vendredi 14 février 2014

HERNIE.




Ça a commencé par un petit coup perçu au niveau de la roue arrière. Qui était de moins en moins petit à mesure que le temps passait. Spécialement évident dans les descentes, lorsque la vitesse augmente. Après vérification, non, les rayons n'étaient pas mous, et la roue n'était pas fausse.

Finalement, je me suis arrêté sur le bord de la rue, et malgré l'obscurité j'ai rapidement vu ce que vous voyez sur la photo ci-dessus. C'est une rupture du flanc du pneu: la tringle du pneu reste en place, dans la jante, mais le flanc s'en détache progressivement à mesure que la déchirure augmente. Normalement la chambre à air ne tient pas le coup. Sous la pression, elle se brise et c'est la crevaison. Alors pourquoi n'a-t-elle pas éclaté cette fois-ci?

La réponse est simple: c'est une chambre à air de type ''thornproof'', c'est-à-dire à l'épreuve des épines. Elle est faite avec une surabondance de caoutchouc et elle est lourde. C'est pourquoi je ne les utilise que l'hiver. Mais elles sont d'une robustesse spectaculaire. Il m'est même arrivé, il y a plusieurs années, d'avoir un trou gros comme un pois dans la semelle du pneu, là où le contact se fait avec la route, et la chambre à air touchait le sol à chaque tour de roue. Il y avait de l'usure sur la chambre à air à cet endroit! Malgré cela, elle n'avait pas éclaté et je m'étais rendu à bon port sans encombre. Quand je vous dis qu'elles sont épaisses, croyez-moi, elles sont vraiment épaisses...

Cette fois, encore, elle a tenu bon et j'ai pu faire les derniers kilomètres sans marcher. Ça fait des années que j'en utilise, l'hiver, et je n'ai pas fini de les préférer. Car des crevaisons, lorsqu'il fait -10 ou -20 Celsius, vous pouvez deviner ce que j'en pense...

Le pneu que j'avais coutume de mettre sur la roue arrière (copie de Avocet Cross 700 x 28) est retiré du catalogue. Seule la version 32 mm est encore disponible. Je l'ai remplacé par un pneu moins basique, un pneu de cyclocross 700 x 30, le Schwalbe CX Pro Sport. C'est un pneu de milieu de gamme à tringle rigide, qui n'est pas spécifiquement destiné à l'hiver, mais qui me semble prometteur compte tenu du dessin. L'importateur me dit qu'il en vend beaucoup, et je n'ai pas de peine à le croire. Il est d'ailleurs en rupture de stock pour les deux prochaines semaines. Le voici:





Ce que j'attends d'un pneu en hiver, c'est d'abord et avant tout que la direction soit le plus fiable possible. Nous avons fréquemment à Québec des conditions de neige abondante, et les pneus à crampons métalliques m'attirent moins dans de telles conditions, car ils sont plutôt orientés vers un usage sur glace. Il n'y a pas de consensus là-dessus chez les cyclistes hivernaux québécois. Mon opinion est basée sur un essai que j'ai fait dans le passé, et aussi sur ce que j'ai observé chez mes amis qui utilisent les pneus à crampons métalliques qui, soit dit en passant, ne se valent pas tous. C'est une de ces situations où on remarque que sur neuf personnes, il y a dix opinions différentes...



La rivière Montmorency, à l'est de Québec, février 2014.

Petite parenthèse:

J'ai une invitation pour vous. Et c'est gratuit. Vendredi soir le 21 février 2014, chez Bicycles Falardeau au 174 Richelieu à Québec à 18:30 heures (jusque vers 21 heures). Il s'agit d'une conférence sur l'histoire du vélo durant les cinquante dernières années.

Je pense à ceux qui, tout simplement, s'intéressent au vélo en général. Mais aussi à ceux qui en réparent, de toutes sortes, ou même en restaurent. C'est pourquoi il sera question des différents standards qui ont été utilisés, par exemple dans le cas des roulements de bille. Mais aussi les différentes sortes de vélos, les marques qui ont dominé, la place occupée par les différents pays producteurs au fil des décennies, les différentes technologies en vogue, etc .Bref, un condensé de culture cycliste.

Fin de la parenthèse.



À Saint-Ferréol-les-Neiges, février 2014


J'ai finalement changé les deux pneus, et j'ai constaté que les deux côtés de la jante avant n'avaient pas le même degré d'usure. Lorsqu'on met les doigts sur chaque côté de la jante, on constate une différence d'épaisseur anormale. C'est très probablement dû à l'abrasion lors du freinage dans nos belles côtes de la Ville de Québec. Tant pis, j'ai mis une roue neuve.

Pas de grosse dépense là. J'ai mis une jante simple paroi avec un moyeu générique. Avec tout ce que subira cette roue, j'aime autant ne pas mettre trop d'argent dessus. Deux bonnes raisons de mettre une jante simple paroi:

-Le prix très bas, évidemment.

-La légèreté. Une belle jante MAVIC serait plus solide, mais la roue avant est moins sollicitée que la roue arrière, et elle aura bien d'autres raisons d'aller à la poubelle que le simple fait d'être trop fausse pour être réparée. 

Mon expérience avec des roues avant simple paroi en hiver est positive. Mon style de conduite n'est pas trop agressif, mon poids n'est pas trop exigeant. De plus, un des anciens patrons chez l'importateur Cycles Lambert me faisait remarquer que la chambre à air, en mettant sa pression sur les écrous de rayons, les stabilise et aide la jante à rester droite. Ce qui contredit la piètre réputation qu'elles ont chez beaucoup de consommateurs qui exigent, lorsqu'ils envisagent un achat de vélo, la présence de jantes double paroi. Normal, dans leur cas, car ils ne rouleront pas l'hiver et là, des facteurs comme l'usure de la jante ou les écrous figés par le calcium ne rentrent pas dans l'équation. La solidité d'une jante double paroi de bonne qualité devient automatiquement plus désirable. D'ailleurs, les vélos Falardeau que je fabrique sont tous systématiquement proposés avec des jantes double parois. En ce moment, ce sont principalement des Alex DM-18 ou des MAVIC A319, ou bien des Ambrosio Evolution ou des Ritchey Aero. Dans le cas des roues de 26'', ce sont souvent des Alex Ace19.




En roulant sur la rue Père-Marquette, cette semaine, je me disais qu'il doit sûrement y avoir, parfois, des automobilistes tellement frustrés de ne pas pouvoir tourner à gauche, qu'ils le font quand même en s'engageant en contre-sens malgré l'interdiction qu'on voit clairement sur la photo ci-dessous:



Justement, comme par hasard, j'ai vu une Chrysler Intrepid exécuter précisément cette manoeuvre, hier soir. Et à l'intersection suivante, l'arrêt obligatoire a été complètement escamoté par notre intrépide. 

Il faut savoir que ces aménagements sont récents. Ils sont destinés à réduire l'achalandage automobile sur une rue (Père-Marquette) qualifiée de ''vélo-boulevard'' par les autorités municipales.Si vous regardez attentivement, au centre de la photo, vous verrez mon vélo qui est stationné, le temps d'une photo, dans la direction où la plupart des cyclistes circulent. 

Tout en étant une minorité, ce genre d'attitude chez les automobilistes peut être observée de temps en temps. Certainement assez souvent pour obliger les cyclistes à ne rien prendre pour acquis.

Les conditions neigeuses que vous voyez sur cette photo m'ont permis de faire un premier véritable test de neige des pneus Schwalbe CX Pro dont je parle plus haut. La neige et le vent étaient sufisamment présents depuis hier soir pour décider les écoles de la région à fermer pour la journée. 

Les CX Pro se sont comportés exactement comme je l'espérais. La direction est fiable, et leur largeur modérée (30 mm) les rend à l'aise dans la neige abondante. La traction que donne le pneu arrière est impeccable, le dessin de la semelle le rend très mordant dans la neige. 

Après les avoir gonflé à 70 psi, je me suis dit que c'est trop. Ils cognent un peu dûrement sur les surfaces les plus inégales et une pression plus basse leur permettrait d'arrondir les angles un peu. Je dois mentionner que je ne les ai pas essayés avec des chambres à air régulières (voir plus haut), ce qui pourrait peut-être être un facteur dans ma perception des choses. Sinon, c'est le bonheur, et ne soyez pas surpris si je les adopte pour plusieurs années en tant qu'utilisateur et en tant que détaillant. 




John Surman, ici au saxophone baryton, accompagné par Jack DeJohnette au clavier. Enregistré en janvier 1981 et tiré de l'album ''The Amazing Adventures of Simon Simon''.



lundi 10 février 2014

MILLES INUTILES.




Sur la Côte de Beaupré, février 2014.




Je profite de l'hiver pour faire des choses que mon emploi du temps ne me permet pas de faire le reste de l'année. Comme, par exemple, faire un site Internet. Ça manquait à mon entreprise, et c'est à la suite d'une conversation avec un ami que la décision s'est prise.

Il m'a suggéré de procéder avec l'aide du site www.wix.com . Mon ami me l'avait décrit comme un site où mes compétences informatiques très limitées ne seraient pas un obstacle, et il ne s'est pas trompé. J'ai bloqué sur un ou deux détails, mais j'ai réussi avec un minimum d'aide extérieure, surtout celle offerte par wix.com.

Le résultat est perfectible, pas de doute. Je vais travailler là-dessus encore. Mais la haute saison approche à grands pas, et je ne voulais pas attendre, car même à l'intérieur du magasin, ce sera un outil commode pour expliquer aux clients ce que je peux leur offrir. Car le but était de faire un site-catalogue, ce que mon blogue n'a jamais été (ou si peu).

http://paulvelotek.wix.com/bicyclesfalardeau



Et permettez-moi de faire une petite mise au point. J'ai lu par hasard la semaine dernière les commentaires d'un cycliste/internaute au sujet de mon entreprise que, visiblement, il ne connait pas très bien.

Il me décrivait comme une personne qui achète des cadres génériques, un peu comme n'importe quel consommateur pourrait le faire, et qui les habille avec un degré de compétence inconnu. Avec comme sous-entendu, n'importe qui peut faire ça. Et au même prix, sinon même moins cher.

La réalité est différente. La grande majorité des cadres que je vends sont fabriqués pour moi, par des sous-traitants qui doivent respecter un cahier des charges que je n'ai plus besoin de leur répéter puisqu'ils gardent les dessins qui en ont résulté. Ces cadres sont habituellement faits en cuvées de 100 à la fois, et donc l'inventaire que je garde ici à Québec fluctue autour de 200 au fil des saisons, toutes catégories confondues.

Les pièces qui les habillent, Shimano ou autre, viennent de grossistes qui sont canadiens pour la plupart, mais pas seulement. Ce ne sont pas  des connexions commerciales que n'importe quel consommateur peut établir, les grossistes n'étant pas intéressés de recevoir des petites commandes à la pièce.

Cela n'a donc rien à voir avec un sympathique débrouillard qui subirait les choix faits ailleurs au niveau du cadre. Après avoir utilisé plusieurs dizaines de vélos personnels au fil des ans, dont dix ans passés sur des cadres italiens prestigieux, j'en suis venu à considérer que, oui, le cadre est particulièrement important dans un vélo. Bien plus que certaines pièces qui sont faciles à situer dans la hiérarchie du fabriquant. Au risque de me répéter, on peut faire un mauvais vélo avec un bon cadre, mais on ne peut pas faire un bon vélo avec un mauvais cadre.

Je complète la production qui est faite pour moi avec quelques exemplaires de cadres dans des catégories moins demandées, ce qui me permet d'avoir une offre bien adaptée à la clientèle qui me sollicite. Bien sûr, ces cadres doivent subir mon oeil de lynx avant que je ne les approuve.

La première fois que j'ai acheté un cadre, c'était pour mon usage personnel, en 1978. Je trouve ces objets fascinants, subtils. Et très sous-estimés quant à leur impact sur le résultat final.

J'ai systématisé le processus rapidement lorsque j'ai commencé à offrir cette production en 1997, car j'ai vite compris qu'il fallait faire en sorte d'éviter de rendre ce processus fastidieux, autant pour mes clients que pour moi. Et, bien sûr, il y a des façons plus simples de vendre des vélos sur cette terre. Je laisse à d'autres ce plaisir.



Prêts pour quelques milles inutiles...


Alex Stieda est un ex-coureur cycliste professionnel dont le plus haut fait d'armes consiste à avoir été le premier nord-américain à avoir porté le maillot jaune au Tour de France. Et il continue de rouler plusieurs années plus tard, pour le plaisir. On retrouve sa rubrique dans le magazine canadien Pedal.

Les entraîneurs, ces années-ci, mettent souvent l'accent sur les intervalles. Facile de comprendre pourquoi: elles sont très productives. Mais Stieda suggère une période hivernale plus modérée où la patience a sa place. ''There are no shortcuts, I don't care what anyone says about ''junk miles''.

Après tout, ces milles inutiles, ils n'ont pas nécessairement besoin d'être désagréables... Parfois les cyclistes professionnels, lorsqu'ils prennent leur retraite, mettent le vélo de côté, trop contents de passer à autre chose. Plutôt dommage, non? Des kilomètres où on se fait plaisir sans se poser de questions, ça ne me paraît pas être une perte de temps. Bien sûr, je comprends leur point de vue, eux qui ont fait du vélo dans toutes les conditions, souvent par obligation. La phrase d'Alan Peiper me revient parfois à l'esprit, celle qu'il a dite au moment où il a pris sa retraite: ''J'étais tanné d'être fatigué.''



On met ces plaquettes auto-adhésives sur le cadre pour le protéger de la friction des gaines. Elles sont vraiment en fibre de carbone, et très résistantes en plus. Je le sais: j'en ai ouvert une avec des ciseaux par curiosité. 5.60$cad la paire, deux tailles disponibles.

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Grâce à la magie de Skype, hier, j'ai pu observer en direct la rue Tran Hung Dao, à Hué (Vietnam), que je connais déjà. Mais là, la différence saute aux yeux: les vélos omniprésents des années '90 ont complètement cédé la place aux petites motos et à quelques voitures. Je le savais déjà, mais c'est quand même un choc de voir ça soi-même quand on a connu quelque chose de si différent...

D'ailleurs, signe des temps, le magasin de meubles du 19, Tran Hung Dao, est devenu un magasin où on vend des vélos électriques. Je les ai vus. On les vend 600usd et je les décrirais comme un croisement entre un vélo pliant et un jouet Hello Kitty... Battery included.

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Le mouvement militant pour le cyclisme 4-saisons continue les efforts commencés il y a quelques années. Cette année, l'organisme Vélocentrix nous invite encore à participer à une randonnée hivernale de 15 kms le dimanche 16 février à 10 heures. C'est gratuit et on peut s'inscrire au: http://action.velocentrix.org/

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Le père de Sheila Escovedo était percussionniste comme elle, et il a travaillé avec Carlos Santana, entre autres. Il n'a sûrement pas honte de sa fille. Ce soir-là, Obama traînait par là, ainsi que quelques autres visages que vous reconnaîtrez. La guitariste s'appelle Orianthi.









lundi 3 février 2014

COULEUR DE MIEL.



La première fois que j'ai vu un cadre en bambou, c'était à Nijmegen (Nimègue), aux Pays-Bas. Il s'agissait d'un vélo du début du 20ème siècle exposé dans un musée du vélo que j'avais découvert là-bas. C'est un des plus beaux vélos que j'aie jamais vu: sa couleur de miel était magnifique. J'imagine que les Néerlandais qui avaient colonisé l'Indonésie en avaient rapporté des tiges de bambou.

Je n'ai jamais roulé sur un tel cadre, neuf ou ancien, mais j'ai remarqué qu'il y a depuis quelques années une renaissance de la fabrication de cadres de bambou dont on vante les qualités de confort. Aux USA, surtout, mais aussi au Vietnam. À travers les nombreuses compagnies qui font des cadres d'entrée de gamme, en acier ou en aluminium, il y a cette petite compagnie installée à Saigon qui s'annonce en prenant la peine de spécifier que:

''My production is small and not cheap, so don't ask for high volumes of cheap  bikes, there are others doing that.''

On peut comprendre son point de vue. Le Vietnam est un lieu de production pour des volumes de production typiques des magasins à grande surface et les cadres qu'on y fabrique habituellement ne sont pas destinés à une clientèle exigeante.

Un de mes clients m'a récemment rendu visite et m'a montré sa création que vous pouvez voir sur la photo ci-dessus. Les sections de bambou sont faciles à voir, et elles sont connectées à des éléments récupérés sur un vieux vélo de tourisme en acier. Il s'agit d'un premier essai, et lorsqu'on s'approche, on s'aperçoit vite que le produit a une finition qui pourrait être améliorée, mais ça me rend curieux de voir la suite de ses expérimentations. Et non, je ne l'ai pas essayé.

Pour ma part, j'ai bien l'intention de retourner à Saigon (alias Ho Chi Minh City) un jour, et je suis assez curieux de voir ce que le cadreur de bambou fait là-bas pour lui rendre une petite visite. Je ne m'attends pas à y trouver des cadres ultra-légers, mais ça pourrait quand même peut-être avoir du charme, qui sait?


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En attendant, mon vélo, celui que je vous ai montré tout enneigé dans le message précédent, a rajeuni considérablement. J'ai changé quelques pièces, mais c'est surtout parce que je l'ai rentré à l'intérieur, ce qui lui a permis de se débarrasser de toute cette neige qui l'encombrait.

En plus de l'alléger, les pneus ne frottent plus sur la neige accumulée. Non seulement ça, mais j'ai aussi pu voir par la même occasion que le frein arrière était décentré, ce qui faisait que le patin droit touchait la jante en permanence. Vite réglé: il y a des vis de réglage pour ça.

Le résultat fut spectaculaire. J'aurais pris un produit dopant que l'effet n'aurait pas été meilleur. Je suppose. Et j'ai poussé plus loin en changeant ce qui avait besoin de l'être. Les froids extrêmes subis depuis cet hiver particulièrement rude au Québec ont mené la vie dure à certains petits éléments de plastique dont mon vélo est équipé. Rien de dispendieux, surtout lorsqu'on fait le travail soi-même, mais ça a fait du bien.

Et je constate une fois de plus, comme à chaque mois de février, que plusieurs cyclistes assidus ont un système de freinage en mauvais état. Même si le tout était ajusté au mois de novembre. On n'y échappe pas: les conditions d'utilisation de l'hiver québécois sont sans pitié, surtout dans une ville côteuse comme Québec où les freins ne sont pas un accessoire facultatif.


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Depuis sa création, le système de partage de vélos Bixi, à Montréal, a fait beaucoup parlé de lui. En bien, habituellement. Malheureusement, la société de gestion a déclaré faillite récemment. Et comme si ce n'était pas assez, certaines personnes se seraient permis des largesses, juste avant:

http://www.ledevoir.com/politique/montreal/398406/avant-de-faire-faillite-bixi-a-verse-des-bonis-a-tous-ses-employes

Le concept fait penser aux idéaux communautaires des années soixante. Et comme c'était souvent le cas à l'époque, la réalité a rattrapé le projet. Corrigez-moi si ce n'est pas exact, mais on m'a également raconté que plusieurs utilisateurs empruntaient un vélo pour descendre du Plateau Mont-Royal au centre-ville, en début de soirée, avant de laisser là la machine après quelques bières pour éviter d'avoir à monter la côte pour le retour. Résultat, on était obligé de transporter en camion tous ces vélos.

Ce n'est rien pour encourager notre maire Labeaume à créer un tel système à Québec. Déjà qu'il n'était pas très chaud. D'autant plus que certains bars de la basse-ville sont très sympathiques, et que la côte qui y mène n'est certainement pas moins raide qu'à Montréal...



Le fleuve Saint-Laurent, à Saint-Augustin-de-Desmaures, en novembre dernier.


J'ai déjà abordé le sujet ici, et ça en a intéressé plusieurs parmi vous: il s'agit du lieu de fabrication réel du cadre de vélo en fibre de carbone. Un site français a fouillé la question:

http://usrehoncyclo.wifeo.com/ou-est-fabrique-votre-velo.php

Vous remarquerez qu'il y a dans cette liste des compagnies, comme Shimano, qui ne fabriquent pas de cadres. Mais elles sous-traitent une partie de leur production à l'étranger. Deux possibilités: soit qu'elles sous-traitent effectivement à des compagnies qui sont indépendantes, soit qu'elles possèdent l'usine entièrement, mais à l'étranger et non pas dans leur pays d'origine. Comme le Japon, dans le cas de Shimano, qui d'ailleurs fait également affaire en Malaisie.




Brad Mehldau, en solo: ''Teardrop''


lundi 27 janvier 2014

JE NE PERDS PAS MON TEMPS. JE SUIS AVEC MON AMI.






Permettez-moi, ici, de ne pas parler de dérailleurs, de pistes cyclables ou de la plus grosse (ou petite) compagnie de vélo au monde. Mais ceux qui s'occupent du business international  des vélos ne peuvent éviter de considérer la culture asiatique. Car le moyeu de la planète vélo, c'est Taiwan et la Chine.

On dit souvent que cette culture est différente, sans nécessairement expliquer en quoi elle peut l'être. Depuis mon premier voyage au Vietnam, en 1993, j'ai côtoyé non seulement des Vietnamiens, mais aussi des Taiwanais. Et en lisant un livre co-signé par Kim Thuy, récemment (À toi, 2011, Libre Expression), j'ai trouvé quelques paragraphes qui, je trouve, expriment admirablement bien des différences fondamentales entre eux et nous, et qui expliquent des comportements et des attitudes qu'on peut observer tous les jours. Kim Thuy est une québécoise née au Vietnam.

À propos du temps:

''Je comptais sur toi pour m'enseigner les temps des verbes, dont les subtilités du subjonctif, justement. En vietnamien, le verbe est toujours à l'infinitif. On ajoute des particules qui indiquent le passé ou le futur: rencontrer hier, rencontrer demain, rencontrer déjà. Le temps est une notion imprécise...

...En Amérique du Nord, tout est chronométré, noté, calculé. Les invités à une soirée arrivent presque toujours en même temps parce que tout le monde respecte l'heure prévue à la minute près. Les événements sont placés sur la ligne du temps, en ordre chronologique minutieux, presque maniaque, afin d'établir la chaîne des actions et des réactions: qu'est-ce qui a provoqué, aura provoqué ou aurait pu provoquer quoi et à quel moment, et comment et pourquoi? Il devient alors nécessaire de conjuguer le futur antérieur, le passé simple, le conditionnel, le plus-que-parfait, le subjonctif aux temps composés ou surcomposés, aux aspects imperfectif ou statique, à la voix passive ou moyenne...''






À propos d'être ensemble:

''Il est très rare de voir un Vietnamien, et plus encore une Vietnamienne, attendre seul chez le médecin ou ailleurs. Ils sont toujours accompagnés. Une fois, j'ai demandé à un garçon pourquoi il perdait son temps dans la cour d'école à attendre son ami qui passait un examen de trois heures. Il ne saisit pas immédiatement le sens de ma question.

     -Pourquoi restes-tu au soleil à ne rien faire alors que tu peux t'amuser à la maison ou ailleurs?
     -Je ne perds pas mon temps. Je suis avec mon ami.

En amitié, le temps de l'un semble se greffer au temps de l'autre. Les minutes ne sont plus comptées, car elles ont été données à l'autre, non pas comme un cadeau mais comme une offrande, une preuve de dévouement.''


J'ai dû m'adapter. Mon épouse aussi. Nous sommes parfois fascinés de voir que, malgré le fait que nous sommes diamétralement opposés autant par le tempérament que par la culture, nous sommes d'accord sur beaucoup de sujets.



Yvon Guillou était un Québécois d'origine française qui s'est impliqué beaucoup dans les compétitions cyclistes au Québec jusque dans les années '80. Il est maintenant décédé et la Ville de Québec a baptisé une rue à son nom, au pied de la Côte Salaberry.



Après une année 2013 plutôt ordinaire, l'industrie mondiale du vélo n'est pas pessimiste, mais l'humeur est à la prudence. La situation économique en Europe, combinée à la météo maussade en Amérique du Nord a contribué à laisser trop d'inventaire dans les entrepôts. Les fabriquants sont donc réticents et cet état de fait pourrait contribuer à des pénuries chez les distributeurs pour qui veut regarnir son magasin en cours de saison. C'est en Asie qu'il y a une croissance de la demande en ce moment et les fabriquants s'en réjouissent forcément.




Il y a des pays où, en guise de salutations, on vous demande: ''Avez-vous mangé aujourd'hui?''
Faut croire qu'on n'a pas toujours répondu par l'affirmative. Ce n'est pas un détail, la faim, ça peut vous tuer, non?

Ici au Québec, les commentaires penchent plutôt du côté de la météo, si changeante. Après tout, le froid, ça peut vous tuer, non?

Cet hiver 2013/2014 est particulièrement rigoureux. Prenez ce matin. Moins froid qu'hier, nous avions un beau moins dix degrés Celsius. Ça fait changement des moins vingt. Mais la neige était abondante au point qu'à un moment donné, on a fermé deux côtes à la circulation au centre-ville (Salaberry et D'Abraham). Et pendant ce temps, un carambolage sur l'autoroute 40 a impliqué trente voitures à la hauteur de Saint-Augustin. 

Le froid des dernières semaines a fait dire à mon neveu Emmanuel: ''Ce n'est pas l'hiver, c'est un traitement cryogénique!''



Voici mon vélo la semaine dernière. Vous pourriez avoir l'impression que plus rien ne fonctionne correctement, mais ce n'est pas le cas. Les freins fonctionnent normalement. Le dérailleur arrière, les journées les plus froides, je ne m'en sers pratiquement pas, mais à moins dix, il fait tout ce que je veux. Le dérailleur avant, lui, se permet parfois de petits caprices, mais ils sont rapidement réglés lorsque je pousse gentiment dessus avec mon pied pour le convaincre de passer sur le petit plateau. Je lubrifie la chaîne très souvent, mais également les dérailleurs, avec du pétrole distillé comme le WD-40. Essentiel.

De nombreux cyclistes d'hiver, à commencer par moi il y a plusieurs années, perçoivent les dérailleurs comme étant incapables de résister à ces conditions, mais mon expérience (et celle de mes amis) nous prouve le contraire. Et lorsque les conditions sont aussi neigeuses que ce matin, rouler sur un plateau de 28 dents facilite beaucoup les choses: à la moindre résistance sur le sol, le couple généré par un effort accru règle habituellement tous les problèmes.

Et contrairement à cette mécanicienne qui disait que, l'hiver, vous passerez autant de temps à nettoyer le vélo qu'à vous en servir, je le laisse au naturel. Tout au plus, je le rentre parfois, pas souvent, à l'intérieur et l'excédent de neige disparaît. Faut dire que je ne roule pas avec un vélo fait de pièce dispendieuses: seul son cadre est sophistiqué. Je l'ai recyclé en vélo d'hiver après plusieurs saisons d'été très agréables: c'est un cadre de 1.5 kg à épaisseur variable, très variable (''triple butted''). Le reste des pièces qui sont dessus sont typiquement de niveau Altus/Acera, très fonctionnelles, à défaut d'épater la galerie.


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Je vous ai déjà suggéré, ici, l'écoute de quatuors de saxophones. En voici un que je ne connaissais pas, et qui vaut le détour. Marici Saxes, de Londres, en Angleterre.

vendredi 17 janvier 2014

AVICISSITUDES.






Un Falardeau alu-carbone (pièces Shimano 105).


Johanne et Pedro sont présentement en Thailande. Si vous aimez les photos d'endroits exotiques, vous vous régalerez, car la qualité d'images est très bonne: www.veloreve.blogspot.com

En plus, la quantité de photos fait qu'une impression générale du pays se dégage du visionnement, plus que si l'on n'avait droit qu'à deux ou trois photos. Et c'est comme ça à chaque fois qu'ils publient un nouveau chapitre dans leur long périple.





Un des avantages d'être son propre patron, c'est de pouvoir déterminer soi-même son horaire de travail. Et pour ceux que ça pourrait concerner, laissez-moi vous expliquer un peu comment je fonctionne.

Je n'aime pas décevoir, alors je promets peu. Surtout en cette période hivernale où l'achalandage est modeste. Ensuite, rien ne m'empêche d'être beaucoup plus présent que ce qui est écrit à côté de la porte.
En janvier, l'horaire officiel est de midi à 17 heures, du lundi au vendredi. Ça ne veut pas dire que je quitte à 17:01 heures ou que j'arrive à midi moins une. Ou que je ne peux pas prendre un rendez-vous avec un de mes clients en dehors de ces heures-là. Simplement, si j'ai des choses à faire ailleurs qu'au magasin, je les ferai le matin ou la fin de semaine.

Ça peut donner faussement l'impression que je ne travaille pas beaucoup, mais bon. Entre autres choses, cette semaine, j'ai fait de l'ordre dans mon espace de travail. Ce qui m'a rappelé qu'il me reste un cuissard Netti. Si vous êtes grand, il est pour vous: rég. 67.90$, réduit à 25$ (+ taxes). Et une cassette Shimano 10 vitesses 12-25 en spécial à 60$ + taxes.




Le fleuve Saint-Laurent, à Québec, l'automne dernier.


Les freins à disque, sur les vélos, ont gagné des parts de marché ces dernières années. Mais ça ne se passe pas sans difficultés. La compagnie Avid, particulièrement, a connu plus que sa part de déboires.

Avid est bien connue pour ses systèmes de freinage. Cette compagnie américaine était déjà présente dans le marché lorsqu'elle fut achetée, il y a dix ans, par la société SRAM de Chicago, qui souhaitait compléter son offre de composantes aux manufacturiers de vélos. Mais certains détaillants de vélos ne veulent plus entendre parler d'Avid après ce qui s'est passé ces dernières années. Pas sur des freins mécaniques (à tirage par câble), mais plutôt sur des freins hydrauliques.

La chose a été documentée dans le magazine Bicycle Retailer and Industry News du 1er novembre 2013:

''Certains freins restaient ajustés plus longtemps que d'autres, mais tous avaient besoin d'une intervention....
...plus qu'une ingestion d'air...   ...''bladders'' de maître cylindre poreux, mauvaise combinaison de piston et d'alésage de piston dans les étriers, pistons qui fuient et qui nuisent au retour à la position de repos. Et ça a duré pendant deux ans...
...aucune campagne de rappel de la CPSC ou de SRAM. Mais tous étaient au courant du problème, particulièrement Trek et Specialized...    ...Scott, Giant et Santa Cruz ont également eu des problèmes avec les même freins...''

Conséquence: Avid a perdu beaucoup de terrain du côté de la première monte (en anglais: OEM), ces pièces achetées par les manufacturiers pour construire leurs vélos. Ce qui fera le bonheur de Shimano.

Et là, après avoir écrit tout ça, je réalise qu'il y une campagne de rappel sur tous les freins de route hydrauliques SRAM. Non pas les freins à disque, de montagne, mais bien des freins pour vélos de course (700 x 23) en apparence conventionnels, sauf qu'ils sont à tirage hydraulique. Dieu merci, je ne suis pas obligé de vendre de telles absurdités et de dire aux clients que c'est une grande amélioration dont ils ont réellement besoin.

Et Shimano n'est pas en reste: http://www.bicycleretailer.com/recalls/2013/09/23/shimano-expands-disc-brake-recall-us-canada

Il s'agit de freins BR-CX75 et BR-R515. Ce sont des modèles à tirage mécanique, c'est-à-dire par câble.





Daniel a attiré mon attention, cette semaine, sur un article intéressant publié sur le site laflammerouge.com.
Il y est question du coût de fabrication réel des cadres en fibre de carbone et de la marge de profit que les fabriquants s'octroient. Gardez à l'esprit en lisant cet article que le coût du marketing est élevé: la commandite d'une équipe participant au Tour de France dépasse le million de dollars annuellement. Devinez qui paie pour ça. Rappelez-vous également que le pays où le cadre est fabriqué n'est pas automatiquement garant d'une qualité inférieure ou supérieure.
http://laflammerouge.com/lieu-de-fabrication-et-cout-reel-des-cadres-carbone/

Sans compter la possibilité de copies. Lu dans:
http://italiancyclingjournal.blogspot.ca/2011_03_01_archive.html

Pinarello has now issued a new warning on imitation Pinarello bikes entering the markets. According to Pinarello they originate from online stores, mostly from Asia.


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Dans les années '80, j'avais sévi comme disc-jockey dans une radio communautaire (CKRL-MF, qui existe encore). Et pendant une période, j'avais une émission hebdomadaire, tard le soir, qui répondait au doux nom de ''Volcans et Tempêtes''. Au début de l'émission, à chaque semaine, je faisais jouer ce thème du Art Ensemble of Chicago: ''Nice Guys''.

mercredi 8 janvier 2014

PLAN B.



À pied, c'est trop long. En autobus, trop plate. Et préparer une voiture en cet hiver sibérien, c'est une job. Finalement, c'est encore le vélo que je préfère, sans aucun doute. Ce matin, à mon départ, le thermomètre indiquait moins 12 degrés Celsius. Encore beau que je puisse le lire, parce que ces derniers temps, à moins 20, son cadran numérique était difficilement lisible tellement c'était froid. Dans ces températures-là, je préfère rester à la maison et en profiter pour prendre soin d'elle (la maison). Elle me le rend bien.

À moins 12 deg., en vélo, ça va. Je roule à 12 km/h, et il ne faut pas que j'habille le torse trop chaudement. Et pendant ce temps, à Nha Trang, il fait autour de 26 degrés. Plus 26.

Je serai officiellement ouvert à partir du jeudi 9 janvier, à midi. Avec, pour commencer, un horaire un peu anarchique. Vous ne me verrez pas à la boutique à 8:45 h le matin ou à 18:15h le soir. Et pas quand il fait si froid que je ne peux plus lire mon thermomètre numérique.



Pour ceux d'entre vous qui veulent rouler avec des pneus de 28 mm de largeur ou plus, je souhaite continuer à proposer les jantes Mavic. Sauf que...

Sauf que Mavic a décidé de ne plus vendre ses jantes au Canada par l'entremise du distributeur Outdoor Gear Canada (voir mon message du 13 juin 2013). Pas de problème, me suis-je dit, je vais contacter Mavic au Canada (Amer Sports) et acheter directement d'eux. C'était sans compter la politique mise en place par la compagnie.

Leur minimum de commande ne poserait aucun problème si je souhaitais aussi vendre les roues complètes que Mavic offre depuis plusieurs années. Ces roues de haut-de-gamme font rapidement monter la facture et me permettraient facilement de faire plaisir à ce monsieur Mavic qui n'aime pas les p'tits clients.

Mais voilà, j'ai toujours manqué d'enthousiasme face à ces produits, malgré les bonnes choses qu'on m'a dites à leur sujet (voir mon message du 2 avril 2009). J'ai donc décidé de considérer un Plan B.

En fait, j'ai même trouvé un Plan C. Mais le Plan B me satisfait tout-à-fait. J'ai déniché un lot de jantes Mavic à 36 rayons que je connais fort bien pour en avoir vendues plusieurs dans le passé. Et en prenant le lot au complet, j'ai pu avoir un prix qui est intéressant autant pour moi que pour mes clients. Finalement, ce n'est pas moins cher que si j'avais commandé chez Mavic, mais j'en ai obtenu plus pour le même montant et je n'aurai pas à me soucier de la disponibilité pendant longtemps...



J'ai côtoyé une étrange créature pendant mes vacances... Mais ce n'était pas Greg LeMond.


Greg LeMond, vous connaissez? Sympathique, le bonhomme. Et contrairement à d'autres, il s'est contenté de gagner le Tour de France seulement trois fois. Mais personne n'a contesté la validité de ces victoires.

En collaboration avec Trek, il a mis en marché les vélos LeMond pendant plusieurs années. Mais la relation avec Trek a tourné au vinaigre pour s'achever en 2008. Il semble que c'est reparti pour une nouvelle série.

C'est avec Time qu'il s'est associé cette fois-ci. LeMond LLC a acquis la compagnie Time USA, ce qui en fera le distributeur américain pour ces cadres et ces pédales. Il offre une première série de 300 cadres exécutés par Time en France, en attendant une expansion de la gamme. Pas une démarche qui consiste à offrir tout pour tout le monde, mais plutôt une approche progressive là où l'intérêt de Greg se manifeste.

Je la trouve d'autant plus intéressante que j'ai moi-même une affection particulière pour les vélos qui sont à l'aise sur les routes de gravelle. Bryan Melton est directeur des ventes et du marketing chez LeMond LLC.

''Le vélo de gravelle est particulièrement intéressant pour Greg LeMond, a dit Melton.

Greg s'intéresse à ce genre de vélo depuis bien avant que cette tendance se manifeste. Il voulait un vélo pour utiliser sur les routes des alentours (de Minneapolis), mais aussi pour voyager. Ça se situe entre un vélo de route et un vélo de gravelle. Ça pourrait porter une charge et rouler dans des routes difficiles, mais aussi réagir dans un sprint et enfiler des courbes en descendant une montagne.''

Parmi les ex-pros, il n'y a pas que LeMond qui s'intéresse à ce genre de routes. Andrew Hampsten, Michael Barry et Bob Roll  sont tous trois friands de ce genre de trajets. Ne vous demandez pas pourquoi: la quiétude qu'on y trouve vaut son pesant d'or... Et si vous fouillez mon blogue, vous verrez que j'ai une certaine familiarité avec la chose.







Nouveau paradigme, vol. 2:

Sue Knaup a une vision un peu différente des pièces de vélo. Différente de celle du consommateur occidental moyen. Elle pense à tous ceux qui n'ont pas accès aux différents leviers de vitesses indexés qui ont pris toute la place depuis presque trente ans.

Shimano fabrique encore des leviers de vitesses de type thumbshifter. Mais la génération actuelle ne peut être désindexée et, comme tous les autres leviers indexés, elle exige un ensemble câble/gaines en bon état, et de qualité suffisante pour éviter les irritants lors de l'utilisation. Sans compter le fait que le rivetage du dérailleur doit être suffisamment frais pour que ce dérailleur soit verticalement rigide. Les dérailleurs non-indexés n'ont pas ces exigences.

Or, dans beaucoup de pays, les dépenses d'entretien que cela implique font en sorte que beaucoup de cyclistes, utilitaires dans la grande majorité des cas, n'ont pas les moyens de se permettre un tel luxe. Après tout, un vélo peut très bien fonctionner sans l'indexation des vitesses. À preuve, beaucoup de vélos sont vendus sans même être équipés de changements de vitesses. Sauf que, chargé, un vélo utilisé en terrain côteux gagnera beaucoup à avoir un minimum de souplesse dans le choix de braquet. Une roue libre à cinq ou six vitesses est économique et permet un usage beaucoup plus agréable pour, par exemple, un ouvrier qui doit transporter ses outils lorsqu'il se rend au travail. J'ai dans mon entrepôt un vélo à trois vitesses (internes au moyeu arrière) qui était utilisé au début du vingtième siècle par un plombier qui partait du centre-ville de Québec pour se rendre travailler à différents endroits avec tout son bazar attaché sur le vélo. Et il pouvait aller aussi loin que l'Ancienne-Lorette pour ce faire. Il ne pouvait éviter les côtes et son vélo, une fois chargé, était passablement lourd. Il n'y avait pas de tuyaux en plastique, à cette époque là...

Madame Knaup a donc imaginé un levier pour tous ces gens qui ont des ressources limitées. En fait, elle a imaginé plus que le levier, elle a conçu une approche où les moules seraient rendus disponibles pour que les pièces soient fabriquées en différents endroits dans le monde, à un coût minime et avec du métal recyclé. Consultez: onestreet.org

 The shifters that come from this first production run will be collector quality, marking the beginning of a new paradigm in bicycle parts production (we expect these shifters to be just the first of many bike parts from One Street Components). This new paradigm will center around local production using simple, even primitive methods and parts that are readily available in all areas of the world.






On ne pourra pas reprocher à l'Autrichien Michael Embacher de manquer de variété dans sa collection de vélos. La quantité, et la qualité. Et elle est fort bien présentée ici:





Le mois dernier, j'ai parlé ici de la musique électrique de Miles Davis. Le livre dont il était question proposait le paragraphe suivant et il a attiré mon attention. Bill Laswell est un réalisateur/bassiste qui a travaillé avec les enregistrements de Miles.



In mentioning the inferior sonic quality of ``Rated X`` on the original vinyl release of Get up with It, Laswell drew attention to the important issue of the relationship between our perception of music and the quality of consumer playback equipment. As a rule of thumb, the more abstract the music is, the better the playback equipment needs to be. The essential elements of a Beatles song or a Mozart piece are usually clear, hummable melodies and easily definable chord structures, which can survive playback via a small transistor radio or a bad vinyl record. By contrast, music by Stockausen, or Brian Eno’s ambient music, or most of Miles’s ‘7os music, will hardly come across on such equipment because these kinds of music depend on color, texture, and atmosphere for their meaning. In this situation reasonable sonic reproduction is essential. It is very possible that some listeners who couldn’t come to terms with some of Miles’s recordings in the ‘70s simply had bad vinyl pressings or bad stereo systems.

J'ajouterais que non seulement la qualité du matériel de reproduction est importante, mais j'ai toujours insisté pour monter le volume. Pas seulement pour embêter les voisins (ou charmer les voisines), mais tout simplement pour reproduire le volume sonore habituel des instruments. J'y vois un parallèle avec les vélos moches: ça peut toujours aller si on ne va ni loin ni vite, mais dès qu'on veut s'investir un peu plus dans cette activité, on gagne beaucoup à envisager du milieu-de-gamme (ou plus) bien entretenu.



Pendant mes vacances, j'ai subi à quelques reprises la présence de la radio commerciale américaine, celle du Top 40. J'ai survécu, et j'y ai même entendu des choses que je ne suis pas arrivé à détester. Comme par hasard, celle qui a le plus retenu mon attention est originaire non pas du pays de Duck Dynasty, mais plutôt de la Nouvelle-Zélande. Vous l'avez peut-être d'ailleurs déjà entendue, malgré son très jeune âge. Elle s'appelle Lorde.

I've never seen a diamond in the flesh
I cut my teeth on wedding rings in the movies
And I'm not proud of my address,
In a torn-up town, no postcode envy




lundi 23 décembre 2013

NOUVEAU PARADIGME.



Voilà, je ne manquerai pas de cadres en 2014. Ils sont arrivés, et ont été rapidement retirés du regard public en les installant confortablement dans leur entrepôt.

Sinon, en ce moment, c'est le temps des vacances, en partie en tout cas, car j'en profite justement pour... travailler. Mais sur autre chose, que je ne pourrais pas faire si j'étais à Québec. Et cette pause m'a donné l'occasion d'aller dans une bibliothèque qui m'a mis entre les mains un livre qui m'a interpellé dès que je l'ai vu sur les tablettes.


Mais avant de vous parler du livre, j’aimerais mentionner le fait que, indépendamment du sujet et de votre intérêt, ou absence d’intérêt pour ce sujet,  qu’il aborde des questions qui touchent la manière de travailler et d’aborder les choses en général. Il y est question d’innovation, d’intuition, de développement, de relations humaines et d’autres choses faisant partie de l’expérience humaine. C’est pour alimenter notre réflexion que ça vaut la peine de s’y arrêter.

 Que vous ayez ou non un intérêt pour cette musique n’est que secondaire étant donné que, de toutes façons, vous n’avez pas besoin d’aimer, d’écouter ou de connaître  cette sorte de musique pour trouver intéressant le processus de création qui l’a produit. Le rapport à l’innovation, à la nouveauté, est un aspect important qui influence chacun d’entre nous, dans tous les aspects de la vie.

En sortant du monde de l’enfance, il y a longtemps, je suis sorti d’un monde formel, où tout est strict, règlementé et dit par l’autorité, pour entrer en contact avec un monde qui m’a confronté avec le non-dit, l’intuitif et où la communication non-verbale occupe une place importante. Et où l’autorité n’est pas issue d’une hiérarchie institutionnelle, mais plutôt méritée d’une manière organique plus conforme à nos origines animales. Miles Davis était un animal. Un animal qui fascine certains, qui en dérange d’autres. Qui ne laisse personne indifférent et dont l’autorité s’imposait instantanément, sans l’aide des artifices extérieurs. 
 
Un jour, un musicien l’a abordé et lui a dit : ‘’Miles, you’re my man! But that new shit you’re into, I just can’t get with it’’. Et Miles lui a répondu: ‘’Should I wait for you?’’


Si vous demandez à des amateurs de jazz quel est leur album préféré de Miles Davis, et il y en a beaucoup de ces albums, ce sont souvent les mêmes qui reviendront. Kind of Blue, bien sûr, ou bien peut-être un de ceux qui ont été faits en collaboration avec Gil Evans. Il y a de bonnes chances pour que ce soit un des disques de la période acoustique, c'est-à-dire avant 1967. Bitches Brew (1970) a ses partisans, mais de là à le considérer comme son préféré, c'est une autre chose.

En tout cas je ne connais personne qui, comme moi, choisirait On the Corner pour l'amener sur la proverbiale île déserte. Quelqu'un, quelque part, oui, mais je n'en connais personnellement aucun. Et pourtant, je le vois comme l'aboutissement le plus réussi de la période électrique, du moins dans les premières années, alors qu'il jetait les bases de son virage où le Fender Rhodes a remplacé le piano acoustique et la contrebasse a laissé la place à la basse électrique. Le choc a été considérable, un peu à la manière de celui créé par Bob Dylan lorsqu'il a engagé Robbie Robertson avec The Band pour mettre de côté, en partie au moins, les guitares acoustiques.





Le fleuve Saint-Laurent, à la hauteur de Québec, novembre 2013.



Le livre en question s'intitule MILES BEYOND  The Electric Explorations of Miles Davis, 1967-1991, écrit par Paul Tingen (Billboard Books). Dans la tradition du journalisme, le livre a été bien documenté à partir d'interviews de plusieurs musiciens ayant collaboré à cette production, et même à des gens de leur entourage comme Lydia DeJohnette. L'auteur est lui-même musicien, et son analyse des oeuvres pourrait se révéler fastidieuse pour certains lecteurs. Mais rien ne vous oblige à lire chaque ligne. Je trouve très intéressant ce qui y est dit au sujet de la méthode de travail et l'approche de Miles quant au choix des musiciens et la place qu'il leur fait. Peu d'échanges verbaux, interdiction de préparer lourdement les sessions d'enregistrement, c'est d'autant plus déstabilisant que beaucoup de ces musiciens étaient à l'époque très jeunes et relativement inexpérimentés. Même s'ils étaient extrêmement talentueux.

Si vous voulez entendre un exemple de cette musique, vous pouvez consulter mon message du 15 novembre 2013 dont le titre est: Patience et acharnement.

Miles avait une attitude. Il entrait dans la pièce et en imposait immédiatement. Intense, tous le disent. Et il fallait décrypter ses brèves indications, ce qui n'était pas toujours évident. Il insistait pour dégraisser la matière, la rendre plus significative en ne gardant que l'essentiel. Le batteur Billy Cobham: When you listen to Freddie Hubbard you hear trumpet proficiency par excellence, and then you hear Miles and he had a way of taking what Feddie did and compacting it in five notes. Those five notes said it all. The air around them became musical, and the silence became more profound and important. You just don't learn that. Miles somehow could just do that. 

Ces sessions pouvaient laisser perplexes leurs participants. Le claviériste Herbie Hancock: After we finished we walked out of the studio. And while we were standing in the hallway John McLaughlin came over and whispered to me, ''Can I ask you a question'' I answered, ''Sure''. He said, ''Herbie, I can't tell... was that any good what we did? I mean, what did we do? I can't tell what's going on!'' So I told him, ''John, welcome to a Miles Davis session. Your guess is as good as mine. I have no idea, but somehow when the records come out, they end up sounding good.''

N'oubliez pas que, lorsque ces enregistrements ont été faits, cette musique, ce son, étaient inédits. Rien de comparable n'avait vraiment été fait auparavant, ou si peu. Aucune oreille, pas même celle des musiciens, n'était habituée à ce nouveau paradigme. Pas surprenant que tant de gens aient été choqués par le nouveau Miles. Et malgré tout, Bitches Brew s'est vendu, très bien merci. Encore une fois, Miles (avec l'aide de quelques amis) réinventait la musique et tant pis pour ceux qui sont restés dans le passé. Lui, il regardait résolument en avant, comme tant d'autres personnages forts, dans tous les domaines. Autre petit détail qui n'en était pas un: une fois enregistrée, les bandes étaient réassemblées sans égard au déroulement de la pièce lors de son exécution en studio. Le réalisateur Teo Macero enlevait, répétait et déplaçait des segments entiers de pièces de façon à en faire un produit fini plus réussi.




L'Océan Atlantique, décembre 2013.



C'est une des choses que j'apprécie, de pouvoir me familiariser avec la vision et les façons de faire d'un personnage plus grand que nature, peu importe son domaine d'activité. C'est une manière de côtoyer un personnage habité par une intense volonté d'exceller. Beaucoup plus inspirant que de côtoyer des gens comme ce pathétique personnage qui m'a abordé avant-hier: Du début à la fin, son discours était négatif: ''Five years from now, this will be a ghost town!'' C'est ça, mon vieux, retourne sucer ton pouce avec ta mère.

J'aimerais penser que ma façon de concevoir les vélos s'approchent de cette vision épurée qui ne garde que l'essentiel. Pas seulement à l'extérieur (les accessoires), mais aussi à l'intérieur (les tubes du cadre). La légèreté m'inspire, et ses effets bénéfiques me réjouissent. Parfois, bien sûr, la fonction impose certaines choses, mais lorsqu'on peut....


But a gun is heavier than no gun!...


Et à la bibliothèque que j'ai fréquentée récemment, j'ai pu emprunter plusieurs disques compacts. Entre autres, un album du pianiste Brad Mehldau où on trouve une version de la pièce de Radiohead ''Everything in its right place". La contrebasse commence, puis le piano et la batterie suivent une minute plus tard.