vendredi 29 juillet 2016

MY TRAFFIC SITUATION.



Les photos de cette semaine ont été prises dans le secteur de Saint-Raphaël-de-Bellechasse, en juillet 2016.


Les nouvelles de Taiwan sont à l'effet que l'île a perdu du terrain sur la planète vélo. Pas surprenant. Les cadres en aluminium sont maintenant chinois, plus que jamais, quand ils ne sont pas vietnamiens. Et la fibre de carbone est chinoise, plus que jamais elle aussi, à cause du nombre d'heures décuplées requises pour la confection de ces cadres. Le coût de la main-d'oeuvre à Taiwan nuit à la stabilité de cette industrie. Car contrairement à ce que certains pensent, Taiwan n'est plus un pays pauvre avec des salaires au ras des pâquerettes. Même la Chine a vu les salaires augmenter ces dernières années.

Si Taiwan est malgré tout si importante dans le monde du vélo, ce n'est pas parce que les Taiwanais sont de grands cyclistes jouissant de conditions idéales pour s'adonner à ce sport. Voici un commentaire que m'a donné une Taiwanaise, cette semaine, à propos de cette activité sur l'île:

actully I less ride the bike in Taiwan because it is a little dangerous ,my traffic situation is not very good .

Eh bien, ma chère, venez faire un tour dans mon coin de pays, vous verrez ce que vous manquez.

Et moi, pourquoi est-ce que je m'entête à commander à Taiwan, quand je pourrais grapiller quelques dollars en traversant le détroit de Formose? Très simple, la qualité. La peinture, à elle seule vaudrait presque la différence, mais les jeux de tubes disponibles,  les très importants jeux de tubes, je les aime. Je n'ai pas envie de déstabiliser une recette gagnante. C'est pas brisé, on ne répare pas.





Et durant la première moitié de l'année 2016, Shimano a vu ses ventes mondiales diminuer de 18%. La compagnie cite plusieurs raisons pour ce déclin: mauvaise température, le Brexit, le terrorisme en Europe et les inventaires trop élevés en Amérique du Nord. D'un autre côté, certains clients-détaillants accusent volontiers le géant japonais d'arrogance, ainsi qu'une mauvaise gestion de la question des ventes en ligne.

Pour ma part, mon dernier contact direct avec la compagnie n'était pas très enthousiasmant. La ligne téléphonique était mauvaise, surtout pour le technicien qui m'a répondu, ah bon, et il m'a rapidement référé à un site Internet qui ne m'a pas donné la réponse à ma question. Ça ne donne pas envie de rappeler.





Greg Herbold a donné sa démission de SRAM/Rock Shox. Vous ne le connaissez pas? C'est le premier coureur de vélo de montagne ayant gagné le championnat du monde de descente. Un des héros de cette première génération de coureurs qui ont eu du succès dans un sport alors nouveau, comme Ned Overend, Tinker Juarez et Juli Furtado.  Il a maintenant 53 ans. Il dit avoir perdu le feu sacré, dans son travail de développement chez SRAM.

Je peux comprendre, personne n'est à l'abri de cette éventualité, et une personne curieuse et créative comme lui se nourrit d'une certaine fébrilité qui peut être un puissant motivateur au travail.

Quant à moi, je n'ai pas perdu ma motivation à rouler, et à travailler autour des vélos. Par contre, comme vous pouvez l'imaginer, j'ai vu ce milieu évoluer beaucoup depuis les années où j'ai commencé à en vivre, en 1987. Et pas toujours pour le mieux.

Les dérailleurs électroniques ne me paraissent pas être une amélioration, pour le moment. L'essai que j'ai fait récemment m'a laissé le souvenir d'un truc qui enlevait de la simplicité au vélo, tout en donnant fort peu en échange. C'était un Shimano Di2 Ultegra.

SRAM y va de son système Bluetooth. Faudra voir si c'est mieux.

Évidemment, Campagnolo ne peut rester les bras croisés, la compagnie italienne n'a pas le choix dans cette fuite en avant. Leur application mycampy, à première vue (je ne l'ai pas essayée), m'a semblé être excessive, une sorte de complot pour nous transformer tous en geeks du vélo, soudainement incapables de juste poser le vélo après une sortie, obligés de gérer une variété de données probablement utiles à des cyclistes pour qui l'amélioration des performances n'est pas une option. Si ça vous branche, tant mieux, faites-vous plaisir. Quant à moi, ma tête est déjà pleine.





On m'a dit que le journal Le Soleil avait publié l'article suivant en date du 21 juillet 2016:


Les supports à vélo

Comme des milliers d'automobilistes, vous partirez en vacances cet été après avoir accroché les vélos à l'arrière de l'auto. En théorie, c'est illégal, si votre équipement nuit à la lecture de votre plaque d'immatriculation par un radar photo. Le 2 juin dernier, un automobiliste montréalais s'est fait coller une contravention de 500 $, plus les frais et la contribution, pour un grand total de 681 $. Et il n'avait même pas de vélo sur son auto. C'est le support à vélo seul que le policier a jugé trop encombrant devant la plaque d'immatriculation.
Un peu zélé, monsieur l'agent? L'affaire a fait les nouvelles, avec comme résultat que de nombreuses photographies de voitures de police équipées de la même manière ont circulé sur les médias sociaux. 
Simultanément, deux juges ont évalué que les supports à vélo ne justifient pas une contravention. «C'est une façon de vivre au Québec, de transporter des bicyclettes», a tranché le juge Bruno Themens de la Cour municipale de Longueuil. 
En octobre dernier, la juge Marguerite Brochu de la Cour municipale de Montréal avait fait de même en acquittant une jeune femme sanctionnée pour son support à vélo alors que sa voiture était stationnée. Son avocat a fait valoir que ce n'était pas dans l'intention du législateur, dans le Code de la sécurité routière, de sanctionner pour les supports à vélo. Il a eu gain de cause.
Bref, vous pouvez partir en paix avec vos vélos, mais ne soyez pas trop «baveux» si un policier vous intercepte sur le sujet. L'article 333 du Code de la sécurité routière qui interdit d'obstruer la vue de votre plaque d'immatriculation est toujours en vigueur... Et si en plus vous rouliez trop rapidement, l'amende sera salée si on vous colle une amende pour la vitesse, et une autre pour le support à vélo.


Du chocolat comme solution aux vols de vélo? 

1) Ne comptez pas sur moi pour appliquer cette technique anti-vol.

2) Les voleurs étant ce qu'ils sont, je ne compterais pas trop sur ça pour régler le problème.

En tout cas, c'est divertissant, jugez par vous-mêmes.






Plusieurs personnes aiment écouter du blues. Personnellement, je le trouve plus agréable à jouer qu'à écouter. Une exception (et il y en a d'autres), le maître, John Lee Hooker.



vendredi 15 juillet 2016

POURQUOI NE PAS L'AIMER?





J'avais dit au recherchiste de l'émission: "J'ai aimé tous les vélos que nous avons présentés au cours de la série d'émissions, maintenant on va leur en montrer un que je n'aime pas." Ça l'a fait rire, et il était d'accord.

En plus, c'est un vélo qui m'appartient. Je l'ai acheté il y a plusieurs années et je ne l'avais même pas essayé une seule fois. Je l'avais serré dans l'entrepôt et je l'avais à moitié oublié. En fait, je l'avais acheté parce qu'il s'ajoutait au patrimoine de Bicycles Falardeau enr. qui a cent ans cette année. Après tout, ce vélo avait été acheté ici, si on se fie à la décalque qu'on trouve sur le cadre et qui est celle du fondateur Henri, et non celle de son fils René de qui j'ai repris l'entreprise. Il y a longtemps, Bicycles Falardeau a déjà été concessionnaire CCM, à l'époque où la marque était ontarienne.

Brève description de la machine:

CCM Club Racer, circa 1951
3 vitesses avec sélecteur et moyeu arrière à vitesses internes BSA
Freins à tirage latéral Monitor Sheerline
Pédalier CCM
Jantes en acier

À première vue, les pièces semblent toutes d'origine.


Pourquoi ne pas l'aimer?

Premièrement, il est équipé d'un système à trois vitesses (internes). J'en ai essayé plusieurs, habituellement montés avec des pièces Sturmey Archer, et ils ont la manie d'échelonner les développements ailleurs que là où je les voudrais. Si au moins la vitesse intermédiaire pouvait convenir, juste assez forçante, mais pas trop, je pourrais vivre avec le reste. Mais quand on ne trouve jamais son compte, même sur le plat, c'est trop.

Deuxièmement, les freins. Quelle horreur! Moi qui ne suis pas si difficile à satisfaire, là c'est carrément dangereux. S'il pleut, restez à la maison ou faites votre testament avant de partir. Ou payez vos dettes par égard aux survivants... Avec un peu de chance il fera beau et avec un peu d'anticipation et de retenue vous survivrez.

Alors quand je l'ai essayé, je n'ai pas été surpris de constater que le freinage, par beau temps, était du genre un sur dix. Un étant évidemment la pire note, moins que ça on allège le vélo en retirant le système de freinage.

Par contre, les vitesses étaient juste bien, comme je les aime lorsqu'il y en a aussi peu, et elles fonctionnaient très bien malgré l'âge. Pas parfait mais pas loin. Mieux en tout cas que bien des Sturmey Archer plus jeunes dont le levier se déplace de façon un peu confuse dans son boîtier.



J'ai fait des recherches sur Internet, et j'ai fini par découvrir des photos de Club Racer 1951 qui montraient des vélos identiques au mien, incluant la couleur verte. Mais il y avait une différence majeure: le guidon, pareil au mien, était installé vers le bas, façon course, ce qui semblait convenir d'autant mieux que le vélo s'appelle Club Racer. Il avait bien meilleure allure comme ça, et après le tournage on a décidé, Youri et moi, d'inverser le guidon qui semblait avoir été tourné vers le haut pour en faire un Clubless Promeneur.

Ça a changé son apparence considérablement. Il a soudainement eu un style beaucoup plus sportif, plus profilé (considérant son millésime). Un peu comme un enfant qui était en pénitence et qui redevient frondeur. Si ce n'était que ça, ça valait déjà la peine. Mais ce n'est pas tout.

Les leviers de freins qui n'étaient plus à leur place, sont redevenus efficaces une fois le guidon remis à sa place. Bon, entendons-nous, on ne parle pas ici de freins ultra-modernes pour lesquels certains consommateurs sont prêts à payer le gros prix. Non plutôt du genre assez-pour-moi-suffit-de-se-servir-de-sa-tête. Je suggère le chiffre de 5.5 sur 10. Après tout, c'est pas en freinant qu'on gagne des courses, hein?

Alors finalement, je l'aime, le torbinne. Et ça tombe bien, il m'appartient! Je ne vous dis pas que je vais m'en servir, souvent ou pas souvent, mais ça serait quand même drôle d'aller dépasser un ou deux fibre-de-carbone avec lui, histoire de rire dans la barbe que je coupe plusieurs fois par semaine...

Attention, ce n'est pas dans les montées que je m'attends à faire ça, il pèse quand même 15.10 kgs, c'est-à-dire près du double de mon Falardeau monocoque, mais sur le plat, une fois lancé, il pourrait vous surprendre. D'autant plus que le cadre, sans noblesse, n'est quand même pas un irritant trop important dans l'équation. Certains seront peut-être surpris d'apprendre qu'en 1951, Paris-Roubaix a été gagné à une vitesse moyenne de 40 km/h! Sur un vélo plus rapide que mon Club Racer, mais quand même... C'était plus rapide que Cancellara en 2010 (39 km/h)!!!

http://www.bikeraceinfo.com/classics/paris-roubaix/paris-roubaix-index.html

Remarquez, Paris-Roubaix n'est pas une course de grimpette. C'est un facteur. Une course sur le plat ne met pas autant en valeur les vélos légers. Regardez les résultats du Tour de Suisse, par exemple, la vitesse moyenne du vainqueur est nettement plus élevée qu'avant.

http://bikeraceinfo.com/stageraces/Switzerland/swiss-tour.html




Mot de la fin, pour ceux qui sont trop jeunes ou n'ont pas grandi au Canada. CCM était la marque la plus répandue au Canada, et de loin. Fabriqués en Ontario, on trouvait dans leur catalogue beaucoup de vélos grand-public, et quelques modèles destinés à ceux pour qui le vélo était plus qu'un jouet ou un utilitaire. CCM tenait le marché canadien un peu comme Schwinn l'a longtemps fait aux USA. Maintenant, le nom CCM a été racheté par Procycle et le produit contemporain ne mérite pas vraiment qu'on s'y attarde.




Dans un autre ordre d'idée, je vous annonce que les vélos Kuota, spécialiste de la fibre de carbone, seront désormais disponibles chez Bicycles Falardeau enr. Sous forme de vélos complets, et également sous forme de cadres/fourches.

Voici l'horaire de diffusion de mon émission de télévision, que je vous ai déjà communiqué, au cas où vous ne l'auriez pas vu. Canal 9 (et 609) dans la région de Québec et Lévis. L'émission s'appelle À Vos Vélos.

1e diffusion: Jeudi 19h 
Rediffusion: 
Jeudi 22h 
Vendredi 15h30, 20h30 
Samedi 2h 
Dimanche 3h30, 11h30, 20h 
Lundi 0h30, 18h30 
Mardi 2h, 13h, 19h30 
Mercredi 6h, 16h30 
Jeudi 10h30 
               


I am drawn
I am drawn to her
Like a moth to a flame
She leads me down
Unbound

samedi 2 juillet 2016

POURQUOI PAS?





La saison bat son plein et mes semaines sont pleines à craquer. Comme je m'y attendais, nous vendons plus de vélos que les deux saisons précédentes. Normal, les journées chaudes sont apparues plus tôt qu'en 2014 et en 2015. Par contre mes antennes qui travaillent dans les centres de distribution me disent que c'est différent ailleurs au Québec. Surprenant.

Je commence à avoir des commentaires de la part de cyclistes qui ont vu l'émission de télévision que je produis sur le vélo. De toute évidence, ça ne passe pas inaperçu.

Voici l'horaire de diffusion que je vous ai déjà communiqué, au cas où vous ne l'auriez pas vu. Canal 9 (et 609) dans la région de Québec et Lévis.

1e diffusion: Jeudi 19h 
Rediffusion: 
Jeudi 22h 
Vendredi 15h30, 20h30 
Samedi 2h 
Dimanche 3h30, 11h30, 20h 
Lundi 0h30, 18h30 
Mardi 2h, 13h, 19h30 
Mercredi 6h, 16h30 
Jeudi 10h30 
               




L'émission me donne l'occasion d'essayer différents vélos. Dont, entre autres, un vélo route/course Kuota Kobalt équipé Ultegra Di2. Pour ceux qui ne sont pas familiers, Di2 est le charmant petit nom que Shimano a donné à ses transmissions à changement de vitesse électronique.

Je ne demande pas mieux que d'aimer ce système. Pourquoi pas? Mais voici mes impressions.

Les leviers de changement de vitesse exigent une motricité fine qu'on ne peut avoir au printemps ou en automne lorsqu'on porte des gants pour temps froid. Et même en été, la manipulation de ces leviers demandera une certaine habitude, car ils sont un peu discrets.

Ne vous attendez pas à des changements plus rapides, ils ne le sont pas. Pas plus que le système par câbles traditionnel. En fait, l'avantage pour l'électronique me semble plus résider dans le fait que les complications liées aux câbles/gaines classiques sont éliminées. Et ces complications sont exacerbées par le fait que les transmissions modernes sont maintenant faites pour des cassettes à 10 ou 11 vitesses, plutôt que 7, 8 ou 9 comme il n'y a pas si longtemps. Les chaînes sont de plus en plus étroites et les tolérances pour le câblage pardonnent de moins en moins les câbles qui circulent mal dans les gaines pour une raison ou une autre. Avec un système électronique, on programme pour un déplacement X du dérailleur et le bon soldat obéit avec une course pré-réglée. Finalement, on pourrait percevoir le Di2 comme la suite logique d'une fuite en avant que constitue l'ajout d'un pignon sur la cassette, un à tous les x ans comme Shimano (et les autres) nous y a habitués.

Mais le système Di2 n'est pas sans inconvénient et ne m'a pas convaincu de faire le saut. En fait, je me situe (pour mes besoins personnels) quelque part entre l'ensemble dernier cri, électronique ou pas, avec une cassette 11 vitesses et d'un autre côté, le mouvement de protestation que constitue la tendance/mode du pignon fixe monovitesse. J'ai été propriétaire d'un pignon fixe pendant plusieurs années (dans une écurie de vélos qui comptait plusieurs multivitesses) et je les connais bien. Mais mes circonstances ont changé et maintenant mes vélos sont équipés de dérailleurs, tous, mais je n'ai aucune attirance pour ces cassettes où les pignons sont tellement nombreux que le seul fait de les compter constitue un défi en soi. Je reprends à mon compte le commentaire de Sheldon Brown: "Seven is heaven, eight is great, and nine is fine." De toute façon, les vélos que je me suis bâti pour mon utilisation personnelle ne l'ont pas été pour être vendus à quelqu'un d'autre. Pas de mode à suivre, pas de comptes à rendre. Quand je construis pour un/e client/e, c'est différent.



Et pour revenir au Kuota Kobalt, il faut dire que le cadre, lui, m'est agréable. Il s'agit de l'entrée de la gamme actuelle, un vélo d'à peu près 3900$ cad (tel qu'essayé, en Ultegra) si je ne m'abuse. Les sensations fournies par ce cadre ressemblent beaucoup à celles que j'ai eues sur d'autres cadres en fibre de carbone, comme si la recette ne subissait que des micro-différences d'une marque à l'autre. Vous en aimez une et vous les aimez tous. Personnellement je ne sens pas le besoin de plus de rigidité ou plus de légèreté dans le cadre/fourche, des gens plus athlétiques que moi auront peut-être un point de vue différent. Remarquez, je n'ai pas de familiarité avec les cadres destinés aux coureurs pros, dopés ou pas, et ces cadres ne m'attirent pas, surtout après ce que j'ai entendu à leur sujet.




Quelqu'un m'a demandé aujourd'hui si les coureurs participant au Tour de France sont tous dopés. Tous? Je ne sais pas, mais la majorité l'est probablement. Ont-ils le choix? Peut-on réussir à éradiquer cette culture-là d'un peloton qui ne connaît rien d'autre depuis cent ans?

Je parlais la semaine dernière avec la mère d'un coureur professionnel américain qui a quitté le peloton parce qu'il ne voulait pas se doper. La direction de l'équipe dont il faisait partie pendant ce qui a été sa dernière saison ne lui donnait pas le choix.

Après plusieurs années d'une série d'équipes connues comme Saturn, il a pris cette décision crève-coeur, comme d'autres avant lui. Et en passant, Phil Liggett est encore à son poste d'animateur à la télé. Lui qui avait dit que si Lance Armstrong était jamais pris pour dopage, il donnerait sa démission. Remarquez, je le comprends, ils est assis confortablement et gagne un bien meilleur salaire que plusieurs coureurs du peloton professionnel. Il serait fou de garder ses promesses...

Mais comme crève-coeur, il y a pire. Comme le décès accidentel, à l'âge de 44 ans, du pianiste Esbjörn Svensson.

lundi 13 juin 2016

HORAIRE, ACIER, VÉLO GRAS, TALLBOY ETC.




Pour ceux qui habitent la région de Québec/Lévis, voici l'horaire de diffusion de l'émission "À vos vélos" dont je suis le producteur et qu'on pourra voir sur MA tv, canal 9 (HD 609) à partir de jeudi le 16 juin 2016.

1e diffusion: Jeudi 19h 
Rediffusion: 
Jeudi 22h 
Vendredi 15h30, 20h30 
Samedi 2h 
Dimanche 3h30, 11h30, 20h 
Lundi 0h30, 18h30 
Mardi 2h, 13h, 19h30 
Mercredi 6h, 16h30 
Jeudi 10h30 
               

L'émission dure 30 minutes.




J'étais curieux. Les cadres de route/course modernes ont oublié l'acier, sauf exception, et celui-ci en est justement une. Comment peut-on faire un tel vélo en 2016, sans qu'il ne pâtisse de la comparaison avec la fibre de carbone ou, plus rare, le titane?

Bien sûr, les sensations ne m'inquiétaient pas, l'acier en a toujours donné de bonnes lorsque le cadre est réussi. Le poids, c'est une autre affaire. Les cadres en acier dépassent facilement les deux kilos lorsqu'on ne fait pas attention, et ça ne fait pas bonne figure dans un monde où les cadres en fibre se situent quelque part autour du kilo point zéro.

Pour les fins de l'émission (À Vos Vélos, MA tv à Québec), j'ai testé un Golem. Vous ne connaissez pas Golem? Pas surprenant, cet artisan local est plutôt discret, il fabrique en petite série, si on peut parler de série. C'était le vélo personnel de Guillaume Désy, l'artisan en question, et les vélos de ceux qui travaillent dans le domaine sont souvent parmi les plus intéressants, exempts de l'influence du marketing. Ils réflètent fidèlement les préférences de leur propriétaire qui connaissent l'éventail de ce qui est possible et désirable.

Je vous le décris brièvement. Le cadre est fait d'un assemblage de tubes disparates, issus entre autres des marques True Temper et Columbus, ce qu'on ne voit jamais ailleurs. Les cadres faits avec de tels tubes respectent habituellement l'homogénéité non seulement de la marque, mais aussi du modèle de tubes, ne serait-ce que pour éviter de dérouter le consommateur.

Mais pour Guillaume, comme pour moi, c'est le résultat qui compte. Et ce résultat, je l'ai beaucoup aimé. Monté avec des pneus 700 x 28, il donne une bonne vivacité, de bons démarrages. En fait, le cadre pèse 1500 grammes, et c'est ainsi que je l'ai senti. Léger, vraiment léger, mais pas ultra-léger comme lorsqu'on roule sur un cadre de 900 grammes ou un kilo.

Une bonne partie des cadres en titane pèse à peu près ce poids de 1500 grammes, et l'acier peut avoir des sensations proches de celles du titane, contrairement à la fibre de carbone qui ne donne pas de sensations de métal. Normal, ce n'en est pas. Bien sûr, les pièces montées sur le cadre ont un impact sur le poids total du vélo, mais il reste que la part du cadre est majeure dans les sensations générales. Ce Golem, sans battre de records, ce n'est pas son but, attaque volontiers les relances comme les montées et la force du cycliste est le facteur déterminant sur la performance de la machine. Je veux dire, vous ne pourrez pas reprocher au vélo le fait que vous ne soyez pas arrivé le premier en haut de la côte.

En prime, le cadre et sa fourche acceptent volontiers des pneus de 28 mm, peut-être même des 32. Avec un artisan comme Guillaume, toute demande raisonnable est réalisable, alors que les cadres/fourches modernes de vélos route/course n'ont pas les tolérances pour accueillir plus que 23 ou 25 mm dans la majorité des cas.
Ce qui permet d'aller jouer sur la gravelle, comme j'ai l'habitude de le faire, ou simplement d'avoir une meilleure relation avec l'asphalte québécoise et ses surprises.

On ne parle pas d'un vélo petit budget, ici, mais si vous pouvez vivre avec cette facture, vous pourrez vivre avec le vélo. La seule contre-indication, peut-être, serait pour un abonné des podiums qui compte les grammes et qui a de bonnes raisons de le faire. Personnellement, je l'ai essayé en me disant que je serais heureux de passer une journée complète sur cet engin.





Dans le cadre de la même émission, j'ai essayé, pour la première fois, un vélo gras. Mieux connus sous le nom de fat bikes, ces machines presque grotesques sont équipées de pneus énormes. Dans le cas qui me concerne, 4.7 pouces de large. Pour en avoir assez, faut en avoir trop.

C'était un Spherik, autre marque québécoise. Mais on ne parle pas d'artisanat ici, ce sont des vélos dits de production. La fourche rigide était en fibre de carbone, le cadre en aluminium, le dérailleur arrière était un Shimano Deore XT et il était équipé de freins à disque hydrauliques Tektro.

Je me suis bien amusé. Les pneus me donnaient une assurance que je n'ai pas d'habitude, pas à ce point, malgré le fait que la neige fait partie de mon menu quotidien en hiver. Léger? Non. Mais nous avons été surpris, moi et mon réalisateur, de constater que le poids n'est pas si excessif qu'on pourrait le croire. On peut monter des côtes, et l'accélération à partir du point mort n'est pas inexistante. Bref, le poids n'est pas un irritant, à moins d'avoir des attentes irréalistes.

J'ai roulé sur différentes surfaces sans trop m'inquiéter et j'étais encouragé par la machine. Les développements disponibles étaient adéquats pour les conditions et l'absence de dérailleur avant ne m'a pas agacé. Le seul plateau est tout petit, et avec une grosse cassette, le peu de montées que j'ai faites se grimpaient assez bien, si on ne demande pas l'impossible.

J'ai roulé sur un sable assez coulant, et la machine n'était pas dépassée par le défi, même si à certains endroits on est à la limite du possible. De toute façon ça ne donnait pas envie d'insister parce que je voyais bien que non seulement ça mettrait du sable dans la transmission, mais en plus je finirais par en avoir plein les chaussures...

En fait mon rêve, avec un tel vélo, serait de rouler sur un beau grand lac gelé, en hiver. Et je trouverais facilement d'autres endroits pour exploiter les capacités de cette sympathique machine. Si, comme moi, vous aimez la campagne, vous vous ferez plaisir à coup sûr. À condition de donner un bon suivi à la mécanique. Les freins à disque, les hydrauliques pas moins que les autres, exigent un entretien qui surprend parfois les acheteurs profanes. Disques voilés, patins à l'usure discrète, bulles d'air dans les conduits hydrauliques, quand ce n'est pas carrément une fuite d'huile, n'allez pas penser que leur système de freinage peut vivre sans soins. Ce n'est pas propre à une marque en particulier, tous les freins à disque ont leurs exigences. On doit décider à l'achat si on préfère des freins à disque à tirage par câble ou la version hydraulique.

Le vélo testé, dont j'oublie le nom du modèle, valait 2700$ plus taxes. Pour les poches moins profondes,
Spherik a prévu une entrée de gamme à 1300$ qui arrivera d'ici quelques mois.



Quelques photos du vélo de Éric Tourville. Il a déjà été champion du Canada en vélo de montagne.


Une manette de frein Deore XT, l'autre est une Deore (pas XT)


Il mesure 6' 1"


Ceci n'est pas une grosse cartouche de Co2. Et un ruban adhésif a été placé pour ne pas perdre le raccord de gonflage. Et pas de Camelbak, semble-t-il.


Usure du fini de la manivelle à cause des frottements de chaussures occasionnels. Pédales Deore XT.


Je ne lui ai pas demandé si ce sont ses pneus préférés. Les pros du vélo de montagne ont habituellement une opinion là-dessus.




J'ai reçu le courriel suivant la semaine dernière:

Salut Paul,

La semaine dernière, j’ai entrepris d’installer le nouveau pédalier et dérailleur avant que je t’ai acheté. Le pédalier fut un charme à poser. Pour le dérailleur avant (Deore), ce fut une autre histoire…

… Une fois le dérailleur fixé au cadre et le câble posé, j’ai remarqué que celui-ci ne bougeait pas avec le câble. J’ai donc entrepris d’enlever la « pinouche » en plastique orange qui était sûrement là   pour bloquer le dérailleur et éviter qu’il ne s’écrase et se dérègle dans le transport, non? 

Non.

C’est là que j’ai constaté que le dérailleur acheté était un « top swing », alors que celui d’origine est un conventionnel. En voici un exemple . 

Me voilà donc avec un mauvais type de dérailleur neuf que je viens probablement de saboter, et le besoin d’en acheter un autre.

Tu pourrais m’aider?

Merci.



Et voici ma réponse:



Bonjour,

Le problème n'est pas parce que c'est un top swing. Les deux peuvent être utilisés indifféremment.

L'ajustement des dérailleurs avant est probablement une des choses les plus difficiles à faire de nos jours, sur un vélo. Méfie-toi de tes diagnostics.

Et tu n'as rien saboté, la pièce est là pour le transport et doit être retirée.

Je peux t'aider, bien sûr, apporte-nous le et on s'en occupera, sinon plonge-toi dans les vidéos de youtube.com, mais j'insiste sur le fait qu'il y a plusieurs paramètres incontournables lors de l'ajustement d'un dérailleur avant indexé.

Merci,

Paul.



Oui, il les a descendues...


Guillaume Martineau, pianiste québécois:



vendredi 3 juin 2016

TOUJOURS ASSEZ VITE.







La haute saison est à son maximum. Un indice qui ne trompe pas: le nombre de commandes de vélos neufs. Semaine très intense, d'autant plus que nous sommes dans les tournages pour la série d'émissions de télévision sur le vélo dont je vous ai parlé la dernière fois. Comme par exemple l'autre jour.

J'aurais aimé que l'émission dure une heure au lieu d'une demi-heure. Pour un entretien destiné à une émission d'une demi-heure, nous faisons deux séances de quatre minutes chacune. Pas le temps de se raconter notre vie.

Mon interlocuteur ce jour-là était Luc Paquet, un professeur de soudure. Pour un amoureux des cadres comme moi, une conversation avec une personne comme lui, c'est du bonbon. Avec le micro ouvert, nous avons abordé des sujets plus accessibles, du genre "Qu'est-ce que le chromoly?", mais à micro fermé, nous sommes rentrés dans des choses un peu plus pointues.

Nous avons  montré des cordons de soudure utilisés comme référence pour les étudiants, des cordons-modèles qui servent d'exemple. Nous avons aussi parlé de titane, pourquoi ce métal est si cher, ce qui explique pourquoi il ne s'est pas imposé à une époque où il aurait pu le faire, dans les années '90 alors que la compétition avec la fibre de carbone restait à déterminer quel matériau  prendrait le dessus dans le marché très compétitif du vélo de haut-de-gamme.

Vous cherchez un métier? Luc nous disait que les finissants dans son institution, ce centre de formation professionnelle situé sur la rue Monseigneur-Plessis à Québec, a un taux de placement de 100% à la fin du cours. En fait, je me disais en visitant l'endroit: qu'est-ce qu'un pays peut faire s'il ne forme pas de soudeurs et de monteurs? Sur la photo ci-dessous, on voit une petite partie des installations de cet institut. Le long tuyau foncé est fait de titane, son voisin est en acier chromoly. Les machines bleues servent à souder.





Pour ceux qui voudraient s'informer sur le sujet, l'Université Laval a publié des informations sur la question du vol de vélos. Vous pouvez consulter au:

https://www.ssp.ulaval.ca/prevention/prevention-de-la-criminalite/prevenir-vol-de-velo/




Je vous ai déjà parlé de ce parcours. Il part de Saint-Charles-de-Bellechasse et va à Saint-Lazare, aller-retour. À ceci près qu'au lieu d'utiliser la même grande route passante que les automobiles, nous allons plutôt sur un réseau de rangs de gravelle charmant qui repose notre tête urbaine de la vie moderne. Si vous habitez Québec, il faut avoir fait ça au moins une fois. Vous pourriez le faire tout à vélo à partir de Québec si vous êtes habitué de rouler toute la journée.En voici le parcours sur Strava tel que nous l'avons fait récemment:

http://www.strava.com/activities/585028900?utm_content=2204032&utm_medium=email&utm_source=ride_share

Voici quelques photos prises ce jour-là:










Un élevage de bisons, le long de ce chemin. Cet animal était très important en Amérique du Nord, à une certaine époque.





Un peu de divertissement:















J'aimerais avoir plus de temps pour écrire mais de ce temps-ci, c'est impossible avec le roulement du magasin, de l'atelier et des tournages. L'automne reviendra toujours assez vite...

Voici une photo prise lors du tournage d'hier, sur le Chemin Bélair, au nord-ouest de Québec. Sur son vélo, la co-animatrice Sara Charbonneau. La seigneurie de Bélair, au temps de la Nouvelle-France, était propriété de monsieur Guillaume Bonhomme, un militaire qui, oui, était un capitaine. Les Québécois de mon âge se rappelleront en souriant d'un autre Capitaine Bonhomme qui a sévi à une époque plus récente.



vendredi 13 mai 2016

LE COEUR DE LA MACHINE.








C'était de plus en plus agaçant. Tic, tic, tic tout le temps. Et il suffisait d'arrêter de pédaler pour arrêter de l'entendre.

J'ai donc décidé de sacrifier une partie de ma soirée à une intervention mécanique. Mon coupable probable était le jeu de pédalier, que certains connaissent sous le nom anglais de bottom bracket. Pour vérifier, j'ai enlevé la chaîne de sur le pédalier et j'ai fait tourner le pédalier à vide en mettant la main fermement sur le cadre pour sentir si c'était doux ou si ça grattait.

Et oui, ça grattait. J'ai donc retiré le pédalier, un Shimano FC-M552 avec roulements de billes externes de nouvelle génération. Auparavant, tous les roulements de billes étaient à l'intérieur du cadre, dans la boîte de pédalier. Ce qui était peut-être un avantage pour donner un peu de protection à ces pauvres roulements qui sont lourdement sollicités, faut bien le dire. Et moi, avec mon habitude de rouler même s'il pleut, je ne leur donne pas de chance. Mais cet avantage est pure spéculation de ma part, je n'ai aucune vérification scientifique pour soutenir cette hypothèse.

Une fois le pédalier retiré, je pouvais voir que le roulement était loin de son état neuf. Du côté droit, il tournait difficilement lorsque je le manipulais avec les doigts. Pas de doute, ça avait besoin d'un roulement neuf. Voici une photo du début de la pose d'un roulement externe, sur un autre vélo que le mien.



Sur la photo ci-dessous, on peut voir un axe de jeu de pédalier classique, à emmanchure carrée, en train d'être retiré du cadre après 25 ans de bons et loyaux services. Et il était temps! Les manivelles cognaient de côté de façon tellement évidente que c'est à se demander comment le cycliste pouvait résister à l'envie de le faire réparer. De toute évidence, le degré de tolérance d'une personne à l'autre varie énormément...




Ce type de roulement requiert un ajustement lors de la pose, contrairement aux systèmes à cartouche plus modernes. Leur zone de confort n'est pas très grande et une installation négligente peut donner un roulement trop serré ou, à l'opposé, un cognement même lorsque neuf. Le système à emmanchure carré (en anglais square taper) a été conservé lorsque Shimano a standardisé le roulement cartouche dans les jeux de pédalier, autour de 1992. Le système cartouche évite à l'assembleur du vélo neuf d'avoir à faire un ajustement lors de la pose. Il n'a qu'à visser le tout en place avec la force appropriée et le tour est joué. Après rodage la résistance au roulement diminue et l'espérance de vie est très raisonnable.

Et finalement, après avoir donné un ou deux coups de pédales sur mon vélo ce soir-là, j'ai tout de suite vu que le problème était parti. La douceur et le silence étaient revenus. Et le coût de la réparation est d'autant plus modéré que j'ai fait le travail moi-même. L'outillage nécessaire consiste en:

  • Une clé hexagonale 5 mm
  • L'outil de pose du capuchon de compression de la manivelle gauche
  • L'extracteur de roulements externes Shimano
  • Idéalement, un maillet de caoutchouc pour convaincre l'axe de rentrer et sortir sans abîmer le fini
  • Comme d'habitude, une ou deux guenilles et votre produit préféré pour nettoyer l'axe du pédalier.
Ce n'est pas un détail, tout ça. Après tout, c'est toute la force des jambes du cycliste, sans parler de son poids, qui impose un stress considérable sur ces jeux de pédaliers.

De deux ou trois standards courants, nous sommes passés à un nombre que je n'ose même pas compter. Certains ne se vissent même pas dans le cadre, ils sont rentrés avec une presse, comme les cuvettes d'un jeu de direction. J'ai entendu des rumeurs pas très rassurantes au sujet de craquements désagréables sur des cadres en carbone de haut-de-gamme. Le concept me paraît audacieux (je suis poli), compte tenu de la sollicitation subie dans ce secteur du vélo. Vous ne trouverez pas de tels vélos dans ma salle de montre.

Je ne suis pas seul à avoir des réserves sur ce qui est apparu ces derniers temps à ce sujet. Ce cher Arthur semble avoir des opinions lui aussi:



Nous avons commencé le tournage le mardi 10 mai, alors je me permets de vous livrer un scoop. Je produis ici, à Québec, une émission hebdomadaire pour la station de télévision MA TV. Il s'agira d'un magazine sur le vélo, pour aider les cyclistes/consommateurs dans leurs choix. 

Ce sera une série de dix émissions diffusées à partir de la mi-juin. MA TV est une station diffusée par le réseau Vidéotron et tous les clients de cette compagnie résidant dans la grande région de Québec auront la possibilité de me voir, en compagnie de mes invités. Je vous tiens au courant.


J'avais déjà commencé à offrir ce genre de service l'an dernier, mais c'est plus facile que jamais puisque celui qui exécute ces travaux travaille avec moi au magasin, maintenant. Je parle de réparations de cadres. En acier, bien sûr, mais aussi les cadres en aluminium. Nous sommes en train de faire des tests pour confirmer la validité des soudures sur l'alu.

La photo ci-dessus montre un cadre Norco des années '80. Le tube de selle a subi une rupture dans la partie supérieure du raccord de la boîte de pédalier. Quelqu'un a déjà fait une réparation à cet endroit, mais elle n'avait aucun avenir parce que beaucoup trop partielle. Nous allons refaire un cordon de soudure tout le tour du tube pour donner une résistance à long terme plus sérieuse que la première qui, en réalité, n'était qu'une paire de points de soudure comme les soudeurs en font lorsqu'ils font une mise en place initiale. Les soudeurs québécois appellent ça: "tacker". Si vous connaissez le terme français équivalent, dites-le moi.


À cause de la lecture du livre Joni Mitchell: In Her Own Words, récemment, j'ai écouté ladite Joni plus souvent qu'à son tour, ces derniers temps. Ici, une maquette initiale avec en prime quelques commentaires de la dame. la pièce fut rebaptisée par la suite, de Speechless à Two Grey Rooms. La musique commence à 1:50 min.

mercredi 27 avril 2016

COMMENT DEVENIR PROFESSIONNEL DU VÉLO EN TROIS LEÇONS FACILES.




Près de Saint-Bernard en Beauce québécoise, avril 2016



Alors vous me dites que vous voulez devenir mécanicien de vélo professionnel?

Mécanicien et spécialiste du vélo? C'est-à-dire vendeur-conseiller?

J'en ai vu quelques-uns qui avaient cette ambition, au fil des ans. Si on peut gérer la baisse de demande hivernale, c'est un métier qui en vaut bien d'autres. Je n'ai pas eu à me plaindre de mon parcours professionnel. Au contraire. Ça m'a permis d'utiliser ma créativité et j'y ai trouvé une qualité de vie au travail assurément supérieure à la moyenne. Entre autres raisons parce que je suis devenu patron et que je peux prendre des décisions qui vont en ce sens.

Il y a très peu d'endroits où on peut avoir une formation pour ce métier. Et si vous y allez, ce n'est pas la fin de vos problèmes. Car rien ne peut remplacer la pratique, une pratique patiente où l'humilité a sa place, surtout au début.

Certains ont un talent évident pour la mécanique. Un sens de l'observation, doublé d'un sens de l'initiative. Une habileté à résoudre des problèmes qui sont plus nombreux qu'on pourrait croire. J'en ai connu un de ceux-là, en dix ans, je l'ai vu seulement une fois ou deux sur un vélo. Mécanicien? plus que bon. Conseiller? pas vraiment.



Quant à moi, si vous voulez devenir un professionnel du vélo, pas coureur professionnel, mais bien mécanicien et/ou commis/vendeur/conseiller, vous devez d'abord rouler à vélo. Pas seulement de temps en temps, pas seulement quand ça vous tente, pas seulement quand il fait beau. Non. Il faut rouler à presque tous les jours, l'été, l'hiver, dans différents contextes, seul, avec d'autres, sur différents vélos. En acheter, les revendre, en acheter d'autres. Bref, en manger.

Oubliez le cours, et faites en sorte que votre vie soit une longue formation. Écoutez, lisez, réfléchissez, remettez en question, ne prenez rien pour acquis. Méfiez-vous de votre propre opinion, de celle des autres aussi. Essayez des choses, quitte à les modifier, les déconstruire, les remplacer, les refaire.

Mes vélos personnels sont des laboratoires, l'air de rien. J'expérimente des positions, des transmissions, des freins, des roues et des cadres. Surtout, des cadres. J'adore les cadres. Permettez-moi de me répéter: on peut faire un mauvais vélo avec un bon cadre, mais on ne peut pas faire un bon vélo avec un mauvais cadre. Pour avoir une bonne ambiance dans un vélo, il faut que le cadre soit assez rigide. Mais surtout, il faut qu'il ne le soit pas trop. Il faut qu'il respire, juste assez, qu'il soit vivant, plutôt que raide et figé.

Tant mieux si vous êtes assez fort pour avoir besoin d'un cadre très rigide. Vous serez rapide. Sinon, pour la plupart d'entre nous, pas besoin de s'équiper comme un champion national. Ou international.

Donc, essayez des cadres. Changez le/les cadres que vous avez sans changer les pièces qui sont sur le vélo. Ou en changeant tout le vélo si vous le jugez bon. Mais changez! Vous irez chercher ainsi de précieuses connaissances qui sont impossibles à obtenir autrement et sans lesquelles vous ne serez jamais un conseiller complet. Et si vous êtes futés, ça ne coûtera même pas cher!






J'ai reçu le courriel suivant cette semaine:

Mon amie est fort susceptible de venir rouler avec nous ce prochain dimanche…Tu crois qu’avec des pneus de 25mm que c’est possible de faire du gravier?...Elle a un vélo-route tout-carbone. 

Voici ma réponse:


25 mm, c'est la limite. Ça va si on n'est pas trop insécure. Important: apporter au moins une, sinon deux chambres à air de rechange. Et il ne faut pas que les pneus soient très usés. Mais peu importe la largeur des pneus, je n'irais pas là sans chambre à air de rechange de toute façon.

Sinon, c'est faisable avec les pneus de 25 mm de largeur. Je l'ai déjà fait, autour de 1997, si mon souvenir est bon. Je roulais avec deux jantes de course avec des rayons croisés de trois et la vie était belle. Mais je préfère ma formule actuelle: pneus de 28 mm, jante arrière de tourisme (Mavic A319) à 36 rayons croisés de trois, et jante avant de course, étroite et très légère, à 32 rayons également croisés de trois.

Attention: sur un vélo de course moderne, on peut être tenté de mettre des pneus de 28 mm. Dans beaucoup de cas, sinon la majorité, ce n'est pas possible. Et même si ça l'est, les pneus rempliront tellement l'espace disponible que ça peut poser un problème majeur si un rayon casse ou que la roue se voile comme lors d'une chute, par exemple. La roue serait incapable de faire un tour complet sans bloquer. C'est tout simplement signe que vous devriez acheter un autre vélo, désolé de vous le dire.


"La haine est un chagrin qui s'est infecté"



Extrait récent du Guardian de Londres: No more hippies and explorers.


http://www.theguardian.com/environment/bike-blog/2016/apr/12/no-more-hippies-and-explorers-lament-for-the-changed-world-of-cycling

On trouve dans ce texte le paragraphe suivant:

A classic south London ride (over Crystal Palace, out to Oxted) has become a miserable slog of unsmiling, un-nodding pink and black Lycra-clad sports cyclists. There’s no bonhomie or camaraderie, just wrap-around glasses and steely determination to overtake.




L'année 2016 est une année de grands changements chez Bicycles Falardeau. Ces changements sont en train de se confirmer de manière formelle. Ils auront probablement un impact d'une sorte ou d'une autre sur ce blogue.Je vous tiens au courant.





Un groupe représentatif du nouvel esprit qui souffle sur le jazz d'aujourd'hui: James Farm.
Il n'y a pas de monsieur Farm, c'est le nom du groupe. Le saxophoniste Joshua Redman est le fils de Dewey Redman.