jeudi 20 octobre 2016

DES AILES








Peut-être que, comme moi, vous n'avez jamais essayé un vélo électrique. Facile, pour un cycliste aguerri, de les regarder de haut, pour toutes les raisons qu'on peut imaginer. On m'a offert ce matin d'en essayer un et j'ai accepté. Mes impressions, à chaud.

Il s'agit d'un vélo de marque Raleigh, équipé d'un système électrique dont j'ignore la marque. En tout cas, je sais que ce n'est pas un système Bionx, marque québécoise relativement connue. Ce que je sais, c'est que le magasin qui loue ces machines a eu des problèmes au cours de l'été, ce qui a nécessité le remplacement de certaines batteries et de tableaux de contrôle.



Ces photos automnales ont été prises plus tôt cette semaine, et n'ont pas été modifiées après la prise de vue.


J'ai d'ailleurs eu un épisode inquiétant au milieu de la sortie. Je ne sentais plus l'action du moteur et pendant environ 300 mètres, j'ai eu l'impression que je devrais retourner uniquement avec la force de mes jambes. Ce qui n'est pas une perspective enthousiasmante lorsqu'on connaît le poids de ces objets. Mais tout est rentré dans l'ordre sans que je puisse vous dire ce qui s'est passé et pourquoi ça s'est arrangé.

Pour qui est habitué aux vélos conventionnels sans assistance motorisée, la sensation est surprenante, même averti. Sans effort, le vélo accélère promptement et on a des ailes malgré les caractéristiques du vélo. Car ce Raleigh est équipé modestement, la compagnie visait une fourchette de prix plus abordable. Ses freins à disque sont sécuritaires, sans plus, et la transmission fait le travail correctement mais sans impressionner d'aucune façon. Non, si le vélo est performant, c'est vraiment grâce à ce feu qui est disponible au bout des doigts.



On peut choisir entre quatre degrés de puissance. Sur le plat, le premier degré suffit. Et en côte, il faudrait un pente très prononcée pour avoir besoin du quatrième degré. On combine l'effet du moteur avec celui du dérailleur arrière et ça permet de donner une chance au moteur, donc à la pile. Si on arrête de pédaler, le moteur se met au repos et une décélération se fait sentir.

La sortie a duré à peu près trois heures, et j'ai utilisé à peu près un tiers de la pile. Nous avons fait de courtes pauses pendant cet essai. Donc, pourrait-on partir à peu près six heures avec ce vélo? Je ne sais pas, mais il me restait beaucoup de jus quand je suis revenu. Et c'était agréable, pas de doute, la ballade n'était pas fatigante et ceux qui ont des limitations physiques ont de bonnes raisons d'apprécier une telle machine. Dommage que les pièces génériques fassent la loi sur le cadre. Par contre, une bonne partie de la clientèle potentielle de ce genre de vélo ne connaît pas mieux, il faut l'admettre.



Alors, quand je serai vieux, je veux dire vraiment vieux, je serai peut-être content de pouvoir continuer de faire des parcours côteux comme j'en ai l'habitude. Sans  faire de bruit, sans brûler de pétrole. Et peut-être que dans quelques années, ce genre de motorisation sera moins lourde, ce qu'on appréciera quand vient le temps de déplacer le vélo lorsqu'il est à l'arrêt. Ou si le moteur refuse de collaborer pour une raison ou une autre.



Je vous montrais la semaine dernière des exemples de courriels reçus de Chine. Je ne vous les montrerai pas tous, mais le suivant m'a lui aussi fait sourire.

Nous sommes un des tuyaux en acier professionnels (tubes) fabricant et revendeur en Chine


 communiquer avec moi si vous avez des tuyaux sans soudure demande ou en savoir plus sur nos produits.
Tout de votre réponse est apprécié.



Une cassette Shimano Hyperglide.


Vous ne connaissez pas la différence entre une roue libre et une cassette? Consolez-vous, vous n'êtes pas seul. Mais n'essayez pas de mettre une roue libre sur un moyeu prévu pour une cassette, ou vice-versa, vous n'y arriverez pas. Même avec un marteau, une masse, ou un rouleau-compresseur.

Parfois, quand je dis à un client qu'il doit remplacer sa roue libre, j'ai l'impression que ces deux mots sont impossibles à enregistrer dans le cerveau. Certains entendent roulette, d'autres entendent roue, il y en a même qui semblent ne rien entendre du tout.

Et lorsque je parle de cassette, souvent, c'est la perplexité. Il faudrait que je parle des "gears", les québécois prononcent "guires", pour que ça commence à avoir du sens. Remarquez, visuellement, ce n'est pas évident. Pour la plupart des gens, les cassettes sont un truc obsolète qui servait à écouter de la musique. Et attention: ne pas confondre avec le terme "cartouche" qui sert en langage de vélo à désigner un roulement de billes de pédalier ou un type de roulement à bille en forme de beigne.

Les cassettes (pour les transmissions de vélo) sont apparues durant la deuxième moitié des années quatre-vingt. Shimano les a imposées sur les vélos de milieu et de haut-de-gamme et c'est très bien. Leur principal avantage vient du fait que l'axe du moyeu est ainsi mieux supporté et depuis leur apparition, nous n'avons plus de problèmes avec des axes croches ou cassés.

Avant cette époque, tous les vélos à dérailleur étaient équipés de roues libres multi-vitesses. Ce n'était pas un mauvais système, sauf pour l'aspect du vieillissement des axes. Surtout lorsque l'axe était de mauvaise qualité. Savez-vous ce qu'est l'axe? Il est au centre du moyeu. En voici un:



J'utilise encore une roue libre vissée (en anglais screw-on freewheel) sur mon vélo d'hiver. Je les trouve moins sensibles aux conditions extrêmes de l'hiver dans la Ville de Québec, elles vieillissent moins vite qu'un corps de cassette, et sont moins chères, également. De plus, lorsque je la change à la fin de sa vie utile, je retire en même temps, par la force des choses, le système de rochet qui fait partie intégrante de la roue libre. Si je roulais avec une cassette et que je la changeais, le système de rochet resterait sur le moyeu, dans le corps de cassette, et forcément garderait son degré de vieillissement alors que la roue libre neuve contient des rochets tout neufs. Voici une photo d'une roue libre vissée de haut-de-gamme Sachs-Maillard. N'en cherchez pas chez votre magasin préféré, la compagnie n'existe plus car elle a été achetée par SRAM.



Un inconvénient, toutefois: il n'y a pratiquement plus de moyeux à roue libre vissée de qualité sur le marché. Il faut acheter des trucs bon marché comme Joy Tech, Formula ou autres, dont les axes crochiront ou casseront avant longtemps surtout si vous êtes lourd ou brutal. Un style de conduite fluide est souhaitable avec ces choses-là. Ce n'est pas vraiment un problème pour moi, parce que la roue au complet subit beaucoup en hiver, et elle ne sera pas éternelle de toute façon. Donc, j'achète du pas-cher, et le coût d'utilisation reste acceptable. 

Si votre corps de cassette est à remplacer, il ne sera pas nécessairement facile à trouver, même chez Shimano. Assurez-vous qu'il est compatible avec votre moyeu. Pour ça, vous devez identifier clairement le moyeu. Chez Shimano, ça peut ressembler à FH-RM 30, ou à FH-6600, par exemple. Mais si vous ne roulez pas en hiver, par chez nous, vos chances sont bonnes de ne pas avoir à remplacer cette pièce avant la fin de la vie utile de votre roue. Voici un moyeu Shimano 105. Le corps de cassette est le cylindre à cannelures sur la droite du moyeu:



Et pourquoi donc ça s'appelle une roue libre, ce machin? Parce que le système de rochet permet au cycliste d'arrêter de pédaler tout en continuant de rouler, contrairement à un pignon fixe, Donc, à se mettre en roue libre. Le moyeu à cassette le permet tout autant, mais la technologie est différente. Sur la photo suivante, vous pouvez voir un moyeu à roue libre vissée avec ses filets qui servent à mettre en place la roue libre:


Parlant de roues libres, si vous cherchez des informations sur les vélos du passé, vous aimerez probablement le site suivant: http://velobase.com/default.aspx


Le tuba est traditionnellement utilisé par les marching bands de la Nouvelle-Orléans pour remplacer la contrebasse avec laquelle il est très difficile de jouer... tout en marchant. Mais ici, c'est à Johannesburg..

vendredi 14 octobre 2016

SIX PETITS TESTS.






Au Canyon Sainte-Anne, à l'est du Mont-Sainte-Anne.



Prenons deux vélos de route/course, avec des pneus identiques, 700 x 23, la taille classique. Un pèse autour de un kilo de plus, pour les raisons suivantes, principalement:
  1. Cadre alu plutôt que fibre de carbone, à peu près 400 grammes d'écart sur ce point.
  2. Roue avant 32 rayons croisés de 3 versus 24 rayons croisés de 1.
  3. Colonne de direction de fourche en alu versus en fibre de carbone.
Le reste est par ailleurs assez proche, en tout cas sans impact important.




Logique de penser que, sur un parcours identique et avec le même cycliste, le plus léger sera un peu plus rapide. Mais, à quel point? Le jour et la nuit? Certainement pas. Même vitesse? Ce serait surprenant. Qu'en pensez-vous?

J'ai décidé de me livrer à un petit test pour trouver la réponse. Ou plutôt, six petits tests. Parce que, bien sûr, le vent est un facteur, n'étant pas identique d'un jour à l'autre. Il peut aussi y avoir de petites variantes d'une sorte ou d'une autre. 



Voici le protocole que j'ai prévu réaliser. Chacun des deux vélos fera le parcours trois fois, puis je fais une moyenne pour les deux. Je ne prends pas le sillage d'un autre cycliste pour augmenter ma vitesse. Sinon, c'est un rhytme de contre-la-montre, pas de sprints. Le parcours est faisable (par moi...) sous les 40 minutes.

Le parcours se prête bien à ce genre de test. Deux côtes à monter, une à descendre. Le gain d'altitude total est autour de 216 mètres. Car c'est dans les montées que le vélo le plus léger peut tirer parti de son avantage. Sur un parcours complètement plat, la différence serait moins considérable. Remarquez, même si les deux vélos produisaient le même temps, le cadre en fibre de carbone, le mien en tout cas, donne des sensations plus agréables encore que l'aluminium. Ceux qui roulent beaucoup apprécieront cet aspect.




Attention: depuis que j'ai écrit ces dernières phrases, j'ai roulé sur l'Alu9. Je n'avais pas essayé un tel cadre depuis longtemps. C'est plus agréable que le souvenir que j'en gardais. En fait, je pourrais facilement être heureux en permanence avec ce cadre. Mon vélo tout-carbone est plus léger, mais vaut le double du prix de l'Alu9. Avec le même budget, ce dernier aurait de meilleures pièces que le carbone puisque le budget se déplacerait du cadre vers les pièces comme la transmission, les roues ou la périphérie. Évidemment, ce n'est pas un cadre alu basique comme on en trouve typiquement sur les vélos vendus sous la barre des 1000$cad, il est fait avec un jeu de tubes à épaisseur (très) variable.



Un petit détail: jusqu'à présent, la personne qui a utilisé le cadre en alu est plus grande que moi, mais ses jambes sont de la même longueur que les miennes. Je n'aurai donc pas à ajuster la sortie de selle. Mais le cadre est plus haut, du genre que je ne voudrais pas qu'il soit encore plus haut.. Personnellement je préfère mes cadres un peu petits en hauteur, contrairement à d'autres comme Grant Petersen (Rivendell). Je trouve ça plus maniable, moins gênant, quitte à mettre une potence plus longue pour avoir un cockpit à mon goût. 

Le vélo à cadre alu dont je parle ici est celui que je vous ai montré ici le 23 septembre dernier. 



Sophia Lee veut me vendre des tubes. Je ne sais pas où elle a appris à écrire le français. Google translate? Bravo pour l'effort et merci de me faire sourire.

La fourniture enquête les tubes soudés

Nous vous souhaitons tous les meilleurs dans votre travail.

Sans savoir exactement pourquoi, je reçois régulièrement, depuis quelque temps, des invitations à devenir représentant commercial au Canada pour des compagnies habituellement chinoises qui cherchent à se faire une place ici. Ça ressemble à ceci: 
Are you interested in taking up a contract representative position for Zhisu Steel, whom is currently looking on contracting both Companies and Individuals who are based in Canada and USA, Someone with good understanding and working skill  on a twelve(12) months Contract Basis. 

Pas nécessairement évident pour ces compagnies lointaines de pénétrer notre marché, surtout si l'acheteur potentiel ne fait pas l'effort de se rendre là-bas lui-même. J'ai été à même de le constater la semaine dernière, alors que j'ai accompagné un agent manufacturier taiwanais dans certains commerces de détail ici à Québec.

Elle, car c'est une femme, a trouvé ces commerçants peu curieux, même pour une brève rencontre qui ne leur aurait pas pris beaucoup de leur temps. Sa clientèle est concentrée dans le nord de l'Europe, et ces détaillants sont généralement plus ouverts, ne serait-ce que pour jeter un coup d'oeil sur ce qu'elle peut avoir à leur offrir. Je suis bien placé pour savoir qu'un commerce bien établi possède déjà des connexions commerciales stables, mais être à l'affût d'opportunités nouvelles me semble quand même faire partie des choses que l'on doit faire pour entretenir la dynamique de son entreprise. 

J'avais moi-même fait quelques efforts, il y a une dizaine d'années, pour me faire une place au soleil en tant que grossiste, mais j'ai vite compris que cette tâche de représentant peut être très ingrate. En fait, elle est convoitée, à condition d'offrir les produits d'une compagnie de premier plan que les détaillants s'arrachent. Sinon, bonne chance!



Cette semaine, j'ai mis la main sur un lot de pièces d'occasion, malheureusement à cause du décès de son propriétaire qui aimait restaurer des vélos. On peut voir une de ces machines au:
http://bicyclesfalardeau.blogspot.ca/2013/09/faire-du-neuf-avec-du-vieux.html

Je commence à peine à faire le tri. Parfois, de tels lots de pièces perdent de l'attrait lorsqu'on y regarde de plus près, car certaines personnes ont tendance à garder des choses en mauvais état et/ou de basse gamme. Pas beaucoup de ça ici, ce que j'ai vu jusqu'à maintenant justifie sa présence par un état très correct et, d'ailleurs, le tout était conservé dans un certain ordre, plutôt que d'être jeté pêle-mêle dans des boîtes de carton. Je suis curieux de voir ce que je vais y trouver.




Spéciaux de la semaine, deux lubrifiants:

Wrench Force Dry Lube (Castrol), 2 fl.oz 66 ml en spécial à 2$ + taxes
Purple Extreme Synthetic Lubricant, 4 fl. oz 120 ml en spécial à 2$ + taxes

Je suis allé chez mon disquaire l'autre jour pour acheter un disque (eh oui! il y en a encore qui font ça...). Il ne l'avait pas. Laura Mvula, chanteuse britannique, n'est pas encore tellement sur le radar des Québécois. S'il n'en tient qu'à moi, ça mérite de changer.

vendredi 7 octobre 2016

LE ROI DE QUELQUE CHOSE.






Dorénavant, soyez polis quand vous me parlez, car je suis maintenant le Roi de Quelque Chose. Jusqu'à nouvel ordre.

J'aime autant en profiter pendant que ça dure, car ça ne sera pas éternel, d'autant plus que j'en parle ici. Si vous voulez mon titre, allez-y. Tout ce dont vous avez besoin, c'est d'un vélo à peu près décent, chaussé de manière appropriée (28 mm ou plus) et la forme physique qui vient normalement quand on fait du vélo assidûment, en quantité suffisante. Si vous n'êtes pas dans la soixantaine, ça aide aussi. Et n'oubliez pas de manger et boire, avant, pendant, et après.



César disait qu'il aimait mieux être le chef de son village plutôt que deuxième à Rome. Moi je suis le Roi de la Montagne du 6ème rang à Saint-Luc-de-Bellechasse. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est strava.com (avec l'aide de mon Lezyne Power GPS).  On est roi de ce qu'on peut.



Mais je reste modeste. Après tout, dans le classement, il n'y a qu'un seul autre participant à l'heure d'écrire ces lignes et je suis d'autant plus modeste qu'il grimpe mieux que moi. Je le sais, nous étions là en même temps. Je ne sais pas pourquoi j'ai hérité du titre, il y a peut-être une technicalité qui a fait la différence.

Moi et mes amis, nous ouvrons des routes pour Strava. Nous allons dans des endroits où peu de gens vont, particulièrement les cyclistes. C'est loin de la ville, ce n'est pas asphalté, et c'est souvent assez pentu que lorsqu'on est en haut d'une côte, on ne la voit pas toute se dérouler avant de la descendre. N'y va pas qui veut. En vélo, en tout cas. Certains jours, nous restons volontairement dans la Plaine du Saint-Laurent pour donner une chance à certain(e)s ami(e)s de se joindre à nous. Il y a aussi des parcours intermédiaires possibles: on peut monter quelques côtes sans insister pour chatouiller l'épine dorsale.



La partie comprise entre Saint-Damien et Saint-Luc est un des secteurs les plus exigeants des Appalaches beauceronnes. Ça semble être l'épine dorsale de cette chaîne de montagnes.  D'ailleurs, juste à côté, il y a le Parc Régional du Massif du Sud, où les altitudes atteignent au moins 900 mètres. Alors que là où nous sommes allés sur ce parcours, ça restait sous les 700 mètres. C'est peu, comparé aux montagnes européennes, mais la difficulté vient du fait qu'on redescend constamment, ce qui nous force à remonter.

Donc, contrairement aux parcours populaires, pas besoin d'être rapide pour être le roi. Ça tombe bien, je ne le suis pas. J'y vais parce que c'est beau et paisible. Et pas monotone. Tous ceux qui viennent avec moi sont d'accord là-dessus. Mais je n'invite pas n'importe qui, car sur ce parcours en particulier, ça monte et ça descend presque sans arrêt. Les routes sont rectilignes la plupart du temps, aucune concession de la part des concepteurs de ces routes pour faciliter la tâche du grimpeur. Dans ce cas-ci, jusqu'à 29% au kilomètre 43.6 km. Pas besoin d'être rapide, non, juste un peu... tenace.



Je gagne ma vie avec les vélos. J'ai développé une expertise avec les années, je peux en parler en long et en large. J'ai même voyagé à l'étranger en relation avec ce commerce. Ça ne fait pas de moi un cycliste vraiment rapide. Je sais exactement où je me situe dans la chaîne alimentaire. Mais bien des gens s'imaginent que je suis une vraie fusée. C'est perdre de vue mon âge, ainsi que le fait que l'entraînement occupe une place secondaire dans ma vie. Je passe beaucoup plus de temps à garder mon entreprise bien vivante, et ça n'aide en rien mon VO2 max.

Allez voir qui sont ceux qui composent le peloton de tête sur strava.com, dans la mesure où c'est possible d'en savoir un peu sur eux. Je parle de ces segments où on trouve des centaines, voire des milliers de cyclistes ayant leurs statistiques sur le site. On y trouve beaucoup de coureurs amateurs, ou même professionnels, jamais séniles, équipés de vélos conséquents, avec des pneus légers et étroits (23 mm), quand ce ne sont pas carrément (!) des boyaux.



Prenons un exemple au hasard. Il s'appelle Cameron McPhaden. Dans la Bute Saint-Luc que j'ai monté dimanche dernier, il est le plus rapide à avoir enregistré un temps sur strava.com, sur 62 cyclistes. En 1:16 min., il a fait une moyenne de 41.7 km/h! Et ça monte!!  Les autres, dans le top 10, ont une moyenne proche de 30 km/h, ce qui est déjà très bon, mais nettement moins rapide. Comme par hasard, Cameron fait partie de l'équipe LowestRates.com Elite Cycling de Gatineau.

Rien à voir avec le vieux pet que je suis, avec mon vélo polyvalent qui se vend une fraction du prix des leurs. Donc, si vous avez peur de venir rouler avec moi parce que vous pensez que je roule trop vite pour vous, détrompez-vous. Si je roule trop vite pour vous, c'est que vous ne faites pas vos devoirs. Ou que vous avez besoin d'un médecin. Ma moyenne à moi au même endroit? Parlons d'autre chose... Comme par exemple le fait que, sur un tel parcours, ne vous fiez pas au nombre de kilomètres pour évaluer la difficulté. Ceux qui sont habitués au vélo de route, surtout sur du plat, avalent la distance comme si ils étaient sur un tapis volant. Ici, par contre, les côtes incessantes, combinées avec la gravelle et le vélo moins léger font que non, personne ne fera une moyenne de 37 km/h affichée au compteur sur 50 kms.

Notez que, si vous examinez mon profil Strava, vous verrez des parcours brefs, habituellement les mardi et les jeudis, où j'utilise un vélo plus rapide et moins polyvalent. Il est équipé de pneus de 23 mm et me donne forcément des moyennes plus élevées. Et elles seraient encore plus élevées si ce n'était du fait que j'y monte deux côtes alors que je n'en descends qu'une seule durant ce trajet.



Pas besoin d'avoir un accident avec une auto pour se tuer en vélo. Et rouler sur une piste cyclable sans être équipé d'un éclairage électrique, la nuit, n'est pas une formule gagnante. Surtout à long terme. Au moins, des clignotants pour être vu.

http://www.lapresse.ca/actualites/montreal/201609/24/01-5023972-des-radars-pour-velos-sur-le-pont-jacques-cartier.php



Travailler vite, c'est bien. Mais il ne faut pas oublier de travailler bien, aussi:

 But officials deemed Miller's tape job unacceptable because of lumps under the brake hoods, and awarded the win to Allen.

http://www.bicycleretailer.com/north-america/2016/09/22/win-win-interbikes-mechanics-challenge#.V-Wbl9ThC9I



Près de Val Alain, récemment.



Si l'aménagement et les améliorations au réseau cyclable de la Ville de Québec vous intéresse, je vous suggère la lecture des messages publiés en septembre au: velurbaniste.com




Will car drivers ever learn to share the road with bikes?


De mon vivant, probablement pas, du vôtre, je vous le souhaite. Mais l'ambiance dans la Ville de Québec me semble quand même plus détendue que ce qu'on peut voir dans cet article.

https://www.theguardian.com/cities/2016/sep/28/will-car-drivers-ever-learn-to-share-the-road-with-bikes



Toujours dans le secteur de Val Alain.

144 km/h? Sans commentaires.

http://www.ibtimes.co.uk/aerovelo-eta-bullet-shaped-bike-sets-new-human-powered-speed-world-record-1582628




vendredi 23 septembre 2016

1065 = 9.83





C'est facile de construire un vélo route/course léger équipés de pneus 700 x 23. Huit kilos, sept, six même, sans accessoires. Suffit d'avoir un budget conséquent, et la graisse fond.

C'est une toute autre histoire à 1000$ cad ou moins. Là il faut faire des compromis qui feraient grincer des dents tous ceux qui sont habitués à ces vélos habillés 105, Ultegra, Dura Ace ou leurs équivalents des autres marques.

Elle existe, cette clientèle moins nantie, ou moins habituée à ce genre d'investissement, et elle est souvent mal servie. Les vélos offerts dans cette tranche de prix sont un handicap pour qui roule en groupe avec des cyclistes équipés d'une manière qu'on pourrait qualifier de plus typique, ces années-ci.

Parce que, évidemment, si vous montez une côte avec des amis qui roulent sur des vélos de sept ou huit kilos, et que votre monture est à onze kilos, vous aurez intérêt à avoir des watts en plus pour compenser. Et c'est dans les côtes que ce sera le plus évident. Je ne parle pas de course, ici, mais bien d'une simple sortie cyclosportive, informelle ou non.

En plus de leur poids additionnel, ces machines sont généreusement équipées de pièces génériques pas très enthousiasmantes. Le résultat final manque de classe, surtout si vous avez l'oeil pour ces choses-là.



Moi et mon collègue Youri, nous nous sommes livrés à l'exercice de construire un tel vélo, dont le prix final serait près de 1000$, et qui ne lui donnerait pas envie de pleurer quand il le regarde ou lorsqu'il l'enfourche. Voici le résultat. Notez que les pédales en place lors de la prise de ces photos étaient temporaires, elles ont été remplacées depuis. Également, toutes les pièces sont neuves sauf une, la jante avant. Non pas la roue, mais bien la jante. Il s'agit d'une Ambrosio Excellight dont le corps de cassette avait rendu l'âme. Pour les autres pièces, ça va comme suit:


  • Cadre Alu de type triple butted
  • Fourche en fibre de carbone avec pivot alu
  • Guidon plat Kalloy
  • Leviers Shimano ST R225 3x8
  • Pneus Cadence Pulsion 
  • Jante arrière Ambrosio Evolution
  • Rayons Pillar inox
  • Deux moyeux Shimano 105
  • Deux dérailleurs Shimano Claris
  • Pédalier Shimano Deore. La ligne de chaîne qui en résulte n'est pas idéale, on choisirait autre chose si c'était à refaire. Pas très orthodoxe comme choix, avec un tel cadre. Dommage, car personnellement j'aime bien ces développements 26/36/48, à condition d'avoir un petit pignon à l'arrière. Onze ou douze dents, par exemple.
  • Selle Italia Trimatic
  • Tige de selle carbone Profile
  • Potence Profile alu
  • Freins Tektro R312. La combinaison de ces freins avec les leviers R225 en place donne un freinage remarquablement puissant, même avec un cycliste costaud. 

Le prix d'une telle machine, sans pédales et sans taxes, est de 1065$ cad incluant les deux porte-bouteilles et les cornes (en anglais bar-ends). Et son poids actuel, incluant ces accessoires plus un odomètre et les pédales définitives, est de 9.83 kgs. Je l'allégerais en mettant de la guidoline au lieu des poignées en place. Et j'ajouterais une pompe portative.

Un petit mot sur les leviers de vitesse. Youri me dit qu'ils fonctionnent vraiment bien. Je ne suis pas surpris. J'ai roulé sur trois vélos différents cet été, tous équipés de différents leviers 3 x 8 vitesses, et ils sont exemplaires, peu importe les dérailleurs utilisés. Ça me fait l'impression que la largeur de chaîne combinée avec l'espacement entre les pignons de la cassette donnent un comportement très positif lors des changements de vitesse. Ou c'est autre chose, peu importe, c'est le résultat qui compte. Ma seule réserve, c'est lorsqu'on utilise une cassette 11-32 dents, il y a trop d'écart à mon goût entre les huit pignons. Je suis habitué à des cassettes dont le plus gros pignon se situe autour de 25 ou 26 dents, et avec ça on n'a pas besoin de 10 pignons pour avoir de la nuance.

Nous pouvons reproduire ce vélo à l'identique, sauf parfois certains éléments obtenus lors de liquidations chez le grossiste. Le rouge mat est également disponible.

Pour ceux d'entre vous qui préfèrent le guidon courbé, c'est évidemment facile de le bâtir en conséquence, mais le prix ne sera pas le même et je ne pense pas que le vélo sera plus léger. Gardez à l'esprit que si vous voulez vous pencher, ce n'est pas tant le guidon qui vous y aidera, mais bien le choix de potence. Son angle, pour être plus spécifique, ainsi que sa hauteur par rapport aux espaceurs dont votre vélo est, ou n'est pas, équipé. Votre guidon peut être plus haut, moins haut ou à la même hauteur que la selle, indépendamment de votre choix de guidon.

Et puisque ce vélo en particulier totalise un grand total de 20 kms au compteur, au moment de publier ceci, je vous l'offre avec une réduction de 100$, ce qui veut donc dire qu'il vous en coûterait 965$ plus taxes.

Un dernier mot au sujet de cette machine. Les vélos ne sont pas uniquement affaire de chiffres. Les sensations sont importantes parce que constamment présentes. Habituellement, à ce prix, les grandes marques offrent des cadres banals qui donnent des sensations en conséquence. Mais ce cadre Falardeau a reçu une attention particulière au niveau des épaisseurs des tubes et est moins sec pour cette raison, plus vivant. Ce dernier point est crucial si on veut être satisfait à long terme.







J'ai reçu le courriel suivant, récemment, concernant un message que j'avais publié ici, il y a six ans. Le voici, suivi de ma réponse.



Bonjour monsieur Trépanier,


Je suis à la recherche d'un vieux modèle de selle.

J'ai googlé Selle Italia Xo Trans am et dans le résultat, une page de votre blog est apparue.

Voici le texte de votre blog.

J'ai eu la chance récemment d'acheter un lot de Selle Italia XO Trans Am (version cuir synthétique). J'en ai profité car j'ai eu de bonnes expériences avec ces selles. Pas extrême, elle a le potentiel pour plaire à plusieurs, même si elle n'a pas ce côté très agressif et profilé qu'on trouve chez les Selle Italia plus chères (et que plusieurs sportifs préfèrent).
Prix de détail suggéré 35.90$ cad, prix spécial (mot de passe: blogue) 17.50$. Plus taxes. 

Est-ce qu'il vous reste encore l'un de ces selles?

J'en ai une sur mon vélo et j'ai essayé d'autres modèles sans retrouver le confort de ma vieille Italia.  Malheureusement, ce modèle n'est plus fabriqué à moins que je suis mal informé.


Bonne journée,

Mes réponses:

Cet achat remonte à 2010. J'ai tout vendu ce lot depuis un bon bout de temps.

Je viens de regarder chez un de mes fournisseurs. Il a encore un inventaire de Selle Italia pas toujours très récentes, mais il n'y a pas de XO Trans Am là.

Il y avait la version cuir, plus haut de gamme, et la version économique au fini vinyle mentionnée dans le blogue.

En ce moment il me reste une Selle Italia Trimatic en spécial à 68$.

Mes selles neuves préférées, actuellement, sont les suivantes:

  • Eclypse Sport Classic
  • Selle Royal Lookin Sport
  • Certains modèles Fizik
Et si j'en essayais d'autres, j'en trouverais bien que j'aime aussi.

Je les préfère pas trop fermes, et étroites sans excès, surtout à l'arrière complètement où il fait bon avoir plus de soutien.

Ma préférée à vie est la Vetta SL. La SL, pas les autres. Depuis longtemps retirée des catalogues.

Merci,

Paul Trépanier.


Et j'ai répondu à un deuxième courriel de la même personne, toujours concernant les selles:


Ce sont les cyclistes pesants, généralement, qui préfèrent les selles fermes, parce qu'ils déforment davantage la coque.

Je n'ai pas touché les selles dont vous parlez. Et je n'achèterais pas une selle sur Internet, à moins de connaître ce modèle en particulier, puisqu'on ne peut pas les toucher.

Plusieurs détaillants locaux offrent une garantie de confort sur les selles qu'ils vendent, c'est notre cas. Parfois même, ce sont les manufacturiers qui offrent la garantie.

Merci,

Paul Trépanier.



Près de Saint-Nérée dans Bellechasse.

Le vélo de gravelle continue de se faire une place sous le soleil. Au gros Salon du Vélo américain, appelé Interbike, on a organisé une sortie de 320 kms pour des journalistes spécialisés:

http://www.bicycleretailer.com/north-america/2016/09/20/beehive-ride-buzzes-gravel-roads-en-route-interbike#.V-KsddThC9J




Je fais moins de sept kilomètres aller-retour à chaque jour pour venir travailler en vélo. Certains en font nettement plus.

https://www.theguardian.com/cities/2016/sep/14/e-bikes-long-distance-commuting-speed-pedelec-electric-cycles



Un commentaire du batteur Art Blakey, en 1963.

"Dans la vie, il vous faut absolument aimer quelque chose; c'est le seul moyen que vous ayez à votre disposition pour échapper à la routine de tous les jours... Nous avons tous besoin de la musique. C'est elle qui, sans aucun doute, balaie le plus efficacement la poussière de la vie quotidienne. Je suis d'ailleurs persuadé que tous les êtres humains aiment la musique car une personne qui n'aime pas la musique, vous savez ce que cela signifie? Eh bien, qu'elle est fin prête pour le cimetière!"

Mavis Staples. En v'là une qui n'est pas encore au cimetière!

vendredi 16 septembre 2016

DÉSORMAIS, JE ME GÉPÉESSE.







Quand je dis à mes amis que je suis maintenant équipé d'un GPS sur mon vélo, certains pensent parfois que j'aurai une carte électronique devant les yeux. Ce n'est pas mon but, et ce n'est pas le cas. Je voulais simplement avoir des archives de mes parcours, qui sortent de l'ordinaire et qui méritent d'être conservés.

Je suis donc le nouveau propriétaire d'un Lezyne Power GPS, que vous pouvez voir dans la vidéo suivante:



On peut à partir de là transférer tout ça sur www.strava.com, site de partage d'archives sportives personnelles. Si vous n'êtes pas familier:



Pas de doute, si vous aimez vos données, vous serez ravis de pénétrer dans ce monde de chiffres et de graphiques. Et je vous comprendrais de préférer votre vélo un peu plus bucolique...

Si vous regardez le parcours inaugural que j'ai fait samedi le 3 septembre, vous verrez que A) je ne suis pas rapide, sauf un peu en descente, et B) je vais à des endroits où peu de cyclistes vont.


Du plaisir pour toute la famille.


Et bientôt, les feuilles vont changer de couleur.
Pas celles des conifères, qui n'en ont pas, mais... les autres.
On trouve beaucoup de conifères sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent. 
Il y a plus de feuillus sur la rive sud.


Pour la même sortie, Lezyne me donne 956 m de gain d'élévation, et Strava m'en donne 877 m. 
Pourquoi donc? L'information de Strava vient pourtant de Lezyne...


Pas rapide à cause de l'âge (bientôt 62), et parce que le vélo que j'utilise le plus souvent est conçu pour rouler sur la gravelle autant que sur l'asphalte. Il est donc plus pesant que ceux qui font le podium de Strava et qui ne sont pas à l'aise sans asphalte.



Et si vous voulez consulter la page au complet, vous pouvez le faire ici:

https://www.strava.com/activities/704913152

Mais il faut se méfier de Strava, surtout si vous êtes jeune et rapide. Voyez ici ce qui pourrait vous arriver:



La randonnée Frampton-Saint-Léon avec laquelle j'ai inauguré mon nouveau jouet n'a aucun antécédent enregistré sur Strava, si ce n'est de la montée vers Frampton et la descente vers Saint-Léon. Dans laquelle je n'ai pas fini dernier, puisque... c'est une descente! Sinon le caractère cyclotouristique de mes sorties fait que je me fiche pas mal de rouler plus vite qu'un autre. Je ne suis pas pressé de rentrer à la maison, habituellement.

J'ai dû consulter la page suivante: https://www.lezyne.com/downloads/Power-SuperGPSManual.pdf

Allez-y pour voir en détail ce qu'on peut faire avec ce bidule, ou pour comprendre comment vous en servir après l'achat. Les fonctionnalités sont nombreuses et il ne faut pas être technophobe pour s'y plaire. Sinon, c'est un régal et on peut ainsi produire trois graphiques superposés ou séparés, un pour la vitesse, un pour la température et un pour l'altitude. Sans compter le reste.

J'espère en apprendre plus sur la précision de mesure des pentes fournie par Strava. Ce samedi-là, j'ai descendu une des pentes les plus raides dont je me souvienne, la Côte de la Crapaudière au nord-ouest de Saint-Léon. Je suis habitué avec des côtes de 20% ou un peu plus, mais là Strava me donne des chiffres qui atteignent brièvement 48%!!! Je ne vous en voudrai pas de ne pas croire à cette donnée, par contre, je peux vous certifier que c'était raide en ti-péché. Comme dans: je ne me rappelle pas avoir vu plus raide que ça en quarante de vélo au Canada, ou ailleurs. Voici une photo prise dans le secteur:


La photo est prise en direction nord, et, tout au loin, on peut voir la ligne d'horizon des Laurentides qui sont au-delà du fleuve Saint-Laurent qu'on ne peut  voir sur la photo.






Nous avons réparé ce Rollfast, la semaine dernière. Je ne dis pas restauré, parce que nous n'avons pas travaillé sur l'aspect cosmétique de la machine, mais nous nous sommes assurés, à la demande du client, qu'il pourrait au moins se balader doucement sur la scène dans une pièce de théâtre à venir bientôt.


Petit conseil d'ami: si vous envisagez un tel achat, soyez prudents sur le prix payé. Personnellement, je considère qu'un tel vélo a peu de valeur s'il n'est pas en très bon état mécanique et cosmétique. La rareté et/ou le style ne valent pas grand-chose si on n'est pas capable de faire rouler la machine. Et de freiner...
D'autant plus que, une fois l'achat complété, vous pourriez vous rendre compte qu'il y a un pépin que vous n'aviez pas constaté lors de l'inspection pré-achat. Ne soyez pas trop optimiste, gardez ça pour le jour où vous vous achèterez une voiture d'occasion.


S'ajoute à la question du prix final (achat + réparations) la difficulté de trouver un détaillant ou un fournisseur capables de fournir des pièces de remplacement.

Pour ce qui est de ce cas précis, nous n'avons pas pu appliquer nos tarifs habituels pour compléter (relativement) les travaux. Heureusement, la haute saison est terminée. 


Sur un parcours d'entraînement, cette semaine, j'ai pris plaisir à constituer un petit groupe de trois avec des inconnus. Nous roulions rapidement, sur nos pneus de 23 mm, contre un vent de face.

Je n'aurais pas roulé aussi vite si j'avais été seul. Peinard derrière des cyclistes plus forts que moi, j'étais prêt à prendre un relais si on m'en avait donné l'occasion.

Plus forts que moi, jusqu'à ce qu'ils se brûlent un après l'autre. C'est du moins l'impression qu'ils m'ont donnée. Manque d'expérience, de volonté d'établir une collaboration?

Ça m'est arrivé plusieurs fois, dans de telles circonstances, de demander à des inconnus s'ils avaient l'habitude de rouler en groupe. La réponse habituelle est négative. C'est comme ça au Québec. Les clubs existent, mais la culture cycliste est jeune et beaucoup de pratiquants sont solitaires et n'acquièrent pas les réflexes de gestion qui permettent d'aller vite, longtemps.







Vous voulez durer? Faites en sorte que votre présence à l'avant, le vent dans la gueule, soit brève et efficace. Entre 100 et 500 mètres, moins s'il le faut, à moins d'être plus fort que vos partenaires. Il n'y a pas de honte à se garder frais. Si votre vitesse diminue pendant que vous êtes en avant, c'est signe que vous devriez sagement aller vous placer à l'arrière et donner la chance à quelqu'un d'autre de faire sa contribution. Le but du groupe, c'est que le groupe soit rapide. Et attention, lorsque c'est votre tour de prendre le relais, de ne pas accélérer, c'est une erreur classique de débutant. Si vous tenez à le faire, allez-y graduellement, en tenant compte du niveau de vos compagnons.

Et si vous voyez que le cycliste qui vous précède a un pilotage un peu imprévisible et erratique, choisissez d'autres fréquentations... C'est un jeu qui se joue dans la proximité et votre sécurité passe par un comportement prévisible de la part de tous, à commencer par vous.


Les Américains n'ont généralement pas tellement idée de ce qui se passe en Europe, musicalement. Dommage pour eux. Ici, Pierrick Pedron:

vendredi 2 septembre 2016

JE VOUS LE MONTRERAI.



J'adore mon Falardeau Alu9, mais c'est le tout premier jamais bâti et il commence à montrer des signes de vieillissement. Il a dix saisons dans le corps, mais ne vous fiez pas à cela, car c'est le cadre qui date de 2007. Plusieurs des pièces qui sont sur ce cadre datent en fait de 2002, lorsque je me suis construit le tout premier Alu8 (la génération précédente).

Ce serait facile de remplacer les pièces qui laissent à désirer, mais mon cadet grandit et ce vélo ferait très bien l'affaire, puisque de toute façon il ne roule pas tant. Il sera toujours temps de l'améliorer si son kilométrage le justifie.

Je vais donc m'en bâtir un nouveau, car il n'est pas question que je me prive de cette merveille. J'en ai justement fait essayer un cette semaine, à quelqu'un qui est habitué à un vélo modeste et qui n'avait aucune idée de l'avantage que ça procure. La réaction a été instantanée, et elle va s'en rappeler.

Je vais prendre un cadre identique, sauf pour la couleur. J'en prends un rouge, mais je vais le décorer avec ce "wrap" dont je vous ai déjà parlé. Je vous montrerai le résultat quand il sera complété. Petite description sommaire: 1.5 kg, alu à épaisseur variable de type triple butted, du bonbon. Léger, durable, abordable, pas raide, pas sec.

Le résultat final pourrait ressembler un peu à ceci:



Pour la fourche, je prendrai probablement la même chose, puisque je l'aime beaucoup, que j'en ai une autre et qu'elle est invendable. Je m'explique. Il y a plusieurs années, j'avais fait faire deux prototypes de fourches à Taiwan, sur commande, sur la base d'une photo qui m'avait été soumise. Quand elles sont arrivées, mon agent industriel s'est excusé, elles n'étaient pas exactement conformes à la photo. C'était comme si le fini anodisé promis était soudainement devenu un fini peint. Pas laid du tout, mais pas ce qui était promis.

Là où ça laisse perplexe, c'est que au-dessus du pneu avant, il y a si peu d'espace que si je roule dans un endroit particulièrement boueux, j'entends le pneu frotter un peu sur la boue qui se dépose là, avant qu'elle ne s'évacue par le simple fait de rouler, ou grâce à une intervention humaine. Poser un garde-boue à cet endroit, impossible, à moins de couper la partie qui passe sous la fourche, et encore. Pour résumer, je ne peux pas vraiment vendre cette fourche à qui que ce soit, à moins que ce soit quelqu'un dans mon genre, qui ne mettra jamais de garde-boue là, et qui aime la position un peu surbaissée qui résulte du peu de distance qu'il y a entre le pneu et la fourche. Voici un exemple extrême de ce qui peut arriver. La photo a été prise un 1er avril près de Québec et non, ce n'est pas un poisson d'avril. Et je n'ai jamais roulé dans la boue autant que ce jour-là, avec ce vélo, ce n'est pas une habitude.



En plus, c'est une fourche filetée (1 1/8"), un standard obsolète qui ne me dérange pas, d'autant plus que je peux utiliser un plongeur dont j'ai un surplus d'inventaire. Je pourrai ainsi quand même utiliser une potence moderne. Un de mes fournisseurs va m'envoyer un jeu de direction Deore XT compatible, là aussi un surplus d'inventaire tout neuf, mais glorieusement obsolète. Ces roulements sont à la fois légers, doux et durables.

Un guidon poids-plume, droit (flat bar), en alu, pour plus de tranquillité d'esprit, dans la taille 25.4 mm. J'ai un Answer Hyperlite qui traîne quelque part dans mon tiroir. Les 31.8 mm sont plus rigides, et pour moi ce serait superflu en plus d'être moins agréable lorsque je roule sur une surface inégale (souvent).

J'ai beaucoup aimé les leviers de vitesses Deore LX de génération 8 vitesses (c'est vieux, ça). Ils étaient d'une grande douceur, sans parler de l'efficacité. Ça me donne le goût de ne pas lésiner sur les prochains leviers, qui seront probablement des Deore XT, la coche au-dessus. C'est d'autant plus motivant que je fais des parcours très côteux, où les changements de vitesses sont particulièrement nombreux.

Le pédalier sera un Deore M590, plus léger que le Alivio d'une coche en-dessous, un bon rapport qualité-prix qui est disponible en 22/32/44, des développements que j'aime et que je connais bien. La cassette sera peut-être une 11-28.

Je n'ai pas encore décidé des deux dérailleurs, et ça ne me fatigue pas tellement. Ce qui compte c'est qu'ils soient bien réglés et que leurs rivets soient frais.

Les freins seront des tirages linéaires (v-brakes) Shimano de base (BR-4000), puissants, pas lourds, pas chers, pas compliqués. Je n'ai aucunement besoin de quelque chose de plus puissant que ça.
En fait, je souhaite investir le moins possible de temps et d'argent dans le système de freinage.

Je n'ai pas encore décidé des leviers de frein.

La roue avant aura une jante légère, 430 g ou moins, pas besoin de plus sur l'avant. Je compense cette légèreté avec 32 rayons croisés de 3. Pour les longs parcours de gravelle, c'est un excellent compromis qui a fait ses preuves.

La roue arrière aura une jante plus lourde, une Mavic A319 ou une Sun CR18. L'A319 est probablement plus robuste, mais il y a des considérations accessoires qui entrent en ligne de compte.

Pour les moyeux, j'hésite entre plusieurs possibilités. Les Tiagra sont surprenants de douceur et vieillissent bien, un excellent rapport qualité-prix. Je pourrais aussi prendre des 105 une coche au-dessus ou me gâter avec des Deore XT. On verra.

Les rayons seront des Pillar. Ils sont moins chers que les DT et depuis que je les utilise, il ne s'est rien passé de négatif, aucune indice de faiblesse ni sur mes vélos ni sur ceux des clients. Des 2.0 à épaisseur égale (plain gauge), si vous tenez à le savoir.

Si ma selle Vetta SL réussit à survivre jusque là, je la mettrai, sinon on verra. Je mettrai des cornes BBB BE15 comme d'habitude et de la guidoline sur le guidon, plus légère que les poignées. Pour les pédales, pas de casse-tête, des Wellgo style SPD que je possède déjà. Fonctionnelles, et leurs roulements cartouche leur donne une durabilité correcte.

Alors comme vous pouvez voir, il ne s'agit pas de faire un vélo haut-de-gamme mur-à-mur, mais bien plutôt un vélo jouissif, polyvalent (asphalte et gravelle), à l'aise en montée, léger, mais pas à tout prix. Je vise un prix-cible qui ne dépasse pas beaucoup les 1000$cad, et un poids de 10.X kgs. Ce serait facile de descendre en bas de ce poids, mais il faudrait forcément investir davantage. Déjà, à 10 kgs, les sensations seront très correctes, je le sais.

Mon intention est de bâtir ce vélo dans les jours qui viennent, mais de ne pas m'en servir avant le printemps prochain. Il sera offert à qui le voudrait (taille moyenne, je mesure 5' 10"), quitte à m'en bâtir un autre identique si je le vends. Mais pas sans changer la fourche car je veux garder cette bizarrerie invendable que j'aime beaucoup. Je vous montrerai des photos quand j'en aurai.


La Route Ferdinand-Roy, près de Saint-Lazare-de-Bellechasse. À l'heure de pointe...


Cette semaine, on m'a prêté un vélo de cyclocross pour avoir mes impressions. Son propriétaire ne l'aime plus beaucoup, depuis qu'il s'est procuré un vélo plus léger et plus pointu.

C'est un vélo de cyclocross d'une marque concurrente. Il s'agit d'un cadre aluminium de type triple butted avec un arrière intégralement en fibre de carbone. Des roues modernes et un groupe SRAM Rival combiné à des freins cantileviers Cane Creek.

Le  gérant de production à qui on donne le mandat de concevoir un vélo de cyclocross n'a pas le choix. Peu importe ce qu'il en pense, il doit mettre un pédalier double plateau et un guidon courbé (route). Parce que sinon, c'est tout simple, ce n'est pas un vélo de cyclocross. Voyez vous-même:



Il faut savoir que les vélos des coureurs euro-pro ont des caractéristiques techniques bien définies par l'UCI.

http://www.cyclingweekly.co.uk/videos/cycling-tech/cyclocross-bikes

Et c'est pourquoi le vélo que j'ai essayé est ce qu'il est. Tout au plus, son pédalier 34/50 n'est pas nécessairement ce qu'on trouve sur beaucoup de cyclocross. Typiquement, ce sera plutôt un 36/46. Ne soyez pas surpris si ça ne convient pas à vos besoins, si vous ne faites pas de cyclocross. En fait, aucun de ces deux pédaliers doubles ne convient à mes besoins, car les côtes sont trop nombreuses, avec des pourcentages parfois brutaux. J'aime bien le triple: les écarts entre plateaux sont modérés, les extrêmes conviennent aussi bien aux descentes qu'aux montées, courtes ou longues, le braquet facile est suffisamment facile, et vice-versa. Regardez la vidéo ci-dessus si vous ne l'avez pas déjà fait, les descentes sont courtes et il y a souvent une courbe qui vous attend au bas. Rien pour vous donner envie d'accélérer dans la descente. Corrigez-moi si je me trompe, mais il me semble que la course se gagne dans les montées, et dans les aléas de toute nature. 46/11 me semble bien adapté. Ce serait différent dans une longue descente asphaltée.

Et pour revenir à ce vélo qu'on m'a prêté, voici tout d'abord ce que j'ai aimé.

-Le cadre et la fourche. Ça pourrait être meilleur, mais ça coûterait plus cher.

-La légèreté de l'ensemble. Poids total, 8.75 kgs, avec des pneus lisses 25 mm (qui ne sont pas d'origine). Pas un record, évidemment, mais correct.

Puis, ce je n'ai pas aimé.

Les leviers de freins/vitesses Sram Rival. Surtout celui de gauche. Je ne crois pas qu'ils soient tous comme ça, qu'ils demandent tous un tel effort, au point où souvent on n'arrive même pas à passer du petit plateau au gros. Peut-être a-t-il besoin d'un nouveau câble/gaine. Et aussi, pourquoi ce mouvement d'avant en arrière du levier secondaire?

Les patins de frein, en fait tous les deux freins au complet. Parce que les patins avant donnent une sensation de papier sablé. Parce que le frein arrière est faiblard. Parce que les guidons courbés combinés avec des freins cantileviers ne donnent pas toujours des résultats éblouissants. Je remplacerais volontiers ces Cane Creek par des Tektro ou des Shimano, et je mettrais un des deux chape-relais plus bas. La plupart des vélos de cyclocross sont maintenant proposés avec des freins à disque. Ce qui ne règle pas tous les problèmes, mais ceux-là, au moins.

Ce problème serait réglé avec un guidon plat ou surélevé, avec, en prime, un meilleur soutien lorsqu'on est debout sur les pédales. Mais ce serait un manque de respect envers la tradition du cyclocross. Que je n'aurais aucune difficulté à commettre. D'autant plus que ça permettrait de se débarrasser des leviers de vitesses.




La lecture suivante m'a été suggérée par un ami:

https://www.theguardian.com/money/blog/2016/aug/23/no-spending-best-holiday-cycling-norfolk



Un vélo d'occasion qui vient de rentrer. Il s'agit d'un Giant TCR Two. Cadre Allux SL habillé de pièces Shimano 105, génération 2 x 9 vitesses. Longueur c-c 54 cm, hauteur c-t 50.5 cm. Donc il conviendra à quelqu'un qui mesure autour de 5' 8" ou 5' 9" approx.

Le prix demandé de 640$ inclut une vérification générale, une guidoline neuve, deux pneus additionnels. Pédales non-incluses. 8.58 kgs sans pédales.



Les images qui accompagnent cette chanson lui donnent une dimension qu'elle n'aurait pas par elle-même. À voir.