jeudi 11 février 2016

ABUS.




La rivière Chaudière, en route vers Breakyville, février 2016.


George Iny, de l'Association pour la Protection des Automobilistes, parlait cette semaine à la radio de Radio-Canada au sujet de l'achat d'une voiture d'occasion. Il recommande l'achat d'un exemplaire offert à un prix élevé, sur la base du fait qu'on devrait alors obtenir une voiture en meilleur état, ce qui devrait vous éviter de coûteuses réparations.

Il faut être en mesure d'évaluer l'état, bien sûr, pour être certain du fait que la voiture est réellement en très bonne condition. Plutôt que simplement surévaluée par le vendeur. Et, évidemment, on pourra essayer de négocier le prix à partir de là.

On pourrait transposer cette approche dans le monde du vélo, en théorie. Lorsque je prépare un vélo d'occasion, je n'hésite pas à changer quelques pièces, et même parfois beaucoup de pièces, pour faire en sorte que le client ne reviendra pas après deux semaines en se plaignant d'un mauvais fonctionnement quelconque. C'est également plus motivant pour l'acheteur d'avoir devant lui une machine sans irritant au niveau de l'entretien.

De toute façon je manque de vélos d'occasion, la demande est plus forte que mon offre. Alors pourquoi lésiner? Pour le vendre plus facilement à cause d'un prix de vente plus bas? J'aime mieux en faire une machine fiable, que je n'hésite pas à proposer, quitte à le vendre un peu moins vite que s'il coûtait X% moins cher.


Le petit panneau solaire que vous voyez à côté de la mitaine de cuir sert à charger la pile du clignotant avant.


Ça devient différent si vous achetez d'un particulier. Là, on voit de tout. Du vendeur qui propose n'importe quoi à un prix déraisonnable, jusqu'à celui qui sous-estime la valeur de revente qu'il est capable d'obtenir rapidement.

La plupart des acheteurs de vélos d'occasion sont comme la plupart des acheteurs de voitures d'occasion: ils ne sont pas à même d'évaluer sérieusement l'état du véhicule proposé. Dans le cas des voitures, c'est simple: un garagiste à qui l'on fait confiance pourra examiner la machine et vous conseiller sur la pertinence de l'achat quant au prix et à l'état. Dans le cas des vélos, on peut faire la même chose, mais peu de cyclistes le font. Ça devient souvent un coup de dés qu'on espère ne pas regretter. Il est très facile de faire un mauvais achat, mais, il faut le dire, il y a des aubaines qu'il faut s'empresser d'acquérir, quitte à mettre quelques dollars pour procéder à des corrections d'entretien.

Un exemple d'un achat à éviter: un vélo de bas-de-gamme offert à un prix qui serait attrayant si c'était un milieu-de-gamme. Certains vendeurs n'hésiteront pas à dire que tel vélo vaut, par exemple, 800$ alors qu'il n'en vaut peut-être pas même 300$. Payer 100$, ce n'est pas cher? C'est trop cher si le même vélo, neuf, en vaut 150$. Surtout si vous n'êtes pas capable d'identifier un déficit d'entretien qui est malheureusement une chose extrêmement fréquente.

Et ce n'est pas parce que j'ai des vélos d'occasion à vous vendre que j'écris tout ça. J'en ai seulement un, et il sera probablement vendu d'ici un mois, peu importe ce que j'écris ici, ou pas.



La restauration du CCM Tour du Canada est complétée. Certains d'entre vous ont déjà vu la photo que j'ai montrée ici, en juillet dernier.
Jetez un coupd'oeil sur le message en question:    http://bicyclesfalardeau.blogspot.ca/2015/07/restauration.html

Mais d'abord, un petit rappel sur ce vélo et sa valeur. Beaucoup de Canadiens connaissent la marque CCM, mais ne sont familiers qu'avec les modèles de grande diffusion. Il faut savoir qu'en marge de ces vélos de basse gamme, CCM proposait des vélos de très bonne qualité, dont les cadres étaient souvent faits de tubes d'acier Reynolds 531. Pour en avoir possédé un moi-même, un vélo de piste, un vrai, je peux vous confirmer que ces machines pouvaient satisfaire un athlète exigeant. Rien à voir avec les Targa de l'époque, ou les vélos produits par Procycle ces dernières années.

Voici le vélo avant les travaux, cliquez sur les photos pour en voir les détails:





Le vélo a été démonté, le cadre repeint, j'ai changé la guidoline, le jeu de pédalier et les cocottes des leviers de freins et quelques autres choses aussi.

Mon peintre a réussi à reproduire fidèlement le bleu original du cadre. Malheureusement, nous n'avons pas encore les décalques pour compléter l'aspect visuel, mais le vélo est maintenant prêt à reprendre la route, à un petit détail près: il neige pendant que j'écris ces lignes. Mais, ça viendra.

Voici maintenant des photos prises après la restauration. Notez que je n'ai pas modifié électroniquement les couleurs de ces photos. Il s'agit du même appareil photo, au naturel, on peut donc comparer la couleur originale avec la nouvelle.




Outdoor Gear Canada est un distributeur canadien bien connu dans le milieu. Leur catalogue offre vélos et pièces. Je fais affaire avec eux depuis les années '90. Ils m'ont envoyé une lettre la semaine dernière pour me dire qu'ils avaient décidé de fermer mon compte.

Je n'achetais plus assez à leur goût. C'est vrai, depuis que Mavic leur a administré la même médecine il n'y a pas très longtemps, j'avais beaucoup diminué mes achats, qui n'ont jamais été si considérables chez eux de toute manière. Ils se limitaient surtout aux antivols Kryptonite et aux casques Bell. Le reste de leur catalogue est axé sur des marques qui ne sont pas toutes avantageuses pour mes clients. J'aime mieux ce que je trouve chez Cycles Lambert, Marinoni et Damco, pour ne nommer qu'eux.

Ce qui m'a amené à réfléchir à la marque d'antivols qui allait remplacer Kryptonite lorsque j'aurai épuisé mon inventaire actuel. Je ne peux la remplacer par une marque dont le seul avantage serait la facilité d'approvisionnement (pour moi). Je n'ai pas envie de proposer un produit que je n'utiliserais pas moi-même. J'ai commencé à faire une petite enquête.

Je ne comprends pas grand-chose à ce qui se dit dans la vidéo suivante, mais ce n'est pas grave. Les images valent mille mots. Et on trouve certains de ces modèles ici dans les magasins du Québec. Mes préjugés avant de voir la vidéo:

Master Lock: plus de notoriété que de qualité.

BBB: imprévisible du côté des antivols. J'aime plusieurs de leurs autres produits, mais il reste à voir si les voleurs aiment leur U.

Abus: les prix demandés par Abus sont élevés, et comment être sûr que c'est justifié? Vous en saurez un peu plus après avoir vu ces images. J'étais particulièrement curieux de voir la résistance du modèle qu'on voit à la minute 6:30, parce que je ne suis pas familier avec cette nouvelle génération d'antivols.




Au cas où le bassiste Marcus Miller aurait échappé à votre radar.




vendredi 5 février 2016

LE PLAISIR ET LA LIBERTÉ.






Si vous aviez besoin d'une nouvelle preuve que Falardeau est à l'avant-garde dans le monde du vélo, malgré le fait que l'entreprise fête cette année son centième anniversaire de naissance, la voici. En effet, Bicycles Falardeau a été la première entreprise à passer une commande chez Cycles Lambert après la refonte de son site internet. Pour ceux qui ne le sauraient pas, Cycles Lambert est un des plus gros distributeurs de vélos, pièces et accessoires de vélo du Canada, d'une Mare à l'Autre. Vous pouvez visiter ce nouveau site au:
https://www.cycleslambert.com/default.aspx
Vous pouvez admirer sur la photo ci-dessus une (petite) partie de l'équipe de Cycles Lambert, dont la maison-mère est située à Lévis, tout près de chez Bicycles Falardeau dont la maison-mère (et presque toutes les autres maisons) est située au centre-ville de Québec. La boîte qu'on voit sur la photo est maintenant à côté de moi alors que j'écris ceci.




J'ai reçu un courriel la semaine dernière:


Bonjour Monsieur Trépanier,


Je voulais vous demander si vous aviez de l’inventaire sur vos vélos carbone de course ? Ultegra ou même Dura Ace, il faudrait bien que j’essaie ce dernier un de ces jours !    Un alu qui aurait le même confort et feeling sur des distances de 100km et + pourrait aussi être intéressant. Je crois que l’alu est de retour en force non ?  Je me cherche quelque chose de « nerveux » et plaisant à piloter.

Passez une belle fin de semaine. Au plaisir d’en discuter.

Bien à vous.


Et voici ma réponse:


Il me reste des cadres en alu de différentes tailles. Un peu moins doux que les cadres en carbone, un peu plus viril, mais pas trop, car ce sont des triple butted de 1.37 kg, donc raisonnablement sophistiqués et pas beaucoup  plus pesant qu'un carbone. Et beaucoup moins cher.

Combien mesurez-vous? J'ai probablement votre taille en stock.

Je serais prudent avant de dire que l'alu fait un retour en force. La fibre de carbone a un pouvoir de fascination sur le public en général, et ça ne semble pas près de s'estomper. En plus d'un avantage de légèreté, sauf exceptions. Mais lorsque le budget est davantage mis sur le cadre, le niveau de pièces en pâti et pour le même prix, au final, ça vaudrait la peine de voir si le cadre alu ne serait pas plus léger une fois habillé avec des pièces qui seraient forcément supérieures, à prix égal.

Nerveux et plaisant à piloter, l'alu? Oui, mais ce ne seront pas les mêmes sensations. Il y a trop de différences sur le fondamental: la matière. À prix égal, je préfèrerais la fibre de carbone, mais voilà, ce n'est pas le même prix. Mais l'alu donne quand même des sensations agréables, à mon avis. Quoique là, ça dépend beaucoup de quel cadre on parle. Les cadres en alu sont-ils tous pareils? Et les cadres carbone, eux? Poser la question, c'est y répondre.

Finalement, il faut voir combien de kilomètres annuels seront faits avec cette machine. À mon humble avis, on peut difficilement justifier de payer 3000$ pour un vélo qui fera 1000 kms dans l'année. Personnellement, avec le peu de kms que j'ai fait ces deux dernières années, je me vois mal investir dans un carbone monocoque à l'avenir, si je n'avais plus le mien. Je préfère un vélo polyvalent chaussé 700 x 28 qui me permet de tout faire, ou presque. Un alu 700 x 23 avec des pièces moyenne-gamme et un pédalier léger me contenterait, à condition d'avoir des jantes légères. De toutes façons, mes amis-es sont souvent plus forts que moi, peu importe le vélo. Normal, ce sont des (relatives) jeunesses.




Entre Saint-Antoine-de-Tilly et Saint-Nicolas, le long de la route 132. Janvier 2016.

La réponse du client:

Merci beaucoup Monsieur Trépanier.

Je mesure maintenant 178cm (je dis maintenant, car je crois avoir rapetissé de 2 cm depuis mon quarantenaire!)
Je fais osciller la balance entre 75 et 80 kgs selon où j’en suis dans ma saison vinicole.
Lorsque possible, je préfère les positionnements plus « agressifs » avec un plus grand delta entre la hauteur de selle et du guidon.

Il est vrai que je n’ai pas pensé à mon budget. Je ne veux pas mettre trop d'écus car selon moi, il n’est pas nécessaire de payer cher pour avoir du plaisir à rouler, peu importe comment on roule. Et je ne suis certainement pas un champion du monde.

J’ai déjà absorbé du capital dans un Look 566 2011 en Ultegra 10vit et un Felt DA3 de triathlon en Red 10vit.  Je vais essayer le Evo single speed.  Ma femme dirait que je suis à un autre vélo d’une procédure de divorce ! J

Si vous aviez un vélo en alu, relativement léger, racé, avec de bonnes composantes et au meilleur prix possible,  je serais intéressé.  Je n’ai jamais essayé le Dura Ace, mon budget ne me le permettant pas. Je ne crois pas que je verrais une différence bien honnêtement. Qu’en pensez-vous ? 

Il m’importe aussi qu’il soit « exotique » et c’est pour cela que je pense à Falardeau. J’aime bien être différent.
Je crois bien vendre le 566 par la suite.

Je roule environ 3,000 à 4,000 kms par année, mais une partie sur mes rouleaux.

Je roule pour aller au boulot mais aussi pour m’entraîner à des cyclo-sportives, triathlons (toutes distances).

J’ai en tête d’y mettre les roues EIS S9 en carbone (profil 40mm) et garderai les roues d'origine pour les rouleaux et les débuts/fins de saisons quand la route est moins « propre ».

C’est un mode de vie et je suis à la recherche d’un vélo qui le fera transparaître. Il doit donc me ressembler un peu j’imagine…

J’aimerais pouvoir démontrer, en toute humilité, à bien des cyclistes qu’il n’est pas nécessaire de mettre des milliers de dollars sur une bécane. Ce sont les jambes et le cœur du moteur qui comptent selon moi.  Mais avant tout, le plaisir et la liberté que rouler procurent. J’ai l’impression que Falardeau rime un peu avec tout cela.



Ma dernière réponse:


J'ai un cadre en alu de la bonne grandeur pour une personne de 1.78 m. Une possibilité serait de ne changer que cadre du Look pour conserver les pièces, qui sont probablement très correctes.

Avantage: le coût diminue beaucoup, et on voit une différence considérable dans le vélo car le changement de cadre provoque un changement important dans les sensations.

Désavantage: la revente d'un cadre est moins facile que la revente d'un vélo complet, même si le coût en est moindre.

Petite parenthèse sur les pièces Shimano Dura-Ace, le haut de la gamme. L'élément que j'aime le plus, ce sont les leviers freins/vitesses. L'action de ces leviers est remarquable au niveau des sensations. Le reste, à mes yeux, se démarque moins, quoique certains lecteurs sont plus familiers que moi. En tout cas, Ultegra est et restera un bon rapport qualité-prix.

Reste à voir lequel des deux cadres vous préférez, et ça, c'est impossible à dire sans les essayer tous les deux. Je n'ai pas essayé ce cadre Look et ce que je peux en dire est purement spéculatif, mais je le dis quand même. Il est possible que ce cadre Look soit typé très course, pour combler les attentes d'une clientèle aux qualités athlétiques confirmées. Donc prête à faire des compromis sur le confort, dans le but d'avoir une machine plus agressive, répondant à toutes les sollicitations lorsque la soupe devient chaude. Mais j'insiste, je dis ça sans l'avoir essayé. Et si je le dis, c'est que je sais qu'il y a eu de tels cadres chez Look dans le passé. Pas surprenant, la culture de l'entreprise chez Look est très axée sur le sport. Et pour moi, ce n'est pas un défaut, c'est plutôt une caractéristique. On aime ou on n'aime pas.

Le cadre Falardeau Alu9 n'est pas de ce genre. Je l'aime assez pour m'en acheter un pour mon usage personnel, mais faut voir quelles sont les attentes. Et il faut comprendre que le cadre de l'Alu9 coûte à peu près quatre fois moins cher que le cadre du Look 566, alors un cycliste habitué aux sensations du Look pourrait être déçu. Le prix ne fait pas foi de tout, mais...

En fait, j'ai ma petite idée sur ce qui serait l'ajout idéal à une écurie comme la vôtre. Gardons un peu de suspense, je vous le montrerai quand on se rencontrera.







La semaine dernière, je vous parlais de mes outils préférés. Évidemment, ce choix varie d'un mécano à l'autre. Un ami m'a fait part de la vidéo ci-dessus, qui montre d'autres outils très valables. Ces pros aiment des outils visiblement de haute gamme, et je peux comprendre. Un acier de meilleure qualité produit des outils plus durables, et ce n'est pas un détail car lorsqu'on s'en sert tous les jours, le vieillissement peut apparaître rapidement.

Dans un autre ordre d'idée, vendredi prochain le 12 février, c'est la Journée Internationale Vélo-Boulot d'Hiver à Québec. Rendez-vous à 7:45 heures AM. Si vous ne pouvez pas être là, inscrivez-vous quand même au winterbiketoworkday.org

Détails sur velurbaniste.com/winterbiketoworkday



Je n'écoute pas beaucoup de musique classique ces temps-ci. J'aime bien lorsque les compositeurs sont encore vivants, et aussi quand la modernité est présente d'une façon ou d'une autre. Mais quand j'ai entendu Prokofiev l'autre jour, j'ai reconnu là un esprit qui me rejoint plus.

J'hésitais entre deux exemples de sa musique. Qu'à cela ne tienne, je vous mets les deux. Le second est plus long, et contient des changements d'ambiance marqués.





vendredi 29 janvier 2016

MES OUTILS PRÉFÉRÉS.





Un Falardeau Alu9 en version cyclotouriste. Tout est neuf, sauf la selle et les pédales.



Chaque mécanicien de vélo (ou de toute autre chose) a ses outils préférés, sûrement. J'ai pensé vous montrer les miens.

Il y a plusieurs raisons d'aimer particulièrement un outil. Il peut nous faire sauver du temps, ou nous permettre de faire quelque chose qu'on ne peut faire sans lui,  il peut être agréable à utiliser, il peut même être agréable à regarder ou à toucher à cause du métal utilisé ou de la finition de l'objet.



1- Un étau. Comment s'en passer si on travaille souvent sur des vélos? Il me manquerait, pas de doute. Il fait pratiquement figure d'assistant. Ça permet de stabiliser toutes sortes d'objets, y compris d'autres outils comme les extracteurs de roue libre vissée. On s'en sert pour ajuster des roulements de moyeux, pour retirer les pédales d'un pédalier qui n'est pas sur le vélo et bien d'autres choses. J'y installe habituellement mon gabarit de dévoilage Park TS-2.2.

2- La presse à cuvettes de direction. Je pourrais m'en passer en utilisant une longue tige filetée, avec deux écrous et un jeu de rondelles adéquates. Mais je pose des dizaines de fourche à chaque année, et ça vaut vraiment la peine de se procurer cet outil. En prime j'aime voir les cuvettes rentrer dans le cadre progressivement à mesure que je tourne l'outil pour lui faire faire son travail. Accessoirement, cet outil a deux compagnons précieux: le guide de coupe pour la colonne de la fourche (comme le Park SG-6) et le poinçon à écrou étoilé (comme le Park TNS-15). Ces trois outils combinés vous permettront de travailler comme un pro, mais à vous de décider si vos besoins justifient cette dépense.

3- Clés à rochet. J'aurais dû connaître ces clés avant. Elles permettent de sauver du temps. Le gars ou la fille qui a inventé ça mérite une médaille. Ou une pile de cash.

4- Les longues clés hexagonales (Allen, comme les Park PH). On peut s'en passer mais... à ce prix-là ça ne vaut tout simplement pas la peine. Il y a des usages où d'autres clés hexagonales conviennent mieux, mais j'utilise les miennes souvent. La 4 mm, ainsi que la 5 et la 6. J'aime aussi beaucoup la clé hexagonale 5 mm au manche orange que vous voyez sur la photo, elle me permet de serrer au maximum lorsque c'est nécessaire. Mention spéciale pour les E-Force T-Tool de la marque EVO qui semble intéressants, quoique je ne les ai pas essayés personnellement. Toutes les clés hexagonales que je décris dans ce paragraphe sont des outils abordables dont il ne vaut pas la peine de se priver si on travaille souvent sur des vélos.

5- Pour dévoiler les roues, certains aiment les clés à rayons comme les Park SW. Moi je préfère la clé à rayon ronde à plusieurs dimensions, surtout à cause de sa tenue en main. Smart Tool fait une clé à rayon ronde de couleur noire dont les créneaux sont bien coupés et donc très précis, et c'est bon marché.

6- Le gabarit de dévoilage de roues Park TS-2.2. C'est un référence de l'industrie, un modèle très populaire dans les ateliers professionnels. Difficile de s'en passer quand on pris l'habitude de s'en servir. Mauvaise nouvelle: les mécanos amateurs hésiteront devant la facture.





Quelque part en Beauce, dans les Appalaches.


J'ai reçu le courriel suivant dimanche dernier, d'un ami qui roule régulièrement avec moi, mais qui n'est pas encore habitué de rouler à vélo en plein hiver.

Lorsque je suis sorti pour aller chercher du café ce matin, j'étais frigorifié à la simple marche de chez moi au dépanneur...

Je suis très frileux...parfois. Surtout en pleine lune. Donc je ne viendrai pas rouler avec vous en ce beau dimanche.


Voici ma réponse:


Ah là, pour la lune, je ne peux rien y faire. Sinon voici mes trucs pour ces sorties récréatives qui durent au moins trois heures ces dimanches-ci.

  • ​Ce n'est pas un hasard si elles commencent habituellement à midi. Il fait froid à 8:00 heures? On s'en fout, ce sera différent à midi et à 14 heures. Hier, il faisait moins 7 degrés Celsius à 10 heures et moins 4 à l'heure du départ. Et à 8:00 heures, tu peux être sûr qu'il faisait plus froid que moins 7.
  • Ne jamais se fier aux chiffres de météo officielle. L'autre matin, la radio me disait qu'il faisait moins 7 pendant que mon thermomètre extérieur me donnait moins 1.6 degrés. L'écart habituel le plus typique est d'à peu près trois degrés. D'après moi, il y a deux raisons à ça. La station météo officielle pour la Ville de Québec est à l'aéroport, qui est situé dans la banlieue nord de la ville, à une altitude autre que celle du centre-ville où je me trouve. Aussi, si je prends l'information à 8:30 heures, on me donne la température qu'il y avait à 8:00 heures. Donc, autre temps, autre lieu, cette information est inexacte et peut contribuer à me démotiver.
  • Je ne m'occupe pas du facteur éolien. Parce que je ne sors pas avec la peau à découvert. Et parce que je n'ai pas toujours le vent de face. Les méchantes langues disent que ça a été inventé par des médias en mal de sensationnel.
  • La température que nous avons eu hier, finalement, était à peu près la même que celle que nous avons eu ensemble, une semaine auparavant. Et que tu avais trouvé très tolérable, si mon souvenir est bon. 
  • Tu es frileux? Il y a des vêtements pour ça. Et de la nourriture. Étais-tu habillé adéquatement quand tu es allé chercher le café? Si ta mère t'avait vu sortir habillé comme ça, aurait-elle insisté pour que tu t'habilles plus? Avec raison? Je sais que tu n'as plus l'âge pour que ta mère te dise quoi faire, quoique parfois... 
  • Mon expérience me dit qu'il ne faut pas prendre ces décisions sur une base émotionnelle et subjective. Je regarde le thermomètre, je m'habille en conséquence et je sors. C'est tout. Comme dirait Nike: Juste fais-le.
  • J'ai ma limite aussi, il faut la connaître. Pas de sorties récréatives en bas de moins onze ou douze, même si j'en ai fait des longues à moins dix, sans en souffrir, au contraire. Pour l'utilitaire sur courte distance, je préfère encore être à vélo à moins douze. Plus froid, je marche. 
  • Danny De Longchamps, ex-coureur pro, me disait que l'été, il mettait l'accent sur le sel, et l'hiver il insistait sur le sucre. Et j'ai remarqué que le soir, à la fin de ma journée de travail, je suis plus frileux puisque je n'ai pas encore soupé. Avant les longues sorties récréatives, hiver comme été, je mange un solide repas, généreux à tous points de vue (sauf en gras). Ce n'est pas un problème, de toutes façons on ne part pas sur les chapeaux de roue et on ne roule pas à un rythme de coureurs. Chacun trouve ses marques, ce qui fonctionne pour lui. 
À dimanche!

Paul.


C'est un hiver doux à Québec. Cette photo a été prise le 24 décembre 2015 alors que le mercure bien au-dessus de 0 degrés provoquait une brume à certains endroits. Nous sommes en-dessous de 0 degrés la plupart du temps, mais rien d'extrême, surtout quand on compare aux deux derniers hivers. Ça paraît beaucoup sur la facture de chauffage, croyez-moi.



Le cadre est maintenant bleu et noir. La selle aussi, la tige de selle et même le garde-boue arrière. Un porte-bouteille bleu, l'autre noir. On pourrait penser que tout ça a été longuement planifié, ou que ça a coûté cher, mias non, c'est plutôt l'inverse. Et le résultat me plaît bien, je sais pas pour vous.



Publié sur bicycleretailerandindustrynews.com cette semaine, avis aux intéressés:


   St. LAURENT, Quebec - Guru Cycles' assets, including its trademarks and manufacturing equipment, will be auctioned next month. The company told its dealers in December that it was hoping to reorganize after incurring unmanageable debts stemming from a factory move early last year. Owner Ted Matthews told BRAIN this week that attempts to line up an investor were unsuccessful. Guru's remaining staff was let go this week. The company has sold off most of its remaining inventory. Assets that will be auctioned include Guru model name trademarks (but not the Guru name, which is owned by Dorel), and factory and office equipment including a paint booth.


Un classique, revisité par un chanteur parmi les mieux cotés, Kurt Elling. 

vendredi 8 janvier 2016

DE L'ÉNERGIE, DE L'ENTHOUSIASME ET...








Bonne Année 2016 à tous mes lecteurs. Comme Catherine Perrin, je vous souhaite de l'énergie, de l'enthousiasme et... c'était quoi l'autre chose? Je ne m'en rappelle plus, mais ça faisait changement des souhaits habituels.





L'endroit est magnifique en été. La neige étant ce qu'elle est, ce n'est pas moins beau en hiver. Un ami m'a même suggéré d'aller voir si le fait d'y aller avec un vélo approprié serait une bonne idée. Nous nous sommes donc rendus sur place, quelque part au sud-ouest de Sainte-Marie-de-Beauce, pas très loin de la Ville de Québec.

L'idée était d'évaluer le terrain, voir si les routes sont entretenues et, si oui, à quel point. Pas les sentiers, mais pas non plus les routes passantes qui sont utilisées par les automobilistes dans leurs déplacements courants entre villes et villages. Au Québec, on appelle ça des rangs, petites routes plus ou moins larges et peu fréquentées. En Beauce (la Beauce québécoise), il y en a beaucoup de ces petits chemins où on rencontre une voiture aux vingt minutes et il n'y a souvent même pas de maisons. Que des chalets et/ou des érablières.




Le verdict, c'est que ça semble très possible. Mais pas avec les même pneus que j'utilise en été dans cette région, qui n'ont que 28 mm de large. Non, il faudrait plutôt des pneus de vélo tout-terrain, autour de deux pouces. On pourrait aussi prendre un vélo gras (aka fat bike), mais j'aurais peur d'avoir quelque chose d'excessif et un peu lourdaud, car il y a peu de terrain plat par là-bas. Je suis bien prêt à l'essayer, mais je suis sceptique.

Non, je me verrais plutôt avec un vélo de montagne classique, avec des manettes de type thumbshifter,  étant donné l'énormité de mes mitaines, qu'on appelle mouffles en France, si je ne m'abuse. J'ai les mains au chaud même par -10 deg. Celsius, mais pour la motricité fine, non, je n'en ai pas.



Comme vous pouvez le voir sur les photos, le décor est féerique. L'atmosphère est très paisible, les sons sont un peu étouffés par la neige et le sol est texturé par la neige omniprésente. En roulant en vélo sur la neige, je le sais par expérience, on lit le terrain constamment, et la route est une suite de sensations changeantes et sans fin.

Certains chemins ne sont pas entretenus en hiver, les plus petits, ceux où il n'y a pas de résidences. Pas surprenant, de toute façon c'est plutôt un univers pour les motoneiges et les déplacements silencieux tels que la raquette. Mais avec les routes entretenues, il y aurait largement de quoi passer de longs moments à explorer et savourer. Quitte à faire demi-tour à certains endroits où, en été, on pourrait changer de route pour faire une boucle. Pas grave.

Il ne me reste donc qu'à me procurer un vélo approprié, puisque je n'ai rien dans mon écurie qui soit vraiment adéquat. Quitte à le revendre promptement à la fin de l'hiver si je ne compte pas continuer l'expérience l'hiver prochain.

Mais pourquoi, me direz-vous, ne pas faire plutôt du ski ou de la raquette ou tout autre sport typique de l'hiver? Parce que, d'un côté, il est fréquent que la neige se fasse attendre en début d'hiver, du moins en quantité suffisante pour que la marche soit impossible et que le ski soit faisable sans abîmer son équipement. Et d'un autre côté, le fait de rouler bien équipé dans un tel environnement me paraît très attirant. Je pense que les photos sont éloquentes à ce sujet. Surtout qu'il y a vraiment très peu de voitures qui circulent là.



Si vous pouvez comprendre le commentateur, dans la vidéo ci-dessous qui est en anglais, vous pourriez apprendre des choses, ou à tout le moins faire évoluer votre opinion sur certains aspects de votre vélo. Quelques petits commentaires personnels:

  • Lorsqu'il suggère de nettoyer sa chaîne régulièrement, il ne veut pas dire une fois par année. Si vous voulez une chaîne propre, vous n'aurez pas le choix, vous devrez le faire souvent. Sinon, sa suggestion de lubrification semble plus être axée sur un entretien de la souplesse de la chaîne plutôt qu'une lubrification des surfaces de contact de la chaîne avec les pignons et plateaux.
  • Lorsqu'il suggère une pression de 90 ou 100 psi pour vos pneus, il parle évidemment de pneus de dimension 700 x 23, le standard des vélos de route/course modernes. Certains utilisateurs de ce genre de vélos ne jurent que par des pressions élevées, typiquement entre 120 et 140 psi. Ces derniers ayant comme argument qu'ainsi le vélo sera plus rapide. Mais à quel point? Je n'ai jamais vu de chiffres là-dessus, mais je soupçonne qu'il s'agirait de micro-différences insuffisantes pour justifier les inconvénients liés à une telle pratique. Tout au plus, les cyclistes les plus lourds, ou ceux qui sont confrontés à des enjeux passablement plus sérieux que les miens... Je me contente de 115 psi sur un tel vélo, et ça ne m'angoisse pas de savoir que dans deux semaines il y en aura moins.
  • Il y a une décision à prendre quant à la qualité des outils que vous achetez. Si on regarde l'acier utilisé dans la confection d'outils tels que ceux de la marque asiatique Li Fu, on voit bien que l'espérance de vie est moindre que celle de certaines marques dont les outils sont nettement plus dispendieux. Vous devez donc choisir, en vous basant entre autres choses sur la fréquence d'utilisation. Si vous optez pour un outil économique, après un certain temps, vous aurez peut-être intérêt à vous en procurer un neuf à cause de l'usure qu'il aura subi. Par contre, certains outils servent peu dans la vie d'un mécano amateur et peuvent se contenter d'une qualité moindre. Il en va autrement dans le cas d'un atelier professionnel, et à plus forte raison si plusieurs personnes utilisent le même outil. 








Je suis heureux que le vélo soit positif pour l'environnement. Par contre, si je suis honnête avec moi-même, je dois admettre que ce n'est pas la raison première qui me pousse à me déplacer en vélo presque tous les jours.

L'indépendance, le plaisir, l'air frais, le mouvement, l'exercice, voilà mes principales raisons depuis le début. L'économie, la capacité d'entretenir ma machine aussi. Bien sûr, je ne suis pas indifférent à la question de l'environnement, il faudrait être vraiment ignorant pour ça.

L'article suivant, publié dans le journal britannique The Guardian, nous parle des prédictions du scientifique britannique James Lovelock, qui a déjà eu du succès à prédire à long terme l'évolution de la situation.


http://www.theguardian.com/theguardian/2008/mar/01/scienceofclimatechange.climatechange


Est-ce que je suis surpris de ce que j'ai lu dans cet article? Non. Disons qu'il ne fait que confirmer mes impressions, sur lesquelles je ne pouvais pas mettre de chiffres comme il le fait.

Je ne me hasarderai pas à commenter cet article. Mon point de vue de profane n'ajouterait pas grand-chose et vous êtes parfaitement capable de vous faire une opinion sans moi. Je me contenterai de dire que je risque de me rappeler longtemps du contenu de ces quelques paragraphes. Et si le personnage et sa pensée vous intéresse, vous pourrez facilement trouver des choses intéressantes sur youtube.com en tapant une recherche "James Lovelock". Comme par exemple, ceci, qui a probablement été diffusé à la télévision anglophone de Radio-Canada:





C'est maintenant officiel, la compagnie québécoise de vélos Guru a déclaré faillite le 21 décembre 2015. Spécialisée dans les vélos de route de haut-de-gamme, la marque subissait entre autres choses les effets de ce marché particulièrement difficile, où la compétition est féroce. Non seulement entre les marques, mais aussi entre les détaillants, physiques ou virtuels. Même si ce n'est pas là la seule cause de leurs malheurs.

Depuis 2012, la marque était devenu la propriété de la compagnie montréalaise Dorel, qui s'est investie lourdement dans le vélo ces dernières années par l'acquisition de Cannondale, Sugoi et Caloi, entre autres choses. Dorel fait partie des créanciers de Guru en ce moment, et il sera intéressant de voir si Dorel va ressusciter le nom. Si c'est le cas, il y a fort à parier que la culture d'entreprise va changer, car la tradition de fabrication locale était bien implantée chez Guru, ce qui n'est pas le cas de Dorel.


Justin Kauflin: "For Clark"

vendredi 18 décembre 2015

IL Y A 90 ANS.





Dans le secteur du Lac des Roches, au nord de la Ville de Québec, 6 décembre 2015.



J'écris ceci à l'heure où la première blancheur de l'hiver persiste au sol. Ce que Juliette m'a raconté confirme ce que Duke Ellington sait depuis longtemps: les choses ne sont plus ce qu'elles étaient.

Elle est née en 1918, et se rappelle de son enfance à Saint-Raymond-de-Portneuf. Il s'agit d'un village au nord-ouest de Québec qui s'est développé à partir des années 1820. Il est situé à environ 60 kms de Québec et a maintenant le statut de ville. Les hommes qui ont fondé le village, au 19ème siècle, s'y sont installés pour récolter le bois qui y était abondant, et très important pour la construction de la flotte des navires anglais, entre autres choses.

 À ce temps-ci de l'année, les cyclistes hivernaux de Québec donnent leurs premiers tours de roues avec leur monture d'hiver. Ce serait très différent s'ils étaient transportés à Saint-Raymond il y a cent ans, car il n'y avait pas d'entretien de la voie publique en hiver à cette époque-là. Pas de sel pour faire fondre la glace, pas de déneigeuse pour déblayer la neige fraîchement tombée.




Ce qu'il y avait, c'était des voitures tirées par des chevaux, et leurs skis ou leurs patins écrasaient la neige et faisaient en sorte que l'accumulation de neige n'augmente pas de façon excessive dans les rues. Et la neige, il y en avait beaucoup, donc pas question de sortir son vélo durant l'hiver.

Autre petit détail qui a son importance, les routes et les rues n'étaient pas asphaltées à cette époque-là. Et si ça ne posait pas de problème en hiver, je vous laisse imaginer ce à quoi ça pouvait ressembler quand le printemps arrivait! La boue envahissait les rues et il ne fallait pas s'habiller trop chic si on voulait traverser la rue à pied... En fait, même la route pour aller à Québec n'était pas asphaltée, et on n'y allait pas sans avoir de bonnes raisons.

L'épicerie était à deux cents mètres de chez Juliette, et on y allait à pied. C'était normal. À moins qu'elle ait oublié que la voiture à cheval de la famille de six enfants était utilisée parfois pour faire les achats les plus gros. Car son père avait une voiture à cheval qui était utilisée pour transporter la production de son usine de produits du bois jusqu'à la station de chemin de fer pour l'expédier partout au Québec, de la Gaspésie et la Côte-Nord, jusqu'en Abitibi.

Donc, pas de vélo en hiver, et pas de vélo au printemps. Je crois bien que j'aurais apprécié les chevaux, si j'avais vécu à cette époque-là. Elle me dit qu'il n'y avait tout simplement pas de vélos à Saint-Raymond durant sa jeunesse, mais les patins à roulettes étaient très appréciés des enfants qui les utilisaient sur les trottoirs qui étaient en bois ou en ciment.


Mon Falardeau d'hiver, au-dessus de la Rivière Saint-Charles.


Et si, à l'époque, j'avais été un bon client pour les vendeurs de chevaux, j'aurais peut-être fait affaire avec Jean-José Plamondon, qui était maquignon. Vous connaissez Jean-José? Moi non plus. C'était le père de Luc Plamondon qui a composé tant de chansons très connues (Diane Dufresne, Starmania, Céline Dion, etc.). Il semble par contre que les maquignons avaient souvent des différents avec leurs clients, car ce M. Plamondon était un client régulier de l'avocat Pierre Letarte qui a marié la soeur de Juliette, Yvonne. Cette dernière m'a d'ailleurs raconté avoir de très bons souvenirs d'avoir fait du vélo pour se déplacer pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il n'y avait pas qu'en France où le carburant était rationné, c'était également le cas au Canada.

Les avocats de l'époque avaient eux aussi une réputation controversée. Une réputation d'être des voleurs, pour tout dire. Les professeurs,eux, avait la réputation d'être des pauvres, ce qui était possiblement mérité dans ce temps-là. Barthélémy, le père de Juliette et Yvonne, avait interdit à ses filles de marier un avocat ou un professeur pour ces raisons. Devinez ce qu'elles ont fait? Vous savez déjà qu'Yvonne a marié un avocat, et Juliette a marié un professeur. Et ni l'un ni l'autre ne s'est révélé être particulièrement voleur ou pauvre.

Barthélémy, au début du vingtième siècle, a été propriétaire d'un magasin général à Saint-Raymond. On y vendait de tout, ou presque. Mais pas de vélos, probablement à cause de la trop faible demande. On y vendait pourtant de la quincaillerie, et j'ai connu une époque où il était courant pour les quincaillers de vendre des vélos. Non, on y vendait des fruits et légumes, des cercueils de fabrication locale et on y trouvait même une chapelière qui officiait sur place. Il s'est départi de cette entreprise pour se tourner vers la production de pièces de bois telles que les manches de hache, de balai, de lavette, etc.




Juliette a souvenir d'un homme qui allait travailler en vélo à tous les jours à Chute-Panet, à quelques petits kilomètres à l'ouest de Saint-Raymond. Un hurluberlu? Non. Même s'il était inhabituel qu'un travailleur se déplace de cette façon à Saint-Raymond, il avait plutôt la réputation d'être un homme tranquille, le genre dont on dit qu'il "fait sa p'tite affaire".


Et maintenant, la Ville de Saint-Raymond est un peu devenue une ville de vélo, à la belle saison, parce que la voie ferrée a été transformée en piste cyclable. Les gens viennent de Québec et s'y arrêtent pour faire une pause et profitent de ses différents restaurants. Ceux qui le veulent peuvent continuer jusqu'à Rivière-à-Pierre qui est et restera toujours un petit village, le dernier avant La Tuque et le Lac Saint-Jean beaucoup plus au nord. Un petit village, à moins qu'on y trouve du pétrole, chose improbable et que je ne lui souhaite pas.




Le pneu a attendu que je retire la punaise pour se dégonfler...



Si la Ville de Québec vous intéresse, lisez ceci, on y parle de l'annonce faite par la municipalité sur ses intentions face au réseau cyclable local.

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/transports/201512/08/01-4928987-9-millions-pour-raccorder-le-reseau-cyclable-de-quebec.php


Un Fat Bike vendu avec une notice paradoxale: WARNING  This bicycle is not designed for off-road use...
En cas de poursuite judiciaire contre la compagnie de vélo, une notice comme celle-là tiendrait-elle la route? Regardez son pneu avant, en bas à droite dans la photo. Avec un pneu comme ça, il est conçu pour quoi exactement ce vélo?





Ça vaut le détour. Une autre sorte de Championnat d'Europe, la sorte que personne ne veut gagner. Relayé par velomag.com et David Desjardins.

Essayez de regarder ça sans rire.









Les cyclistes, souvent, ne soupçonnent pas à quel point leur vélo est en mauvais état. À gauche, vous pouvez voir une couronne de billes de direction toute neuve. À droite, il s'agit d'une couronne jadis identique, que j'ai retiré d'un vélo cette semaine. Le vélo en question avait tellement été exposé à la pluie la nuit, au repos, que la potence contenait une quantité d'eau non négligeable.Heureusement qu'elle était en aluminium, sinon elle aurait pu rouiller sournoisement, par l'intérieur.





La compagnie montréalaise Guru a connu une année 2015 difficile. Un déménagement coûteux qui a nui à sa capacité de production l'a obligé à ouvrir un dialogue avec ses banquiers. Le magazine Bicycle Retailer and Industry News a rapporté la nouvelle, à laquelle un lecteur, également détaillant de vélo, a réagi:

Douglas Baumgarten · 

This is unfortunate, but not unexpected. As a Guru dealer, I appreciate what the company does to maintain quality and develop wonderful bicycles -- for a small company, they try very hard to keep up with the latest tech...building some super light carbon frames and nice triathlon frames. The problem is simple - price competitiveness. Guru has done their best to develop a few non-custom frames, but they just can't compete on price with the big boys who churn out Chinese frames by the thousands. And the current market is nothing if not price-conscious...we have trouble selling anything that costs a little more, regardless of quality (unless it's seen under the butts of numerous pro riders). I hope they will survive, but the market trends are inexorable.



Tiré du documentaire sur le studio Muscle Shoals, en Alabama, la chanteuse Alicia Keys.




lundi 23 novembre 2015

À PROPOS DES SOUDURES.







Le fleuve Saint-Laurent à Québec, vu de Lévis, novembre 2015.


Si vous avez le souci de ce que vous respirez lors de vos déplacements urbains, vous trouverez intéressante cette expérience qui a été menée à Hong Kong, qui, comme beaucoup d'autres grandes villes asiatiques, n'est pas qu'un jardin de roses.

Simplement, on a fait trois équipes de deux personnes, chacune équipée d'un sac à dos muni d'un système de détection des particules polluantes en suspension dans l'air. Il s'agissait d'un parcours prédéterminé, point A à point B.

Une équipe partait en taxi, une autre utilisait un cocktail de transports en communs incluant le métro, et la dernière marchait. Quelle équipe a enregistré le plus de polluants?

On pourrait penser que les marcheurs ont subi davantage, mais ce n'est pas le cas. Au contraire, car ils ont pu emprunter les rues secondaires, qui sont celles où il y a le moins de voitures, donc de moteurs actifs. Et ce sont ceux qui se déplaçaient en taxi qui ont enregistré le plus de particules, étant donné leur parcours concentré sur les grands axes.

Une raison de plus pour établir le parcours cyclable est-ouest de la haute-ville de Québec ailleurs que sur le boulevard René-Lévesque, pour ceux que ça concerne. Quoique René-Lévesque a des progrès à faire avant de devenir aussi pollué que Hong Kong même si René Lévesque, le vrai, de son vivant, fumait comme une cheminée. Il voulait un Québec indépendant, mais lui-même était plutôt dépendant...


Si vous habitez dans la Ville de Québec, le www.velurbaniste.com nous transmet des nouvelles concernant le réseau cyclable. Vous pouvez consulter le:  http://velurbaniste.com/2015/10/21/bilan-des-12-chantiers-cyclables-de-2015/

Il soulève également une aberration du réseau cyclable, la fermeture des pistes et bandes le 31 octobre à chaque année. Je dis fermeture avec des guillemets, parce que ça concerne surtout des axes où le stationnement est permis à partir de cette date, jusqu'au printemps suivant.
http://ici.radio-canada.ca/regions/quebec/2015/10/30/003-pistes-cyclables-entretien-ville-quebec-usager-route.shtml

Dans l'article ci-dessus, on peut voir des photos qui permettent à ceux qui ne sont pas familiers avec Québec de constater qu'à part le froid, qui n'est pas un véritable obstacle en soi, rien n'empêche de circuler en vélo de façon sécuritaire et agréable. En novembre, ici, la température maximum se maintient généralement entre 0 et 10 degrés Celsius, sauf exceptions. Et les accumulations de neige au sol sont rares, et rarement durables.

En ce qui concerne le maire de Québec, Régis Labeaume, il a déclaré qu'il allait voir à combien s'élèveraient les coûts additionnels occasionnés par cette extension de la saison cycliste. Des fois que le stade municipal aurait avalé tout le budget disponible. Si vous ne le connaissez pas, le voici dans une conférence de presse au stade en question. Ceux qui ne sont pas familiers avec l'accent et l'humour du Québec vont peut-être s'y perdre mais tant pis, faut c'que faut! Et si vous ne connaissez pas le maire Labeaume, c'est celui qui fait la promotion du funiculaire au début.




Ceux qui ont lu mon message précédent auront appris que certains réfugiés souhaitant se rendre en Europe arrive par la Russie, et n'ont pas le droit de traverser à pied. Ils choisissent donc le vélo dans beaucoup de cas. Qu'adviendra-t-il de tous ces vélos russes qui aboutissent en Norvège?

http://www.theguardian.com/world/2015/nov/18/bicycles-syrian-refugees-enter-norway-russia-destroyed


Un commentaire a été laissé par un lecteur au sujet de mon dernier message qui parlait de la fabrication des cadres soudés:

Allons Paul, tu sais très bien qu'un vélo et même un cadre est plus que seulement une question de soudure!

Il a raison: je le sais très bien, même si mon texte pouvait donner l'impression du contraire. La géométrie, les dimensions, le jeu de tubes entre autres choses, ont un impact majeur sur ce qui se passera sur la route. La dynamique, les sensations, le comportement en courbe comptent pour beaucoup dans le résultat final.

En fait, ce n'est pas seulement la soudure elle-même qui est cruciale, mais aussi les conséquences de ce travail de soudure. Si on n'a pas de familiarité avec le métal en général, on peut imaginer facilement que cette chose est figée et sans vie. Mais non seulement les métaux sont malléables, à divers degrés, mais ils réagissent à la chaleur très élevée lors de la soudure. C'est là que je voyais un potentiel de détérioration du cadre, mais avec la réserve qui s'impose à quelqu'un qui, comme moi, ne soude pas personnellement les cadres que je conçois.

D'un travail bâclé peut résulter un mauvais alignement du cadre qui peut lui nuire vraiment. Possiblement aussi une accumulation de stress qui enlève de la vie au cadre.





Le lecteur qui a laissé ce commentaire s'appelle Guillaume Désy. Cycles Golem, c'est lui. Il fabrique des cadres en acier, sur demande, dans la tradition des cadreurs locaux. Petit volume et service personnalisé. 
Nous avons eu une conversation ensemble, lui et moi, la semaine dernière, et c'est frappant de voir à quel point nous sommes d'accord sur un tas de choses concernant les cadres et l'industrie du vélo en général. Je parlais dans l'article d'un artisan québécois qui avait fait dans le passé des cadres décevants mais je ne l'avais pas nommé. Guillaume a deviné de qui il s'agissait, et il n'est pas le seul.
Un résumé en vrac:
  1. Une bonne partie des connaissances dans ce domaine ont un caractère empirique et spéculatif. Il se fait peu de recherche scientifique sur le sujet, parce que ça coûterait cher. Les cadreurs doivent donc expérimenter, supposer et observer tout au long de leur carrière.
  2. L'attitude du cadreur est importante. Combien de cadres a-t-il essayé`et possédé? Est-il curieux, a-t-il l'esprit scientifique, ouvert? Ou, au contraire, borné, satisfait et peu enclin à progresser? Ça peut faire toute la différence
  3. La rigidité extrême n'est pas une qualité, à moins d'en avoir besoin. Et qui en a besoin? Trop, et le cadre est raide. Pas assez, et il pourrait aller jusqu'à vous inquiéter. Elle doit être adaptée à vos besoins et votre gabarit. 
  4. Les soudures n'ont pas tendance à briser. Lorsqu'un cadre cède, c'est ailleurs, le long d'un tube. Et, en général, ceux qui brisent des cadres sont de gros utilisateurs, ou ils ont des habitudes un peu violentes. Il y a des exceptions, mais elles ne sont pas nombreuses.
  5. On voit à Montréal des vélos qui sont passés entre des mains créatives. Les mécanos ou même les cyclistes se permettent toutes sortes d'audaces et de fantaisies dans le mariage des pièces et des cadres. Les vélos qu'on croise dans la Ville de Québec sont généralement plus conservateurs, plus conformes au diktats du marketing de leur époque respective. Ceci dit, nous préférons quand même vivre à Québec, moins grosse, moins étendue. Personnellement, j'aime pouvoir sortir de la ville aussi facilement. Et en plus, les parcours possibles sont vraiment nombreux. 
  6. À l'image des vélos qui y circulent, les boutiques et magasins de vélos de Québec manquent, à notre avis, d'originalité. Ils se contentent de vendre des vélos produits ailleurs, selon la formule classique, sans chercher plus loin. Ils ne réalisent pas l'intérêt qu'il y a à produire sa propre marque, les nombreuses raisons qu'il y a de le faire. Dans la plupart des cas, ceux qui ne vendent pas les vélos des trois géants (Giant, Trek et Specialized) aimeraient bien pouvoir le faire. Ou, comme plan B, les marques commanditaires des équipes professionnelles. Sinon, les marques de second plan sont leur plan C. Faut savoir qu'ici, au Canada, les fabricants ne sont pas intéressés à être représentés dans tous (ou presque) les magasins simultanément, par peur d'une guerre de prix qui serait un problème étant donné les faibles marges de profit sur les vélos neufs. On évite la proximité pour la même marque. La guerre des prix est alors transposée entre marques, on se bat pour des parts de marché, sans amener beaucoup de personnalité, d'individualité. "Nous vendons les meilleurs vélos, nous avons le meilleur service!" Quand tout le monde dit la même chose, qui a raison? Le consommateur doit se faire une opinion lui-même, ou demander à ceux qui en ont une, éclairée si possible...
  7. Les pneus de 28 mm de largeur (700 x 28) sont chouettes. Ne les sous-estimez pas, ils sont un bon compromis entre le confort et la performance et ajoutent de la polyvalence. Les vélos de route/course, équipés de pneus de 23 mm, sont fantastiques. Optimisés, performants, ce sont malheureusement des vélos très spécialisés, pas très polyvalents et plus ou moins à l'aise sur nos routes québécoises moins-que-parfaites. Population restreinte + grand territoire = budget de voirie insuffisant. Vive la gravelle. Ceux qui en parlent en mal, souvent, la connaissent mal.  Vous seriez surpris de voir le nombre d'anciens pros qui aiment la gravelle et les pneus de 28 mm. Andrew Hampsten, Greg LeMond, Bob Roll et Michael Barry, pour ne nommer qu'eux.
  8. Au début, Guillaume et moi étions italianophiles. Plus maintenant. Bien sûr, il se fait de bonnes choses en Italie. Mais si vous faites des affaires avec eux, attendez-vous à en voir de toutes les couleurs. Ce n'est pas propre au monde du vélo. Ce pays, malgré tout son charme, est un peu chaotique. Regardez son système politique, son système juridique, ses scandales d'huile d'olive, ses voitures. Some good ideas, badly put together, disait un commentateur, à propos de certaines de leurs voitures de haut-de-gamme, fières et orgueilleuses. Ceci dit, Guillaume a de bons souvenirs, comme ce cadre Tommasini, et certaines pièces. Dans mon cas, certains cadres, certains moyeux, des vêtements.

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Il me reste trois vélos déjà bâtis à vendre dans mon inventaire. Je les réduis de 100$ chacun. Détails sur demande.



Robert Glasper: