physics Letters, a journal by AIP Publishing.








Un cycliste québécois nous offre une comparaison du comportement délinquant des automobilistes et des cyclistes. Ça vaut le détour:

http://www.unzoileavelo.ca/index.php?post/2014/08/27/Quintessence-de-la-d%C3%A9linquance-%3A-le-cas-des-automobilistes







Le court film suivant est en anglais, sous-titré en français. On y voit des vélos à la conduite inversée, complètement contre-intuitifs. Intéressant de voir la réaction de ceux qui essaient de les conduire.





Bobby McFerrin est surtout connu pour son travail a capella. Mais il y a autre chose aussi.

vendredi 29 mai 2015

COMME ELVIS, LÉONARD REFUSE DE MOURIR.







À Saint-Placide, dans le comté de Charlevoix, mai 2015.



Sur le Mur de la Honte des pièces de vélo, on pourrait accrocher la photo ci-dessous. Au chapitre des économies de bouts de chandelles, les freins à tirage linéaire (bien connus sous le nom anglais:  v-brake)
ont contribué généreusement.

Promax est une compagnie à grande diffusion internationale. Je peux me tromper, mais j'ai cru comprendre que c'est un relativement nouveau nom pour la compagnie Lee Chi, de sinistre mémoire. Non pas qu'ils aient assassiné qui que ce soit, mais plutôt parce que leurs freins étaient plutôt médiocres. Ce qui parfois peut revenir au même...

On (qui exclut la personne qui parle) les utilise à grande échelle pour de la pièce de première monte (OEM) dans les grandes usines de vélos en Chine. À première vue, ils ressemblent à ce qui est proposé par des compagnies plus ambitieuses. Ça se gâte quand il faut vivre avec, ou les ajuster/réparer.

Les ressorts manquent souvent de force, et si vous essayez de leur en donner, ils peuvent très bien casser dans vos mains. Le centrage est parfois problématique. Et même si, comme sur le vélo ci-dessous, vous les combinez avec de bons leviers, vous êtes quand même confrontés à leurs lacunes. Si ce  n'était pas un problème si fréquent, je ne me donnerais pas la peine d'en parler.

Remarquez, Promax n'est pas la seule à produire ce genre de choses. Alhonga est un autre exemple. Et si vous cherchez, vous n'aurez pas de difficulté à en trouver d'autres encore. D'ailleurs, ces freins ne portent aucune marque clairement identifiée. Dans un autre registre, récemment, un de mes clients avait besoin de patins de freins pour ses freins à disque Radius. Malgré des catalogues bien garnis, aucun de mes fournisseurs n'en avait. Même le gros détaillant d'où était originaire le vélo n'en avait pas.

Jetez un coup d'oeil sur ce que Shimano offre de moins cher en matière de frein à tirage linéaire, et vous verrez qu'il n'y a pas besoin de payer cher pour avoir un frein rigide, dont les matériaux sont faits pour soutenir un usage quoitidien. L'ennui, c'est que pour sauver quelques malheureux dollars, les concepteurs de vélos optent pour ces.... choses.

Avid est une autre compagnie qui a produit de bons freins v-brakes. Et si une compagnie veut économiser, elle peut toujours regarder du côté de Tektro, qui a dans son catalogue des freins potables moins chers que ceux de Shimano, et supérieurs aux produits semi-génériques.

Donc si vous envisagez l'achat d'un vélo neuf ou d'occasion, économique, et équipé de ce type de frein, vous feriez bien d'y regarder de plus près. Si vous voyez un de ces noms sur les freins du vélo, évitez-le, ou considérez la possibilité de les changer tôt ou tard. Par exemple, lorsqu'ils auront besoin de patins neufs, qui sont fournis avec les freins neufs de toute façon. Mais n'oubliez pas non plus que lorsqu'un frein ou un dérailleur fonctionne mal, ça peut être parce que le câble a besoin d'être remplacé.





Dans le sondage suivant, publié par Météo Média au Québec, on voit que seulement 17% des gens disent faire du vélo en ville souvent. Ça vous étonne? Moi pas. La popularité du vélo au Québec est toute relative. Souvent, les gens me disent que le vélo gagne du terrain, mais il ne faut pas oublier qu'on revient de loin. Mais comptons-nous chanceux, nous sommes probablement au-dessus de la moyenne en Amérique du Nord.

http://www.meteomedia.com/poll/result/faites-vous-du-velo-en-ville/50369/





  • À Saint-Placide.



C'est une histoire apparemment banale, que je ne relaterais pas si elle n'était pas si représentative de la situation de plusieurs personnes.

Elle possède ce beau petit vélo de route/course équipé avec les habituels pneus 700 x 23, et profite de la rapidité et de la facilité inhérentes à ce type de machine. Jusqu'ici tout va bien. Sauf que, un jour, avec des amis, elle se trouve face à une route qui est moins civilisée que l'asphalte habituelle et elle n'est plus à l'aise du tout avec ces pneus si étroits et à la semelle mince.

Pourquoi a-t-elle acheté ce type de vélo, au départ? Je ne sais pas. Peut-être était-ce sur la suggestion d'un/une ami/e bien intentionné/e. Ou pour s'entraîner de façon plus méthodique? Ou simplement pour la griserie de la vitesse, pour aller loin et/ou vite?  Toujours est-il qu'elle m'a demandé conseil car elle a vu ses amis rouler sur un chemin qui ne lui donnait pas du tout envie de le faire.

Pas besoin de tomber dans l'autre extrême, un vélo de montagne en bonne et dûe forme. Il suffit de tourner l'aiguille juste un peu sur le cadran, en direction de la polyvalence. Son cadre et sa fourche n'acceptent pas les pneus de 25 mm de large, et même s'ils les acceptaient, ça ne ferait pas une grosse différence. Je leur préfère un 28 bien choisi, ou un 32, et là on peut explorer toutes sortes de chemins, sauf les extrêmes.

Je lui ai suggéré un essai routier sur un vélo de la bonne grandeur, et elle a accepté volontiers. Et j'étais curieux de voir ses impressions, à chaud, au retour. Parce que je me disais que tout bon qu'il est, ce vélo, il ne peut pas être aussi léger, malgré tout le soin que j'ai pu mettre à le concevoir.



L'hydro-électricité produite dans le nord du Québec passe par Saint-Placide.



Elle adore ça. Ici en ville, c'est évidemment asphalté, mais la surface est très souvent imparfaite, et elle s'inquiète beaucoup moins de là où elle pose ses pneus. Qui sont forcément un peu plus lourds, mais le cadre, lui, est à peu près du même poids, et puisqu'il n'y a pas d'accessoires superflus, la machine reste dynamique, à défaut d'être digne d'une course sanctionnée par la Fédération.

Alors maintenant son vélo de course est à vendre. Profitez-en si vous êtes de petite taille ce n'est pas si fréquent de se faire offrir un aussi petit vélo. Il est de la marque De Vinci qui, comme son nom l'indique, est effectivement une compagnie québécoise. Comme Elvis, Léonard refuse de mourir et maintenant il construit des vélos au Saguenay.

Le cadre est en aluminium, la fourche en fibre de carbone, et les pièces Shimano sont de niveau 105. Et il est vraiment petit. Elle en demande 600$ et il est ici, à mon magasin de la rue Richelieu. Vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous.

P.S.: le vélo vient d'être vendu la veille de la publication de ce message.







J'en ai déjà parlé ici, les brigadiers scolaires qui aident les enfants à traverser la rue avant et après l'école ont de la difficulté avec certains cyclistes dont le comportement laisse vraiment à désirer. Je peux vous confirmer que le problème existe, j'habite d'ailleurs près de là où la photo a été prise, celle qu'on peut voir dans l'article suivant. La brigadière que vous y voyez m'a parlé du fait que le problème est quotidien.

Il est question dans l'article du fait que certains de ces cyclistes portent des écouteurs en roulant. Sachez que le code de la route, au Québec, spécifie que cette pratique est interdite. Pas difficile de comprendre pourquoi!

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/transports/201505/25/01-4872502-les-cyclistes-dangereux-disent-les-brigadiers.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_la-capitale_577_section_POS1





Comme je l'ai annoncé plus tôt, dans le cadre du Mois du Vélo à Québec, j'organise une randonnée dimanche le 31 mai 2015. Le rendez-vous est à Saint-Apollinaire, au sud-ouest de Québec, à 11 heures dimanche matin. Le parcours est facile, choisi pour des cyclistes qui ne sont pas à l'aise en côte. Les consignes de base:

On peut toujours décider de rallonger ou de raccourcir, dépendant de l'humeur des participants et du déroulement de la journée.

Ne pas compter sur les dépanneurs le long du chemin. Il n'y en a pas à Issoudun. On peut demander de l'eau aux résidants le long du chemin.

Obligatoire: chambre à air de rechange et tout ce qu'il faut pour se dépanner. Ne pas compter sur les autres...

Il est important d'apporter de quoi manger suffisamment. On ne peut pas faire quatre heures de vélo seulement avec une barre de céréales de supermarché.

IMPORTANT: La sortie sera annulée si meteomedia.com annonce une possibilité de pluie de 60% ou plus, pour la région de Québec.



Ibrahim Maalouf aux Victoires de la Musique, en 2014.

vendredi 22 mai 2015

N'Y ALLEZ PAS!






Guidon droit et transmission 3 x 7 vitesses: encore une profanation!


En voyant les images dans la vidéo ci-dessous, en fin de semaine dernière, celle qui nous montre le Colnago C59 Disc, je me suis dit que j'avais peut-être parlé un peu trop vite, en écrivant dans mon dernier message que les freins à disque sur les vélos de route du Pro Tour alourdiraient trop les machines. Regardez bien ces étriers: ils sont si petits, ils ne peuvent pas être si lourds, à moins qu'on ait bien mal choisi le matériau dont ils sont faits... Faut dire, les systèmes de freins à disque que j'ai tenu dans mes mains, jusqu'à maintenant n'étaient pas la légèreté incarnée. Pas parce qu'ils étaient trop bon marché, mais ce n'étaient tout simplement pas le genre de truc qu'on voudrait visser sur un C59.


La cassette du vélo ci-dessus. Une 12-21 à sept pignons. Plus légère qu'une Dura Ace, et tellement moins chère! 


Concernant les petits freins du C59, il faut compter sur le poids additionnel apporté par le disque. Ensuite, il ne faut pas oublier d'ajouter un peu de matière sur la fourche qui sera sollicitée à un endroit où elle n'a pas l'habitude de l'être, pas à ce point. D'autant plus que le frein classique est situé à un endroit où il y a beaucoup de stabilité: à la tête de la fourche avant, et à l'entretoise des haubans à l'arrière.

Jetez un coup d'oeil à l'article suivant:

http://www.cyclingweekly.co.uk/news/latest-news/the-disc-brakes-debate-are-they-necessary-on-road-bikes-157272

Pour ou contre? On y trouve diverses opinions, dont celle d'un des principaux intéressés: Philippe Gilbert, coureur professionnel bien connu. Il émet de sérieuses réserves quant au danger que représentent les disques lors d'un carambolage comme on en voit dans d'innombrables courses en peloton, y compris tous les Grands Tours (de France, d'Espagne et d'Italie). Comme par exemple dans le Giro 2015:



Mais les cyclistes eux-mêmes seront peut-être les derniers à qui on demandera leur opinion dans cette affaire. Le grand public ne mesure peut-être pas à quel point les intérêts financiers associés au cyclisme professionnel pèsent lourd dans la balance lorsque vient le temps de prendre des décisions de cette nature. Les commanditaires paient très cher leur présence dans le peloton. Et puisqu'ils ne sont pas là seulement pour l'amour du sport, on ne s'étonnera pas qu'ils veuillent maximiser leur investissement en faisant la promotion d'un "Nouveau! Amélioré!" En tout cas, n'allez surtout pas imaginer que les principes d'ingénierie sont les seuls à guider les décisions qui font évoluer le produit vélo.

Regardez ce qui s'est passé chez Mercedes-Benz à la fin des années '90. Les ingénieurs qui étaient à la tête de la compagnie ont été remplacés par des administrateurs. Résultat: baisse marquée de la fiabilité des véhicules.

Le magazine Bicycle Retailer and Industry News est principalement lu par des intervenants dans l'industrie du vélo. En bonne partie par des détaillants de vélos. Ils ont fait un sondage récemment pour demander à leurs lecteurs ce qu'ils pensaient de la décision de l'UCI concernant les freins à disque.sur les vélos de route:

Une très bonne idée: 52%
Je ne suis pas sûr: 23%
Mauvaise idée: 25%



Saint-Joseph-de-la-Rive, à marée basse. 17 mai 2015.


Quant au consommateur moyen, il réalise parfois un peu trop tard que le frein à disque est un compagnon un peu trop gênant, à cause de bruits et de frottements. Encore cette semaine, un d'entre eux m'a demandé si on pouvait retirer ce système de son vélo pour installer des freins à tirage linéaire (en anglais: v-brake). Malheureusement pour lui, il n'y a pas de pivot à l'arrière sur son cadre, donc ce n'est possible qu'à l'avant, dans son cas. Et dans beaucoup de cas, il n'y en a pas à l'avant non plus.

Avec un peu de chance, il suffira de donner un entretien adéquat à ce dispositif pour qu'il se fasse oublier.

Cyclingnews.com introduces Colnago C59 Disc from Colnago on Vimeo.







N'y allez pas! Ça devrait suffire à vous donner envie d'y aller, n'est-ce pas? D'autant plus qu'il y a de très bonnes raisons d'y aller. Le paysage est magnifique, la température est parfois très agréable et il y a tout ce qu'il faut pour passer un bon moment.

Pour vous donner une idée du défi que le secteur représente, laissez-moi simplement vous citer Colin qui m'a dit que la Côte à Godin est la côte au pourcentage le plus prononcé de tout le Québec au complet. Je ne sais pas si c'est vrai, mais c'est un cycliste d'expérience, et même si ce n'était pas vrai je vous confirme que même en voiture, certains ministres ne seraient pas capable de la monter. D'ailleurs, pendant que nous la montions, j'ai distinctement senti une odeur de (frein) brûlé au passage d'une voiture qui la descendait. Mais vous pouvez visiter le secteur sans la monter, ou même la descendre.



Dans la Côte à Godin.


Voici le parcours que nous avons fait dimanche dernier:

http://www.strava.com/activities/306749944?utm_content=2204032&utm_medium=email&utm_source=ride_share

La Côte à Godin, sur le parcours ci-dessus, est descendue au km 23, et montée au km 38. Et si vous êtes curieux de la véracité des propos de Colin, il y a un inventaire des (demi-)cols québécois ici:

http://colsquebec.blogspot.ca/

Où on peut voir que, pour ce qui est de la pente moyenne, la Côte à Godin remporte la palme. Colin dit que son pourcentage plafonne à 26%. Une vidéo sur youtube.com nous la montre au complet, en descente, mais elle ne rend pas justice à la dureté de la pente.


La Côte à Godin.

Et comme vous pouvez voir sur le parcours, nous sommes partis de Saint-Placide. Comme si la Côte à Godin n'était pas suffisante! Mais cette côte qui mène à Saint-Placide n'est évidemment pas aussi pentue, elle se contente d'être longue. Et pour ceux que ça intéresse, on m'a dit que le tour de l'Isle-aux-Coudres mesure 28 kms.

Avant l'ascension de la Côte à Godin, un des membres de notre groupe de six a craqué, sous l'effet combiné des côtes précédentes et de son déficit d'entraînement. Et peut-être aussi, de ne pas avoir mangé assez durant la première moitié de notre équipée. Une voiture lui a permis de rentrer à la maison. Soyez avisés...




J'aurais dû prendre une photo des six vélos présents au départ de cette sortie. Contrairement à certains clubs cyclosportifs, les machines étaient très hétéroclites. À côté d'un Cervélo en fibre de carbone, on pouvait voir un des vélos de Colin, un Raleigh 1977 soudé à partir de tubes Reynolds 531, un classique par excellence. Et il n'a pas fait les choses à moitié: câbles de frein à la verticale à la sortie des manettes, et cale-pieds à courroie. Il a même poussé la coquetterie jusqu'à ne pas porter de casque mais ce jour-là, il aurait peut-être mieux fait d'en avoir un, si j'en juge par ce que j'ai vu sur sa tête à la fin de la sortie...



9.55 kg, approximativement 1000$ cad, cadre alu-carbone avec fourche carbone.



Un nouveau client au Manitoba a entrepris la construction d'un cadre Falardeau de petite taille. Il avait quelques questions au sujet de ses choix de transmission, et voici une partie de notre échange, avec ma réponse en italique:

J'ai commandé un pédalier 28-38-48. J'ai aussi commandé une cassette 11-34. J'ai regardé les combinaisons et puis je me suis dit que j'aimerais mieux avoir une cassette genre 14-15-17-20-23-26-29-34.
Donc, voici (roulement de tambour...) mes questions
1. Est-ce que tu as accès à ce genre de pièces? :
-Shimano (or imitation) 14t first position cog 8/9 speed
-Shimano (or imitation) 29t mid/final position cog 8/9 speed
2. Ma recherche Internet me revèle que je peux obtenir ce genre de pièce aux États-Unis ... j'aimerais mieux l'acheter au Canada.
3. À peu près combien de $$$ pour la livraison au Manitoba?
4. Est-ce que c'est vraiment une idée folle?

Commençons par la fin: non, ce n'est pas une idée folle, parce que plusieurs cyclistes n'utiliseront pas, ou peu le braquet 48/11 qui produirait une vélocité qui en effraie plus d'un(e). On peut donc adoucir la chose par l'installation d'une cassette dont le plus petit pignon sera plus gros. Malheureusement, les choix sont limités.

Je ne défais pas les cassettes pour échanger un pignon contre un autre. Je remplace toute la cassette.

Dans les 8 vitesses, je peux avoir de la Shimano HG200-8 en 12/32. Pas de 14/xx.

Dans les 9 vitessess, je peux avoir de la Shimano HG400-9 en 12/36. Pas de 14/xx. Attention: certains dérailleurs ne sont pas compatibles avec un pignon de 36 dents. Ils ont tous leur limite et il faut la respecter.

On trouve de la 13/34 dans les séries 7 vitesses, seulement.

SRAM n'offre rien de pertinent. Dommage, car leur produit est compatible avec les transmissions Shimano. Méfie-toi par contre de produits comme SunRace, Falcon ou Microshift, s'ils offrent ce que tu cherches, car leurs produits laissent parfois à désirer au niveau du comportement sur la route. Fabriquer des transmissions de vélo est un processus plus complexe que pendant les années '60!

S'il n'en tenait qu'à moi, les 13/34 seraient disponibles en 8 et en 9 vitesses, car elles correspondent aux besoins de biens des cyclistes, mais il semble que Shimano et SRAM ne leur reconnait pas un potentiel commercial suffisant. Une 14/34 serait plus risquée: ta cliente risque de se plaindre de ne pas pouvoir pédaler lorsque les conditions de vent ou de pente sont extrêmement favorables.

Donc fais-moi le savoir si ça t'intéresse, je te donnerai le prix d'expédition au Manitoba.




vendredi 15 mai 2015

HERR BRANDT.











J'ai monté pas mal de roues ces derniers temps. Ça fait partie de mon travail, mais c'est aussi un plaisir. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec cette tâche, elle consiste tout simplement à prendre un moyeu, des rayons et une jante et à en faire une structure efficace et solide communément appelée, une roue.

Je venais justement d'en compléter une, la semaine dernière, lorsque j'ai jeté un coup d'oeil sur mes courriels. Un d'entre eux a attiré mon attention à cause d'une nouvelle qu'il contenait. Il m'annonçait le décès de Jobst Brandt.

Ce nom ne vous dit probablement rien, à moins que vous ne soyez familier avec ces personnages qui ont contribué, chacun à leur façon, à l'épanouissement du vélo aux États-Unis durant les années '70 et '80, principalement. Monsieur Brandt avait écrit un livre intitulé "The Bike Wheel".

Je savais déjà comment dévoiler des roues. Mais c'est grâce à ce livre que j'ai appris comment en assembler. Avec rigueur, selon les règles de l'art. Le livre est vraiment bien écrit et illustré, avec clarté, avec détails, mais sans excès. On me dit qu'il est encore publié, et pourquoi pas? Il n'a rien perdu de sa pertinence, les lois de la physique sont encore les mêmes à ce que je sache.




Mais on ne s'étonnera pas que d'apprendre que Herr Brandt avait des réserves sur l'évolution des choses, en ce qui concerne les roues modernes. 16 rayons? Trop peu pour lui. Il n'avait pas peur d'avoir des opinions. Mais contrairement à certains gérants d'estrade, il avait un esprit critique qui aimait bien cerner le comment du pourquoi. Il avait d'ailleurs, dans son c.v., un passage chez Porsche où il avait travaillé comme ingénieur. Sur les suspensions, si mon souvenir est bon.

Certains se rappellent de lui comme d'un guide, à travers certaines montagnes de Californie et dans les Alpes. Avant l'apparition des vélos de montagnes, durant les années '70, il aimait bien se balader dans toutes sortes de routes et de sentiers avec des pneus de 28 mm de largeur. Regardez bien ce que ça donne sur une règle, si vous ne savez pas de quoi a l'air un pneu de 28 mm, et vous constaterez que ça n'a rien à voir avec ce qui est devenu typique des vélos de montagne quelques années plus tard.

Il était aussi impliqué à une certaine époque dans la compagnie Avocet, qui a produit, entre autres choses, des pneus et des selles, en plus de publier son livre. Il a travaillé à la conception de l'odomètre numérique qui a dominé la marché avant l'arrivée de Cat Eye. J'en ai possédé un: c'était une merveille de simplicité et de clarté.

Il s'est aussi impliqué dans la promotion des pneus lisses offerts par Avocet. Peu importe la marque, les pneus lisses inquiètent souvent les consommateurs. Non, monsieur, il n'y a pas d'aquaplanage sur un vélo, et non, madame, le fait d'enlever du caoutchouc sur la semelle pour faire des rainures n'augmentera pas l'adhérence en courbe ou n'importe où ailleurs. Personnellement, je roule avec de tels pneus depuis longtemps et je n'ai rien à leur reprocher, pas même dans les rangs de gravelle que j'affectionne.




Il a écrit beaucoup, partageant volontiers ses opinions avec qui voulait bien. Vous pouvez trouver une partie de cet opus ici:
http://yarchive.net/bike/index.html
Pas surprenant de trouver une connexion entre Sheldon Brown et Jobst Brandt, d'ailleurs. Les deux avaient en commun un regard critique sur l'objet vélo et les modes qui le portent. J'aurais bien aimé assister à une discussion entre les deux, l'échange m'aurait sûrement appris quelque chose.

Qu'aurait pensé Brandt de ces freins à disque que l'Union Cycliste Internationale est en train de commencer à accepter dans le peloton Pro Tour? Juste comme Trek lance une campagne de rappel à la suite d'incidents dûs à des leviers de déclenches rapides qui peuvent interférer avec le disque du frein.

Concernant cette décision de l'UCI, j'y vois un superbe paradoxe. Avec tous les efforts faits pour aller le plus vite possible, donc sur des vélos si légers qu'on doit en contrôler le poids pour voir s'ils dépassent la limite permise, on les alourdit avec un super-système de freinage pour les ralentir le plus rapidement possible! Comme si le peloton avait besoin de ça pour gagner (ou même terminer) les courses... J'entends d'ici Ernesto Colnago grincer des dents devant cette nouvelle tournure des événements, quoique j'ai l'impression qu'il a dû finir par se faire une raison, lui qui aimait tant les fourches en Nivachrom et les jeux de direction à cuvettes rapportées, et a consenti à les laisser disparaître comme le dernier rhinocéros encore vivant.

Concernant le rappel de Trek, Bicycle Retailer and Industry News a publié ce qui suit, cette semaine:

In a newsletter Shimano emailed Thursday to product managers, the component giant acknowledged that it makes quick release levers that open more than 180 degrees from the closed position and that these levers were included on disc-brake bikes recalled by Trek on April 21. But the company said it sees no need to recall the levers. Meanwhile, ASTM is developing a QR standard and the BPSA has formed a committee to consider what other bike brands should do regarding the levers, which many brands used.

Parce que non, les étriers de freins à disque ne sont pas aussi légers que ceux des freins sur jante. Et ce dernier utilise, comme disque, la jante qui est là de toute façon, donc pas besoin d'ajouter ces disques en acier. Et j'espère sincèrement que personne ne sera blessé par un de ces disques lors des fréquents carambolages qui empilent les vélos du peloton les uns sur les autres. Quant à penser que ces carambolages seront évités grâce aux nouveaux freins, permettez-moi d'en douter: on ne peut pas dire que les freins qu'on a vus ces dernières années dans le Pro Tour manquaient de puissance!

Finalement, une petite question, comme ça: comment ça se passe, quand le support neutre fournit une roue à un cycliste qui a crevé? Est-ce que les disques de frein tombent pile au bon endroit, ou est-ce que ça frotte jusqu'à la fin de la course? Est-ce que poser la question, c'est y répondre?

Tiens, permettez-m'en une de plus. Est-ce que les coureurs réclament ce changement, ou est-ce que ce sont les commanditaires issus de l'industrie du vélo qui insistent pour initier ce changement? Parce c'est évidemment dans l'intérêt de ces derniers de créer une obsolescence du frein classique.





Un rendez-vous qui sort de l'ordinaire, dans mon cas, pour dimanche prochain. De l'asphalte seulement! Pas de gravelle. Départ à 10 heures le matin, à l'église de Saint-Placide de Charlevoix. Nous irons faire le tour de l'Isle-aux-Coudres. En fait, c'est Colin (qui y sera) qui m'a convaincu de sortir de mon terrain de jeu habituel. Au plaisir de vous y voir.

Ça nous fera changement de la sortie du 3 mai dernier, dont vous voyez des photos ci-dessus, où nous avons dû rebrousser chemin en bout de parcours à cause de la boue et de la neige qui encombraient le chemin que nous avions choisi à l'est de Saint-Lazare-de-Bellechasse. Voici le tracé de ce parcours, qui part de Sainte-Hénédine pour aller vers l'est::

http://www.strava.com/activities/297600341?utm_content=2204032&utm_medium=email&utm_source=ride_share


La conférence que j'avais prévu donner, le 20 mai, est annulée. Il y avait un conflit d'horaire avec la Randonnée du Silence qui a lieu justement ce soir-là. Je vous tiens au courant si je reporte la conférence à une autre date.


*


Je ne sais pas comment le groupe de Dave Matthews a pu échapper à mon radar tout ce temps, mais quand j'ai vu/écouté ce qui suit, je me suis franchement régalé. À noter particulièrement, le batteur Carter Beauford qui vaut le déplacement à lui tout seul. L'échange entre lui et le sax ténor, qui commence vers la septième minute, met le feu aux poudres et la foule, déjà bruyante, en redemande. Dommage qu'on ait coupé abruptement le son à 15:01 min. Mais la deuxième partie de la pièce est aussi disponible sur youtube.com.